Il y a des mots qu'on prononce cent fois sans jamais les regarder. "Bug" en fait partie. Un logiciel se fige, une application refuse de s'ouvrir, et le mot tombe tout seul, comme un constat d'huissier. Et pourtant, l'histoire du mot bug ne commence pas là où l'on croit.
Si vous connaissez l'histoire, c'est probablement celle-ci : En 1947, une phalène se coince dans un relais d'un calculateur de Harvard. On la retire, on la scotche dans le carnet de bord, et le mot est né. L'anecdote est ravissante. Elle a en outre l'avantage, plutôt rare en la matière, d'être vraie.
Elle a aussi un léger défaut : elle raconte à peu près le contraire de ce qu'on lui fait dire.
Dans cette série d'articles consacrés aux mots du numérique,, nous avons déjà vu la flèche du prompt s'inverser, puis débusqué l'homme caché dans le mot algorithme. Nous avons ensuite constaté que le Wi-Fi ne signifiait rigoureusement rien, et suivi le hash dans son travail de l'ombre. Le mot "bug", lui, ne cache pas un secret : il en cache trois, empilés comme des couches géologiques. Et tout au fond, il n'y a pas d'insecte du tout.
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