Album de phrases
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La liste ci-dessous contient tout un ensemble de phrases lues ou entendues ici ou là. Elles peuvent renfermer tout aussi bien des trésors de sagesse que des gaffes monumentales, des tournures poétiques... ou encore des traits d'humour (parfois involontaire). Elles peuvent provenir d'un ouvrage très sérieux, ou encore avoir été entendues dans la rue, capturées sur les chemins de traverse du net, lues dans le journal, ou proférées de vive voix aussi bien par des professeurs d'université que des petits enfants... tout cela est expliqué à chaque fois dans la colonne "commentaire".
Les phrases apparaissent par défaut dans un ordre anti chronologique (de la plus récente à la plus ancienne). Vous pouvez les trier dans l'ordre qui vous convient en utilisant les petits triangles de couleur dans la ligne des en-têtes.
A la mémoire de Philippe Supera, qui a construit - en direct sous mes yeux ébahis - le nécessaire (php et tout le toutim, en moins de temps qu'il n'en faut à un bègue pour réciter le code civil) pour que cette page puisse voir le jour et surtout être alimentée quand ça me chanterait, depuis n'importe quel endroit disposant d'une connexion internet. Philippe, nous ne t'oublierons jamais.
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Citation, phrase, bribe...
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| 3613 | Littérature | Tout fier de voir son maître si passionnément écouté, Pascalon le voulait plus glorieux encore, lui faisait raconter ses chasses au lion, son ascension de la Jungfrau, la défense de Pampérigouste. Et le héros, bon enfant comme toujours, prêtant la main à cet innocent compérage, se livrait tout entier, se laissait feuilleter comme un livre, mais un livre à images, illustré par son expressive mimique tarasconnaise et les pan ! pan ! de ses aventures de chasse. | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre troisième/I | 11-06-2026 |
| 3612 | Littérature | « Oh ! les femmes !… les femmes !…» s’écria Tartarin, car évidemment cette invitation à dîner venait de la femme du commandant ; l’idée ne pouvait être du mari, il n’avait pas une tête à invitations., | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre troisième/II | 11-06-2026 |
| 3611 | Littérature | Après deux jours d’incarcération, avec défense absolue de parler à quiconque — c’est ça qui est terrible pour des Tarasconnais, — nous fûmes conduits au palais par-devant le juge d’instruction, M. Bonaric. | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre troisième/III | 11-06-2026 |
| 3610 | Littérature | « À mon tour, monsieur le président, armé de cette élucubration cynique, je vous adjure de reconnaître que tous les imposteurs ne sont pas du Midi. Ah ! vous nous appelez menteurs, nous autres de Tarascon. Mais nous ne sommes que des gens d’imagination et de paroles débordantes, des trouveurs, des brodeurs, des improvisateurs féconds, ivres de sève et de lumière, qui se laissent prendre eux-mêmes à leurs inventions stupéfiantes et ingénues. | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre troisième/III | 11-06-2026 |
| 3609 | Littérature | Quelle différence avec vos menteurs du Nord, sans joie ni spontanéité, qui ont toujours un but, une visée scélérate, comme le signataire de cette lettre ! Oui, certes, on peut le dire, en fait de mensonge, quand le Nord s’en mêle, le Midi ne peut pas lui tenir pied !… » | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre troisième/V | 11-06-2026 |
| 3608 | Littérature | Mon père, qui m’emmenait à la messe le dimanche, quand j’étais petit, regrettait qu’elle ne soit plus en latin, à la fois par passéisme et parce que, je me rappelle sa phrase, « en latin, on ne se rendait pas compte que c’est si bête ». | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 16 | 11-06-2026 |
| 3607 | Littérature | Disons qu’Hervé fait partie de cette famille de gens pour qui être ne va pas de soi. Depuis l’enfance, il se demande : qu’est-ce que je fais là ? Et c’est quoi « je » ? Et c’est quoi, « là » ? | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 47 | 11-06-2026 |
| 3606 | Littérature | […] le jour où, assise sur son fauteuil derrière moi, Mme C. a lâché sur un ton accablé : « Mais pourquoi faut-il à tout prix que vous soyez si intelligent ? » Elle voulait dire par là incapable de simplicité, tortueux, coupeur de cheveux en quatre, allant au-devant d’objections que personne ne songeait à me faire, ne pouvant penser quelque chose sans penser en même temps son contraire, puis le contraire de son contraire, et dans ce manège mental m’épuisant sans profit. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 76 | 11-06-2026 |
| 3605 | Littérature | Oui, bien sûr, on peut dire que Dieu est la réponse que nous donnons à notre angoisse, mais on peut dire aussi que notre angoisse et le moyen dont il se sert pour se faire connaître de nous. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p.118 | 11-06-2026 |
| 3604 | Littérature | Naïveté, lâcheté, vanité de penser que tout ce qui nous arrive à un sens. De tout interpréter en termes d’épreuves, ménagées par un dieu qui organise le salut de chacun comme une course d’obstacles. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 127 | 11-06-2026 |
| 3603 | Littérature | […] Les lieux de culte dans le monde gréco-romain étaient de petites entreprises privées, le temple d’Isis d’une ville n’avait pas plus de rapport avec le temple d’Isis d’une autre que n’en ont, mettons, deux boulangeries. Un étranger pouvait en dédier un à une divinité de son pays comme il ouvrirait, aujourd’hui, un restaurant de spécialités exotiques. Le public tranchait, en y allant ou non. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 190 | 11-06-2026 |
| 3602 | Littérature | Après avoir quitté Philippes, Paul est allé à Thessalonique, puis le Thessalonique à Bérée, et partout ç’a été le même scénario. Le jour du sabbat, il prenait la parole à la synagogue, convertissait quelques Grecs judaïsants et soulevait l’hostilité des vrais Juifs qui employaient tous les moyens pour chasser ce concurrent déloyal. Dans un album de Lucky Luke, on le verrait à chaque fois quitter la ville enduit de goudron et de plumes. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 208 | 11-06-2026 |
| 3601 | Littérature | Je me suis promené dans vos rues, j’ai visité votre temple, et j’y ai remarqué un hôtel dédié au dieu inconnu. (De telles dédicaces existaient : c’était une précaution pour ne pas froisser un dieu de passage auquel on n’aurait pas pensé.) | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 210 | 11-06-2026 |
| 3600 | Littérature | Tous les prêtres de tous les temples, qu’ils soient juifs ou païens, vivent grassement des offrandes des fidèles. Le berger qui fait paître un troupeau se nourrit du lait de ses bêtes et se couvre de leur laine. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 228 | 11-06-2026 |
| 3599 | Littérature | Il est possible qu’à l’heure où j’écris s’agite dans une cité de banlieue ou un township un type obscur qui, en bien ou en mal, changera la face du monde. Possible aussi que pour une raison quelconque sa trajectoire croise celle d’un personnage éminent, considéré par tout ce qui compte comme un des hommes les plus éclairés de son temps. On peut parier sans risque que le second passera totalement à côté du premier, qu’il ne le verra même pas. | Emmanuel Carrère, Le Royaume, p. 218 | 11-06-2026 |
| 3596 | Littérature | Il existe une nouvelle d’Edgar Poe, « Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume », dont le narrateur visite un asile de fous. Avant d’entamer la tournée des cellules où on enferme les patients dangereux, le directeur le met en garde. Ces patients, dit-il, ont développé un délire collectif, étrangement cohérent : Ils croient être le directeur et les infirmiers, enfermés par les fous qui ont pris le pouvoir dans l’asile et pris leur place. « Vraiment ? dit le visiteur, comme c’est intéressant. » Au début, oui, il trouve ça intéressant, mais à mesure que la visite avance il est de moins en moins à son aise. Les malades disent comme un seul homme ce que le directeur a prévenu qu’ils diraient. Ils supplient le visiteur de les croire, si peu croyable que cela paraisse, et de prévenir la police afin qu’on les délivre. Les entretiens se passent en présence du directeur, qui écoute les malades en souriant avec bénignité et de temps à autre cligne de l’œil à l’intention du visiteur, de plus en plus déboussolé. Le soupçon s’insinue en lui que la vérité pourrait bien être ce que disent les malades. Il se met à regarder son guide avec une inquiétude qui n’attend qu’un infime déclic pour verser dans la pure terreur. Et on dirait que l’autre s’en rend compte, qu’il en rajoute. « Qu’est-ce que je vous avais dit ? pérore-t-il. Ils sont convaincants, hein ? Et attendez, vous allez voir : Le plus convaincant de tous, c’est celui qui prétend être le directeur. Un malade remarquable, vraiment, très remarquable ! Au bout de cinq minutes avec lui, j’en mets ma main à couper, vous allez croire que c’est moi, le fou dangereux! Ah ah ah ! » | Nouvelle ainsi résumée par Emmanuel Carrère, dans « Le Royaume » (p. 254) | 30-05-2026 |
| 3593 | Littérature | Tarascon n’a été pour moi qu’un pseudonyme ramassé sur la voie de Paris à Marseille, parce qu’il ronflait bien dans l’accent du Midi et triomphait, à l’appel des stations, comme un cri de guerrier Apache. En réalité, le pays de Tartarin et des chasseurs de casquettes est un peu plus loin, à cinq ou six lieues, « de l’autre main » du Rhône. C’est là que, tout enfant, j’ai vu languir le baobab dans son petit pot à réséda, image de mon héros à l’étroit dans sa petite ville, là que les Rebuffa chantaient le duo de Robert-le-Diable ; c’est de là, enfin, qu’un jour de novembre 1861, Tartarin et moi, armés jusqu’aux dents et coiffés de la chéchia, nous partîmes chasser le lion en Algérie. | Alphonse Daudet, Trente ans de Paris, "Histoire de mes livres : Tartarin de Tarascon" | 28-05-2026 |
| 3592 | Littérature | C’était en 1878, quand la province foisonnait dans les hôtels, sur les boulevards et ce pont gigantesque jeté entre le Champ-de-Mars et le Trocadéro. Un matin, le sculpteur Amy, Tarasconais nationalisé Parisien, voyait pointer chez lui une formidable paire de moustaches venues en train de plaisir, sous prétexte d’Exposition universelle, en réalité pour s’expliquer avec Daudet au sujet du brave commandant Bravida et de la Défense de Tarascon, un petit conte publié pendant la guerre. | Alphonse Daudet, Trente ans de Paris, "Histoire de mes livres : Tartarin de Tarascon" | 28-05-2026 |
| 3589 | Littérature | Bouffant de colère, le geste menaçant, le Père Bataillet, venait de se dresser aux côtés de Tartarin. Il y eut échange de violentes paroles, de locutions tarasconnaises telles que « Vous manquez de sens… Vous déparlez… Vous dites des choses qui ne sont pas de dire… » | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre premier/VII | 25-05-2026 |
| 3588 | Littérature | Les colons s’étaient mis courageusement à l’œuvre. Possédant des instruments aratoires, ils commencèrent à défricher ; seulement le terrain était exécrable, rien ne poussait. Puis vinrent les pluies… Un cri de l’auditoire interrompit de nouveau l’orateur : « Il pleut donc ? — S’il pleut !… Plus qu’à Lyon…, plus qu’en Suisse…, dix mois de l’année. » | Alphonse Daudet, Port-Tarascon/Livre premier/VII | 25-05-2026 |
| 3576 | Littérature | Une famille devait naître de ce jour de soleil brûlant parce que le destin avait envie de jouer avec les hommes, comme les chats le font parfois, du bout de la patte, avec des oiseaux blessés. | Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, p. 30 | 10-05-2026 |
| 3575 | Littérature | Et puis ce matin je me suis présentée à vous, je vous ai demandé de m’accorder un entretien et vous avez tressailli. C’était comme si un chien ou la façade d’une maison se mettait à parler. Vous ne pensiez pas que cela soit possible. C’est pour cela que vous avez accepté ce rendez-vous. Vous voulez savoir ce que la vieille Carmela a à dire. | Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, p. 32 | 10-05-2026 |
| 3574 | Littérature | Je suis Rocco Scorta Mascalzone. Je souris fièrement. Vous attendez de moi des remords. Vous attendez que je me mette à genoux et prie pour ma rédemption. Que j’implore la clémence du Seigneur et demande pardon à ceux que j’ai offensés. Je crache par terre. La miséricorde de Dieu est une eau facile dans laquelle les lâches se lavent le visage. Je ne demande rien. Je sais ce que j’ai fait. Je sais ce que vous pensez. Vous allez dans vos églises. Vous observez les fresques des enfers qu’on y a peintes pour vos esprits crédules… | Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, p. 58 | 10-05-2026 |
| 3573 | Littérature | Qu’il s’agisse d’un commerce, d’un champ ou d’une barque, il existe un lien obscur entre l’homme et son outil, fait de respect et de haine. On en prend soin. En l’entoure mille attentions et on l’insulte dans ses nuits. Il vous use. Il vous casse en deux. Il vous vole vos dimanches et votre vie de famille, mais pour rien au monde on ne s’en séparerait. Il en était ainsi du bureau de tabac et des Scorta. | Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, p. 132 & suiv. | 10-05-2026 |
| 3572 | Littérature | Il n’y a qu’au dernier jour de sa vie que l’on peut dire si l’on a été heureux […] Avant cela, il faut tenter de mener sa barque du mieux qu’on peut. | Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, p. 199 | 10-05-2026 |
| 3571 | Littérature | Il aimait, chez le curé, cette façon de ne pas tenter de simplifier les problèmes ou de leur donner un aspect positif. Beaucoup de gens d’Église ont ce défaut. Ils vendent à leurs ouailles le paradis, ce qui les pousse à des discours niais de réconfort bon marché. | Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, p. 275 | 10-05-2026 |
| 3566 | Littérature | We are such stuff As dreams are made on; and our little life Is rounded with a sleep. | Nous sommes faits de la même étoffe que les rêves, et notre petite vie est enveloppée de sommeil. Shakespeare, La Tempête, Acte IV, scène 1 | 05-04-2026 |
| 3565 | Littérature | Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire, mais si vous percevez une certaine animosité à votre égard, c’est normal. Un dicton dit qu’on a tous, ici, du sang indien. Si ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. | Franck Thilliez, Norferville, p. 129 | 05-04-2026 |
| 3564 | Littérature | We are such stuff As dreams are made on; and our little life Is rounded with a sleep. | Nous sommes faits de la même étoffe que les rêves, et notre petite vie est enveloppée de sommeil. [Shakespeare, La Tempête, Acte IV, scène 1] | 05-04-2026 |
| 3563 | Littérature | Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire, mais si vous percevez une certaine animosité à votre égard, c’est normal. Un dicton dit qu’on a tous, ici, du sang indien. Si ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. | Franck Thilliez, Norferville, p. 129 | 05-04-2026 |
| 3559 | Littérature | Napoléon ne ressemblait plus vraiment au vainqueur des guerres d’Italie ou de la campagne d’Égypte. Le jeune général efflanqué, aux joues creuses et aux cheveux en bataille avait pris du galon comme de la bedaine. Son visage s’était arrondi, son regard épaissi, quant à ses cheveux, ils se faisaient aussi rares que sa bonne humeur. | Éric Giacometti, Jacques Ravenne, La Clef et la Croix, p. 32 & suiv. | 18-03-2026 |
| 3558 | Littérature | Napoléon ne ressemblait plus vraiment au vainqueur des guerres d’Italie ou de la campagne d’Égypte. Le jeune général efflanqué, aux joues creuses et aux cheveux en bataille avait pris du galon comme de la bedaine. Son visage s’était arrondi, son regard épaissi, quant à ses cheveux, ils se faisaient aussi rares que sa bonne humeur. | Éric Giacometti, Jacques Ravenne, La Clef et la Croix, p. 32 & suiv. | 18-03-2026 |
| 3557 | Littérature | Napoléon ne ressemblait plus vraiment au vainqueur des guerres d’Italie ou de la campagne d’Égypte. Le jeune général efflanqué, aux joues creuses et aux cheveux en bataille avait pris du galon comme de la bedaine. Son visage s’était arrondi, son regard épaissi, quant à ses cheveux, ils se faisaient aussi rares que sa bonne humeur. | Éric Giacometti, Jacques Ravenne, La Clef et la Croix, p. 32 & suiv. | 18-03-2026 |
| 3556 | Littérature | Pas une église, un monastère à Rome qui ne ruisselle d’or tandis que, chaque nuit, des milliers d’enfants errants dormaient dans la rue. Radet c’était toujours dit que si le Christ revenait un jour sur terre, l’Église le crucifierait à nouveau de peur de devoir retourner à la pauvreté évangélique. | Éric Giacometti, Jacques Ravenne, La Clef et la Croix, p. 45 & suiv. | 18-03-2026 |
| 3555 | Littérature | Il parcourut son répertoire et composa le numéro personnel de maître Clarisse Lancry. Les notaires n’étaient-ils pas les meilleurs experts pour chercher des fantômes ? Excepté les médiums, la seule profession habilité à parler au nom des morts. | Éric Giacometti, Jacques Ravenne, La Clef et la Croix, p. 60 | 18-03-2026 |
| 3554 | Littérature | Joséphine se demanda si elle rêvait. Certes, elle était habituée à l’encensement continu dont beaucoup flattaient le nez chatouilleux de Napoléon, mais cette fois on sombrait dans le grotesque et le pathétique, et elle semblait être la seule à s’en rendre compte. Au gouvernement, Cambacérès et Talleyrand couvraient le conquérant d’une pluie incessante de louanges. Seul Fouché résistait encore à cette frénésie de courbettes. De nouveau des applaudissements éclatèrent. Joséphine n’écoutait plus, mais elle comprenait que, face à pareil déluge, la lucidité de son mari se soit érodée. Le jeune général impétueux était devenu un dirigeant aveuglé par les flatteries et les révérences. | Éric Giacometti, Jacques Ravenne, La Clef et la Croix, p.396 | 18-03-2026 |
| 3553 | Littérature | C’est Tante Thérèse qui s’occuperait de Colette et Philippe afin que Geneviève puisse « se consacrer à son mari », l’expression avait beaucoup surpris, elle ne s’était jamais préoccupée de lui. | Pierre Lemaitre, Les Belles Promesses, p. 46 | 18-03-2026 |
| 3552 | Littérature | Jean était de ces gens, et il en existe encore beaucoup aujourd’hui, qui croient avoir pensé parce qu’ils répètent ce qu’ils ont entendu. | Pierre Lemaitre, Les Belles Promesses, p. 207 | 18-03-2026 |
| 3551 | Littérature | Petula Clark était anglaise de profession, une de ces artistes londoniennes qui, après trente années de carrière en France, continuent de dire « j’ai laissé la mouchoir sur le commode ». | Pierre Lemaitre, Les Belles Promesses, p. 276 | 18-03-2026 |
| 3550 | Littérature | La victime, Jacques Tinchant, posa volontiers pour la presse (tenant un album de timbres rares) et se montra très volubile, il n’était pas étonné que sa vie intéresse les journaux parce que lui-même la trouvait passionnante. | Pierre Lemaitre, Les Belles Promesses, p. 324 | 18-03-2026 |
| 3549 | Littérature | Il demanda à une vieille dame s’il fallait prendre rendez-vous pour se confesser et reçut un de ces regards atterrés dont pas mal de croyants font preuve quand il est question de miséricorde. Non, pas de rendez-vous. | Pierre Lemaitre, Les Belles Promesses, p. 478 | 18-03-2026 |
| 3539 | Littérature | Avant de partir, Julius fut réconforté par la promesse de Hannah, celle de veiller sur leur fille. Hannah se sentit plus forte, une promesse c’est comme une béquille, quelque chose de solide dans la main, quelque chose à quoi se cramponner pour ne pas trébucher. | Catherine Bardon, Almah, p. 60 | 23-01-2026 |
| 3537 | Littérature | Vous avez raison de penser que je ne descends de nulle part et que je n’ai nulle intention de monter, mais vous auriez tort de croire que j’en éprouve du regret. J’évite les ascenseurs comme un chien évite l’eau. Non pas qu’ils refusent de m’ouvrir leur porte ni que je répugne à m’y enfermer ; mais les ascenseurs en mouvement me chatouillent et j’y perds ma dignité ; et, si j’aime être chatouillé, j’aime pouvoir ne plus l’être dès que ma dignité l’exige. | Dans La Solitude Des Champs de Coton – Bernard-Marie Koltes (Éditions de Minuit). | 17-01-2026 |
| 3510 | Littérature | Il y a toujours un bar ou une boîte providentiels près d’un commissariat, comme il y a toujours des pompes funèbres près d’un cimetière, ou un marchand de bonbons près d’un collège. | Víctor del Àrbol, La Veille de presque tout, p. 26 | 05-12-2025 |
| 3509 | Littérature | Il allume la radio : c’est une émission où des noctambules appellent uniquement pour savoir s’il y a quelqu’un au bout de leur silence. Il éteint. Les gens sont seuls et devraient apprendre à l’accepter. | Víctor del Àrbol, La Veille de presque tout, p. 31 | 05-12-2025 |
| 3508 | Littérature | — Comment ça se passe avec la nouvelle locataire ? — Paola ? Elle quitte à peine à l’appartement… Elle est bizarre. — Dans quel sens ? Bizarre comme toi ou moi, bizarre comme une terroriste ou bizarre comme une tueuse en série ? | Víctor del Àrbol, La Veille de presque tout, p. 55 | 05-12-2025 |
| 3507 | Littérature | Halleck […] s’était rendu au lycée où il avait eu des entretiens successifs avec le professeur principal de Linda, le proviseur adjoint, et la prof préférée de sa fille, miss Nearing, qui enseignait la gym et l’art de brailler en rythme en agitant des pompons de papier. | Richard Bachmann, La Peau sur les os, p. 14 | 05-12-2025 |
| 3506 | Littérature | L’inculpation avait été confirmée à l’automne 1980 par le parquet de New York, mais les poursuites avaient dû être abandonnées au printemps suivant en raison de l’élévation subite du taux de mortalité chez les témoins à charge. | Richard Bachmann, La Peau sur les os, p. 24 & suiv. | 05-12-2025 |
| 3505 | Littérature | C’est parce que ça sonne bien à l’oreille qu’on fait rimer amour et toujours, mais dans la vie c’est plus compliqué, faut un peu de chance, c’est tout. Écoute ce que ton cœur te dit. | Jean-Michel Guenassia, À Dieu Vat, p. 20 | 05-12-2025 |
| 3504 | Littérature | Madeleine Jansen est d’une santé fragile […] La maladie a troublé sa croissance et sa jeunesse, lui a donné cette morphologie anguleuse avec des os saillants, des bras comme des brindilles, un dos légèrement voûté et cette nature inflexible, ce côté intraitable. Qui m’aime me suive. Et cette voix grave et lente qui vient à bout des velléités masculines. | Jean-Michel Guenassia, À Dieu Vat, p. 51 | 05-12-2025 |
| 3503 | Littérature | On dit que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit. Sauf que tous les mathématiciens vous le confirmeront : pour chaque direction de droite, il existe un point à l’infini par lequel passent toutes les droites parallèles à cette direction et qui finissent par se rejoindre. | Jean-Michel Guenassia, À Dieu Vat, p. 372 | 05-12-2025 |
