C’est pas nous ! Nicolas Moro, le coupable idéal

Illustration humoristique d'une plage bondée avec deux transats vides — hommage à "C'est pas nous" de Nicolas Moro

La chanson, ce genre "mineur"…

La forme chanson a quelque chose de bien particulier et de bien spécifique.

Il peut s'agir d'un texte que quelqu'un a mis en musique, ou bien d'un petit air sur lequel quelqu'un a greffé un texte.

C'est ce qui en fait un genre, quelque part, hybride. D'aucuns franchiront allègrement le pas pour aller jusqu'à "mineur".

Ainsi, certaines chansons me marquent par la musique. Je me souviens très bien, par exemple, d'avoir été complètement séduit, dans ma jeunesse, par une chanson interprétée par Mireille Mathieu. Mireille Mathieu, c'était le repoussoir absolu pour les jeunes de ma génération. Les anciens l'adoraient, et les jeunes pas du tout.

Et un jour, dans la cour de récréation j'ai fait rire tout le monde en déclarant que la toute dernière chanson de Mireille Mathieu était géniale. Et je le pensais. Quelques années plus tard, tout le monde s'extasiait sur la version originale. Il s'agissait de "Only You" interprété par les Flying Pickets. Et bien entendu cette pauvre Mireille Mathieu n'y était pour rien. N'empêche, j'ai été rétrospectivement fier de me fier à mon oreille, même quand elle allait à l'encontre de mes préjugés.

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🎵 L’assassin est toujours le jardinier : quand la chanson anticipe la réalité

Illustration pur la chanson 'L'assasin est toujours le jardinier (chanson de Fredetik Mey reprise par Bernard Lamailloux)

Il arrive que certaines chansons prennent, des années après leur création, une résonance inattendue. C’est le cas de L’assassin est toujours le jardinier, écrite et composée par Frédérik Mey — une ballade pleine d’humour noir et de second degré, que j’ai eu grand plaisir à arranger et interpréter récemment.

Cette chanson, derrière sa légèreté apparente, joue avec les codes du polar : manoirs anglais, majordomes suspects, châteaux brumeux, crimes raffinés et un coupable récurrent — le jardinier. Tout y est, jusqu’à la chute malicieuse qui vient tout remettre en question. 🌿🎹


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Chez Laurette de Michel Delpech : L’histoire d’un tube intemporel

Histoire touchante de Laurette, cette figure maternelle qui tenait un petit café où les jeunes venaient boire un verre après les cours. Un lieu de refuge et de tendresse où l'argent de poche disparaissait dans les machines à sous, mais où les cœurs se réchauffaient...

Découvrez comment cette chanson nostalgique de 1965 a lancé la carrière de Michel Delpech et marqué la variété française.


La naissance d'une chanson culte

Michel Delpech écrit "Chez Laurette" le 1er mai 1965. Roland Vincent compose la mélodie. D'abord, la chanson ne connaît pas le succès commercial. Cependant, les radios la diffusent massivement. Par conséquent, elle révèle Michel Delpech au grand public.

Une inspiration spontanée dans le train

L'idée germe dans l'esprit de Delpech pendant un trajet en train.

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Le papillon de mon ami Jean-Michel

joli papillon en noir et blanc

Je vous ai déjà parlé de Jean-Michel Philibert...

Aujourd'hui j'ai eu l'idée de fabriquer un arrangement et un clip vidéo à partir d'une de ses chansons ("Papillon"). Le résultat se trouve juste ci-dessous.

Jean-Michel Philibert — portrait d'un ami musicien

Comme je l'ai déjà dit dans un article précédent, Jean-Michel Philibert — JMI, comme il aime s'appeler lui-même — est l'un des meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes que je connaisse. Je le connais depuis l'enfance. Depuis lors, les kilomètres et le temps ont mis quelques barrières entre nous, mais nous faisons de notre mieux pour les abolir, à de trop rares occasions.

Son univers musical est celui de la chanson française dans ce qu'elle a de plus artisanal et de plus sincère : voix et guitare, harmonies travaillées, textes qui ont du grain. JMI possède une oreille musicale redoutable — ce qui, comme on le verra, n'est pas sans importance dans ce qui suit.

