- Refusez d’être un troll ou un gourou
- Évitez d'être blessant, sauf si c'est la seule possibilité pour tenter d'atteindre le vrai.
- Ne ferraillez pas contre des moulins à vent, ne vous abritez pas derrière des ennemis.
- Consacrez autant de temps à proposer des solutions qu'à diagnostiquer des problèmes.

Voilà en substance ce que je viens de voir et d'entendre sur une chaîne YouTube que je ne connaissais pas, et laquelle je me suis empressé de m'abonner séance tenante.
Le politiquement correct : de quoi parle-t-on exactement ?
Le terme "politiquement correct" est lui-même devenu un terrain miné. Pour les uns, il désigne une forme de courtoisie nécessaire — le refus de blesser inutilement, de stigmatiser, de perpétuer des stéréotypes nuisibles. Pour les autres, il est devenu un instrument de censure douce, un mécanisme d'autocensure collective qui interdit progressivement certaines formulations, certaines questions, certaines vérités inconfortables.
La réalité est, comme souvent, plus nuancée que les deux camps ne le reconnaissent. Il existe un politiquement correct légitime — celui qui consiste à ne pas humilier, à ne pas réduire une personne à une caractéristique, à choisir ses mots avec soin quand ils peuvent blesser sans raison. Et il existe un politiquement correct excessif — celui qui confond la forme et le fond, qui préfère le confort du silence à l'inconfort de la vérité, qui transforme la prudence en lâcheté intellectuelle.
C'est contre ce second versant que les 4 conseils présentés dans la vidéo ci-dessous sont dirigés. Je vous laisse visionner ce petit bijou :
Ces 4 conseils, et ce qu'ils sous-entendent
"Refusez d'être un troll ou un gourou" — c'est peut-être le plus important des quatre. Le troll cherche le scandale pour le scandale ; le gourou cherche les disciples plutôt que la vérité. Lutter contre les excès du politiquement correct ne donne pas le droit de choquer pour choquer. Ni de construire une identité sur la provocation. L'objectif n'est pas d'être "celui qui dit ce que les autres n'osent pas". C'est une posture qui se nourrit d'elle-même et finit par devenir aussi dogmatique que ce qu'elle prétend combattre.
"Évitez d'être blessant, sauf si c'est la seule possibilité pour tenter d'atteindre le vrai" — cette formulation est d'une précision remarquable. Elle ne dit pas "ne soyez jamais blessant". Elle dit que la blessure n'est justifiable que comme dernier recours. Quand elle est le prix d'une vérité qui n'a pas d'autre chemin. C'est une exigence morale haute — bien plus haute que le simple "je dis ce que je pense".
"Ne ferraillez pas contre des moulins à vent, ne vous abritez pas derrière des ennemis" — autrement dit : choisissez vos batailles. Se battre contre une caricature du camp adverse, construire sa pensée par opposition à un ennemi imaginaire ou grossièrement simplifié, c'est une forme de paresse intellectuelle qui affaiblit le propos bien plus qu'elle ne le renforce.
"Consacrez autant de temps à proposer des solutions qu'à diagnostiquer des problèmes" — le conseil le plus difficile à appliquer, et peut-être le plus nécessaire. La critique est facile, l'art est difficile — et la proposition est plus difficile encore. Il est toujours plus confortable d'identifier ce qui ne va pas que de risquer une solution qui pourra, elle aussi, être critiquée.
Le vrai enjeu : la liberté de penser à voix haute
Ce que ces quatre conseils défendent, en creux, c'est quelque chose d'assez précieux :
- Le droit d'être honnête sans être pour autant cruel,
- Le droit de nommer les choses sans se réfugier derrière les euphémismes ni les idées à l'emporte-pièces,
- Le droit de poser des questions inconfortables sans être immédiatement soupçonné de mauvaises intentions
Ce n'est pas le droit d'être impoli. Ni le droit de blesser impunément. C'est quelque chose de plus subtil et de plus fragile : la possibilité d'une conversation sérieuse, dans laquelle les mots ont encore leur sens, dans laquelle les désaccords peuvent s'exprimer sans dégénérer en procès d'intention.
Cette liberté-là mérite d'être défendue — avec soin, avec méthode, et sans tomber dans les travers qu'elle prétend combattre.
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Le Petit Abécédaire...
"Un ouvrage bien documenté, écrit par quelqu'un qui sait de quoi il parle et qui le fait avec clarté humour et éthique. Les exemples et les conseils sont judicieux et très utiles. Je le recommanderai avec plaisir.."
Josiane de Saint Paul
Quel livre ! Un travail de moine. D'une grande originalité. J'ai à peine commencé à le parcourir et, déjà, je le savoure. Je vais d'ailleurs continuer à le déguster lentement. Bravo !
Serge Marquis
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