| 3502 | Littérature | On ne peut pas toujours réfléchir, soupeser le pour et le contre, attendre, réfléchir encore, changer d’avis, remettre la décision au lendemain, au jour suivant, demander leur avis à des gens de confiance, la réalité c’est qu’à un moment il faut se lancer dans le vide et espérer que le parachute s’ouvrira. | Jean-Michel Guenassia, À Dieu Vat, p. 569 | 05-12-2025 |
| 3501 | Littérature | Benjamin était le plus vieil animal de la ferme, et le plus revêche. Il parlait peu et quand il s’exprimait, c’était en général pour lâcher une remarque cynique. Il disait, par exemple, que Dieu lui avait donné une queue pour chasser les mouches, mais qu’il aurait préféré pouvoir vivre sans queue ni mouches. | George Orwell, La Ferme des animaux, p. ? | 05-12-2025 |
| 3500 | Littérature | Si ceux qui possèdent tout ne paient pas, ceux qui n’ont presque rien le feront. Selon le même principe, les hommes politiques sont assurés qu’il y aura toujours de jeunes hommes pour servir de chair à canon. | Stephen King, Dead zone, p. 389 | 05-12-2025 |
| 3499 | Littérature | Sur son visage se lisait d’habitude l’air de colère indignée qu’affichent les faibles quand ils ont l’habitude d’être obéis. | Jean-Christophe Rufin, D’or et de jungle, p. 23 | 05-12-2025 |
| 3498 | Littérature | — Vous vivez vraiment dans cette maison ? — Dans celle-ci est dans quelques autres, dit Marvin d’un air las. J’en ai une à Cape Cod et une aux Bahamas. Plus un chalet en Suisse et quelques baraques où je ne mets jamais les pieds. Il énumérerait c ces possessions comme un condamné qui vide ses poches avant d’être incarcéré. | Jean-Christophe Rufin, D’or et de jungle, p. 31 & suiv. | 05-12-2025 |
| 3497 | Littérature | Les meubles étaient là, les photos sur les murs étaient là, sa chambre était intacte, mais la vie avait disparu. La maison ressemblait à ces coquilles qu’on aperçoit parfois dans la mer. Elles semblent habitées mais on découvre, en les saisissant, que l’animal qui y vivait est mort et qu’elles sont emplies de sable. | Jean-Christophe Rufin, D’or et de jungle, p. 154 | 05-12-2025 |
| 3496 | Littérature | La seule liberté des humains est de choisir leurs rêves. Mais ils n’ont pas le pouvoir de les faire aboutir. C’est leur drame et leur bonheur. Nos projets sont toujours trahis. Estimons-nous heureux, déjà, d’avoir pu les vivre… | Jean-Christophe Rufin, D’or et de jungle, p. 139 | 05-12-2025 |
| 3495 | Littérature | Sa chemise était d’un blanc uni et ce choix, déjà exceptionnel à ses yeux, le dispensait d’en fermer le col. La cravate, dans son monde, était un accessoire réservé aux bodyguards et aux chauffeurs. | Jean-Christophe Rufin, D’or et de jungle, p. 145 | 05-12-2025 |
| 3494 | Littérature | Depuis le temps qu’il habitait en Nouvelle-Angleterre, Archie avait atteint la perfection dans la mimique que les Britanniques composent sur leur visage pour consoler ceux qu’ils viennent de battre par les moyens les plus déloyaux. Sa bouche se déformait en une sorte de moue apitoyée tandis que ses yeux brillaient d’une joyeuse méchanceté. | Jean-Christophe Rufin, D’or et de jungle, p. ??? | 05-12-2025 |
| 3487 | Littérature | [...] la route était acceptable. Seule la façon de conduire des Mexicains la rendait hasardeuse. Gabriel manquait d’éléments de comparaison pour les classer en tête du peloton des fous du volant, toutefois il les plaça devant les Corses, à égalité avec les Polonais. | Le Poulpe - Chili incarné, Gérard Delteil | 10-11-2025 |
| 3474 | Littérature | Le seul indice qui permettait à mes chaussures de passer pour des chaussures, c’était que je les portais aux pieds. | Éric-Emmanuel Schmitt, L’enfant de Noé, p. 10 | 13-09-2025 |
| 3473 | Littérature | J’étais fasciné par le champ d’étoiles sur lequel s’ouvrait la fenêtre découpée au milieu du toit. Auparavant, je n’avais pas l’occasion d’observer le ciel car de notre appartement au sous-sol je n’entrevoyais par le soupirail que des chaussures, des chiens et des cabas. | Éric-Emmanuel Schmitt, L’enfant de Noé, p. 20 | 13-09-2025 |
| 3472 | Littérature | Rudy était interminable. Il montait si haut qu’on le croyait suspendu à un fil derrière ses épaules basses, tandis que ses bras et ses jambes pendaient dans le vide, sans force, désarticulés, et que sa tête dodelinait en avant, pesante, chargée de cheveux trop bruns, trop drus, trop raides, étonnés d’être là. Il avançait lentement pour s’excuser de son gigantisme, tel un dinosaure nonchalant qui dirait : «N’ayez pas d’inquiétude : je suis gentil, je ne mange que de l’herbe.» | Éric-Emmanuel Schmitt, L’enfant de Noé, p. 40 | 13-09-2025 |
| 3471 | Littérature | Si tu ne respectes que la vérité, alors tu ne respecteras pas grand-chose. 2 + 2 = 4, voilà ce qui sera l’unique objet de ton respect. À part ça, tu vas affronter des éléments incertains : les sentiments, les normes, les valeurs, les choix, autant de constructions fragiles et fluctuantes. Rien de mathématique. Le respect ne s’adresse pas à ce qui est certifié mais à ce qui est proposé. | Éric-Emmanuel Schmitt, L’enfant de Noé, p. 65 | 13-09-2025 |
| 3465 | Littérature | Les locaux de Scully & Pershing étaient réputés, partout dans le monde, pour leur luxe et leur raffinement. Présent dans 31 villes sur les cinq continents, et toujours en expansion, S & P installait ses QG dans les quartiers les plus prestigieux, souvent dans les tours les plus hautes et les plus récentes, conçues par les architectes en vogue. La firme y envoyait ses propres équipes de décorateurs qui aménageaient salles de réunion et bureaux avec des œuvres d’art, de riches tentures, du mobilier design et de savants luminaires — tous uniques, tous exceptionnels. Le visiteur, en passant les portes d’une filiale S & P, où que ce soit sur la planète, devait sentir l’opulence, le luxe et le pouvoir. C’est ce qu’attendaient les clients. Et vu les tarifs pratiqués par le cabinet, ils en voulaient pour leur argent. | John Grisham, Le Réseau, p. 51 | 30-08-2025 |
| 3464 | Littérature | Riley le connaissait et se montra immédiatement méfiant. Sir Simon expliqua à Mitch que Gibb avait travaillé dans le gouvernement Thatcher et qu’il était resté en contact étroit avec les hautes sphères du pouvoir. Au premier regard toutefois, il était difficile de croire que ce vieillard tremblant soit en contact étroit avec quoi que ce soit sinon sa canne au pommeau de nacre. | John Grisham, Le Réseau, p. 270 | 30-08-2025 |
| 3460 | Littérature | Sa fille partit dans sa chambre en claquant la porte. Vincent réalisa qu’il n’y avait pas mis les pieds depuis des lustres. Il se demanda ce qu’il allait découvrir le jour où elle quitterait la maison. Des mines antipersonnel, sans doute. Portant son nom. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p. 81 | 24-08-2025 |
| 3459 | Littérature | L’horloge sur le mur tictaquait lentement vers le futur. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p. 204 | 24-08-2025 |
| 3458 | Littérature | Les cimetières ont cette faculté d’éveiller une spiritualité qu’on ne ressent pas dans la vie de tous les jours. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p. 208 | 24-08-2025 |
| 3457 | Littérature | Elle se demanda s’il avait fait les paquets lui-même. Ses paquets avaient toujours l’air d’avoir été confectionnés par deux chats en pleine bagarre. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p. 346 | 24-08-2025 |
| 3456 | Littérature | Mina se tenait inhabituellement près de Vincent, constata Julia. Ce dernier avait peut-être pris un bain de liquide vaisselle parfum citron. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p. 366 | 24-08-2025 |
| 3455 | Littérature | — Je veux dire que l’amour, c’est comme le saut à l’élastique. — C’est quoi ce délire, tu es bourré ou quoi ? Ruben, suspicieux, fixait son collègue de l’autre côté de la table. — Non, je suis sérieux. C’est exactement comme le saut à l’élastique. Il faut pas trop réfléchir, pas se donner le temps de prendre peur. Auquel cas on a de fortes chances de renoncer. Après coup, je me rends compte avec terreur que j’étais sur le point de renoncer. L’astuce, c’est de ne pas penser. Faut juste sauter. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p. 442 | 24-08-2025 |
| 3454 | Littérature | Les œuvres d’art sur les murs, fournies par l’État, n’incitaient pas non plus à la rigolade. C’était un lieu où des hommes d’un certain âge, en costumes sombres, avaient pour habitude de plisser profondément le front. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Mirage, p.502 | 24-08-2025 |
| 3453 | Littérature | Il était presque face à face avec la femme qui l’avait trahi avant de disparaître pendant des années. Bien entendu, il ne l’avait pas cherchée. Lorsqu’un chat sauvage s’enfuit dans les bois, vous ne vous lancez pas à sa poursuite. | Attica Locke, Il est long le chemin du retour, p. 37 | 24-08-2025 |
| 3452 | Littérature | Joseph Fuller, partisan de Donald Trump ? À peu près aussi dingue qu’un porc qui insisterait pour conduire le camion vers l’abattoir. Et pour payer l’essence. | Attica Locke, Il est long le chemin du retour, p. 107 | 24-08-2025 |
| 3451 | Littérature | Une meilleure observation de Vaughn lui permit d’apprécier les coutures nettes et la coupe sur-mesure de son costume, ses bottes en cuir souple de buffle et la montre suisse étincelante qui avait remplacé sa Timex, sans doute sur les conseils de quelqu’un qui n’ignorait pas qu’il faut pomponner son cochon avant de le vendre au marché. | Attica Locke, Il est long le chemin du retour, p. 263 | 24-08-2025 |
| 3448 | Littérature | Il s’arrêtait devant les photographies ou des hommes rigides et moustachus posaient la main sur l’épaule de leur femme assise, ou des garçons en costume marin tenaient un cerceau, des petites filles en aube de communiante serraient leur missel. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 41 | 10-08-2025 |
| 3447 | Littérature | Le renseignement est une discipline basée sur la trahison. Savoir qu’une taupe et à l’œuvre, c’est la paranoïa dans un milieu dans lequel la paranoïa est déjà le quotidien, ça devient invivable. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 101 | 10-08-2025 |
| 3446 | Littérature | — Tout va très bien se passer. — C’est ce qu’on dit quand on n’en est pas totalement certain. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 187 | 10-08-2025 |
| 3445 | Littérature | Sœur Ursule était une forte femme au visage charpenté, l’air revêche d’une gouvernante anglaise. Avec elle, le bon dieu devait passer de sales quarts d’heure. […] Louis s’était endormi quelques minutes après le passage de la sœur. Quand François l’avait croisée en allant fumer une cigarette dans le couloir, elle avait dit en passant, sans même s’arrêter : — Pas bon cette affaire. Pas bon du tout. Elle avait bien fait de préférer les ordres à la psychologie. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 242 & suiv. | 10-08-2025 |
| 3444 | Littérature | Pour le moment, il assistait au relâchement des membres de la délégation avec le petit sourire bonnasse et inoffensif qu’il destinait aux enfants qui s’amusent, aux amoureux qui s’embrassent et aux pauvres qui remercient. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 271 | 10-08-2025 |
| 3443 | Littérature | Le renseignement — autrement dit l’espionnage — est une cour où se mêlent et se croisent, ou se nouent et se dénouent toutes sortes d’alliances qui tiennent à la fois aux nécessités du service, au conflits de territoires, aux intérêts personnels, aux motifs supérieurs et au narcissisme de chacun. Le tout a quelque chose à voir avec la raison d’État. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 366 | 10-08-2025 |
| 3442 | Littérature | Il détestait les grands mots, n’en employait pas il n’aurait jamais évoqué des «valeurs républicaines», ça, c’était bon pour les hommes politiques qui en étaient dépourvus. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 553 | 10-08-2025 |
| 3441 | Littérature | Nine n’était pas une femme de guerre, un être de combat. Elle l’avait été une fois dans sa vie, autrefois, contre son père. Elle en avait tiré une leçon jamais oubliée. Les rancunes, souvent plus aveugles qu’on croit, rongent davantage les victimes que les coupables. | Pierre Lemaitre, Un avenir radieux, p. 554 | 10-08-2025 |
| 3440 | Littérature | Comme toujours lorsqu’il mentionnait des personnalités et, en particulier, son ministre de tutelle, Prache avait baissé la voix et pris le ton d’un officient murmurant pour lui-même le nom sacré de Dieu. | Jean-Christophe Rufin, Notre otage à Acapulco, p. 12 | 10-08-2025 |
| 3439 | Littérature | Ils sortirent. Aurel suivit Dalloz dans les rues étroites encombrées de voitures. Des klaxons retentissaient de partout, sans avoir le moindre effet sur la circulation. | Jean-Christophe Rufin, Notre otage à Acapulco, p. 36 | 10-08-2025 |
| 3438 | Littérature | Le soleil était encore assez haut mais déjà les cocotiers agitaient les bras dans la brise du soir pour saluer son naufrage. | Jean-Christophe Rufin, Notre otage à Acapulco, p. 198 | 10-08-2025 |
| 3437 | Littérature | Il fronça les sourcils. Oui, c’était bien un nuage qui projetait, sur la peau soyeuse du Pacifique, une petite ombre ronde semblable à un grain de beauté. Dans sa torpeur éthylique, il se mit en colère contre cet intrus. Il avait envie d’appeler la réception pour se plaindre. | Jean-Christophe Rufin, Notre otage à Acapulco, p. 245 | 10-08-2025 |
| 3436 | Littérature | Ils firent un détour pour aller voir une petite construction à la limite de la végétation. C’était un oratoire dédié à la Vierge. Il était orné de fleurs fraîchement coupées. — Je ne sais pas si le Mexique est encore un bon pays pour y vivre. Mais cela reste un bon endroit pour mourir. On a l’impression de partir moins loin. | Jean-Christophe Rufin, Notre otage à Acapulco, p. 252 | 10-08-2025 |
| 3435 | Littérature | […] Après 1945, il n’y a plus eu aucune guerre mondiale […], mais les États-nations ont construit des frontières, des murs plus hauts et plus nombreux que jamais. Les grandes puissances se sont refermées sur elles-mêmes, les clés ont été confiées à des leaders désignés par leur peuple défendant leur pays comme des pitbulls défendant une gamelle. Chacun s’est recroquevillé. Jamais le monde n’a été aussi égoïste. Des millions de migrants sont morts de ne pas pouvoir changer d’hémisphère, dans l’indifférence générale des nations barricadées. Jamais l’économie n’avait circulé aussi librement, l’argent, les images, la musique, ce que les gens mangeaient ou portaient sur le dos, et pourtant jamais la terre n’avait été autant divisée, en deux cent morceaux, deux cent états ne jurant chacun que par son intérêt particulier. | Michel Bussi, Nouvelle Babel, p. 157 & suiv. | 10-08-2025 |
| 3434 | Littérature | Chaque fois que, dans son histoire, l’humanité a franchi une étape fondamentale, qu’il s’agisse de la démocratie, de la paix ou de la liberté de déplacement, l’opinion en oublie le coût, les avantages, pour n’en plus voir que les limites et les défauts. Appelez cela comme vous voulez, désenchantement ou caprice d’enfant gâté, peu importe, mais l’opinion mondiale est aujourd’hui ouverte aux doutes et aux questionnements. | Michel Bussi, Nouvelle Babel, p. 253 & suiv. | 10-08-2025 |
| 3433 | Littérature | Son miroir connecté affichait un indice de beauté inférieur de 8 % à sa valeur habituelle , ce qui parmi les millions de femmes acceptant de se confronter chaque matin à une évaluation de leur potentiel de séduction la positionnait à peine dans le quart supérieur de la moyenne mondiale. | Michel Bussi, Nouvelle Babel, p. 268 | 10-08-2025 |
| 3432 | Littérature | Chloé barbotait, dans une mer de bain moussant, un cocktail de fruits posé sur le rebord de la faïence. Elle entendit les pas du journaliste et se redressa pour faire émerger son cou, ses épaules et la naissance de sa poitrine ruisselante. | Michel Bussi, Nouvelle Babel, p. 184 | 10-08-2025 |
| 3431 | Littérature | Tu es sûr que tu ne t’es pas trompé ? s’inquiéta Taylor tout en avalant trois pilules censé le faire passer en douceur du sommeil au réveil, soigner une lancinante dépression et une douleur persistante sous son gros orteil gauche. | Michel Bussi, Nouvelle Babel, p. 394 | 10-08-2025 |
| 3430 | Littérature | Vincent passa dans l’entrée, enfila ses chaussures et se pencha pour renouer les lacets. Comme prévu, il ne parvint pas à les refaire à la perfection comme tout à l’heure. Tant pis, il fallait faire avec. Il quitta la maison et traversa la pelouse par le chemin qui avait été tracé dans la neige. Soudain, il s’arrêta, s’accroupit, défit ses lacets et recommença. Ce n’était pas le moment de se laisser aller. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, La Boîte à magie, p 89 | 10-08-2025 |
| 3429 | Littérature | Elle redémarra en direction de Södermalm. Il s’agitait sur son siège qui criait sous ses fesses. – C’est… du plastique que tu as mis ? demanda-t-il. – Oui, c’est pour pouvoir assassiner quelqu’un sans laisser de trace. À moins que tu aies une autre hypothèse ? Vincent éclata de rire. Mina se concentra sur la circulation. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, La Boîte à magie, p 177 | 10-08-2025 |
| 3428 | Littérature | Il se dirigea vers la machine à café au milieu de la salle. – Tu le veux comment ? demanda-t-il par-dessus l’épaule . – Noir comme l’âme, répondit Saints. – Avec un hobby comme le tien, la couleur que tu donnes à l’âme n’a rien de surprenant, dit Vincent en revenant à table avec deux tasses de café. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, La Boîte à magie, p 454 | 10-08-2025 |
| 3427 | Littérature | Certaines personnes lisent des livres de cuisine sans jamais réaliser la moindre recette. D’autres se passionnent pour des livres d’initiation à différentes activités physiques sans jamais se lever de leur fauteuil. Maria était comme ça avec les manuels de développement personnel. Au lieu d’expérimenter dans la vraie vie tous ces conseils dont elle se gavait, elle préférait en lire un nouveau. Pour lui reprocher ensuite son inutilité, puisque rien dans sa vie ne changeait jamais. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, La Boîte à magie, p 467 | 10-08-2025 |
| 3426 | Littérature | Le premier homme à faire son apparition tenait fièrement, beaucoup trop fièrement à son goût d’ailleurs, un énorme poisson qu’il venait sans doute d’attraper. Elle ne s’attendait pas à ça. Elle se demanda comment il fallait interpréter l’image. Le poisson était-il censé représenter un animal de compagnie, une activité, ou un membre de sa famille ? Ou était-ce une preuve de force ? C’était sûrement un symbole de virilité, de la capacité à chasser et à tuer sa propre nourriture. Comme l’homme sur la photo portait des lunettes de soleil, la seule chose qui lui permettait de se faire une idée de sa personnalité, c’était le poisson. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Le Culte, p 193 | 10-08-2025 |
| 3425 | Littérature | Personne ne se croit capable d’intégrer une secte. Personne ne croit que les sectes existent vraiment, en tout cas pas dans son entourage. On ne se considère pas comme influençable. Mais les humains sont des êtres sociables. Nous souhaitons suivre le groupe, et le groupe souhaite suivre un chef. Une secte ne fait rien d’autre que d’exploiter l’un de nos réflexes sociaux les plus archaïques. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Le Culte, p 449 | 10-08-2025 |
| 3424 | Littérature | C’est souvent la peur qui pousse une personne vers le groupe, et toutes les peurs ont la même origine. La peur de tenter de nouvelles expériences vient de la peur d’être jugé, qui vient de la peur de ne pas être aimé, qui à son tour vient de la peur d’être exclu, qui vient de la peur de ne pas avoir sa part des ressources du groupe, ce qui est le résultat de la peur de la mort. Toutes les peurs proviennent en réalité de la peur de la mort. | Camilla Läckberg & Henrik Fexeus, Le Culte, p 450 | 10-08-2025 |
| 3380 | Littérature | L’homme a peur de l’amour. Une telle peur ! Alors il lui donne si peu de chance. Et il se dit que l’amour n’est pas très important. Pourtant, l’amour est la plus grande énergie au monde. C’est un ennemi trop fort pour l’orgueil humain. Tout le monde le sait, s’en méfie, en a peur. Et tous préfèrent se raconter la faiblesse de ce sentiment. Un fantasme pour fuir et s’en protéger. | Olivier Caporali, L’avènement d’Ève, p. 223 | 04-05-2025 |
| 3363 | Littérature | — Il te faudrait une petite copine, Markie. Crois-tu que je ne sais pas que tu as rompu avec cette actrice télévisuelle ? Comment s’appelle-t-elle déjà ? — Lydia Floor. De toute façon, on n’était pas vraiment ensemble, maman. Je veux dire : c’était juste une histoire comme ça. — Une histoire comme ça, une histoire comme ça ! Voilà ce que font les jeunes maintenant : ils font des histoires comme ça et il se retrouvent à cinquante ans chauves et sans famille ! | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 27 | 19-02-2025 |
| 3362 | Littérature | — Vous regrettez ce livre ? — Peut-être… Un peu… Je ne sais pas… Les regrets sont un concept que je n’aime pas : ils signifient que nous n’assumons pas ce que nous avons été. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 41 | 19-02-2025 |
| 3361 | Littérature | Vous allez voir, ils vont coller des impôts mirobolants aux richards dans votre genre. Et après ça, il sera trop tard pour pleurer. Pour gouverner l’Amérique, il faut des couilles. Et les éléphants ont des plus grosses couilles que les ânes, c’est comme ça, c’est génétique. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 81 | 19-02-2025 |
| 3360 | Littérature | À quinze heures précises, Tamara Quinn posta son mari en costume sous le porche de leur maison avec une coupe de champagne dans la main et un cigare dans la bouche. — Surtout ne bouge pas, lui intima-t-elle. — Mais ma chemise me gratte, bibichette. — Tais-toi, Bobbo ! Ces chemises ont coûté très cher, ce qui est cher ne gratte pas. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 289 | 19-02-2025 |
| 3359 | Littérature | Et si Québert était un juif ? Quelle horreur ! Peut-être même un juif socialiste ! Elle regretta que les juifs puissent être blancs de peau parce que cela les rendait invisibles. Au moins, les Noirs avaient l’honnêteté d’être noirs, pour qu’on puisse les identifier clairement. Mais les juifs étaient sournois. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 292 | 19-02-2025 |
