Mon pote et le risque

Bonjour,

En ce moment le dernier film de Marc Esposito est l'affiche :

affiche du film mon pote

Date de sortie : 01 Décembre 2010
Réalisé par : Marc Esposito
Avec : Edouard Baer , Benoît Magimel
Dure : 1h45min
Synopsis : Victor est le patron d'un magazine automobile. Un jour, il va parler de son travail dans une prison. Il y rencontre un ancien braqueur, Bruno, fan de son magazine, qui lui demande de l'embaucher. Victor accepte. Une amitié naît entre les deux hommes.

Il se trouve que ce matin, j’écoutais France Inter, et que Marc Esposito était venu parler de son film. A ma grande surprise, il a annoncé qu’il s’agissait d’une histoire d'amitié qui s'inspire de la rencontre entre lui-même, alors qu’il était directeur du mensuel Première, et de Jean-Luc Levesque, ancien détenu qu'il engagea comme maquettiste, puis directeur artistique.

Il a même précisé que son ami Jean-Luc était venu déposer sur son blog un témoignage émouvant … Alors j’y suis allé voir aussitôt. Effectivement, le témoignage était bien là. Cela commence ainsi :

Marc,

A quelques câblées de la sortie de « Mon pote », je viens te remercier publiquement de m’avoir sorti de prison, il y a vingt ans. Tu as été providentiel pour ma famille et moi, juste providentiel... Tu dis que tu as juste été un homme, que tu ne prenais aucun risque, que tu aurais été une merde de ne pas m’aider, moi je te dis que tu es juste un bonhomme, un Mench, un Juste !

Il y a un risque à écouter son cœur, Marc, tu le sais très bien, c’est juste de se tromper, mais il y a aussi une récompense, c’est celle d’avoir raison. Raison de faire confiance, de se fier, juste de croire en l’autre […]

La suite se trouve sur http://www.marc-esposito.com/index.php?page=2

Ce témoignage (que Jean-Luc Levesque m'a autorisé à reproduire ici — qu'il en soit remercié) m'a tout simplement bouleversé. J'ai repensé au magnifique texte sur "Le Risque", écrit par Rudyard Kipling :

La croissance est l’un des besoins les plus urgents.

L’arbre perce la terre, la larve se transforme en papillon, l’enfant devient adolescent. On se doit de grandir et de répondre à ses besoins changeants si l’on veut se sentir pleinement vivant.

Les gens les plus heureux sont ceux qui ont le courage de croître et de prendre des risques pour vivre en fonction de leurs valeurs.

Et même si...

Rire, c'est risquer d’être ridicule...

Pleurer, c'est risquer d’avoir l’air sentimental...

Tendre la main vers l’autre, c'est risquer de s'impliquer...

Montrer ses sentiments, c'est risquer de dévoiler son Moi authentique.

Exprimer ses sentiments, c'est risquer de révéler sa véritable nature...

Exposer ses rêves et ses idéaux, c'est risquer de les perdre...

Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour...

Vivre, c'est risquer la mort...

Espérer, c'est prendre le risque du désespoir..

Essayer, c'est risquer l'échec...

...On doit risquer. Car le plus grand danger est de ne prendre aucun risque.

La personne qui ne risque rien ne fait rien, n’a rien et n’est rien. Elle évite peut-être la souffrance et le chagrin, mais elle ne peut rien apprendre, rien ressentir, elle ne peut ni vivre, ni croître. Enchaînée dans ses certitudes, elle en est esclave et a perdu sa liberté.

Seule la personne qui prend des risques est libre.

En tout cas une chose est sûre : j'ai pris immédiatement la résolution d'aller voir le film "Mon Pote" dès que possible.

Cela s'est enfin passé dimanche dernier, dans un tout petit cinéma de campagne près de chez moi.

Le résultat a dépassé mes espérances : j'ai trouvé ce film extrêmement sensible dans le meilleur sens du terme, très bien tourné, et touchant très juste au niveau des sentiments, sans jamais tomber dans ce qu'il est convenu d'appeler les "bons sentiments" (encore que... j'aime mieux ça que les mauvais :-))). Une belle leçon de vie, en résumé.

Un passage a particulièrement retenu mon attention (et mon émotion 🙂

C'est au moment où Bruno exprime sa reconnaissance à Victor, pour l'avoir embauché et lui avoir accordé sa confiance (embaucher un taulard, c'est très gentil sur le papier, mais on peut imaginer que le passage à l'acte ne doit pas aller de soi). D'une manière un peu pataude et bourrue, il lui dit à  peu près ceci (je cite de mémoire) :

"Il y a une chose que je me suis retenue de te dire des milliers de fois depuis que tu m'as embauché, parce que je ne voulais pas t'embarrasser avec ça, mais maintenant il faut absolument que je te le dise, comme ça ce sera fait... Voilà, c'est tout simplement merci".

Cela m'a d'autant plus touché que je revenais d'un voyage à Venise, que j'ai pu effectuer grâce à mon ami Tony Baldo (leader de la compagnie Tiramisu, dont j'ai déjà parlé dans ce blog). Pendant tout le séjour, j'a eu envie d''exprimer mille fois ma reconnaissance à Tony, qui était mine de rien en train de me permettre de réaliser un rêve vieux de près de 30 années...

Alors voilà." Tony, si tu nous écoutes (ici, prendre une voix à la Michel Drucker)... il y a une chose que je me suis retenue de te dire des milliers de fois pendant ce séjour de rêve, parce que je ne voulais pas t'embarrasser avec ça, mais maintenant il faut absolument que je te le dise, comme ça ce sera fait... Voilà, c'est tout simplement merci".

Bien à vous,

Bernard

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