Bavures de confinement

chouettes hésitant à se déconfiner
Ma compagne et moi, lorsqu'on nous
demandera de nous dé-confiner...

Les épidémies, ça craint aussi au niveau comportemental

Un sociologue est venu rappeler récemment à la radio que chaque épidémie favorise une polarité des comportements, tout à la fois vers des actes héroïques (type résistance pendant la 2e guerre mondiale) mais aussi particulièrement égoïstes, voire infâmes (type collaboration ou marché noir, toujours pour prendre le même exemple). Au point qu'en pareil cas on a – paraît-il – déj vu des "mauvais garçons" se comporter en héros en temps de crise, sans transition, pour reprendre leurs activités crapuleuses par la suite – sans plus de transition là aussi, curieusement.

En la matière, les quelques "bavures policières de confinement" qui sont parvenues à mes oreilles (par témoignage direct, j'insiste) dépassent l'entendement. Jugez plutôt :

Quelques bavures policières lors du confinement

C'est qu'en matière de surveillance du confinement, il est aisé d'imaginer que les forces de l'ordre doivent en voir de toutes les couleurs. Et que, par ailleurs, à l'occasion elles n'y vont apparemment pas avec le dos de la cuiller non plus. Leur ministre de tutelle s'est même fendu d'une déclaration (de pure forme, à mon avis) pour demander à ses sbires de "faire preuve de discernement". La belle affaire !

Ainsi, une proche de mon amie Martine (à Pertuis) s'est vue verbaliser (par une espèce de cow-boy d'opérette attaché aux forces de l'ordre "locales", inopinément intervenu dans un crissement de pneus digne d'un Starsky et Hutch). Le tort de cette dame ? S'être soi-disant trouvée "à plus d'un kilomètre de son domicile" alors que son smartphone indiquait pourtant 800 mètres.

Pandores, discernement : cherchez l'erreur

Mais, ainsi que l'a écrit Pierre Magnan (auteur de polars de terroir), "…l'incrédulité est la qualité majeure d'un gendarme. C'est elle qui fait de lui l'égal d'un scientifique". L'intéressée ne bénéficiant d'aucune couverture médiatique, et encore moins d'un service de presse, s'est donc contentée de payer son amende. J'ai encore à l'esprit quelques témoignages comparables. J'imagine d'ailleurs qu'ils sont légion…

En revanche, une bavure d'un tout autre type (rapportée par un article du Figaro) m'a été récemment relatée par un ami. L'article est intitulé "Trois policiers armés font irruption dans une église parisienne pour demander l'arrêt d'une messe".

Quand on doit quasiment faire les pieds au mur pour transmettre une parole d'espérance et de consolation…

En résumé, il y est question d'un curé parisien célébrant une messe dominicale retransmise à distance à destination de ses fidèles confinés, avec l'aide de quelques concélébrants, comme ils disent… soit sept personnes en tout. Et cette assemblée fut interrompue par l'arrivée de trois policiers, lesquels semblaient déterminés à mettre fin à de tels agissements.

Plus loin, l'article met en lumière une sorte de "vide juridique" portant sur le point de savoir si ce genre de réunion tombe ou non sous le coup de la loi actuelle. Finalement tout semble s'être plutôt bien terminé puisque personne n'a, semble-t-il, été verbalisé à l'arrivée.

Une happy end pas si "happy" que ça…

Il n'empêche : l'affaire a apparemment fait grand bruit, puisque les autorités religieuses sont montées au créneau. Finalement, tout ce beau monde s'est expliqué "en haut lieu", puis tout est apparemment rentré dans l'ordre. Les policiers n'ayant "pas le droit d'être armés" à cette occasion, et les paroissiens "peut-être pas exactement le droit de se réunir", ça a dû leur faire un point partout. Alors pouf pouf, on efface tout, et surtout n'oubliez pas d'afficher un sourire satisfait devant les caméras en sortant…

Mais apparemment cela n'a pas vraiment calmé l'ire de mon ami (celui qui m'a transmis l'info). Celui-ci a d'abord vertement fustigé l'attitude du corbeau délateur (un voisin alerté par le son des orgues, et ayant conclu à l'existence d'un messe clandestine à l'image de ce qui s'est passé à Nantes le 22 mars et à Paris en l'église St Nicolas du Chardonnet pour Pâques, où quarante fidèles, plus chanceux, ont réussi à échapper aux forces de l'ordre en empruntant une porte dérobée…[1]). Mon ami a également déploré que les policiers impliqués s'en prennent à de si braves gens plutôt que de s'atteler à d'autres missions, comme "…faire respecter la république dans les cités (!)".

Deux poids deux mesures ?...

Visiblement mon ami semble considérer qu'il y a là deux poids, deux mesures… Pour ma part, en lisant ce récit (aux aspects – me semble-t-il – de tempête dans un verre d'eau à la mode Don Camillo), j'ai surtout pensé de mon côté à l'exemple que je vous relatais au début (celui de la jeune dame et son cowboy d'opérette).

En même temps, chacun a droit à ses propres instruments de mesure, hein ?...


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[1]  On fait plus que friser la pantalonnade, là…


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