| 3358 | Littérature | — Connais-tu le grand Soljenitsyne ? — L’écrivain ? Oui. Quel rapport ? — J’ai vu un documentaire sur lui, hier soir. Quel hasard du ciel d’avoir vu cette émission ! Figure-toi qu’il s’est marié avec sa secrétaire. Sa secrétaire ! Et sur qui je tombe aujourd’hui ? Ta secrétaire ! C’est un signe, Markie ! Elle n’est pas vilaine et surtout elle déborde d’œstrogènes ! Je le sais, les femmes sentent ça. Elle est fertile, docile, elle te fera un enfant tous les neuf mois. Je lui apprendrai comment élever les enfants, et comme ça ils seront tout comme je veux ! N’est-ce pas merveilleux ? | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 355 | 19-02-2025 |
| 3357 | Littérature | Dans notre société, Markus, les hommes que l’on admire le plus sont ceux qui bâtissent des ponts, des gratte-ciel et des empires. Mais en réalité, les plus fiers et les plus admirables sont ceux qui arrivent à bâtir l’amour. Car il n’est pas de plus grande et de plus difficile entreprise. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 361 | 19-02-2025 |
| 3356 | Littérature | — […]Écrire, c’est être libre. Il se força à rire. — Qui vous a mis ces sornettes en tête ? Vous êtes esclave de votre carrière, de vos idées, de vos succès. Vous êtes esclave de votre condition. Écrire, c’est être dépendant. De ceux qui vous lisent, ou ne vous lisent pas. La liberté, c’est de la foutue connerie ! Personne n’est libre point j’ai une partie de votre liberté dans les mains, de même que les actionnaires de la compagnie ont une partie de la mienne dans les leurs points ainsi et faites la vie, Goldman. Personne n’est libre. Si les gens étaient libres il serait heureux. Connaissez-vous beaucoup de gens véritablement heureux ? (Comme je ne répondis rien, il poursuivit). Vous savez, la liberté est un concept intéressant. J’ai connu un type qui était trader à Wall Street, le genre golden boy plein aux as et à qui tout sourit. Un jour, il a voulu devenir un homme libre. Il a vu un reportage à la télévision sur l’Alaska et ça lui a fait une espèce de choc. Il a décidé qu’il serait désormais un chasseur, libre et heureux, et qu’il vivrait au bonheur. Il a tout plaqué et il est parti dans le sud de l’Alaska, vers le Wrangell. Eh bien, figurez-vous que ce type, qui avait toujours tout réussi dans la vie, a également réussi ce pari-là : c’est devenu véritablement un homme libre. Pas d’attache, pas de famille, pas de maison : juste quelques chiens et une tente. C’était le seul homme vraiment libre que j’aie connu. — Cétait ? — Cétait. Le bougre a été très libre pendant quatre mois, de juin à octobre. Et puis il a fini par mourir de froid l’hiver venu, après avoir bouffé tous ces chiens par désespoir. Personne n’est libre, Goldman, pas même les chasseurs d’Alaska. Nous sommes prisonniers des autres et de nous-mêmes. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 511 & suiv. Commentaire de ChatGPT : L’illusion d’une liberté totale peut être séduisante, mais elle se heurte à la dureté du réel. Même celui qui croit se libérer de tout finit par se heurter aux limites de l’existence. La véritable leçon ici, c’est que la liberté n’est pas une absence totale de contraintes, mais plutôt la capacité à trouver du sens et de l’équilibre au sein des chaînes invisibles qui nous lient. | 19-02-2025 |
| 3355 | Littérature | Nous reprîmes toute l’enquête depuis le début : nous relûmes les rapports de police, nous étudiâmes les déclarations de tous les témoins de l’époque. Nous dessinâmes une carte d’Aurora et de ses environs, et nous calculâmes toutes les distances […]. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 516 (juste pour le passé simple… :-) | 19-02-2025 |
| 3354 | Littérature | Vous savez, l’information est un flux illimité dans un espace limité. La masse d’informations est exceptionnelle, mais le temps que chacun lui accorde est restreint et inextensible. Le commun des mortels y consacre quoi, une heure par jour ? Vingt minutes de journal gratuit dans le métro le matin, une demi-heure sur Internet au bureau et un quart d’heure de CNN le soir avant de se coucher. Et pour remplir cet espace temporel il y a de la matière infinie ! Il se passe des tas de choses dégueulasses dans le monde, mais on n’en parle pas parce qu’on a pas le temps. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 684 | 19-02-2025 |
| 3353 | Littérature | — Vous êtes un grand angoissé, Marcus, et croyez-moi, les angoisses ça ne sert à rien. Allez chez le docteur Freud et faites-vous prescrire des pilules qui détendent. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / Poche, 2012, p. 777 | 19-02-2025 |
| 3352 | Littérature | Bernard-Henri Lévy, ce type que ma concierge prend pour un journaliste, les journalistes pour un philosophe et les philosophes pour ma concierge. | Pierre Bourdieu, Recueil Interventions, 1961-2001 (trouvé sur Facebook). | 13-02-2025 |
| 3341 | Littérature | Je m’appelle Agnès Dugain, née septembre. Je suis la fille d’Hannah Ruben, violoniste, et de Jean Septembre, pianiste. J’ai gardé le nom de mon ex-mari, Pierre Dugain. Officiellement pour garder mon nom d’artiste, officieusement pour faire chier sa nouvelle compagne. | Valérie Perrin, Tata, p. 58 | 20-01-2025 |
| 3340 | Littérature | Moi, Colette, je vais te dire la vérité, je suis cordonnier, et la première chose que je vois sur une personne, c’est ses chaussures, si ses chaussures sont bien entretenues, je remonte jusqu’au visage, sinon je m’arrête. Il y a une différence entre protection et réparation, il faut protéger avant de réparer. | Valérie Perrin, Tata, p. 111 | 20-01-2025 |
| 3339 | Littérature | Tout le monde n’a pas refait sa vie avec une sirène qu’on trimballe dans l’océan Indien… Je suis sûr qu’elle met jamais la tête sous l’eau pour ne pas abîmer son brushing. | Valérie Perrin, Tata, p.195 | 20-01-2025 |
| 3338 | Littérature | Quand nous sommes ressorties de l’hôtel, maman et moi, il y avait du monde aux terrasses, des rires, des enfants, des boules de glace et des cafés sur les tables, la mer, le soleil et les bateaux. Sur nous, il pleuvait. Comme sur mon ancien poster de Snoopy que je possédais enfant : «Il pleut toujours sur notre génération.» | Valérie Perrin, Tata, p. 253 & suiv. | 20-01-2025 |
| 3337 | Littérature | Faire un film, c’est écrire pour des personnages réels ou de la fiction, avec de la lumière, des images, des mots et des sentiments. — C’est vrai, ajoute Nathalie. Et quand un roman est extraordinaire il contient de la lumière, les images, des mots et des sentiments. Et les personnages deviennent réels parce qu’on s’y attache. | Valérie Perrin, Tata, p. 310 | 20-01-2025 |
| 3336 | Littérature | Comme je ne suis pas comédienne et que les metteurs en scène intéressent autant la presse people que l’Art déco, on m’a épargné les photos volées de ma mine défaite au double menton à cause de ma surcharge pondérale, en train de faire mes courses aux Abbesses en essayant d’articuler correctement sous les yeux ébahis les primeurs : « Un kilo de pommes rouges à empoisonner, s’il vous plaît. Blanche-Neige, c’est l’autre. Moi, je suis le miroir.» | Valérie Perrin, Tata, p. 378 & suiv. | 20-01-2025 |
| 3335 | Littérature | Quand j’étais enfant, j’aimais tomber malade, parce que maman dormait avec moi. Et lorsque je n’avais plus de fièvre, elle retrouvait mon père. Alors je lui faisais croire que j’avais mal là, et puis là, afin qu’elle reste près de moi. J’ai souvent dormi avec Ana, même bien avant que son père et moi soyons séparés. Il paraît que c’est une erreur, mais l’erreur serait de ne pas profiter de sa présence. Mon enfant unique. L’année prochaine, elle entrera au lycée, et c’est chez ses copines qu’elle ira passer la nuit, plus avec moi. | Valérie Perrin, Tata, p. 534 | 20-01-2025 |
| 3334 | Littérature | C’est chouette de voyager avec un flic, quand nous sommes coincés dans des embouteillages, il met le gyrophare, et on peut se garer partout. | Valérie Perrin, Tata, p. 585 | 20-01-2025 |
| 3333 | Littérature | Comme tous les grands voyageurs, j’ai vu plus que je me souviens et je me souviens de plus que j’ai vu. [Benjamin Disraeli, homme d’État britannique.] | Cité par Alfred Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, p. 13 | 20-01-2025 |
| 3332 | Littérature | Nous n’avons pas en France d’équivalent du système du « line-up », mais vous avez déjà dû voir dans une série ou un film américain que, aux États-Unis, lorsqu’une personne est victime d’une agression, la police a souvent recours à un panel d’individus qui se ressemblent parmi lesquels la victime doit identifier son agresseur. Loftus a remarqué que les victimes choisissaient presque toujours quelqu’un… même dans le cas où le coupable ne faisait pas partie du panel ! En fait, le souvenir de l’agression a été modifié par la suggestion implicite que le coupable se trouve obligatoirement parmi les hommes ou les femmes qu’on leur présente. | Alfred Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, p. 33 | 20-01-2025 |
| 3331 | Littérature | […] l’inférence. Il s’agit de la capacité à formuler une prédiction sur l’avenir à partir de nos observations et de nos connaissances sur le monde, et à agir en conséquence en choisissant dans chaque situation la stratégie qui nous paraît la mieux adaptée… […] l’inférence est utilisée dans de nombreux domaines, aussi variés que la météo ou la cancérologie. | Alfred Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, p. 41 | 20-01-2025 |
| 3330 | Littérature | Nous vivons assez bien pour avoir le luxe de nous rendre malades à cause d’un stress psychologique et social. [Robert Sapolsky, scientifique américain] | Alfred Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, p. 55 | 20-01-2025 |
| 3329 | Littérature | Quand une personne stresse, il est inutile de lui dire de se calmer puisque son cerveau lui dit qu’elle est en danger de mort. | Alfred Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, p. 61 | 20-01-2025 |
| 3300 | Littérature | J’ai besoin de garanties, vos dernières fiches de paye, feuilles d’impôts, un extrait de votre compte bancaire et je voudrais contacter vos propriétaires précédents… …Et trois edelweiss, un verre de lait de lama et la bénédiction du pape… je pense avant d’afficher un air compréhensif. | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 25 | 18-11-2024 |
| 3299 | Littérature | […] Les tests de grossesse ont l’esprit de contradiction. Ils disent "oui" quand on espère un "non" et "non" quand on voudrait un "oui". | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 30 | 18-11-2024 |
| 3298 | Littérature | Ils ne m’ont même pas reçue : ils avaient déjà recruté quelqu’un et oublié d’annuler notre rendez-vous, m’a expliqué la RH avec un sourire désolé. J’ai ravalé ma fierté et les larmes de déception qui enflaient dans ma gorge. Je leur ai dit que ce n’était pas grave, qu’ils n’hésitent surtout pas à me rappeler si jamais un autre poste se présentait, et j’ai attendu d’être dans la rue pour pleurer. | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 37 | 18-11-2024 |
| 3297 | Littérature | Oliver est le genre de personne qui, si tu lui annonçais que tu t’es cassé les deux jambes et les deux bras en glissant sur une crotte de chien, te répondrait avec un grand sourire : — Génial, tu vas pouvoir griller toutes les files d’attente avec ton fauteuil roulant ! | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 114 | 18-11-2024 |
| 3296 | Littérature | Elle renverse son sac à main sur la table, son smartphone tombe au milieu d’un bazar indescriptible que seule Mary Poppins pourrait faire rentrer dans un si petit contenant. | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 124 | 18-11-2024 |
| 3295 | Littérature | Hello ma merveille au pays des Alices. | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 201 | 18-11-2024 |
| 3294 | Littérature | — Alors, à Plouderec , il n’y a ni Wi-Fi ni réseau, répond Jehan d’Aiglemont avec beaucoup de fierté. C’est un endroit pour se ressourcer et se concentrer sur les choses qui ont de la valeur : comme la nature, par exemple. Je pense que Jérémy et Victoire n’auraient pas fait une autre tête s’il leur avait expliqué qu’à Plouderec on décapitait les bébés dauphins avec des couteaux à beurre. | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 293 | 18-11-2024 |
| 3293 | Littérature | Voilà, reprend Saranya, je n’ai pas besoin d’un questionnaire pour savoir que vous êtes faits l’un pour l’autre et je ne me trompe jamais. Je sais que vous n’êtes ni l’un ni l’autre de grands bavards, qu’on échange beaucoup avec un regard, un silence bla-bla-bla-bla, mais il y a un moment pour se regarder comme des merlans frits et un moment pour s’expliquer. | Marie Vareille, La vie rêvée des chaussettes orphelines, p. 471 | 18-11-2024 |
| 3289 | Littérature | Trois virgule deux jours sont passés depuis que la Nouvelle est arrivée et elle n’a pas mangé une seule bouchée. Ok, tu ne veux pas manger, je la gronde, mais ici personne ne viendra te supplier de le faire, ni te donner la becquée en faisant l’avion avec la cuillère. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 32 | 31-10-2024 |
| 3288 | Littérature | Monsieur Propre, son vrai prénom c’est Gioacchino, mais personne ne l’appelle plus comme ça depuis la fois où il a bu un litre de produit d’entretien pour devenir aussi musclé que le chauve sur l’étiquette, ouvrir le portail et s’en aller. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 47 | 31-10-2024 |
| 3287 | Littérature | Vieillir, c’est un peu comme devenir pauvre, madame, croyez-moi. On a moins de possibilités dans la vie, moins de gens autour de soi, et arriver à la fin du mois est à chaque fois un pari. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 120 | 31-10-2024 |
| 3286 | Littérature | Pardon, je digresse. Dernièrement, je n’arrive plus à tenir un discours sans m’égarer, mes pensées se carapatent en cours de route. J’essaie de rassembler mes souvenirs comme un chien de berger les moutons du troupeau, mais certains réussissent toujours à filer et je dois leur courir après sur les pentes de la mémoire. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 140 | 31-10-2024 |
| 3285 | Littérature | Pourtant, j’ai la certitude de t’avoir fait au moins un peu de bien. J’ai su découvrir en toi un chemin quand tu ne voyais qu’un mur. Bon, je te l’avoue, je ne suis pas l’auteur de cette phrase, je l’ai trouvée dans un biscuit chinois. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 141 | 31-10-2024 |
| 3284 | Littérature | Viens, Minou, la pâtée est servie. Voilà, mange ça puis fiche le camp, j’ai pas mal de choses à faire d’ici ce soir : arroser mes plants de tomates, me couper les ongles des pieds et faire mon testament. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 166 | 31-10-2024 |
| 3283 | Littérature | J’ai aimé l’humanité d’un amour de presbyte : de loin, tout existence me paraissait digne d’être défendue, de près les êtres humains ne me plaisaient plus. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 178 | 31-10-2024 |
| 3282 | Littérature | Une bonne loi, c’est comme un parapluie qui protège tout le monde, pas seulement ceux qui sont sous la pluie. Y compris ceux qui se sont réfugiés sous la corniche d’un immeuble et ne veulent pas en sortir par peur de se mouiller. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 193 | 31-10-2024 |
| 3281 | Littérature | Choisir, c’est très surfait ! Bien souvent, c’est la vie qui choisit pour nous et il ne nous reste plus qu’à suivre le mouvement en essayant d’amortir les chocs. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 204 | 31-10-2024 |
| 3280 | Littérature | Fausto a eu raison de t’amener ici. Il est capable de commettre de grosses erreurs, mais enfin c’est quelqu’un de bon, et les hommes bons savent ce qui est juste, enfin, pour les autres du moins. Pour eux, c’est plus compliqué. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 251 | 31-10-2024 |
| 3279 | Littérature | J’ai été abandonné sur les marches de l’église en plein hiver, aux premières heures de la nouvelle année, le 1er janvier 1945. Il y avait des gens qui tiraient des feux d’artifice, comme si les détonations de la guerre ne leur avaient pas suffi, mais les religieuses avaient l’ouïe fine et elles ont entendu ce bébé enveloppé dans une couverture qui pleurait obstinément. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 283 | 31-10-2024 |
| 3278 | Littérature | «Absolvez-moi de mes péchés , mon père, je suis un vieillard moribond. — Je ne t’absous de rien du tout, et pour trois bonnes raisons : un, tu n’es pas moribond, deux, tu es athée, trois, tu n’es pas un pauvre vieillard, je t’ai reconnu, papa.» | Viola Ardone, Les merveilles, p. 291 | 31-10-2024 |
| 3277 | Littérature | Les gens de ta génération croient avoir tout compris, mais ils mélangent tout. Nous on avait des combats, on avait un sentiment d’appartenance, un projet qui nous ressemblait. Vous, qu’est-ce que vous avez inventé ? Internet, les émoticônes en forme de crottes de chien, et l’électroménager parlant. Vous êtes des fleurs en plastique sans racines ! | Viola Ardone, Les merveilles, p. 301 | 31-10-2024 |
| 3276 | Littérature | J’ai passé ma vie à fuir les liens et quand je me suis arrêté, je me suis aperçu que plus personne ne me suivait. Comme ces enfants qui trouvent une si bonne cachette qu’à un moment donné les autres arrêtent de les chercher. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 307 | 31-10-2024 |
| 3275 | Littérature | Minou me regarde de l’autre côté de la porte vitrée et se frotte contre l’encadrement. «Ce n’est pas ton heure de visite, allez, ouste.» Il miaule, ronronne, et me fixe. C’est le genre de personne qui arrive à te faire sentir coupable sans avoir à bouger un seul poil. | Viola Ardone, Les merveilles, p. 326 | 31-10-2024 |
| 3274 | Littérature | En se réveillant, Carl se sentit une fois de plus comme un livre qui aurait perdu quelques pages. Au cours des derniers mois, ce sentiment s’était renforcé et il avait l’impression qu’il ne restait plus beaucoup de papier dans la reliure de sa vie. | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 39 | 31-10-2024 |
| 3273 | Littérature | — N’embête pas mes clients ! — Je n’embête jamais personne. — C’est seulement pour aujourd’hui ! Je fais une exception. Tu sais ce qu’est une exception ? — Bien sûr. Je ne suis plus une enfant, j’ai presque dix ans | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 48 | 31-10-2024 |
| 3272 | Littérature | Lire beaucoup ne fait pas de vous un intellectuel. Manger beaucoup ne fait pas non plus de vous un fin gastronome. | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 67 | 31-10-2024 |
| 3271 | Littérature | — Quel genre de chaussettes tu mets, toi ? Laisse-moi voir. — Elles non pas de pois, fit Carl, qui ne tenait pas à montrer ses chaussettes. — C’est bien ce que je pensais : tu n’es pas du genre à porter des pois. — Et à quoi on ressemble quand on en porte ? — Pas à toi. Crois-moi, je m’y connais. Bon, on y va, maintenant ? Parce que j’ai prévu un truc ! | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 75 | 31-10-2024 |
| 3270 | Littérature | — Quel homme faible je suis ! Déclara-t-il à l’intention de Schascha qui n’était plus là. Comme si je pouvais cacher ce que je ressens ! La vérité est un fin limier, elle me retrouvera. | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 161 | 31-10-2024 |
| 3269 | Littérature | — Là-bas c’est Julie, ma meilleure amie pour toujours, enfin en ce moment. Elle te connaît aussi et elle trouve que tu as un drôle de cou. Le même que son grand-père. | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 178 | 31-10-2024 |
| 3268 | Littérature | La parole de Dieu est la plus puissante des armes, affirma-t-elle, et lisant le doute dans les yeux de Carl et de Schascha, elle ajouta : Et si cette parole ne suffit pas, on peut toujours s’en servir comme projectile. | Carsten Henn, Le Passeur de Livres, p. 194 | 31-10-2024 |
| 3263 | Littérature | Personne ne peut égaler les regards furibonds de ma mère. S’il y avait une médaille olympique, elle gagnerait sûrement la médaille. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 124 | 15-10-2024 |
| 3262 | Littérature | Oncle Morris avait des yeux de la couleur du plus bleu des produits à nettoyer les vitres. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 177 | 15-10-2024 |
| 3261 | Littérature | Que fait-on d’une histoire comme celle-là ? Il n’y a pas de leçon à en tirer, pas de morale, pas même de dénouement. On a besoin de la raconter, de l’entendre raconter, mais on ne sait pas pourquoi. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 231 | 15-10-2024 |
| 3260 | Littérature | Nous étions des soldats chevronnés, vétérans de nombreuses batailles qui finiraient sous forme d’étoiles sur nos uniformes et resteraient dans nos placards jusqu’à ce que les mites fassent des trous dans nos revers ou qu’un gosse décroche la veste du cintre à l’occasion d’Halloween. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 280 | 15-10-2024 |
| 3259 | Littérature | Il avait la démarche assurée de quelqu’un qui sait qui il est et ne présente pas d’excuses. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 313 | 15-10-2024 |
| 3258 | Littérature | Naples était un petit patelin au bord de la route. On disait : "Ne clignez pas des yeux, vous le manqueriez !" | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 324 | 15-10-2024 |
| 3257 | Littérature | Ma mère est morte le 18 août 1989. Cette femme charmante, douée d’un grand magnétisme, quoique pas toujours des plus commodes, avait vécu "plus d’une vie". Elle était née en Suède, mais le sang gitan qui coulait dans ses veines l’avait poussée à courir le monde ; elle avait eu quatre maris et quatre enfants. Son premier mari était un urbanisme suédois. Le deuxième était un artiste russe, le suivant charpentier de Cap Cod et le dernier un communiste irlandais. Je suis le produit de son troisième mariage, qui fut aussi le plus court. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 343 | 15-10-2024 |
| 3256 | Littérature | C’était une de ces soirées d’été parfaite où les enfants supplient de pouvoir rester dehors encore un peu et où, se souvenant de leur propre enfance, les parents cèdent. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 349 | 15-10-2024 |
| 3255 | Littérature | Ma mère était la plus jeune des trois filles. Sa sœur ainée avait été dans l’US Navy et c’était mariée avec un jeune homme choisi par mon grand-père. En réalité, elle en avait aimé un autre, qui avait le malheur d’être catholique. Il aurait aussi bien pu être un sauvage avec un os en travers du nez, tant mon grand-père trouvait inadmissible l’idée qu’une de ses filles pût épouser un catholique. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 371 | 15-10-2024 |