"Papillon" — une promesse harmonique

Je connais bien toutes les chansons de ce garçon. "Papillon" m'intriguait depuis longtemps. Elle est construite sur des harmonies très étranges, avec de longs passages instrumentaux — ce qui est caractéristique du style de JMI, qui réalise le plus souvent ses enregistrements en formule voix-guitare.

Dans ces longs passages d'accords joués seuls, j'avais une impression double et contradictoire. D'un côté, je trouvais qu'on s'ennuyait un peu. Le temps semblait suspendu, l'attention cherchait quelque chose à quoi s'accrocher. De l'autre, il me semblait qu'y avait là une matière harmonique fascinante, une sorte de promesse que seule une orchestration sophistiquée pouvait tenir. Ces passages appelaient en effet des timbres, des textures, une vie instrumentale qui n'existait pas encore.

C'est cette promesse que j'ai voulu honorer.

L'arrangement, le clip — et la magie de Moises

Laisser parler l'intuition

Comme souvent dans mon travail d'arrangement, j'ai procédé en laissant parler mon imagination et mon intuition. J'ai utilisé plusieurs instruments de l'orchestre symphonique, auxquels j'ai ajouté une espèce d'orgue de barbarie volontairement lancinant — un timbre qui colle à l'étrangeté harmonique de la chanson. Et je me suis efforcé de semer des subtilités assez différentes d'un passage instrumental à l'autre, alors même qu'ils partageaient exactement la même structure — comme un "refrain muet" dont chaque occurrence révélerait quelque chose de nouveau.

JMI, dont l'oreille n'est pas à prendre en défaut, ne s'y est pas trompé — et il me l'a fait savoir.

Le rôle de l'IA : l'application Moises

La technique utilisée mérite d'être expliquée, car elle est au cœur de tout le projet. Je disposais d'un enregistrement voix-guitare de Jean-Michel — une version brute, intime, sans artifice. J'ai soumis cet enregistrement à l'application Moises, qui s'appuie sur l'intelligence artificielle pour reconstituer des pistes instrumentales distinctes à partir d'une source sonore unique. Résultat : une piste guitare et une piste voix propres, séparées, exploitables indépendamment.

À partir de là, tout est devenu possible. J'ai pu ajouter des effets sur chaque piste, créer de nouvelles couches instrumentales, et travailler le mixage avec une liberté totale. J'ai pris le parti de conserver la voix de Jean-Michel telle quelle — elle était très bien en l'état, et toute retouche aurait été un contresens.

La réaction de JMI

Sa réaction, à l'écoute du résultat, m'est restée en mémoire. Il a dit quelque chose comme : "Quand je m'écoute ainsi entouré, j'ai l'impression d'être passé du statut de troubadour à celui de Léo Ferré accompagné par un orchestre symphonique !"

Difficile de rêver meilleur retour.

Une technique réutilisée depuis

Par la suite, j'ai eu recours au même procédé pour réarranger complètement une chanson de Michel Melchionne — un enregistrement datant de 1985, riche en instruments, mais que j'ai voulu habiller d'une orchestration radicalement différente. Moises a cette fois réussi la prouesse d'extraire la voix de Michel quasiment a cappella, me laissant tout l'espace pour reconstruire l'arrangement from scratch. Le résultat est à écouter ici :

Voilà. J'espère que ça vous plaira...




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Amoureux…

Photo clonage Bernard Lamailloux

Clio est née en 1987 à Besançon. Auteure-compositrice-interprète, elle commence à se faire connaître tardivement : son premier album éponyme sort en 2016, dans une direction très acoustique, et contient un duo avec Fabrice Luchini — il reçoit en 2017 le coup de cœur de l'Académie Charles Cros.

Le titre "Amoureuse" figure sur son deuxième album, Déjà Venise, paru en 2019, qui prend un virage électronique tout en laissant une large place à la voix et au texte. La suite de sa discographie confirme un goût prononcé pour les collaborations inattendues : son troisième album, L'amour hélas (2021), contient notamment un duo avec Iggy Pop sur la chanson "L'appartement". En 2023, un quatrième album, Carambolages, paraît avec un duo signé Alex Beaupain. Une artiste discrète mais bien installée dans le paysage de la chanson française contemporaine.

