Apprends la vie (chanson)

Apprends la vie. Une chanson de Bernard Lamailloux

Petit bébé tu pousses tes cris
tout seul dans ton immense pièce
tu te demandes où il est parti
le metteur en scène de ta pièce

t’as quelques années pour découvrir
qu’en fait c’est après toi qu’tu cours
en attendant tu viens grossir
les rangs des demandeurs d’amour

j’te regarde quitter ton p’tit plumard
et v’nir te traîner jusqu’ici
t’attrapes les cordes de ma guitare
tu n’les lâches plus, t’as tout compris

Apprends la vie, apprends-là, prends-la vite
apprends le monde tel qu’il est, n’abandonne jamais
apprends la vie, apprends-là, prends la suite
viens dans la ronde de l’été, et garde ton secret

Avec deux, trois euros en poche
t’es déjà le roi du flipper
plutôt beau gosse, t’es loin d’être moche
bien dans tes baskets t’as pas peur

sauf quand tu dis qu’y’a comme un doute
et qu’le Bon Dieu est un salaud
parce qu’hier y’avait un match de foot
et qu’aujourd’hui y’a interro

et quand la plus belle fille du monde
a croisé ton meilleur ami
et t’a largué en une seconde
t’es resté là, t’as rien compris

Apprends la vie, apprends-là, prends-la vite
apprends le monde tel qu’il est, n’abandonne jamais
apprends la vie, apprends-là, prends la suite
viens dans la ronde de l’été, et garde ton secret

Ça y est maintenant t’es grand déjà
c’est vrai qu’tout est allé si vite
t’as une bagnole, un job, et là
tu rêves et tu penses à la suite

comme un papillon que tout tente
tu te cognes à tous tes projets
mais le verre autour de la lampe
t’as même pas vu qu’il est brisé

si parfois tes amis te blessent
sache que tu les blesses aussi
t’es p’têt’pas un grand chef d’orchestre
mais t’es l’décideur de ta vie

Apprends la vie, apprends-là, prends-la vite
apprends le monde tel qu’il est, n’abandonne jamais
apprends la vie, apprends-là, prends la suite
viens dans la ronde de l’été, et garde ton secret

V’là qu’t’arrives au soir de ta vie
tu te reournes sur ton passé
y’a tout c’que tu n’as pas fini
et y’a surtout c’que t’as pas fait

mais dis-toi qu’il est toujours temps
qu’il faut jamais dire « c’est trop tard »
laisse-toi bercer par le vent
quand t’auras un p’tit coup d’cafard

je sais que t’as peur de l’après
mais quand tu le verras venir
t’as qu’à faire comme t’as toujours fait
balance-lui un éclat de rire

Apprends la vie, apprends-là, prends-la vite
apprends le monde tel qu’il est, n’abandonne jamais
apprends la vie, apprends-là, prends la suite
viens dans la ronde de l’été, et garde ton secret

C’est drôle la vie quand on y pense
on n’arrête pas d’chercher sa place
on voudrait entrer dans la danse
et on a peur qu’ça laisse des traces

moi c’que je préfère dans la vie
ce sont ces millions de visages
cette chanson je l’ai écrite
au milieu d’un embouteillage

j’commence juste à savoir m’y prendre
à voir la sortie du tunnel
bonjour la vie on va s’entendre
j’ai tout mon temps et tu es belle

Apprends la vie, apprends-là, prends-la vite
apprends le monde tel qu’il est, n’abandonne jamais
apprends la vie, apprends-là, prends la suite
viens dans la ronde de l’été, et garde ton secret.

 


Paroles et Musique : Bernard LAMAILLOUX – 20 novembre 1989
Dépôt SACEM : novembre 1989