| 3254 | Littérature | Ma mère et la majorité de ses amies n’étaient jamais sorties du comté ni montées dans un avion, sauf ceux qui pulvérisaient les champs. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 372 | 15-10-2024 |
| 3253 | Littérature | Avant d’aller au lit, je sors ma collection de bandes dessinées. Je n’en ai pas beaucoup mais celles que j’ai, j’y tiens et je les lis et les relis. Je les range toutes dans une caisse au cas où il y aurait une tornade et où on devrait se cacher sous l’évier. On ne sera jamais surpris par une tornade parce qu’une sirène d’alarme est située juste dans notre ruelle et quand elle se déclenche on ne s’entend même plus penser. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 427 | 15-10-2024 |
| 3252 | Littérature | Il existe des réalités qui, même si elles transcendent notre capacité à les connaître ou à les comprendre objectivement, sont néanmoins des réalités. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 445 | 15-10-2024 |
| 3251 | Littérature | Un, si fort, qui ose prendre la tête de la longue ligne des nombres en marche. Mais il est seul. Oh, un, sans un seul pour compagnie ! À quoi bon toute sa force s’il est seul ? | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 449 | 15-10-2024 |
| 3250 | Littérature | La radio est faite pour les solitaires, après tout, les exilés, ceux qui ont perdu le contact. À la différence de la télévision, qui fixe obstinément une seule direction et exige la tension de tout le corps meurtri, la radio est partout. Les isolés en ont besoin, car elle seule peut remplir les énormes espaces vides que recèlent même les plus petits appartements. Elle ne nous agace pas à nous rendre fou, elle commence avec tact au moment où nous l’allumons. | Je pensais que mon père était Dieu (anthologie composée par Paul Auster), p. 459 | 15-10-2024 |
| 3227 | Littérature | L’intelligence, dans la nature, ce n’était qu’une pauvre petite lueur qui devait nous guider dans l’accomplissement des actes quotidiens. Nous lui avons donné, peu à peu, trop d’importance. Et nous sommes comme serait un homme qui porte une lampe dans un souterrain à la recherche d’un trésor. Soudain, la lampe fume, ou flamboie, ou ronfle, ou crépite. Alors, il s’arrête, il s’assied par terre, il fait monter ou descendre la mèche, il règle des éclairages. Et ce travail l’intéresse tant qu’il a oublié le trésor, qu’il finit par croire que le bonheur c’est de perfectionner une lampe et de faire danser des ombres sur un mur. Et il se contente de ces pauvres joies de lampiste, jusqu’au jour où il voit soudain que sa vie s’est passée à ce jeu puéril… Trop tard ! La mort déjà le tient à la gorge L’intelligence, c’est la lampe, Le trésor, ce sont les joies de la vie. | Marcel Pagnol, Jazz, acte ll, scène 8, | 04-09-2024 |
| 3204 | Littérature | Le jour de sa mort, il dirigeait Agrippé à son pupitre, la baguette à la main, il en était au troisième mouvement, quand il entendit brusquement dans sa poitrine trois coups de brigadier. Un silence complet s’ensuivit à l’intérieur, un rideau de velours brouilla sa vue, et il eut l’impression d’entrer pour la première fois dans une œuvre dont il ne connaissait pas la partition. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 156 | 26-07-2024 |
| 3200 | Littérature | Pollet appartenait à la catégorie typiquement française des réalisateurs intellectuels qui manient le verbe beaucoup mieux que la caméra, et chez qui l’hypertrophie de la pensée va de pair avec une sensorialité plus ou moins déficiente, ce qui donne un cinéma désincarné d’une grande médiocrité visuelle. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 69 | 19-07-2024 |
| 3199 | Littérature | On ne peut pas lutter contre l’inconscient qui nous dirige obstinément, avec la précision du radar le plus sophistiqué, vers l’être dont les failles sont suffisamment complémentaires des nôtres afin d’actualiser la problématique dont nous sommes prisonniers, jusqu’à ce que, à force d’échecs et de douleurs, nous finissions par la percevoir avec assez de lucidité pour tenter de nous en dégager. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 79 | 19-07-2024 |
| 3198 | Littérature | Ceux qui se plaignent de la solitude sont en général bien plus préoccupés d’eux-mêmes que des autres. Quelles que soient leurs circonstances atténuantes, leur propension à les ressasser pour mieux justifier leur inertie fait fuir tout le monde. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 104 | 19-07-2024 |
| 3197 | Littérature | Si l’homme rencontre un mur, nous dit la spiritualité, c’est parce que le mur est en lui. S’il a en lui le mur de l’inertie, de la peur, de la révolte, de l’avidité, de l’orgueil, de la culpabilité, de l’inconséquence, etc., dès qu’il fera un pas, il s’y heurtera. Il faut donc qu’il se débarrasse de ce qui l’entrave. | Omnia Pastor, citée par Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 269 | 19-07-2024 |
| 3196 | Littérature | C’est décidément un mystère bien étrange cette façon qu’a l’inconscient de nous diriger vers les êtres dont les failles sont exactement symétriques des nôtres, et qui possèdent les pièces manquantes au puzzle de notre personnalité, tout comme nous disposons de celles qui leur font défaut. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 271 | 19-07-2024 |
| 3195 | Littérature | Ma nouvelle activité [de directrice artistique] dut se savoir assez vite, puisque, du jour au lendemain, je reçus d’innombrables maquettes de débutants en mal de maisons de disque. Je mis un point d’honneur à les écouter une à une et constatai la médiocrité de plus des neuf dixièmes d’entre elles. Je perdais donc un temps considérable pour un travail parfaitement ingrat, tout en me disant que mes premières chansons avaient été mauvaises, elles aussi, et que, si je n’étais pas assez consciencieuse, je risquais de passer à côté d’un artiste intéressant. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 285 | 19-07-2024 |
| 3194 | Littérature | Aider n’est pas une affaire de bonne volonté, enseigne la spiritualité, mais de pouvoir. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 324 | 19-07-2024 |
| 3193 | Littérature | Je n’ose jamais demander quoi que ce soit à qui que ce soit, à moins d’avoir de sérieuses raisons de penser que je ne mettrai pas l’autre personne dans l’embarras. Si, malgré tout, je sens la moindre réticence, non seulement je n’insiste pas, mais je me sens affreusement gênée. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 344 | 19-07-2024 |
| 3192 | Littérature | Les positions politiques de la plupart des gens m’ont toujours paru commandées avant tout par la force de leurs affects, une force d’autant plus aveuglante qu’elle est inconsciente. Se greffe là-dessus une ignorance de la politique et de l’économie qui les empêche d’avoir une vision globale objective de ce qui se passe et les rend facile à manipuler par les politiciens capables de faire vibrer leur cordes sensibles et de défendre leurs intérêts particuliers à court terme. | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 368 | 19-07-2024 |
| 3191 | Littérature | À un certain moment, [Michel Rocard] évoqua la complexité de la politique et utilisa l’exemple frappant du travail des enfants dans le tiers-monde. Le réflexe occidental de boycottage des produits de ce type d’exploitation est à double tranchant, nous expliqua-t-il. Des familles entières ont désespérément besoin de cette faible source de revenus : la leur supprimer revient à les plonger dans une misère encore plus noire que celle qu’elles connaissent déjà. Contrairement à ce que l’on croit, il arrive que les bons sentiments fassent autant de mal que les mauvais ! | Françoise Hardy, Le désespoir des singes, p. 372 | 19-07-2024 |
| 3174 | Littérature | Déjà couraient autour de la table les saucissons d’Arles à la chair brune et au fumet accentué, des langoustes à la cuirasse éblouissante, les praires à la coquille rosée, les oursins, qui semblent des châtaignes entourées de leur enveloppe piquante, les clovisses, qui ont la prétention de remplacer avec supériorité, pour les gourmets du midi, les huîtres du Nord ; enfin tous ces hors-d’œuvres délicats que la vague roule sur sa rive sablonneuse, et que les pêcheurs reconnaissants désignent sous le nom généreux de fruits de mer. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 77 & suiv. | 05-07-2024 |
| 3173 | Littérature | — Edmond Dantès reprit le commissaire, au nom de la loi je vous arrête ! — Vous m’arrêtez ! Dit Edmond Dantès avec une légère pâleur, mais pourquoi m’arrêtez-vous ? — Je l’ignore, monsieur, mais votre première interrogatoire vous l’apprendra. » Monsieur Morrel comprit qu’il n’y avait rien à faire contre l’inflexibilité de la situation : un commissaire ceint de son écharpe n’est plus un homme, c’est la statue de la loi, froide, sourde, muette. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 82 | 05-07-2024 |
| 3172 | Littérature | Mercédès et le vieux père coururent au-devant de l’armateur, qu’ils rencontrèrent à la porte. M. Morrel était fort pâle. — Eh bien ! s’écrièrent-ils d’une même voix. — Eh bien, mes amis ! répondit l’armateur en secouant la tête, la chose est plus grave que nous le pensions. — Oh ! Monsieur, s’écria Mercédès, il est innocent ! — Je le crois, répondit M. Morrel, mais on l’accuse. — De quoi donc ? demanda le vieux Dantès. — D’être un agent bonapartiste. Ceux de mes lecteurs qui ont vécu dans l’époque où se passe cette histoire se rappelleront quelle terrible accusation c’était, à cette époque-là, que celle que venait de formuler M. Morrel. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 85 | 05-07-2024 |
| 3171 | Littérature | — Je vais tâcher de parler à Monsieur de Villefort et d’intercéder près de lui en faveur du prisonnier. Je sais bien que c’est un royaliste engagé, mais, que diable ! tout royaliste et procureur du roi qu’il est, il est un homme aussi et je ne le crois pas méchant. — Non, dit Danglars, mais j’ai entendu dire qu’il était ambitieux, et cela se ressemble beaucoup. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 88 | 05-07-2024 |
| 3170 | Littérature | Ce fut alors seulement qu’il rencontra ce regard terne de Villefort, ce regard particulier aux hommes de palais, qui ne veulent pas qu’on lise dans leur pensée, et qui font de leur œil un verre dépoli. Ce regard lui apprit qu’il était devant la justice, figure aux sombres façons. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 105 | 05-07-2024 |
| 3169 | Littérature | — C’est prendre bien de la fatigue et bien du souci, mon cher duc, quand nous avons le télégraphe qui ne met que trois ou quatre heures, et cela sans que son haleine en souffre le moins du monde. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 140 | 05-07-2024 |
| 3168 | Littérature | — Chose étrange ! continua le roi avec un mouvement d’humeur, la police croit avoir tout dit lorsqu’elle a dit : un meurtre a été commis, et tout fait lorsqu’elle a ajouté : on est sur la trace des coupables. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 151 | 05-07-2024 |
| 3167 | Littérature | En politique, mon cher, vous le savez comme moi, il n’y a pas d’hommes, mais des idées ; pas de sentiments, mais des intérêts ; en politique, on ne tue pas un homme : on supprime un obstacle , voilà tout. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 157 | 05-07-2024 |
| 3166 | Littérature | Il se disait que c’était la haine des hommes et non la vengeance de Dieu qu’il l’avait plongé dans l’abîme où il était ; il vouait ses hommes inconnus à tous les supplices dont son ardente imagination lui fournissait l’idée, et il trouvait encore que les plus terribles étaient trop doux et surtout trop courts pour eux ; car après le supplice venait la mort ; et dans la mort était, sinon le repos, du moins l’insensibilité qui lui ressemble. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 189 | 05-07-2024 |
| 3165 | Littérature | Regardez ce rayon du jour qui vient par ma fenêtre, dit l’abbé, et regardez sur le mur les lignes que j’ai tracées. Grâce à ces lignes, qui sont combinées avec le double mouvement de la terre et l’ellipse qu’elle décrit autour du soleil, je sais plus exactement l’heure que si j’avais une montre, car une montre se dérange, tandis que le soleil et la terre ne se dérangent jamais. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 219 | 05-07-2024 |
| 3164 | Littérature | Dantès était entré au château d’If avec ce visage rond, riant et épanoui du jeune homme heureux, à qui les premiers pas dans la vie ont été faciles, et qui compte sur l’avenir comme sur la déduction naturelle du passé : Tout cela était bien changé. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 288 | 05-07-2024 |
| 3163 | Littérature | Le patron de la Jeune-Amélie proposa comme lieu de débarquement l’île de Monte-Cristo, laquelle, étant complètement déserte et n’ayant ni soldats ni douaniers, semble avoir été placée au milieu de la mer du temps de l’Olympe païen par Mercure, ce dieu des commerçants et des voleurs, classes que nous avons faites séparées, sinon distinctes, et que l’Antiquité, à ce qu’il paraît, rangeait dans la même catégorie. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 295 | 05-07-2024 |
| 3162 | Littérature | Tous ces arbres, grands ou petits se courbent inclinés naturellement dans la direction où passe le mistral, l’un des trois fléaux de la Provence ; les deux autres, comme on sait où comme on ne sait pas, étant la Durance et le Parlement. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 325 | 05-07-2024 |
| 3161 | Littérature | Quatorze années avaient bien changé le digne négociant, qui, âgé de trente-six ans au commencement de cette histoire, était sur le point d’atteindre la cinquantaine : ses cheveux avaient blanchi, son front s’était creusé sous des rides soucieuses ; enfin son regard, autrefois si ferme et s’y arrêté, était devenu vague et irrésolu, et semblait toujours craindre d’être forcé de s’arrêter ou sur une idée ou sur un homme. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 366 | 05-07-2024 |
| 3160 | Littérature | C’est un métier qui rapporte beaucoup que celui de contrebandier, lorsqu’on y applique une certaine intelligence secondée par quelque vigueur […] Aussi, préférant mille fois la mort à une arrestation, j’accomplissais des choses étonnantes, et qui, plus d’une fois, me donnaient cette preuve que le trop grand soin que nous prenons de notre corps est à peu près le seul obstacle à la réussite de ceux de nos projets qui ont besoin d’une décision rapide et d’une exécution vigoureuse et déterminée. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 647 | 05-07-2024 |
| 3159 | Littérature | Je gagnai […] une espèce de soupente dans laquelle plus d’une fois j’avais passé la nuit aussi bien que dans le meilleur lit. Cette soupente n’était séparée de la salle commune du rez-de-chaussée de l’auberge que par une cloison en planches dans laquelle des jours avaient été ménagés à notre intention, afin que de là nous puissions guetter le moment opportun de faire reconnaître que nous étions dans le voisinage. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 653 & suiv. | 05-07-2024 |
| 3158 | Littérature | Les arbres […] Ne plaisent que parce qu’ils font de l’ombre, et l’ombre elle-même ne plaît que parce qu’elle est pleine de rêveries et de visions. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 674 | 05-07-2024 |
| 3157 | Littérature | Valentine, que nous avons, entraîné par la rapidité du récit, présentée à nos lecteurs sans la faire connaître, était une grande et svelte jeune fille de dix-neuf ans, aux cheveux châtain clair […] | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 749 | 05-07-2024 |
| 3156 | Littérature | […] L’homme ne sera parfait que lorsqu’il saura créer et détruire comme Dieu ; il sait déjà détruire, c’est la moitié du chemin de fait. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 759 | 05-07-2024 |
| 3155 | Littérature | Oui, dit Monte-Cristo, oui, heureusement, il reste la conscience, sans quoi l’on serait fort malheureux. Après toute action un peu vigoureuse, c’est la conscience qui nous sauve, car elle nous fournit mille bonnes excuses dont seuls nous sommes juges ; et ces raisons, si excellentes qu’elles soient pour nous conserver le sommeil, seraient peut-être médiocres devant un tribunal pour nous conserver la vie. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 763 | 05-07-2024 |
| 3154 | Littérature | « En vérité, dit Monte-Cristo, votre Paris est une étrange ville, et vos parisiens un singulier peuple. On dirait que c’est la première fois qu’ils voient un Nubien. Regardez-les donc se presser autour de ce pauvre Ali, qui ne sait pas ce que cela veut dire. Je vous réponds d’une chose, par exemple, c’est qu’un Parisien peut aller à Tunis, à Constantinople, à Bagdad ou au Caire, on ne fera pas cercle autour de lui. — C’est que vos orientaux sont des gens censés, et qu’ils ne regardent que ce qui vaut la peine d’être vu. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome I, p. 778 & suiv. | 05-07-2024 |
| 3153 | Littérature | Il faut que nos lecteurs nous permettent de les ramener à cet enclos qui confine à la maison de M. de Villefort, et, derrière la grille envahie par des marronniers, nous retrouverons des personnages de notre connaissance. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 33 | 05-07-2024 |
| 3152 | Littérature | — Et vous allez là ? — J’y vais. — À quel télégraphe ? À celui du ministère de l’intérieur ou de l’Observatoire ? — Oh ! non pas, je trouverais là des gens qui voudraient me forcer de comprendre des choses que je veux ignorer, et qui m’expliqueraient malgré moi un mystère qu’ils ne connaissent pas. Peste ! je veux garder les illusions que j’ai encore sur les insectes ; c’est bien assez d’avoir déjà perdu celles que j’avais sur les hommes. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 74 | 05-07-2024 |
| 3151 | Littérature | Le comte se trouva alors dans un petit jardin de vingt pieds de long sur douze de large, borné d’un côté par la partie de la haie dans laquelle était encadrée l’ingénieuse machine que nous avons décrite sous le nom de porte et de l’autre par la vieille tour ceinte de lierre, toute parsemée de ravenelles et de giroflées. On n’eût pas dit, à la voir ainsi ridée et fleurie comme une aïeule à qui ses petits-enfants viennent de souhaiter sa fête, qu’elle pourrait raconter bien des drames terribles si elle joignait une voix aux oreilles menaçantes qu’un vieux proverbe donne aux murailles. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 76 | 05-07-2024 |
| 3150 | Littérature | — Madame, répliqua Villefort, vous me connaissez ; je ne suis pas hypocrite, ou du moins je ne fais pas de l’hypocrisie sans raison. Si mon front est sévère, c’est que bien des malheurs l’ont assombri ; si mon cœur s’est pétrifié, c’est afin de pouvoir supporter les chocs qu’il a reçus. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 145 | 05-07-2024 |
| 3149 | Littérature | Les cœurs enflammés par les obstacles se refroidissent dans la sécurité. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 324 | 05-07-2024 |
| 3148 | Littérature | — Ô homme ! […] le plus égoïste de tous les animaux, la plus personnelle de toutes les créatures ; qui croit toujours que la terre tourne, que le soleil brille, que la mort fauche pour lui tout seul ; fourmi maudissant Dieu du haut d’un brin d’herbe ! | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 338 | 05-07-2024 |
| 3147 | Littérature | Morcerf était si accablé, si tremblant devant cette immense et inattendue calamité, qu’il put à peine balbutier quelques mots en regardant ses confrères d’un œil égaré. Cette timidité, qui d’ailleurs pouvait aussi bien tenir à l’étonnement de l’innocent qu’à la honte du coupable, lui concilia quelques sympathies. Les hommes vraiment généreux sont toujours prêts à devenir compatissants, lorsque le malheur de leur ennemi dépasse les limites de leur haine. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 412 & suiv. | 05-07-2024 |
| 3146 | Littérature | La joie pour les cœurs qui ont longtemps souffert est pareille à la rosée pour les terres desséchées par le soleil : cœur et terre absorbent cette pluie bienfaisante qui tombe sur eux, et rien n’en apparaît au dehors. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 479 | 05-07-2024 |
| 3145 | Littérature | Je suis douée de quelque esprit et d’une certaine sensibilité relative qui me permet de tirer de l’existence générale, pour la faire entrer dans la mienne, ce que j’y trouve de bon, comme fait le singe lorsqu’il casse la noix verte pour en tirer ce qu’elle contient. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 513 | 05-07-2024 |
| 3144 | Littérature | Que suis-je, moi ? la loi. Est-ce que la loi a des yeux pour voir votre tristesse ? Est-ce que la loi a des oreilles pour entendre votre douce voix ? Est-ce que la loi a une mémoire pour se faire l’application de vos délicates pensées ? Non, madame, la loi ordonne, et quand la loi a ordonné, elle frappe. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 565 | 05-07-2024 |
| 3143 | Littérature | — Me serais-je trompé ? se dit-il en montant dans la voiture oblongue et grillée qu’on appelle le panier à salade. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 659 (apparemment, l’expression "panier à salade" remonte à bien longtemps…). | 05-07-2024 |
| 3142 | Littérature | Monsieur de Villefort avait vu s’ouvrir devant lui les rangs de la foule, si compacte qu’elle fût. Les grandes douleurs sont tellement vénérables, qu’il n’est pas d’exemple, même dans les temps les plus malheureux, que le premier mouvement de la foule réunie n’ait pas été un mouvement de sympathie pour une grande catastrophe. Beaucoup de gens haïs ont été assassinés dans une émeute ; rarement un malheureux, fût-il criminel, a été insulté par les hommes qui assistaient à sa condamnation à mort. Villefort traversa donc la haie des spectateurs, des gardes, des gens du Palais, et s’éloigna, reconnu coupable de son propre aveu, mais protégé par sa douleur. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 687 | 05-07-2024 |
| 3141 | Littérature | — Oh ! comte, ayez pitié de moi ! Comte, je suis si malheureux ! — J’ai connu un homme plus malheureux que vous, Morrel. — Impossible. — Hélas ! dit Monte-Cristo, c’est un des orgueils de notre pauvre humanité, que chaque homme se croie plus malheureux qu’un autre malheureux qui pleure et qui gémit à côté de lui. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 725 | 05-07-2024 |
| 3140 | Littérature | La mort est, selon le soin que nous prenons de nous mettre bien ou mal avec elle, ou une amie qui nous berce aussi doucement qu’une nourrice, ou une ennemie qui nous arrache violemment l’âme du corps. | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 762 | 05-07-2024 |
| 3139 | Littérature | Celui-là seul qui a éprouvé l’extrême infortune est apte à ressentir l’extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de vivre | Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Tome II, p. 772 | 05-07-2024 |
| 3136 | Littérature | Le moyen de délivrer un jardinier d’un loir qui mange ses pêches. | Intitulé du chapitre 61 du Comte de Monte-Cristo d‘Alexandre Dumas. | 26-06-2024 |
| 3134 | Littérature | L’un des grands principes de l’existence, c’est cette idée que le moment où l’on croit être enfin "arrivé" est aussi celui où les dieux se mettent à rigoler. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 8 | 11-06-2024 |
| 3133 | Littérature | […] Alexandrie est devenu un important comptoir commercial et une destination de détente favorite des intellectuels grecs. Quand il ne passait pas son temps sur la plage, Euclide y a créé une école de mathématiques qui allait fonctionner sept siècles durant. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 49 | 11-06-2024 |
| 3132 | Littérature | Sur une autre [affiche], une femme attaquée par les flammes hurlait à gorge déployée, ce à quoi on pouvait s’attendre, au grand amusement d’un type en costume trois pièces à l’air diabolique. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 52 | 11-06-2024 |
| 3131 | Littérature | «Inch’ Allah». L’invocation est apparemment inévitable dès qu’un engin automobile est concerné, en Égypte. La circulation semble dominer par un sombre fatalisme, la conviction que chacun a le droit de se montrer follement dangereux au volant, car Allah est le seul policier de la route digne d’être écouté et Lui seul peut décider si l’on sortira indemne ou non du prochain virage en épingle à cheveux. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 55 | 11-06-2024 |
| 3130 | Littérature | Il y a bien un orchestre symphonique qui forme des musiciens au Caire, seulement l’orchestre les paie quarante livres par semaine au mieux, et donc après avoir joué Rachmaninov ils doivent faire les night clubs de la route des pyramides pour accompagner les danseuses du ventre. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 81 | 11-06-2024 |
| 3129 | Littérature | Rompant avec la tradition de sa profession, le chauffeur a allumé ses phares dès que la nuit a été complète. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 123 | 11-06-2024 |
| 3128 | Littérature | Aux yeux du Dr Sabry, à peu près tout ce qui provenait de son pays était déficient ; il se considérait comme un être à part, que seul un hasard sournois avait fait naître dans le tiers-monde, et tenait donc à marquer son éloignement de la réalité égyptienne en arborant des symboles du raffinement européen, montre suisse en or, briquet Cartier, cigarette Dunhill… C’était une identité occidentale en trompe l’œil, qui pouvait s’acquérir dans n’importe quel duty free, mais à laquelle il s’accrochait parce qu’elle le distinguait du fellah, projetait l’image d’un homme libre qui avait les moyens de prendre part à un rallye international et maudissait maintenant le sable de Siwa […]. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 126 & suiv. | 11-06-2024 |
| 3127 | Littérature | Après des siècles d’autodéfense, les gens de l’oasis avaient baissé la garde et permis l’entrée d’un envahisseur qui allait profondément modifier leur vision du monde et leur mode de vie. Et, contrairement à ses prédécesseurs, la télé avait pénétré au sein de la forteresse mentale sans avoir à livrer un seul combat. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 141 | 11-06-2024 |
| 3126 | Littérature | Dans un pays où le taux d’analphabétisme atteint 70 %, la population a peu d’intérêt pour la chose politique, certes, mais si elle perçoit que les choix gouvernementaux menacent sa précaire subsistance quotidienne elle se transforme en une force imprévisible. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 197 | 11-06-2024 |
| 3125 | Littérature | Pacifisme, résistance passive à la Gandhi, bouddhisme zen… Glenn avait tout essayé. Sa vie d’adulte ressemblait à un catalogue de tous les idéalismes contre-culturels, qu’il avait expérimentés tour à tour ou simultanément, sans cesse en quête d’une identité sous laquelle il pourrait enfin s’accepter. Et il continuait cette poursuite effrénée d’un créneau mystique qui le calmerait enfin, espérant trouver l’équilibre mental tant recherché dans la prochaine ferme de quakers, l’école de yoga suivante ou, maintenant, dans cet ermitage du désert. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 215 | 11-06-2024 |
| 3124 | Littérature | Ma chambre était une petite boîte hors de prix, avec un lit simple et une télé sur laquelle j’ai regardé les dix dernières minutes d’un feuilleton américain qui se déroulait dans un hôpital. Une doctoresse annonçait à l’un de ses patients qu’il avait un cancer, faisait quelques remarques profondes sur la cruauté de la vie et, dans la scène suivante, annonçait à son petit ami qu’elle le quittait. Celui-ci prenait alors un air inspiré en affirmant comprendre son « besoin d’espace ». | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 249 | 11-06-2024 |
| 3123 | Littérature | Avant de trouver un petit hôtel, j’ai dû me débarrasser de trois aigrefins du cru qui, m’emboîtant obstinément le pas, s’entêtaient à me proposer leurs services en tant qu’agents de change, fournisseurs de haschich et guides touristiques. | Douglas Kennedy, Au-delà des pyramides, p. 275 | 11-06-2024 |
| 3104 | Littérature | Pour obtenir les papiers, il faudrait me marier. Il y a des candidates. Mais méfie-toi de ces françaises bohèmes qui parlent d’amour libre et sans attaches. Elles ont toutes une face cachée, une face bourgeoise. Elle se mettront à te rebattre les oreilles avec l’engagement, la propriété, les enfants. Tout ça leur est fourré dans la tête dès le plus jeune âge. Ce vernis de liberté sexuelle recouvre souvent un avenir de captivité domestique. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 43 & suiv. | 30-05-2024 |
| 3103 | Littérature | Comme je l’ai compris avec le temps, lorsqu’on commet une grossière erreur ou que l’on prend une décision stupide, on en vient souvent à réécrire l’histoire afin de s’épargner reproches et remords. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 62 | 30-05-2024 |
| 3102 | Littérature | Former un couple, surtout lors des premières années, c’est se répéter qu’on surmontera tout ensemble, qu’on sera l’exception à toutes les règles habituelles en vigueur lorsque le quotidien s’installe. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 182 | 30-05-2024 |
| 3101 | Littérature | "Je reste toujours ton ami". Quand on y pense, il n’y a rien de plus terrible à dire à un ancien amant. Affirmer qu’on veut simplement de l’amitié, c’est refuser le désir, le réduire à néant pour toutes sortes de motifs qui n’ont trait qu’à soi. On se sent puissant lorsqu’on fait ce genre de déclaration qui détruit la possibilité d’un retour à l’intime. Pourtant, si bonnes et convaincantes que soient nos raisons, on se surprend ensuite à regretter d’avoir refermé cette porte pour toujours. Pire, on est désormais le seul responsable de la rupture, même si l’autre ne nous a pas laissé d’autre choix que de prendre cette décision drastique. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 190 & suiv. | 30-05-2024 |
| 3100 | Littérature | Une action produit un résultat. L’inaction, un autre. Mais, à la fin, nous faisons tous nos choix en fonction des choix d’autrui. Qui eux-mêmes se décident en fonction des signaux que nous leur envoyons. Ou que nous ne leur envoyons pas. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 217 | 30-05-2024 |
| 3099 | Littérature | La mélancolie n’a rien à voir avec l’abattement, la tristesse, le chagrin ou le cafard. Pas plus qu’elle n’est choisie. C’est un état d’esprit, entre le trait de caractère et la prédilection, fondé sur cette idée : il faut accepter le désespoir sans se figurer qu’il existe un Saint-Graal du bonheur à l’autre bout du tunnel. L’obscurité est tout ce qu’on a. Chacun doit faire de son mieux avec ce dont il dispose. Mais nul n’est tenu de vivre en permanence avec le sourire. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 235 | 30-05-2024 |
| 3098 | Littérature | La vengeance, c’est boire le poison en espérant que ce soit l’autre qui crève. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 301 | 30-05-2024 |
| 3097 | Littérature | Les mauvaises nouvelles sont une marée noire. Elle monte et recouvre tout, puis, au lieu de se retirer proprement, elle laisse derrière elle un résidu sale et collant. Et, à l’image de tout au pollué, elles reviennent régulièrement déposer davantage de vase noire sur le sable. | Douglas Kennedy, "Isabelle, l’après-midi", p. 354 | 30-05-2024 |
| 3094 | Littérature | De nos jours, notre esprit ne nous met plus en garde contre le mammouth ou le tigre à dents de sabre ; les ennemis sont plutôt le chômage, le rejet, les contraventions, la peur du ridicule, le cancer et un million d’autres choses. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 21 | 21-05-2024 |
| 3093 | Littérature | Si vous faites des dons de charité pour chasser l’idée que vous êtes égoïste, si vous vous abrutissez dans le travail pour tromper votre complexe d’infériorité ou si vous vous occupez de vos amis par crainte qu’ils ne vous rejettent, il est peu probable que vous y trouviez beaucoup de satisfaction. En effet, si votre motivation première est d’éviter des pensées et des émotions douloureuses, toute votre joie et votre vitalité sont détournées. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 57 | 21-05-2024 |
| 3092 | Littérature | [À propos des pensées "utiles" ou non :] - Cette pensée m’aide-t-elle à être la personne que je veux être ? - Cette pensée me permet-elle de construire le type de relation que je recherche ? - Cette pensée va-t-elle dans le sens des valeurs qui me sont chères ? - Cette pensée m’aide-t-elle, à long terme, à me bâtir une vie riche et à lui donner du sens ? | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 85 | 21-05-2024 |
| 3091 | Littérature | Supposez qu’un chirurgien du cerveau, alcoolique, se dise en lui-même : « Je suis le meilleur chirurgien du cerveau au monde. Je peux faire des interventions chirurgicales extraordinaire même quand j’ai bu. » C’est là une pensée positive, mais elle n’est sûrement pas utile. De nombreuses personnes condamnées pour ivresse au volant ont eu des pensées positives de nature semblable. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 105 | 21-05-2024 |
| 3090 | Littérature | Si vous considérez les pensées négatives comme des ennemis, vous serez perpétuellement en guerre contre vous-même. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 106 | 21-05-2024 |
| 3089 | Littérature | Supposez que vous suivez des leçons de conduite et que votre "moi pensant" vous dit : « Je n’y arriverai jamais. C’est trop difficile. Je vais avoir un accident ! » Vous aurez du mal à conduire convenablement si votre moi observateur se concentre sur vos pensées plutôt que sur la route. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 114 | 21-05-2024 |
| 3088 | Littérature | La dé-fusion est une question d’acceptation. Le but n’est pas de vous débarrasser de vos images, mais de cesser de les combattre. Pourquoi devriez-vous les accepter ? Parce qu’en réalité des idées effrayantes vont continuer à surgir dans votre esprit, sous une forme ou une autre, pendant le restant de vos jours. Rappelez-vous que votre esprit a évolué sous l’aiguillage d’un dispositif de protection de la vie ("Ne te fais pas tuer"), qui a sauvé la peau de vos ancêtres en leur signifiant les dangers. Malgré une centaine de milliers d’années d’évolution, votre esprit a toujours cette instinct de survie. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 126 | 21-05-2024 |
| 3087 | Littérature | Les formes menaçantes que nous apercevons du coin de l’œil sont beaucoup plus troublantes que les choses que nous voyons clairement. C’est pourquoi les films d’horreur montrent toujours les monstres en train de rôder dans le noir. S’ils se baladaient en plein jour, ils seraient beaucoup moins terrifiants. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 172 | 21-05-2024 |
| 3086 | Littérature | Ne vous fixez pas un but qu’un mort réussirait à atteindre mieux que vous. Par exemple, cesser de manger du chocolat — c’est en effet certain qu’un mort ne mangera plus de chocolat ! | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 297 | 21-05-2024 |
| 3085 | Littérature | Des valeurs ? Des buts ? Des plans d’action ? Est-ce que tout cela vous semble un peu trop artificiel ? Trop ordonné, détaillé et structuré ? Est-ce qu’on ne peut plus prendre la vie comme elle vient ? Eh bien, malheureusement, les valeurs et les buts sont les vis et les écrous qui structurent notre vie et qui nous aident à bien fonctionner. Il vous restera beaucoup de place pour la spontanéité lorsque votre navire aura mis le cap dans la bonne direction. Avant cela, cependant, vous devez choisir une destination et prendre une carte et un compas pour tracer votre parcours. En plus, vous ne devez pas oublier d’apprécier le voyage ! | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 303 | 21-05-2024 |
| 3084 | Littérature | La vie apporte davantage aux gens qui profitent le plus de ce que la vie leur apporte. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 322 | 21-05-2024 |
| 3083 | Littérature | Le mot "engagement" est souvent mal compris. L’engagement n’a rien à voir avec le fait d’être parfait, de toujours aller jusqu’au bout d’une chose et de ne jamais dévier du droit chemin. Le mot "engagement" signifie persévérer malgré les chutes et les obstacles inévitables, se relever, retrouver ses esprits et reprendre le chemin qui mène au but visé. | Dr Russ Harris, Le Piège du bonheur, p. 349 & suiv. | 21-05-2024 |
| 3075 | Littérature | À peine entrés dans la pièce ou arrêtés au milieu d’un trottoir, les adultes se penchaient vers elle, s’extasiaient, lui prenaient la main, caressaient ses cheveux, lui posaient des questions, quelle ravissante petite fille, elle est si jolie, comme elle est belle, elle a l’air si sage, tu travailles bien à l’école ? | Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, p. 57 | 14-05-2024 |
| 3074 | Littérature | Estelle Ramaud fit sa communion solennelle et reçut à cette occasion une montre et des soutien-gorge de dentelle. Je fus frappée par une crise mystique et exigeai de faire la mienne sur-le-champ, ce à quoi il me fut répondu que, d’une part je n’allais pas au catéchisme et, d’autre part, n’avais pas encore de poitrine. | Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, p. 198 | 14-05-2024 |
| 3073 | Littérature | Lucile, lorsqu’elle parlait des autres mères ou s’adressait à elles (même lorsqu’elle a connu leurs prénoms et que ces femmes l’ont appelée par le sien), disait « Madame Rameau » ou « Madame Gibault ». Il y avait dans ce Madame une forme de respect dû sans doute à la différence d’âge mais surtout, me semble-t-il, à l’idée que ces femmes étaient, plus qu’elle ne le serait jamais, des dames, ancrées dans l’existence et capables de s’y maintenir. | Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, p. 201 | 14-05-2024 |
| 3072 | Littérature | Il était onze heures du matin, la rue continuait de battre comme si rien ne s’était passé, rien ne s’était arrêté, ni les livraisons, ni le bruit des klaxons, ni les odeurs de friture échappées des échoppes, ni le clignotement des enseignes. Rien sauf notre vie. | Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, p. 267 | 14-05-2024 |
| 3071 | Littérature | Aujourd’hui mes enfants grandissent et même s’il est une grande banalité de dire à quel point cela m’émerveille et me bouleverse, je le dis et je l’écris, mes enfants sont des êtres à part entière dont la personnalité m’impressionne et me réjouit. | Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, p. 298 | 14-05-2024 |
| 3070 | Littérature | Ce soir, il y aura une pluie d’étoiles filantes, et le bulletin d’informations à la radio conseille à qui veut la voir de choisir un endroit à l’abri de la pollution lumineuse, et d’avoir a portée de la main un vœu à formuler. | Victor del Arbol, La Veille de presque tout, p. 19 | 14-05-2024 |
| 3069 | Littérature | Il y a toujours un bar ou une boîte providentiels près d’un commissariat, comme il y a toujours des pompes funèbres près d’un cimetière, ou un marchand de bonbons près d’un collège. | Victor del Arbol, La Veille de presque tout, p. 26 | 14-05-2024 |
| 3068 | Littérature | Ibarra grommelle un juron entre ses dents mais se traîne jusqu’à la voiture et part pour l’hôpital sans se presser. Il allume la radio : c’est une émission ou des noctambules appellent uniquement pour savoir s’il y a quelqu’un à l’autre bout de leur silence. Il éteint. Les gens sont seuls et devraient apprendre à l’accepter. | Victor del Arbol, La Veille de presque tout, p. 31 | 14-05-2024 |
| 3067 | Littérature | Dans cette demeure aux couloirs labyrinthiques, les murs étaient tapissés de tableaux d’ancêtres sinistres qui semblaient souffrir d’hémorroïdes. M. Giovanni n’avait pas d’enfants, et c’était sa grande tragédie. Son visage, aussi vert et gris que celui de ses ancêtres, finirait suspendu à un clou, dans ce mausolée inachevé. Et ensuite, le néant. | Victor del Arbol, La Veille de presque tout, p. 46 | 14-05-2024 |
| 3062 | Littérature | À toi aussi le temps manquera, mais ne t’en fais pas tant. Si j’étais toi, je continuerais en tout cas de bien m’occuper du jardin, de ces arbres que tu as plantés il y a vingt ans, de ce drôle de chien qui n’arrête jamais de réfléchir, et de ce chat souvent plus sage que toi-même. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 27 | 27-04-2024 |
| 3061 | Littérature | Réfléchis, mais ne fais pas que réfléchir ; émerveille-toi aussi. Émerveille-toi, mais ne fais pas que tu émerveiller ; réfléchis aussi. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 35 | 27-04-2024 |
| 3060 | Littérature | L’époque […] est propice aux prophètes de malheur. Je ne veux pas suggérer en disant cela que tout va pour le mieux. Seulement, rien ne m’indispose autant que d’emboîter le pas à tous ces pessimistes patentés qui encombrent notre temps, trompés par les hésitations, les vacillations et la confusion d’un monde qui cherche lentement mais sûrement un passage vers l’avenir. Il n’y a rien à attendre de ces gens-là, qui confondent tout : avenir et menace, adversité et désespoir, modernité et dépravation, mémoire et nostalgie, morale et rigidité d’esprit. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 66 | 27-04-2024 |
| 3059 | Littérature | On dirait que Dieu, après avoir visité ma vie, en est reparti en éteignant la lumière. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 75 | 27-04-2024 |
| 3058 | Littérature | Tu n’es pas toujours à la hauteur, mais tu es doté d’une grande force intérieure. Moi je suis faible et vulnérable. Mais je me sens aimé par toi, parce que tu ne te sers pas de ma faiblesse pour affirmer cette force. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 152 | 27-04-2024 |
| 3057 | Littérature | Récemment, j’ai aperçu au coin de ses yeux de petites rides durables et je me suis souvenu que, depuis le début, d’autres s’y formaient momentanément quand elle riait, comme si durant toutes ces années de bonheur s’était exercé à laisser sa trace. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 180 | 27-04-2024 |
| 3056 | Littérature | Les œuvres d’art ne sont qu’un signal, un phare émettant une faible lueur au milieu de la nuit. Faible, oui. Mais c’est la seule dont nous disposions. | Jean-François Beauchemin, Le roitelet, p. 189 | 27-04-2024 |
| 3055 | Littérature | Nous n’avons jamais manqué de rien (comme dit ma mère), sinon d’écoute, de regards, de compréhension et d’affection ! Une vie sans complication mais, surtout, une vie sans éclat de rire, sans légèreté, sans surprise. | Marie Alvery & Hélène Gabert, J’ai choisi la vie, p. 48 & suiv. | 27-04-2024 |
| 3054 | Littérature | L’alarme de mon téléphone sonne tous les soirs à 20 heures précises pour me rappeler mon devoir quotidien. J’avale une dose qui oscille entre 800 et 1000 mg selon mes variations hormonales et pondérales. | Marie Alvery & Hélène Gabert, J’ai choisi la vie, p. 154 | 27-04-2024 |
| 3053 | Littérature | Vos vrais amis sont ceux qui vous regardent comme quelqu’un de normal, de vivant, de gai, d’ambitieux, de combatif. Vos vrais amis savent que vous luttez contre une maladie qui voudrait vous ronger, mais qu’à ce jour c’est vous la plus forte. Vos vrais amis savent que vous n’êtes pas devenue une petite chose malade, mais qu’au contraire vous pouvez soulever des montagnes. Vos vrais amis mesurent le combat, la volonté nécessaire. Les autres ne sont pas vos vrais amis. | Marie Alvery & Hélène Gabert, J’ai choisi la vie, p. 183 | 27-04-2024 |
| 3052 | Littérature | Dans ma famille, on ne parle pas de soi : comme dans bien d’autres familles on cultive la jolie « pudeur », celle qui cache bien souvent une inaptitude à la remise en question. | Marie Alvery & Hélène Gabert, J’ai choisi la vie, p. 187 | 27-04-2024 |
| 3051 | Littérature | Approcher le sommet est exaltant jusqu’au moment où je m’écroule avant de l’avoir atteint. S’ensuivent la chute et la relève. Et cela peut se reproduire inexorablement. J’ai compris que vivre, c’est accepter mes limites, lâcher prise et admettre que le monde ne s’écroulera pas pour autant. | Marie Alvery & Hélène Gabert, J’ai choisi la vie, p. 210 | 27-04-2024 |
| 3050 | Littérature | On sait qu’il y a des facteurs de stabilisation — hygiène de vie, stabilité affective, accompagnement thérapeutique, prise quotidienne des médicaments… — mais rien n’est garanti. Faire attention, donc. Car une crise, c’est entre six mois et un an de votre vie fichus en l’air. Plus le temps de la reconstruction. | Marie Alvery & Hélène Gabert, J’ai choisi la vie, p. 214 | 27-04-2024 |
| 3049 | Littérature | Coco se mit à glousser, mais ce vêtement n’avait rien de drôle. C’était un modèle fabuleux, le genre qui stoppe net les conversations dans un restaurant trois étoiles Michelin ou une salle de bal où se côtoient les riches, les puissants et les célébrités, cette rareté qui semble posséder son propre champ gravitationnel et suscite le désir en tout homme, la jalousie en toute femme se trouvant à moins de cent mètres. | James Patterson, Justice pour Cross, p. 10 | 27-04-2024 |
| 3048 | Littérature | La demeure de Ruth et Stanley était gigantesque et bien trop moderne pour le goût de Coco, mais que fallait-il attendre d’une maison édifiée grâce à de faux seins? Il estimait quant à lui que rien ne valait la sobriété classique. | James Patterson, Justice pour Cross, p. 72 | 27-04-2024 |
| 3047 | Littérature | […] Je passais des nuits blanches à écouter Thelonious Monk et à fumer des joints tout en émettant des avis définitifs en compagnie d’intellectuels à la manque dans mon genre, si possible de sexe féminin — avec une préférence marquée pour le style poétesses ratées et guettées par une dépression nerveuse prématurée, car j’avais un net penchant pour les femmes compliquées, en ce temps-là… | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu (avant-propos). | 27-04-2024 |
| 3046 | Littérature | […] Je suis plus que jamais convaincu de la véracité de ce lieu commun : la «vraie vie» est toujours bien plus bizarre que la fiction. Parce que, après tout, chaque vie est un roman. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu (avant-propos). | 27-04-2024 |
| 3045 | Littérature | Il arrive à chacun de reprendre à son compte des détails de la vie d’autrui et nous ne sommes, en fin de compte, que l’histoire que nous nous sommes inventée. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu (note de l’auteur). | 27-04-2024 |
| 3044 | Littérature | Le pasteur Waters animait une mission religieuse appelée «Lumières du dedans», «dedans» désignant la taule, bien entendu. Comme il se situait à Miami-Sud, son bureau se trouvait, c’était prévisible, dans une galerie marchande, coincé entre une manucure chinoise et une boutique d’appareils auditifs. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 91 | 27-04-2024 |
| 3043 | Littérature | C’est toujours remuant, de revoir quelqu’un que l’on a connu des années plus tôt et de constater à quel point le temps, allié au compromis indispensable et aux inévitables blessures de l’existence, l’a changé. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 96 | 27-04-2024 |
| 3042 | Littérature | Bill Butler m’a invité à prendre un café dans son bureau. […] C’était un grand amateur de cuir bordeaux et d’acajou — la pièce ressemblait au refuge du gentleman anglais revu et corrigé par un professionnel du mobilier bas de gamme US. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 114 | 27-04-2024 |
| 3041 | Littérature | […] La phrase de l’un des plus célèbres hors-la-loi du pays, Willy Sutton, m’est revenue. Alors qu’on lui demandait pourquoi il dévalisait les banques, il avait répondu : « Mais parce que c’est là que l’argent se trouve ! ». | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 131 | 27-04-2024 |
| 3040 | Littérature | C’était l’archétype du bar glauque, une immense salle dans un faubourg de la ville dont les tables et les chaises semblaient avoir été choisies uniquement pour leur résistance en cas de bagarres entre poivrots. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 142 | 27-04-2024 |
| 3039 | Littérature | « Sacrée bagnole », ai-je remarqué, sachant que m’abstenir de tout commentaire à ce sujet aurait constitué un grave manquement à la courtoisie, puisque la seule raison de posséder ce style de voiture est précisément de la faire remarquer. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 146 | 27-04-2024 |
| 3038 | Littérature | Mais Jessie n’appartenait plus à un commando d’élite. Désormais, il était affecté au dépôt du gymnase de Fort Rucker. Après les missions spéciales, c’était maintenant : « Hey Jess, t’aurais pas un pantalon de survêt à ma taille ? » et il rentrait chaque soir au foyer conjugal, ou l’attendait Ruthie, qui pesait dans les 110 kg, s’autoproclamait médium et avait un passé fortement teinté de fondamentalisme chrétien. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 158 & suiv. | 27-04-2024 |
| 3037 | Littérature | À Nashville, tout le monde semblait engagé dans la dangereuse escalade d’une montagne de verre, au sommet étincelant mais au parois traitresses, sans cesse sur le point de rouler dans le précipice. La moindre serveuse, le moindre caissier était une Tammy Wyynette ou une Waylon Jennings en puissance, attendant la gloire qui viendrait la ou le sortir de son accablant anonymat. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 213 & suiv. | 27-04-2024 |
| 3036 | Littérature | Ici, comme dans toutes les villes qui ont renoncé à leur cœur historique mais prétendent à un certain raffinement, les temples du mercantilisme se veulent solennels sous les déguisements architecturaux les plus divers, du pseudo art déco jusqu’à la caricature d’hacienda mexicaine, du néo hellénistique au vaguement Bauhaus. Ce bric-à-brac stylistique témoigne d’une arrogance économique certaine, et d’une philosophie naïvement optimiste qui pare la vulgarité de l’étiquette « progrès ». | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 233 | 27-04-2024 |
| 3035 | Littérature | « […] Dieu a conçu une génération qui va changer le monde. Et qui est-ce ? C’est vous ! » Ovations, sourire entendu du conférencier, celui du cabotin qui a la salle dans sa poche et le sait. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 238 | 27-04-2024 |
| 3034 | Littérature | Ainsi que je l’ai dit un jour à George Bush: "En Amérique, ce que l’Église fait avec les gens, vous ne pouvez pas le faire avec l’État. C’est pour cela que nous allons assister à un gigantesque réveil de l’Église dans ce pays, nous allons la voir entrer dans les affaires de cette nation. Bien sûr, un constat tel que celui-ci évoque l’idée de théocratie. Pour cette raison, notre mission est de faire exister L’Église "sur le marché", de la rendre viable et rentable. Il faut que le Royaume soit un style de vie. C’est la responsabilité de L’Église de reprendre les arts à son compte, par exemple, à la façon dont nous le pratiquons ici. D’être le garant de tout ce qui dans la vie est beau et bon. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 254 (un passage que j’intitulerais pour ma part "Quand les prédicateurs US s’expriment comme des ayatollah". | 27-04-2024 |
| 3033 | Littérature | Ici, on portait des costumes en serge bleu marine années 1940, à large revers, en regard desquels le missionnaire mormon habituel semblait sortir d’une boutique Giorgio Armani, et des robes à fleurs jusqu’aux mollets du genre bibliothécaire vieille fille du temps jadis. | Douglas Kennedy, Au pays de Dieu, p. 259 | 27-04-2024 |
| 3022 | Littérature | Silence. Et puis silence. Et silence encore. Ann finit par demander: « Comment trouves-tu ma robe ? Facilement », répondit Jimbo. La robe était rouge. Ann était à l’intérieur. Ann, sa robe et Jimbo dinaient dans un restaurant chinois de la 2° Avenue, au-delà de la 96e. | Bernard Lentéric, La Nuit des Enfants Rois | 10-04-2024 |
| 3005 | Littérature | — Mme Magnan avait exigé un reçu ! Vous croyez pas que non ? | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 42 | 29-02-2024 |
| 3004 | Littérature | Adélaïde Fouque resta sans voix. Ce qui ne lui était pas arrivé depuis des années. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 45 | 29-02-2024 |
| 3003 | Littérature | «Je n’éprouve aucun plaisir à aller m’enfermer dans une salle où l’on étouffe, habillé comme pour un mariage, pour entendre chanter un éléphant qui a avalé un rossignol.» Fier de sa trouvaille, il la répétait en toute occasion, justifiant ainsi son horreur de l’Opéra et de ses monumentales divas. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 94 | 29-02-2024 |
| 3002 | Littérature | Pourquoi mon accusateur a-t-il agi ainsi ? Sans doute parce que sa nature est foncièrement mauvaise. Il n’a aucun compte à régler avec moi, mais il est ainsi fait qu’il lui faut nuire à autrui pour se sentir lui-même. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 120 | 29-02-2024 |
| 3001 | Littérature | — Nom de Dieu de putain de la Bonne Manière, s’écria Bonnafoux. [Note de b.d.p. : Façon marseillaise de blasphémer le nom de la Bonne Mère sans en avoir l’air.] | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 162 | 29-02-2024 |
| 3000 | Littérature | Momond ? Je pense qu’il compte les jours à la prison Saint-Pierre ou à Chave, je ne sais plus. Et il n’a pas fini de compter. Il paraît qu’il ne sait sa table de deux que jusqu’à huit. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 217 | 29-02-2024 |
| 2999 | Littérature | — Cher ami, dit l’avocat, qui commençait la plupart de ses phrases de la sorte, y compris avec des gens qu’il connaissait à peine, j’ai à vous soumettre un document qui ne manquera pas de vous intéresser au plus haut point. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 245 | 29-02-2024 |
| 2993 | Littérature | Ce bistrot campagnard attirait tout ce que le terroir de La Blancarde comptait en matière d’anticléricaux militants et éthyliques. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 30 | 13-02-2024 |
| 2992 | Littérature | La plaine Saint-Michel, aujourd’hui place Jean-Jaurès, est toujours désignée comme « la Plaine » par les Marseillais. | Jean Contrucci, l’Énigme de la Blancarde, p. 15 (note de b.d.p.) | 13-02-2024 |
| 2991 | Littérature | Yohan regagna sa chambre après une énième session d’observation des trains depuis la passerelle surplombant les voies ferrées. Il avait pris l’habitude de s’y rendre presque chaque nuit, à une heure ou le commun des mortels avait délaissé les rues de la ville au profit du domicile familial. Du moins, pour ceux qui en avaient un. | Gwenael le Guellec, Armorican psycho, p. 591 | 13-02-2024 |
| 2990 | Littérature | En anglais, l’homme prit la parole. — Français ? — Breton. Silence. Le matelot inspira sur sa cigarette. | Gwenael le Guellec, Armorican psycho, p. 275 | 13-02-2024 |
| 2989 | Littérature | Il avait demandé à bénéficier d’une poignée de jours de repos avant les fêtes — une première depuis des années. Le repos pour Gilbert le Bris consistait à poursuivre ses enquêtes pendant son temps libre [...] . | Gwenael le Guellec, Armorican psycho, p. 209 | 13-02-2024 |
| 2988 | Littérature | Il déboucha sur un escalier étroit, qui le mena dans les entrailles de l’établissement. Une fois en bas, il fut pris à la gorge par l’odeur des toilettes. À moins que ce ne fût celle des cuisines. | Gwenael le Guellec, Armorican psycho, p. 87 | 13-02-2024 |
| 2987 | Littérature | Il arrive parfois qu’un événement imprévu ouvre une porte dont on ignorait l’existence. | Satoshi Yagisawa, La librairie Morisaki, p. 53 | 13-02-2024 |
| 2986 | Littérature | Ce qui m’a le plus frappée, c’est la douceur tranquille qui se dégageait de l’œuvre dans son ensemble[...]. Un sentiment de paix, difficilement exprimable par des mots, s’infiltrait délicatement dans votre cœur. C’était dû, si je devais le formuler, à l’amour indéfectible que l’auteur vouait la vie. | Satoshi Yagisawa, La librairie Morisaki, p. 52 | 13-02-2024 |
| 2985 | Littérature | Ceux qui ont fait avancer le monde sont allés seuls, à contre-courant, avec leur originalité et leur vision unique. [...]. Ils ont dû lutter seuls contre la bêtise de leurs congénères pour faire passer ce qui nous semble désormais des évidences. Et la plupart ont mal fini. Archimède a été assassiné par un soldat romain. Christophe Colomb est mort enfermé dans une prison d’Isabelle la Catholique, Giordano Bruno a péri sur le bûcher après avoir été torturé par l’Inquisition. Tel est le terrible constat. On ne sait pas remercier les pionniers courageux. Par contre, nombre de tyrans s’appuyant sur le peuple pour imposer leur dogme, comme Staline ou Mao Tsé-toung, ont terminé leur vie tranquillement dans leur lit, adulés par les foules qui répètent encore leur nom et pleurent sur leur mausolée. | Bernard Werber, La Diagonale des reines, p. 221 & suiv. | 13-02-2024 |
| 2984 | Littérature | Le principe de démocratie qui jadis a été utile pour renverser les tyrans installe maintenant une nouvelle forme de totalitarisme : celui de la bêtise généralisée. | Bernard Werber, La Diagonale des reines, p. 208 | 13-02-2024 |
| 2983 | Littérature | Il est plus intéressant d’investir son énergie pour aider les autres à se hisser plutôt que de vouloir faire chuter ceux qui nous énervent. | Bernard Werber, La Diagonale des reines, p. 159 | 13-02-2024 |
| 2982 | Littérature | [Beaucoup de ceux] qui se gargarisent du mot «amour» ne font que dissimuler leur peur d’être seul. Ils veulent juste faire semblant d’aimer pour posséder les autres comme on possède une voiture ou un chien. | Bernard Werber, La Diagonale des reines, p. 137 | 13-02-2024 |
| 2981 | Littérature | Si ton bonheur dépend des choix d’une autre personne, prépare-toi à être malheureux. | Bernard Werber, La Diagonale des reines, p. 137 | 13-02-2024 |
| 2980 | Littérature | Être adapté à un monde malsain n’est pas un signe de bonne santé. | Bernard Werber, La Diagonale des reines, p. 122 | 13-02-2024 |
| 2973 | Littérature | Lorsqu’une culture n’est pas parvenue à dépasser l’état où la satisfaction d’un certain nombre de participants présuppose l’oppression de certains autres, de la majorité peut-être – et c’est le cas de toutes les cultures actuelles –, il est alors compréhensible que ces opprimés développent une hostilité intense à l’encontre de la culture même qu’ils rendent possible par leur travail. Il va sans dire qu’une culture qui laisse insatisfaits un si grand nombre de participants et les pousse à la révolte n’a aucune chance de se maintenir durablement et ne le mérite pas non plus. | Sigmund Freud, « L’avenir d’une illusion », dans Œuvres complètes, t. XVIII, Paris, PUF, 1994, p. 152. | 24-01-2024 |
| 2953 | Littérature | Il s’agit d’un homme très respecté, précisa Abdul, utilisant l’expression habituelle pour désigner un criminel notoire. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 73 | 23-10-2023 |
| 2952 | Littérature | Un optimisme borné n’a jamais assuré la sécurité de personne. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 87 | 23-10-2023 |
| 2951 | Littérature | Beaucoup de drones s’écrasent. C’est encore une technologie nouvelle. Dans le langage officiel, on parle de "dysfonctionnement du système de guidage". | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 486 | 23-10-2023 |
| 2950 | Littérature | Le reportage de CNN était suivi d’un communiqué du gouvernement assurant que le sinistre serait bientôt sous contrôle — ce qui signifiait qu’il ne l’était pas — et une enquête approfondie aurait lieu — ce qui signifiait qu’il n’avait pas la moindre idée de son origine. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 548 | 23-10-2023 |
| 2949 | Littérature | Le président Chen l’acueillit chaleureusement. « Comment allez-vous, jeune homme ? Merci pour votre rapport. Vous avez dû travailler toute la nuit. — Je ne suis pas le seul, monsieur le Président. — Bien. Vous aurez sûrement l’occasion de faire un petit somme pendant que je parlerai. » | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 569 | 23-10-2023 |
| 2948 | Littérature | En matière de diplomatie internationale, quand on profère "On n’a qu’à leur balancer une bonne bombe atomique sur la tronche", les gens applaudissent à tout rompre. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 591 | 23-10-2023 |
| 2947 | Littérature | Toutes les catastrophes commencent par un problème insignifiant qui n’a pas été réglé. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 679 | 23-10-2023 |
| 2946 | Littérature | Le pouvoir n’était pas concentré en un point, mais réparti dans un réseau d’une immense complexité, un ensemble de personnes et d’institution clés sans volonté collective, tiraillant toutes dans des directions différentes. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 758 (un pied de nez aux conspirationnistes, de mon point de vue). | 23-10-2023 |
| 2945 | Littérature | Il ne sert jamais à rien de demander aux gens de ne pas paniquer. | Ken Follett, Pour rien au monde, p. 883 | 23-10-2023 |
| 2944 | Littérature | La voiture de police numéro 18 quitta le parking souterrain du central et se jeta avec détermination dans les rues de Détroit. Une pluie agressive l’y accueillit. Elle la fouetta de ses larmes, adjurant ses deux passagers de ne pas s’enfoncer davantage dans l’horreur, leur murmurant de retourner vers le confort ouaté d’une vie qui pourtant n’existait plus. | Jérôme Loubry, Les Chiens de Détroit (toutes premières lignes du roman). | 23-10-2023 |
| 2943 | Littérature | Le médecin légiste l’appela vers 14 heures pour lui expliquer ses conclusions. Le dossier médical avait été posé quelques instants plus tôt sur son bureau. — Je t’écoute, Franck, tes poèmes éclairent mes journées ! | Jérôme Loubry, Les Chiens de Détroit, p. 26 | 23-10-2023 |
| 2942 | Littérature | Le chat se frotta contre ses jambes tandis qu’elle passait la porte. Il la suivit jusqu’à la cuisine, où il attendit, avec la patience malsaine de celui qui a tout compris, qu’elle lui versât un bol de lait. | Jérôme Loubry, Les Chiens de Détroit, p. 83 | 23-10-2023 |
| 2941 | Littérature | Hanz Craig possédait une silhouette longiligne et des traits creux, comme si son visage était aspiré de l’intérieur. | Jérôme Loubry, Les Chiens de Détroit, p. 90 | 23-10-2023 |
| 2940 | Littérature | Quand on est pourvu d’une nature qui n’est bonne que parce qu’on la tient solidement en lisière, la moindre fortune qui vous échoit ne vous importe pas tant qu’à vos amis qu’elle comblera d’aise mais bien par rapport à vos ennemis qui vont en crever de dépit. J’étais ainsi fait hélas et je me mis furieusement à inventorier la liste de tous ceux que mon invitation chez le compte allait désobliger. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 45 | 23-10-2023 |
| 2939 | Littérature | J’étais armé pour oublier mes maîtresses, ne pas les voir vieillir, ne les saisir que dans l’instant présent mais tout aussitôt les perdre de vue afin que, depuis ma propre décrépitude, je puisse continuer à croire qu’en un lieu privilégié de l’espace le temps ne les défaisait pas comme il me défaisait moi. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 157 & suiv. | 23-10-2023 |
| 2938 | Littérature | On croit [...] toujours être le seul à tramer dans l’ombre des tours pendables mais la providence a travaillé de telle sorte que l’ombre et notre mère à tous. Et nos trames sont finalement si dérisoires dans leur banalité que nous sommes tous capables de les découvrir chez le prochain alors que nous croyons les nôtres impénétrables. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p.163 | 23-10-2023 |
| 2937 | Littérature | "Tout à l’heure, il en est venu deux qui m’ont glacé. — Ils marquaient mal ? — Non justement ! Ils marquaient trop bien ! On aurait dit des huissiers ! Tout noirs ! Avec un chapeau melon. Un jour de semaine, à cheval, à Banon, ça vous paraît d’équerre, vous ça ?" | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. ??? | 23-10-2023 |
| 2936 | Littérature | Autour de nous, cernant les feux, les gens de la Drôme, quand ils ne riaient pas, avec tous ces faces de mulets rétifs et irréductibles par des phrases parce que, dans leur vie, ils n’avaient jamais eu besoin de plus de cinq ou six mots en tout pour se faire entendre. Encore étaient-ils destinés à leurs troupeaux, à leurs chiens ou à leurs chevaux, la plupart du temps. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p.355 | 23-10-2023 |
| 2935 | Littérature | Je suis un contemplatif que l’activité ordinaire du monde gêne, importune ou terrifie. | Pierre MAGNAN | 23-10-2023 |
| 2931 | Littérature | Les sœurs impériales des hospices le soignèrent avec dévouement, avec amour, de sorte qu’on put condamner à avoir la tête tranchée un homme parfaitement valide, droit comme un i, sans âge précis et beau par surcroît. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 35 | 11-10-2023 |
| 2925 | Littérature | La solitude est sans attraits pour la plupart des hommes parce qu’elle ne leur fournit pas assez de pensées qui leur plaisent. | Pierre Nicole (selon Facebook). | 01-10-2023 |
| 2899 | Littérature | La culpabilité. Elle ronge l’âme. Elle nous chuchote que rien ne pourra nous racheter, que — comme me le répétait l’Église à l’âge où j’étais tout disposé à la croire — la vie n’est qu’un cheminement pénible dont la compensation ne se trouve qu’à la fin. Et encore, seulement pour ceux qui ont obéi au programme sans faillir. | Douglas Kennedy, Les hommes ont peur de la lumière, p. 237 | 31-07-2023 |
| 2898 | Littérature | Le présentateur a annoncé qu’il diffusait un morceau de Beethoven. Je ne connais rien à Beethoven à part Pom Pom Pom Pom. Ce n’était pas ça. Mais c’était tout aussi fort. Parfait. | Douglas Kennedy, Les hommes ont peur de la lumière, p. 102 | 31-07-2023 |
| 2897 | Littérature | Dans le cerveau de Gabriel, une petite chanson se tuait à lui répéter : ne la regarde pas de cette manière, d’ailleurs il vaudrait mieux ne pas la regarder du tout. Une autre lui répondait : mais qui ou quoi regarder, dans le monde, à part elle ? | Erik Orsenna, Longtemps, p. 28 | 31-07-2023 |
| 2896 | Littérature | Quand surgit la coïncidence, l’un de ces moments où, pour s’amuser, le destin prend un humain par la main, lui ouvre une porte jusqu’alors invisible, le pousse en avant et le regarde se débattre dans de nouvelles aventures. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 44 | 31-07-2023 |
| 2895 | Littérature | A quarante ans passés, il apprenait des évidences : qu’un amoureux tient de l’armateur, dont les navires seraient des syllabes. L’armateur-amoureux les envoie de l’autre côté de l’horizon. Là où poussent les seules épices qui vaillent. Celui qui n’a pas de parole, son sentiment reste au port. À peine né, déjà mort, coulé, dissous dans l’eau poisseuse des velléités. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 64 | 31-07-2023 |
| 2894 | Littérature | — Une dame vient d’arriver. Je me redressai, plein d’espoir. — Quel genre ? — Vieille mais riche. — À quoi vois-tu ça ? — La montre. Van Cleef. Et le châle. Pur cachemire. Mais surtout l’impatience. Elle marche de long en large. Je l’introduis ? | Erik Orsenna, Longtemps, p. 97 | 31-07-2023 |
| 2893 | Littérature | Un jour, quand tu auras atteint l’âge adulte, tu renonceras à tout éclaircir. Tu économiseras des énergies précieuses. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 108 | 31-07-2023 |
| 2892 | Littérature | — Commençons par le commencement. Les hauts fonctionnaires français, même ceux qui ne se passionnent pas pour la politique, n’ont que ces deux mots à la bouche : intérêt général. Une notion vague, je te l’accorde, mais solennelle. L’intérêt général, si je résume, c’est la santé globale et secrète du pays. Tu me suis ? — Vive la France ! — Tu as tout compris. Continuons. Les fonctionnaires sont au service de l’intérêt général, donc du bien. Les autres humains sont vendus aux intérêts particuliers, donc au méprisable. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 109 | 31-07-2023 |
| 2891 | Littérature | — Bonjour. Elle n’a jamais d’autre formule de retrouvailles, bonjour, mot de reine, vous avez bouleversé votre vie, besogné comme un dément, violenté l’emploi du temps pour dégager ces vacances ô combien inattendues, ordonnées au tout dernier moment, vous avez traversé Paris puis la moitié de la planète, nagé, affronté des tempêtes, résisté aux Indiens et aux ours polaires, vous arrivez défait, hors d’haleine, dépenaillé, bonjour, lancent les reines, manière de dire, en langage de reine : « Ne soyons pas vulgaires s’il vous plaît épargnez-moi vos tracas vous êtes là c’est les moindres des choses non ?» | Erik Orsenna, Longtemps, p. 127 | 31-07-2023 |
| 2890 | Littérature | Qui rendra un jour hommage, comme elle le mérite, à la vertu confessionnelle du sucre ? Au lieu des bottins téléphoniques sur la tête, des lumières aveuglantes dans les yeux et d’autres bien pires tortures, les policiers en quête de vérité ne devraient-ils pas plutôt offrir des pâtisseries aux suspects ? | Erik Orsenna, Longtemps, p. 157 | 31-07-2023 |
| 2889 | Littérature | Merci pour cette raison d’espérer : les promoteurs locaux, champions du monde de l’éventration urbaine, n’ont pu empêcher que demeurent des façades du XVIIe espagnol, des «maisons des corporations», des rues «chair et pain», «herbes potagères», un «quai du bois à brûler», autant de preuves que le temps résiste aux plus fieffés gangsters. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 346 & suiv. | 31-07-2023 |
| 2888 | Littérature | Ils discutèrent encore un peu de voiliers, jusqu’au coup de sonnette, l’arrivée du client suivant, une jeune femme qui semblait des plus gaies. Gabriel, dans son délire, imagina, en descendant l’escalier au tapis rouge usé, que son mari la trouvait trop et inexplicablement joyeuse et pour cela avec suggéré qu’elle se soigne. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 358 | 31-07-2023 |
| 2887 | Littérature | L’effrontée parlait avec une voix de religieuse, douce et chantonnante, agrémentée d’un rien d’accent anglais qui enrobait de sucre les consonnes. Elle avait dans les yeux cette lueur qu’il connaissait bien. Il se dit que toute sa vie, il n’aurait intéressé qu’une seule catégorie de femmes, les moqueuses, celles qui d’un regard vous font danser comme un cow-boy dans les jambes de qui l’on tire au revolver pour faire rire l’assistance. | Erik Orsenna, Longtemps, p. 394 & suiv. | 31-07-2023 |
| 2858 | Littérature | Il entra au café, vaste et désert comme un temple en semaine, appela le garçon « mon bon ami », commanda « un moka sans sucre, qué ! » Et le garçon ne demandant pas : « Pourquoi sans sucre ? » l’Alpiniste ajouta vivement : « C’est une habitude que j’ai prise en Algérie, du temps de mes grandes chasses. » | Alphonse Daudet, Tartarin des Alpes | 01-07-2023 |
| 2848 | Littérature | Ce n’est pas certain mais je pense que ce Gilles — si c’est bien lui — à son arme à proximité, mais sans doute pas en permanence. Il faut le mettre en confiance. Rien de tel qu’une femme pour cela. Les mecs n’ont pas peur des femmes, ce en quoi ils ont bien tort. | Fred Vargas –Sur la dalle, p. 332 | 27-05-2023 |
| 2847 | Littérature | Robic ayant déserté son bureau pour cause de réception à son domicile, les deux commissaires se retrouvèrent vers dix-huit heures devant le luxueux portail d’une villa neuve construite à deux kilomètres de Combourg dans un immense parc. – C’est laid, dit Matthieu. – Très laid. Toute prétention est laide. – C’est de qui ? – Quoi ? – Ta phrase. Sur la prétention. – Mais de moi, Matthieu. Je serais bien incapable de citer des auteurs à tout bout de champ comme mon commandant Danglard. | Fred Vargas – Sur la dalle, p. 290 | 27-05-2023 |
| 2839 | Littérature | Le charme est un arbre étrange, il n’est jamais malade — d’où l’expression « se porter comme un charme ». | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 29 | 02-05-2023 |
| 2838 | Littérature | Quand on s’aime, on de confie, n’est-ce pas ? On partage des nouvelles importantes. On ne parle pas seulement de la météo, du car scolaire et du prix des coquillettes. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 36 | 02-05-2023 |
| 2837 | Littérature | Et puis un jour […] juste avant le dîner, on avait sonné. Muriel avait frotté ses mains sur son tablier, avait ouvert la porte et dit, les enfants, je vous présente Franck. Quand il était reparti, elle l’avait raccompagné jusqu’à sa voiture. India avait glissé à Louis, t’as vu ? elle a gardé son tablier toute la soirée, elle n’est pas in love… | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 41 | 02-05-2023 |
| 2836 | Littérature | Anaïs ne s’est jamais occupée de Gwendoline. Elle la prenait dans ses bras pour les photos, les fêtes de famille, les anniversaires, souriait au photographe, puis tendait l’enfant à une petite bonne telle une azalée encombrante. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 93 | 02-05-2023 |
| 2835 | Littérature | — J’ai mis la table pour madame. — C’est gentil, Andrée, mais je n’ai pas faim. — Madame devrait dîner. C’est pas bon de ruminer. — Qu’est-ce que tu en sais ? — On ne change pas les hommes. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 143 | 02-05-2023 |
| 2834 | Littérature | Il y a des cafés, des restaurants, un arrêt de tramway, des gens qui tirent des valises à roulettes, d’autres qui tiennent leur téléphone comme une tartelette et parlent en avançant tels des insectes butées, aveugles. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 179 | 02-05-2023 |
| 2833 | Littérature | — Tu l’as connu, Elvis ? — LEWIS. Monsieur Lewis. Un beau gars avec un sourire qui t’attrapait au lasso et te jetait dans son lit. Alain Delon pouvait rester sur l’affiche. Il faisait le boulot, monsieur Lewis et puis… pas fier ! Même moi, je flanchais. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 214 | 02-05-2023 |
| 2832 | Littérature | — Écoute-moi bien... Patrick, le mari de ma fille Léa, celui qui est manutentionnaire à la préfecture... — Je le connais. Il a pas inventé la marche à pied. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 216 | 02-05-2023 |
| 2831 | Littérature | Je suis ridicule de me laisser impressionner par ce gamin ! Étrange enfant à la houppe blonde, capable de contredire un adulte sur la surface exacte de la Lune ou la puissance de freinage d’un avion et qui, l’instant d’après, a les larmes aux yeux parce qu’il n’y a pas de confiture de cerises noires. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 236 | 02-05-2023 |
| 2830 | Littérature | — C’est dangereux, le coup de foudre. On peut être détruit... — Oui, mais ça illumine... On est comme une vedette sur le devant de la scène. Prise dans un halo de lumière... — Vous avez besoin d’un éclairagiste pour briller ? | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 281 | 02-05-2023 |
| 2829 | Littérature | — Qu’est-ce que vous avez dit à mon fils ? Hein ? Qu’est-ce que vous lui avez dit ? Monsieur Bottel serrait son cartable contre sa poitrine et reculait dans le couloir en se tenant aux portemanteaux .Il avait une écharpe de laine, aussi grise que les poches sous ses yeux, et il tremblait. Il faut dire que maman était déchaînée. — [...] Il a de la chance que je ne lui fasse pas frire les couilles dans une poêle d’huile bouillante ! elle avait pesté en franchissant le portail de l’école. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 315 | 02-05-2023 |
| 2828 | Littérature | Au petit matin, l’oncle Jacques l’avait secouée tu pour qu’elle se lève et lui prépare son petit déjeuner. Elle gisait, froide, rigide. Merde alors ! Et je ne sais pas où elle rangeait le café ! | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 333 | 02-05-2023 |
| 2827 | Littérature | Elle a le charme nonchalant de sa mère, une manière de laisser tomber ce qui ne l’intéresse pas sans offenser son interlocuteur, que ce soit une conversation ou un manteau . | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 337 | 02-05-2023 |
| 2826 | Littérature | Tu n’es pas très courageux, mon vieux. Tu laisses filer en prétextant que ce n’est pas le bon moment, chacun mène sa vie comme il l’entend. Fausse tolérance qui camoufle ta lâcheté. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 344 | 02-05-2023 |
| 2825 | Littérature | La vie n’est pas une flaque. Ou alors il faut y sauter à pieds joints pour qu’elle éclabousse. La vie est une vague, haute, menaçante, qui nous ratatine ou nous sublime. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 516 | 02-05-2023 |
| 2824 | Littérature | — Appelle Ambroise. Il sera heureux de t’entendre. — Il doit penser que je suis une mauvaise mère, je culpabilise tellement que je n’ose pas l’appeler... — Ça n’existe pas une bonne mère, c’est un mythe inventé pour culpabiliser les femmes et les garder à la maison ! | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 550 | 02-05-2023 |
| 2823 | Littérature | — Tu es trop petit pour que je t’explique. — Je suis pas trop petit puisque je te pose la question… C’est toi qui es trop petite parce que tu ne veux pas me répondre… | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 614 | 02-05-2023 |
| 2822 | Littérature | Vous voyez ce chemin de halage où nous nous trouvons ? Autrefois les péniches étaient tirées par des bêtes de somme ou par le marinier et sa famille. Ils passaient un harnais, appelé bricole, y attachaient une corde, et toute la famille tirait le bateau. Ce type de halage humain a duré jusqu’à ce qu’on invente le moteur thermique. Il permettait à un seul homme de tracter une péniche de 300 tonnes ! C’est impensable aujourd’hui, n’est-ce pas ? – En effet…, dit Gilbert, qui commence à comprendre pourquoi le petit Louis était si attaché à son instituteur. – Le métier d’instituteur ressemble à celui du marinier. Il tracte des âmes d’enfants et tente de les mettre sur la route du savoir… Parfois ça marche et on en retire de grandes satisfactions, d’autres fois on s’adresse à des andouilles qui chahutent dans votre dos. | Katherine Pancol, La mariée portait des bottes jaunes, p. 647 & suiv. | 02-05-2023 |
| 2819 | Littérature | Il repensait à tout ce qui s’était passé depuis le 23 novembre. Peut-être que Dieu existe, se dit-il, mais il a vu comment les choses se passaient et il est parti se cacher. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 653 | 16-04-2023 |
| 2818 | Littérature | L’affaire était connue du public depuis maintenant trois jours. Vingt-quatre heures pour laisser New York digérer la nouvelle ; vingt-quatre autres pour le retour de bâton instinctif contre la police et l’équipe municipale en place ; et vingt-quatre autres encore pour que la psychose générale s’installe chez les New-Yorkais. La population se montrait soit sévère, soit cynique, soit terrorisée. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 619 | 16-04-2023 |
| 2817 | Littérature | Howard savait qu’il marchait sur des œufs, qu’il courait sur des œufs, pour être plus précis, et avec des semelles de plomb, qui plus est, comme s’il voulait briser les coquilles, se couvrir de honte et d’ignominie pour avoir osé penser une telle chose. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 507 & suiv. | 16-04-2023 |
| 2816 | Littérature | Ce n’était pas une méchante fille, loin de là, mais ses parents la trouvaient obstinée et forte tête, tout en estimant, dans leur for intérieur, que ses qualités la serviraient plus tard. Bien sûr ils ne le disaient pas mais, de tous leurs enfants, Frances était celle, d’après eux, qui se ferait un chemin dans la vie et réussirait le mieux. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 504 | 16-04-2023 |
| 2815 | Littérature | Les clichés ne sont des clichés que parce qu’ils expriment assez de vérité pour être répétés. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 389 | 16-04-2023 |
| 2814 | Littérature | Il entendit le sourire dans sa voix. «Quoi ? Vous vous inquiétez pour moi ? — Bien sûr... Bien sûr que je m’inquiète. — Pourquoi ? Quelle importance ? — Parce que je vous aime bien. Parce que vous êtes quelqu’un de bien... — Vous ne m’avez pas rappelée... ». Tout à coup, sans prévenir, la discussion avait changé de cap. Comment les femmes faisaient-elles pour toujours y parvenir ? | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 365 & suiv. | 16-04-2023 |
| 2813 | Littérature | Le chef d’unité des SWAT donna ses instructions comme si sa mission n’était pas plus compliquée que l’animation d’un goûter d’anniversaire. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 352 | 16-04-2023 |
| 2812 | Littérature | Chaque domaine possédait ses propres experts, et tous les experts du monde avaient en commun de vouloir montrer l’étendue de leur érudition. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 317 | 16-04-2023 |
| 2811 | Littérature | Certes, ces gens-là n’étaient pas de la NSA. Ils n’étaient pas grand-chose, d’ailleurs. Mais souvent, la moindre inattention suffisait à faire capoter les plans les plus sophistiqués. Une fois, un agent infiltré des stups avait oublié d’enlever son alliance. Sa femme et ses gamins avaient eu droit au drapeau américain replié et à une pension alimentaire. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 316 | 16-04-2023 |
| 2810 | Littérature | Il dit qu’il arrive simplement à se souvenir des choses. Entre nous, on ne peut pas rêver mieux que lui comme enquêteur. C’est l’équivalent d’Internet, sauf que vous n’êtes pas obligé de vous taper trois cent pages de conneries avant de trouver ce que vous cherchez. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 305 | 16-04-2023 |
| 2809 | Littérature | Je me suis même dit qu’il devait être autiste ou quelque chose dans le genre. Bref, un de ces types qui possèdent une intelligence absolue mais qui, dès qu’il s’agit de la vraie vie, de parler avec les autres ou de garder la tête froide, ne sont plus bons à rien, incapables de faire une tartine beurrée. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 294 | 16-04-2023 |
| 2808 | Littérature | Tandis qu’il regardait Laycross repartir en voiture, il se demanda quel dieu pouvait bien créer ce genre de personnes. Puis il sourit tout seul : cela faisait des années qu’il avait cessé de croire en un quelconque dieu. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 283 | 16-04-2023 |
| 2807 | Littérature | Ces instants de réflexion furent interrompus par Beck. « Je peux vous demander la raison de tout cela ? Il y a quelqu’un qui tue des gens ? ». Irving leva les yeux vers lui. « Il y a toujours quelqu’un qui tue des gens, docteur Beck. Il semblerait que le monde soit ainsi fait. » | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 266 | 16-04-2023 |
| 2806 | Littérature | La circulation formait un long serpent sur West Side Highway. Le monde vaquait à ses affaires. Les gens ouvraient et renfermaient de petits chapitres de leur existence. Ils se rapprochaient puis s’éloignaient, se souvenaient puis oubliaient. L’espace d’une même minute, quelque part dans le monde, tout était en train d’arriver. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 185 | 16-04-2023 |
| 2805 | Littérature | L’architecture ? La décoration intérieure ? Ces choses-là avaient leur place quelque part, bien sûr, mais pas dans la famille Wolfe. Les Wolfe étaient des travailleurs, pas des rêveurs. Les Wolfe suaient sang et eau pendant que les gens des beaux quartiers hantaient les cafés et parlaient pour ne rien dire. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 111 | 16-04-2023 |
| 2804 | Littérature | Jusqu’à Lupus Street et Delancey Street, jusqu’à Carlisle Street près du parc, des gens s’étaient retrouvés pour se présenter aux parents endeuillés. Plus d’amis dans la mort que dans toute une vie. N’en allait-il pas toujours ainsi ? Et ils déposèrent des fleurs près du banc où elle était morte. Tant de fleurs qu’elles finirent rapidement par engloutir le banc. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 30 & suiv. | 16-04-2023 |
| 2796 | Littérature | « Vous travaillez ici ? » demanda-t-elle. Première question. Première d’une longue série. Un grand moment ne peut jamais vous être enlevé. | R.J. Ellory, Les Assassins, p. 11 | 05-04-2023 |
| 2795 | Littérature | Des infirmiers s’affairaient. Un secrétaire, à l’entrée du couloir menant à la salle d’opération, tapait furieusement à la machine. « Je ne vois pas de femmes, dis-je. — Je ne veux pas d’indiscrétion », répondit Marek, d’un air soucieux. | Boileau- Narcejac, ...Et mon tout est un homme, p. 28 | 05-04-2023 |
| 2794 | Littérature | Il en avait gros sur le cœur parce que ses tableaux se vendaient mal. Il s’était spécialisé dans les marines. «C’est ce qui ressemble le plus au non figuratif, me disait-il. Des voiles, des maisons, des rochers, vous voyez ce que ça peut donner, si on schématise un peu. Mais on me reproche d’être trop sain, trop direct. On vend des machins pointus, du barbelé, du totem, du sorcier !» | Boileau- Narcejac, ...Et mon tout est un homme, p. 46 & suiv. | 05-04-2023 |
| 2793 | Littérature | Autre avantage de Cosson, il faisait peur. Si vous ne saviez pas que son mutisme était uniquement dû au crétinisme, son absence d’affect dans certaines tâches était glaçante. Il en était ainsi [...] pour les arrestations. Même la police de Vichy n’atteignait pas ce degré de froideur, de distance, d’indifférence à la douleur que permet la connerie pure. | Pierre Lemaitre, Le Silence et la colère, p. 120 | 05-04-2023 |
| 2792 | Littérature | Le bon indic est quelqu’un dont l’aptitude à la traîtrise, au mensonge, au double jeu, enfouie jusque-là, se révèle et s’épanouit dans sa fonction. | Pierre Lemaitre, Le Silence et la colère, p. 123 | 05-04-2023 |
| 2791 | Littérature | Notre inconscient nous écoute, la réciproque est rare. | Pierre Lemaitre, Le Silence et la colère, p. 292 | 05-04-2023 |
| 2790 | Littérature | Sa mère a tenu son foyer comme bon nombre d’autres femmes à l’époque : sans mâle et sans une pointe d’amour. Quand la moitié de la France se fait dézinguer dans les tranchées, on a du mal à dessiner des arcs-en-ciel dans la chambre de la môme qui vient de naître. | Benoît Philippon, Mamie Luger, p.21 | 05-04-2023 |
| 2789 | Littérature | — Vous savez ce que vous risquez à nous mentir ? Et plus encore à couvrir des assassins ? — Mon garçon, comprends bien qu’à mon âge, je risque plus rien. Ventura plonge dans les yeux de la centenaire qui le fixent sans sourciller, et reconnaît qu’elle a raison. Comment faire plier une grand-mère déjà tordue en huit ? Cette garde à vue s’annonce bien tortueuse. | Benoît Philippon, Mamie Luger, p. 40 | 05-04-2023 |
| 2788 | Littérature | Berthe avait beau être une fille émancipée, elle en avait marre de planter des clous et de porter des seaux dans sa maison dépourvue d’eau courante. Et à cette époque, pour des raisons que Darwin n’a pas tenté d’expliquer, ce sont les hommes qui faisaient fortune. Donc aux femmes d’en profiter, sans se faire dominer, quand elles le pouvaient, ce qui n’était pas un équilibre facile à trouver. | Benoît Philippon, Mamie Luger, p. 82 | 05-04-2023 |
| 2787 | Littérature | Elle arbore un visage radieux d’une patience ancestrale, celle des vieux qui passent leur journée sur un banc à contempler la vie battre à cent à l’heure autour d’eux, alors qu’eux savent tout ce que cette précipitation a de vain. | Benoît Philippon, Mamie Luger, p. 299 | 05-04-2023 |
| 2782 | Littérature | La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique. Cette façon de poser régulièrement un pied devant l’autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, la légère stimulation du pouls, les activités oculaires et auriculaires indispensables pour déterminer sa direction et préserver son équilibre, la sensation de l’air qui vous frôle l’épiderme : autant de phénomènes qui, d’une manière tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l’esprit, et font que l’âme, si étiolée et estropiée qu’elle soit, prend de l’ampleur et grandit. | Patrick Süskind, Le Pigeon | 04-04-2023 |
| 2780 | Littérature | Je suis fermement convaincu que, puisque nous descendons tous d’un ancêtre commun, il n’est pas vraiment intéressant ni important de faire des recherches sur sa propre famille. | Shaun Bythell, Petit traité du lecteur. | 02-04-2023 |
| 2779 | Littérature | L’occultiste est dépourvu des compétences sociales les plus élémentaires et, dans la plupart des cas, semble aussi ne pas avoir assimilé les rudiments de l’hygiène personnelle. Ce qui est tout à fait compréhensible : une fois convaincu que l’on est un maître de la magie noire ou que l’on peut converser avec les morts, on se sent sûrement en droit d’adopter une attitude plutôt désinvolte à l’égard de la propreté ou des modes de communication avec le monde des vivants. Les morts, on peut le supposer, n’ont guère d’odorat. Ni d’art de vivre. | Shaun Bythell, Petit traité du lecteur. | 02-04-2023 |
| 2778 | Littérature | La cerise sur le gâteau , c’est quand l’auteur autoédité qui essaie de placer son livre vous déclare avec fierté : "les illustrations sont de ma petite fille", ou "mes amis m’ont tous dit qu’ils avaient vraiment adoré mon livre". Dans ce genre de situation, la plupart des libraires répondent aussitôt : "attendez un instant je vais chercher le patron", puis vont trouver l’employé le moins bien payé de la maison et lui confient la tâche peu enviable d’aller expliquer à l’importun que la librairie n’a absolument pas la moindre intention de se charger de commercialiser son livre. Malheureusement, dans mon cas, le patron et l’employé le moins bien payé de la maison ne sont qu’une seule et même personne — moi. | Shaun Bythell, Petit traité du lecteur. | 02-04-2023 |
| 2772 | Littérature | Le rayon Jeunesse de ma librairie est aussi populaire auprès des adultes que des enfants. On y voit souvent des personnes d’âge moyen, qui prennent conscience qu’elles ont assez peu de chance de rajeunir et éprouvent une soudaine nostalgie de leur jeunesse. | Shaun Bythell, Petit traité du lecteur. | 22-03-2023 |
| 2757 | Littérature | J’en ai marre [...] c’est une phrase très simple mais extrêmement importante, parce que c’est une phrase qu’on s’interdit. On s’interdit non seulement de la prononcer, mais autant que possible de la penser. Parce que si on commence à penser : "j’en ai marre", on se retrouve assez vite à penser : "ce n’est pas juste" et : "je pourrais avoir une autre vie". Si on commence à se dire que la vie pourrait être différente, qu’on pourrait courir comme tout le monde pour attraper le métro ou jouer au tennis avec ses enfants, la vie est pourrie. "J’en ai marre", et derrière "j’en ai marre", "ce n’est pas juste", et derrière "ce n’est pas juste", "la vie pourrait être différente", ce sont des pensées qui ne mènent à rien. Il n’empêche que ce sont des pensées qui existent et que cela ne fait pas de bien non plus d’employer toute son énergie à faire comme si elles n’existaient pas. C’est compliqué, de s’accommoder de ces pensées-là. | Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne, p. 237 & suiv. | 16-01-2023 |
| 2756 | Littérature | J’ai appris un truc dans la Maison de la Couleur Perpétuelle : Il n’y a pas que deux catégories de gens — les bons et les méchants —, contrairement à ce que je croyais gamin quand je trouvais mes idées dans tout ce que je voyais à la télé. En fait il y a trois catégories. La troisième catégorie, c’est les gens qui sont d’accord avec tout le monde pour se fâcher avec personne comme me l’avait conseillé l’adjoint Malkin. C’est les plus nombreux sur terre et pour moi c’est des gens gris. Ils ne vous feront pas de mal (volontairement du moins) mais ils ne vous aideront pas non plus. Ils vous diront : Fais ce que tu veux et que Dieu te garde. | Stephen King, Billy Summers, p. 137 | 16-01-2023 |
| 2755 | Littérature | M. Speck et moi on est allés à Chatanooga, et c’est là que je me suis engagé dans les Marines. Je croyais que je serais obligé d’aller sur une base militaire pour ça mais ils avaient ouvert un bureau dans un centre commercial entre un marchand d’aspirateurs et un endroit où on remplissait vos déclarations d’impôts. | Stephen King, Billy Summers, p. 152 | 16-01-2023 |
| 2754 | Littérature | Jamais aucun homme sur son lit de mort n’a dit « J’aurais dû passer plus de temps à mon bureau. » Dixit Oscar Wilde, juste avant de partir pour l’au-delà. | Stephen King, Billy Summers, p. 179 | 16-01-2023 |
| 2753 | Littérature | Mais la première pensée qui lui vient à l’esprit, aussi ridicule soit-elle, c’est que cette intrusion indésirable dans sa vie va certainement l’empêcher d’écrire, juste au moment où tout allait bien. Il ne peut réprimer un sourire. C’est comme se demander si vous avez assez de papier toilette lorsque retentit la sirène annonçant une tornade. | Stephen King, Billy Summers, p. 277 & suiv. | 16-01-2023 |
| 2752 | Littérature | Le temps passe. Il a un don pour ça. | Stephen King, Billy Summers, p. 425 | 16-01-2023 |
| 2751 | Littérature | Toute vie est un puits de solitude qui va se creusant avec les années. Et moi qui, plus que les autres, viens du néant à cause de ma condition orpheline, j’étais déjà prémuni depuis le début contre cette apparence de compagnie qu’est une famille ; mais cette nuit-là, ma solitude, déjà grande, devint, d’un coup, démesurée, comme si dans ce puits qui peu à peu se creuse le fond avait cédé, brusque, me laissant tomber dans le noir. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 41 | 16-01-2023 |
| 2750 | Littérature | Pendant des semaines, une bruine glacée noyait l’horizon et le ciel , et quand enfin elle s’arrêta, le froid , au lieu de diminuer, augmentait ; nuit après nuit, il se mit à tomber, d’un ciel limpide et si proche qu’il nous écrasait presque, des gelées blanches, de sorte que la campagne chaque matin se réveillait toute blanchie, comme si les étoiles, pulvérisées sous le choc du froid, étaient en train de s’effriter et de saupoudrer la terre. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 86 & suiv. | 16-01-2023 |
| 2749 | Littérature | Comme, dans ce pays-là, l’horizon est bas et que le fleuve redouble le ciel, j’eus, pendant un moment, l’impression d’avancer non pas sur le fleuve mais sur le firmament noir. Chaque fois que la pagaie touchait l’eau, on eût dit que de nombreuses étoiles éclataient, se pulvérisaient, disparaissaient dans l’élément dont elles tiraient origine et qui les maintenait à leur place, qu’elles se transformaient, de points lumineux et fixes en tâches informes ou en lignes capricieuses, de sorte que, sur mon passage, l’élément sur lequel je dérivais semblait être, à mesure, anéanti ou réabsorbé par la nuit. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 107 & suiv. | 16-01-2023 |
| 2748 | Littérature | La condition même des Indiens était sujette à discussion. Pour certains, ce n’était pas des hommes ; pour d’autres, c’était des hommes mais pas des chrétiens, et pour beaucoup ce n’étaient pas des hommes parce que ce n’étaient pas des chrétiens. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 122 | 16-01-2023 |
| 2747 | Littérature | Il y a [...] deux sortes de souffrances : avec l’une, on sait que l’on souffre et, tandis que l’on souffre, une vie meilleure dont le goût persiste dans la mémoire est escamotée ; avec l’autre, on ne le sait pas mais le monde entier, jusque dans la plus modeste de ses présences, apparaître aux yeux de celui qui le traverse comme un lieu désert et calciné. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 125 | 16-01-2023 |
| 2746 | Littérature | Nos vies s’accomplissent en un lieu terrible et neutre qui ne reconnaît ni la vertu ni le crime et qui, sans nous dispenser ni le bien ni le mal, nous anéantit, indifférent. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 176 | 16-01-2023 |
| 2745 | Littérature | [...] Rêve, souvenirs et expérience rugueuse se délimitent et s’entrelacent pour former, comme un tissu lâche, ce que j’appelle, sans grande euphorie, ma vie. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 177 | 16-01-2023 |
| 2744 | Littérature | Le seul savoir juste est celui qui reconnaît que nous savons seulement ce qui condescend à se montrer. | Juan José Saer, l’ancêtre, p. 197 (postface d’Alberto Manguel). | 16-01-2023 |
| 2743 | Littérature | En quelques jours, le salon, sans mobilier ni décoration, à peine dépoussiéré, se transforma en une école que peuplèrent de jeunes boulangères qui apprirent à souffler dans des flûtes, des agriculteurs qui s’instruisirent à l’accord des clarinettes et de lavandières qui, avec abnégation et patience, firent leurs gammes dans le silence des sapins. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 54 | 16-01-2023 |
| 2742 | Littérature | Il se maria avec Michèle Moulin, fille de riches français qui possédaient des fabriques de chaussures. Ils eurent deux filles : Danièle et Thérèse. Elles grandirent dans un univers d’opéras et de symphonie, étudièrent le solfège avant l’espagnol et leur premier mot fut une note. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 56 | 16-01-2023 |
| 2741 | Littérature | L’enfant, dont la première vision fut celle de cinquante oiseaux sur des perchoirs, ne parvint jamais à s’endormir ailleurs que dans la volière. Thérèse devait se déplacer au crépuscule dans la grande cage, s’y installer au milieu sur un tabouret, et attendre que Margot ferme les yeux jusqu’à ce que la nuit l’enveloppe d’un essaim de libellules et de papillons ocre. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 70 | 16-01-2023 |
| 2740 | Littérature | C’est ainsi que des fossiles préhistoriques se retrouvèrent sur une des étagères de la cuisine, rangés dans une boîte à biscuits, et qu’une jeune infirmière les confondit, quarante ans plus tard, avec des pattes de poulet. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 73 | 16-01-2023 |
| 2739 | Littérature | En homme de son époque, à son tour, Lazare décida de se lancer dans l’aventure commerciale et créa une entreprise d’hosties dans les locaux d’une ancienne coutellerie. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 82 | 16-01-2023 |
| 2738 | Littérature | — Tu fais ce que tu veux, lui dit-il, mais ne te même pas d’oiseaux. Lazare eut l’imprudence de la laisser seule avec elle-même, lui qui voulait lui éviter les mauvaises fréquentations. Plus tard, quand il y repensait, il avouait que la dernière chose qui lui serait venue à l’esprit en prononçant cette phrase était que sa fille décidât de construire un oiseau de métal dans le jardin. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 89 & suiv. | 16-01-2023 |
| 2737 | Littérature | L’enfant avait des yeux comme des pépites de jais, tristes et vagues, qui effleuraient le monde avec une forme de chagrin embarrassé. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 106 | 16-01-2023 |
| 2736 | Littérature | Lorsqu’elle fit son premier trajet dans l’espace aérien britannique, elle songea que le ciel ici était moins pur que celui du Chili, les étoiles moins rieuses, l’horizon moins dégagé et remarqua que des nuages noirs s’amassaient toujours sur les villes comme des brebis autour d’un berger. | Miguel Bonnefoy, Héritage, p. 122 | 16-01-2023 |
| 2727 | Littérature | Après ça elles nous avaient invités à une surprise partie, les filles Vieljeux. On avait passé tout l’après-midi dans la cave de leur grande maison, d’abord assis par terre sur des coussins, à écouter de la musique, et puis on avait dansé. Juste des slows, parce qu’on ne savait pas danser autre chose. Et là il m’avait épaté Nicolas : pendant que Béatrice, la troisième, ma préférée, me racontait qu’à la cantine de son école tout était toujours trop cuit, les lentilles, les nouilles, les haricots, et que les sœurs avaient supprimé le beurre à table, on se demandait bien pourquoi, oui, on se demandait, et bien, Nicolas il avait serré Olivia contre lui et il lui avait raconté des trucs à l’oreille qui l’avaient fait rire. J’avais aussi dansé avec Béatrice mais elle avait continué à me parler fort en pleine figure comme si elle était pas du tout émue d’être dans mes bras. | Lionel Duroy, Priez pour Nous, p. 161 & suiv. | 17-11-2022 |
| 2726 | Littérature | C’était douillet d’être malheureux avec des gens comme elle. On avait brusquement envie de le rester. On avait envie de ne plus répondre que par monosyllabes en ouvrant de grands yeux tristes. Parce qu’alors elle nous caressait la tête, elle nous embrassait. Et on se sentait rétrécir sous ses câlins, on devenait petit petit petit, peut-être même qu’à la fin on aurait été capable de dire arreu dans un moment d’inattention. | Lionel Duroy, Priez pour Nous, p. 176 | 17-11-2022 |
| 2725 | Littérature | — Si je dis qu’à quatre ans tu percutais déjà le mur du jardin de tes parents avec ton auto à pédales, tu démentiras pas ? — Écris ce que tu veux, tête d’œuf. Et puis tiens, dis que je prépare un film sur la cascade où je serai l’acteur principal. Dis-le ça, ça fait bien. | Lionel Duroy, Priez pour Nous, p. 255 & suiv. | 17-11-2022 |
| 2724 | Littérature | — Moi, j’aimerais être vétérinaire, soigner les bêtes dans la campagne. — Je peux pas blairer les animaux, j’ai dit, surtout les chiens. Si j’étais président de la République, j’ordonnerais qu’on les tue tous. C’est dégueulasse ces machins qui chient partout et qui se reniflent le cul sur les trottoirs. | Lionel Duroy, Priez pour Nous, p. 263 | 17-11-2022 |
| 2720 | Littérature | Il avait tout peint au minium, cette couleur argentée des tuyaux de poêle. Tout brillait, depuis la cheminée jusqu’à ses sabots. Et si quelqu’un lui demandait pourquoi peindre une cheminée, il répondait : Parce que ça sèche vite. | Gérard Garouste, L’Intranquille, p.50 | 03-11-2022 |
| 2719 | Littérature | Eléo lui a survécu dix ans. Elle a été enterrée à côté de lui dans le cimetière en face de chez eux. Mourir revenait à traverser le chemin. | Gérard Garouste, L’Intranquille, p.58 | 03-11-2022 |
| 2718 | Littérature | Le délire ce, c’est une fuite, une peur très grande d’être au monde, alors, on préfère se croire mort, tout-puissant, ou juste un enfant. | Gérard Garouste, L’Intranquille, p. 107 & suiv. | 03-11-2022 |
| 2717 | Littérature | Et les parties de pétanque entre soignants et malades, quand l’un d’entre eux, toujours le même, prenait une boule, tout le monde courait se cacher derrière les arbres ! | Gérard Garouste, L’Intranquille, p.112 | 03-11-2022 |
| 2716 | Littérature | L’avant-garde au musée n’est plus une avant-garde ! La provocation n’est plus une provocation si elle est à la mode ! La France entretient pourtant cette idée comme une vieille mariée, parce qu’elle se flatte et se repent en même temps d’avoir abrité et méprisé les impressionnistes, une bande d’Indiens géniaux qui fréquentait le même quartier, les mêmes cafés, et s’échangeait leurs toiles faute de les vendre. | Gérard Garouste, L’Intranquille, p.156 | 03-11-2022 |
| 2715 | Littérature | Elle est amusante cette installation très réaliste et très en vogue ou le pape est à terre, il a pris un caillou dans la figure. On rigole bien, on se sent libre-penseur et heureux de choquer le fervent catholique. Mais casser la gueule à Jean-Paul II, c’est pour moi une violence acceptable, conforme à la fausse irrévérence du moment. L’œuvre ne touche à aucun fondement, à aucun tabou social, elle flatte nos certitudes. | Gérard Garouste, L’Intranquille, p.156 & suiv. | 03-11-2022 |
| 2705 | Littérature | Personne ne vit comme c’était beau, personne ne remarqua le petits détail dans le fronçage, le nœud au-dessus des poches, la doublure rouge qui réhaussait le tout. Elle en mourrait, de l’indifférence des gens à la beauté des choses. | Leïla Slimani, Le pays des autres, p. 41 & suiv. | 05-10-2022 |
| 2704 | Littérature | Il portait sur son visage cette fatigue qui est propre aux bons médecins. Sur leur traits on voit, comme en transparence, les douleurs de leurs patients, on devine que ce sont les confidences de leurs malades qui courbent leurs épaules et que c’est le poids de ce secret et de leur impuissance qui ralentit leur démarche et leur élocution. | Leïla Slimani, Le pays des autres, p. 208 | 05-10-2022 |
| 2703 | Littérature | Mehki n’avait jamais pris de photos de sa propre famille. Sa mère pensait que son appareil était un engin démoniaque, qui soustrayait leur âme à ceux dans l’orgueil les poussait à poser. | Leïla Slimani, Le pays des autres, p. 340 | 05-10-2022 |
| 2702 | Littérature | Dans les feuillages, on entendait voler les oiseaux et Dragan eut les larmes aux yeux devant l’indifférence de la nature à la bêtise des hommes. Il se tueront, pensa-t-il, et les papillons continueront à voler. | Leïla Slimani, Le pays des autres, p. 378 | 05-10-2022 |
| 2701 | Littérature | Elle aurait voulu rester encore quelques instants, les yeux fermés, sur cette terrasse en plein soleil et écouter le bruit troublant, le bruit étourdissant de la mer. C’est cela qu’elle trouva beau. Ce bruit, comme celui d’un souffle dans un journal que l’on roule en forme de longue-vue et que l’on colle contre l’oreille d’un autre. Ce bruit, comme la respiration de quelqu’un qui dort, heureux et plein de rêves. | Leïla Slimani, Le pays des autres, p. 390 & suiv. | 05-10-2022 |
| 2696 | Littérature | J’empile les assiettes et les emporte à la cuisine, ainsi que les verres et les couverts. Je rassemble les pans de la nappe. Ne laisse pas les miettes sur la table, ça va faire venir les morts, disait toujours maman. Mieux vaut les morts que les vivants, répondais-tu, p’pa. | Viola Ardone, Le Choix, p. 383 | 27-09-2022 |
| 2694 | Littérature | Moi, j’ai toujours été forte à l’école, alors que Cosimino manquait de volonté pour étudier. Ma mère n’en a pas fait toute une histoire, elle a dit qu’il devait se retrousser les manches pour trouver un bon travail s’il ne voulait pas finir comme mon père. J’ai regardé papa dans le potager, accroupi au-dessus de ses plants de tomates, et «finir» ne m’a pas semblé un verbe très adapté car lui, au contraire, il aime commencer de nouvelles choses depuis le début. | Viola Ardone, Le Choix, p.12 | 18-09-2022 |
| 2693 | Littérature | Les règles du mariage, c’est : Mets ta robe blanche, remonte la nef jusqu’au curé et dis oui. | Viola Ardone, Le Choix, p. 18 | 18-09-2022 |
| 2692 | Littérature | On ne refera pas le monde, on peut toujours pétrir les mots, ça n’en fera pas du pain, dit toujours ma mère. | Viola Ardone, Le Choix, p. 20 | 18-09-2022 |
| 2691 | Littérature | À la différence de moi. Liliana est belle et, malgré cela, n’a aucune envie de se marier. Elle dit qu’une femme a autant besoin d’un homme qu’un mouton d’un habit de cérémonie. | Viola Ardone, Le Choix, p. 37 | 18-09-2022 |
| 2690 | Littérature | Lorsque quelqu’un mourait au village, on appelait toujours ma mère pour les prières, parce qu’elle était capable de manifester du désespoir même devant des morts parfaitement inconnus. Elle rentrait à la maison l’air détendu, comme si ces pleurs avaient rincé ses joues. | Viola Ardone, Le Choix, p. 45 | 18-09-2022 |
| 2689 | Littérature | Assises en face, il y avait Miluzza, une de mes camarades du primaire qui s’était retrouvée orpheline toute jeune et que la mère Scibetta avait prise chez elle comme dame de compagnie. La vérité, c’est qu’elle tenait surtout compagnie aux casseroles et aux balais, car la mère Scibetta en avait fait sa servante et, d’après ma mère, elle avait bien l’intention d’en profiter jusqu’à sa mort. | Viola Ardone, Le Choix, p. 64 | 18-09-2022 |
| 2688 | Littérature | «Comment ça s’est passé, la première fois que tu as vu papa ?» Sans s’étonner de cette question, elle a plissé les yeux et souri : «Il me faisait croire que j’étais unique, alors que j’étais juste jeune.» | Viola Ardone, Le Choix, p. 85 & suiv. | 18-09-2022 |
| 2687 | Littérature | Les autres filles forment un cercle, comme quand les hommes misent sur des coqs de combat : les bêtes au milieu de l’arène en train de se battre et eux qui les regardent, sauf que maintenant c’est Tindara et moi, deux poules de poulailler, qui sommes au milieu du parvis. | Viola Ardone, Le Choix, p. 121 | 18-09-2022 |
| 2686 | Littérature | Une seule noix dans un sac de fait pas de bruit, mais s’il y en a plusieurs... On ne peut changer les choses que de cette manière. | Viola Ardone, Le Choix, p. 261 | 18-09-2022 |
| 2685 | Littérature | «Que peut-on espérer pour nos enfants, sinon qu’un jour ils passent devant nous sans nous voir pour suivre leur propre chemin ?» conclut Maddalena, tournée vers ma mère. Celle-ci secoue la tête, lève les yeux au ciel et met une main devant sa bouche, comme pour refouler les mots qui voudraient en sortir. | Viola Ardone, Le Choix, p. 290 | 18-09-2022 |
| 2684 | Littérature | Je n’ai pas le temps d’en dire plus parce que mon père m’attire à lui en passant un bras sous le mien, et nous nous dirigeons ensemble vers la salle d’audience. Calo et Liliana nous encadrent. «N’aie crainte, on y va, c’est comme aller chercher des limaçons, me dit mon père. Il faut s’armer de patience et d’intelligence, parce que certains individus mollassons ont le même talent que les mollusques : ils savent se cacher pour ne pas se faire attraper. Mais c’est le talent des lâches.» | Viola Ardone, Le Choix, p. 316 | 18-09-2022 |
| 2683 | Littérature | Tu sais ce que c’est, les enfants ? C’est comme ces graines apportées par le vent qui viennent germer sur ta terre, il faut les laisser pousser pour savoir quel fruit elles donneront, on ne peut pas le deviner à l’avance. Je croyais avoir trois plantes chétives, et j’ai découvert dans mon champ trois arbres robustes et fructueux. La vie peut toujours renaître, même sur une terre brûlée par le sel. | Viola Ardone, Le Choix, p. 350 | 18-09-2022 |
| 2682 | Littérature | [...] Tu as toujours eu un réel talent pour te faire des ennemis. — J’en ai tiré une sorte de philosophie, sais-tu ? La plupart des gens font leur malheur en voulant à tout prix être aimés. Résultat, ils traversent l’existence comme des spectres. Tu sais quel est le secret du bonheur mon ami ? C’est d’accepter la haine des autres. | Roland Portiche, "Ernetti et l’énigme de Jérusalem". | 16-09-2022 |
| 2679 | Littérature | D’une certaine façon nous ne résolvons pas les problèmes, ce sont les problèmes qui nous résolvent. Ils nous aident à compléter le puzzle de qui nous sommes en nous demandant de nous étirer au-delà de nos limites et de faire face à ce que nous ne savons pas. | Marty Neumeier, cité par Monique de Kermadec dans "Les forces des surdoués dans un monde en crise", Éditions Albin Michel, p. 209 | 10-09-2022 |
| 2678 | Littérature | La liberté, ce n’est pas se débarrasser de toutes les influences qui pèsent sur soi, c’est juste en avoir conscience et pouvoir choisir de les assumer ou pas. | Monique de Kermadec, "Les forces des surdoués dans un monde en crise", p. 173 | 10-09-2022 |
| 2672 | Littérature | Avons-nous été angoissés de naître ? Je ne m’en souviens pas. Ce matin, je songeais à un bébé accoudé au balcon de l’utérus. Que penserait-il s’il contemplait, à l’avance, le spectacle de l’existence qui l’attend hors du ventre ? Peut-être serait-il horrifié par certaines horreurs ? Ou tenté par les splendeurs du monde ? Fort heureusement, clos dans les murailles chaudes du flanc maternel, il n’imagine même pas. Faisons comme lui. Clos dans les murailles de cette vie, pourquoi serions-nous angoissés de mourir ? | "Ma vie avec Mozart", Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2005, p. 146 | 03-09-2022 |
| 2671 | Littérature | […] comme un grand malade on me sangle, on me fait tournoyer dans les airs. | Extrait de l’histoire du chaland Victor (inventaire du patrimoine culturel de Bretagne). | 30-08-2022 |
| 2670 | Littérature | J’avais le trac, tout simplement. Comme toutes les formes de nervosité exacerbée, il naît d’une appréhension irrationnelle commune à tous les êtres humains, en particulier les adultes : celle d’être "démasqué", de trahir par quelques mots mal choisis l’intrinsèque supercherie de sa position d’autorité, de révéler au monde entier que l’on ne croit pas soi-même une minute à ce que l’on prétend être. J’ai fermé les yeux une seconde en me disant que je devais continuer à tenir mon rôle sur scène, coûte que coûte, puis je me suis retournée pour faire face à ma classe. — Bien, commençons. | Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 209 | 15-08-2022 |
| 2669 | Littérature | Contrairement à toi, j’ai des responsabilités. — Ta mère ? — Ouais, ma mère. — elle est encore vivante ? — Nan, je l’ai emmenée chez le taxidermiste pour la faire empailler comme ça on l’a assise à côté du feu et elle nous tient compagnie le soir. Évidemment qu’elle est encore en vie ! Tu penses que j’aurais moisi ici toutes ces années si c’était pas le cas ?" | Peter May, L’Île des chasseurs d’oiseaux, p. 139 | 14-08-2022 |
| 2668 | Littérature | Elle lui indiqua la chaise face à elle et Fin s’assit. «Alors, comment vas-tu ?» Il y avait de la lassitude dans son sourire. «Comme tu vois. » elle commença à manger. [...] «Et toi ?» Fin haussa les épaules. «Ça aurait pu être pire. » Elle secoua la tête avec tristesse. «Et dire qu’on pensait changer le monde. — Le monde, Marsaili, c’est comme le temps. On ne le change pas. Et on ne façonne pas. C’est lui qui nous façonne.» | Peter May, L’Île des chasseurs d’oiseaux, p. 172 | 14-08-2022 |
| 2667 | Littérature | — [...] Pourquoi faites-vous cela ? — C’est la tradition, répondit Johnny spontanément. Aucun d’entre nous ne souhaite être celui qui y mettra fin. Giggs secoua la tête. « Non. