Anecdote – Le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

Des formateurs perfectionnistes, j'en ai connu, mais celui-ci était carrément hors concours...

Il y a un certain nombre d’années, j’intervenais quelquefois pour le compte d’un consultant formateur qui était très perfectionniste, et pour tout dire assez hyperactif. Quand il intervenait en formation (c’était de l’informatique) il louait le plus souvent un bureau dans un centre d’affaires, arrivait très tôt le matin, des micro-ordinateurs plein sa voiture (c'était encore l'époque des grosses tours, et des écrans bien lourds), puis installait tout son matériel dans la salle, câblait un réseau local monté pour la circonstance, courait chercher des croissants au point de vente le plus proche, puis revenait pour préparer un café d’accueil. Les moyens employés étaient plutôt simples (cafetière filtre, bouteille thermos, gobelets plastique) mais en général la collation était appréciée quand-même, ne serait-ce qu’à cause des croissants. Ensuite de quoi ce monsieur accueillait les participants, justement, leur offrait le café de bienvenue quand ils étaient à peu près tous arrivés… puis lançait sa (ou ses) journée(s) de cours, à la fin de laquelle il raccompagnait tout le monde à la porte, démontait tout le matériel, puis allait le ranger dans sa voiture avant de quitter les lieux pour une autre aventure après cette journée si sportive et si mouvementée.

Avec un (peu de) bleu en plus…

Plusieurs fois, il lui est arrivé de me confier la sous-traitance d’une de ses interventions, et en pareil cas il attendait de moi que j’offre exactement la même prestation au niveau du service client, ce qui est bien compréhensible… A moi donc les journées "au four et au moulin non stop". Je m’y suis collé de bonne grâce, poussant le souci du détail jusqu’à me munir d’un vêtement du genre "bleu de chauffe" pour la partie déménagement du matériel le matin (juste avant l’arrivée des participants) et le soir (juste après leur départ). Cela me permettait en effet de rester tiré à quatre épingles (une autre exigence du monsieur…) dans un costume immaculé en présence de mes ouailles. Le système fut vite rôdé… Or, il advint qu’à la fin d’une de ces mémorables journées (c’était un vendredi soir) je refermai comme d’habitude la porte sur mes derniers participants, puis me dirigeai vers un endroit de la pièce où mon bleu de chauffe m’attendait sagement au fond d’un grand sac en plastique.

basketteur lilliputien

Le moment fatidique

Au moment où, en slip, et un pied en l’air, je m’apprêtais à entrer dans mon costume de déménageur, la porte d’entrée du local s’ouvrit violemment, et je me retrouvai face-à-face avec... deux jeunes dames essoufflées! Explication : Nous étions un vendredi soir, les deux dames avaient fait le trajet ensemble dans une voiture qu’elles avaient garée non loin de là, c’est-à-dire en plein dans une de ces zones d’activités tristes à mourir qui fleurissent autour de nombre de nos cités, et qui se transforment en un désert aussi lugubre que total à partir de 18 heures, et même un peu plus tôt le vendredi… La voiture de ces dames ayant refusé de démarrer ce soir-là, elles ont réalisé qu’elles étaient bel et bien bloquées sur place. Prises de paniques, elles se sont alors lancées dans un sprint mémorable le long des rues désertes, pour ensuite grimper quatre à quatre les quelques étages du petit immeuble où avait eu lieu la session de formation, histoire de voir si par bonheur …le monsieur était encore là.

Quand je vous dis « homme orchestre », je suis bien en-dessous de la réalité !

Il se trouve que le monsieur c’était moi, et que je n’avais sans doute pas verrouillé la porte de la salle avec suffisamment de soin, ce qui fit qu'elle s’ouvrit bien grand, d'un seul coup. Toutes entières prises par leur émotion, elles n'avaient pas eu la présence d'esprit de frapper ! La suite est assez facile à imaginer : après un moment de mutuelle stupeur, nous nous mîmes tous les trois à rire de bon cœur, et quelques explications plus tard je réussis même à dépanner ces deux dames, en poussant leur voiture dans une légère descente (c’était un bête problème de batterie). Comme quoi un formateur ça peut être amené à faire vraiment toutes sortes de choses, y compris (parfois j'ai presque envie de dire "...surtout") les plus inattendues !

Cette histoire a été intégralement publiée dans un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru aux éditions DUNOD.


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Le Petit Abécédaire...

"Un ouvrage bien documenté, écrit par quelqu'un qui sait de quoi il parle et qui le fait avec clarté humour et éthique. Les exemples et les conseils sont judicieux et très utiles. Je le recommanderai avec plaisir.."

Josiane de Saint Paul

Quel livre ! Un travail de moine. D'une grande originalité. J'ai à peine commencé à le parcourir et, déjà, je le savoure. Je vais d'ailleurs continuer à le déguster lentement. Bravo !

Serge Marquis


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