J'aimerais maintenant vous présenter cette fabuleuse chanson de la chanteuse Clio (il s'agit de "Amoureuse", transposée en "Amoureux").

Parce que je me suis complètement reconnu, tout simplement 🙂

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L’homme objet (une chanson de Marc Bourthoumieu)

l'homme objet

L'histoire

Marc Bourthoumieu ? Vous ne le trouverez pas sur Spotify, ni sur Wikipédia, ni sur aucune base de données musicale. C'est quelqu'un qui tient à son anonymat, et qui l'a toujours tenu. Disons simplement qu'il s'agit d'une vieille connaissance — le petit frère d'une amie de fac, il y a une cinquantaine d'années. Ce qui ne m'empêche pas d'affirmer, avec tout le recul que ces décennies de musique écoutée m'ont donné, qu'il est l'un des meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes qu'il m'ait été donné d'entendre. Et Dieu sait que la barre est haute.

Fan de Paul Simon et de James Taylor, très influencé par le bluegrass, la musique cajun et le folk song anglophone en général, ses compositions tiennent parfaitement la route dans ces univers exigeants. Il possède un jeu de guitare très inventif et une oreille musicale remarquable — comme en témoignent les percussions de ce morceau, assurées par un instrument dont vous devinerez peut-être la nature si vous tendez bien l'oreille. Indice : il est en rapport direct avec le sujet de la chanson. Et la chute finale — sonore autant que narrative — vaut à elle seule le détour.

Les paroles

Par hasard dans une pharmacie
J'ai rencontré la femme de ma vie
Sans rien me dire, sans parler,
Avec elle, elle m'a amené

Arrivée dans l'appartement
Elle m'offre un verre bizarre
Dans le style verre à dents
Drôle début de drôle d'histoire

Elle m'entraîne dans la salle de bains
Drôle d'endroit mais c'était bien
Dans la glace elle se regarda
Puis posa sa bouche sur moi

3 ou 4 jours après
Je commençais à déchanter
Je ne la voyais que le matin
Et toujours dans la salle de bain

Ça continuera de mal en pire
Car ce fut bientôt son mari
Ainsi que ses deux enfants qui
Eurent contre moi une dent

Épuisé par ce climat
Dans le vide ordures en me jeta
Usé prématurément
C'est dur d'être une brosse à dents

Élément de Typo (filet avec oiseaux prchés)

La chanson s'appelle L'homme objet, elle comporte un pont d'inspiration jazzy exécuté à l'aide de deux vocoders.

Les percussions sont assurées par un instrument inattendu... Si vous prêtez l'oreille et que vous écoutez jusqu'à la fin, vous devinerez peut-être ce que c'est...

Pour écouter ça cliquez simplement sur l'image ci-dessous...

...Et pour la liste des chanson de Marc que j'ai reprises, c'est par ici que ça se passe...





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Évidemment… (France Gall / Michel Berger)

Évidemment ...

Le 14 janvier 1986, en marge du Paris-Dakar au Mali, l'hélicoptère du directeur de course Thierry Sabine heurte une dune, tuant sur le coup tous ses passagers — parmi lesquels Daniel Balavoine, en mission humanitaire. Le chanteur avait trente-trois ans. Pudique et trop meurtri pour la chanter lui-même, Michel Berger compose "Évidemment" et en confie l'interprétation à France Gall. Lors de l'enregistrement, France Gall dut s'y reprendre à plusieurs fois, tellement le texte la touchait — elle réussit finalement à l'enregistrer en ne pensant plus du tout à ce qu'elle chantait. La chanson paraît en 1987 sur l'album Babacar, et devient l'un des titres les plus marquants de leur répertoire commun.

Ce qui frappe dans ce texte, c'est sa capacité à déborder largement le cadre de l'hommage personnel. Au premier degré, "Évidemment" est bien un hommage à Daniel Balavoine — mais la chanson va bien au-delà : c'est un constat mélancolique sur l'innocence et les rêves de jeunesse, l'engagement, les désillusions et le temps qui passe. Une chanson qui parle à chacun, quelle que soit la perte qui est la sienne.

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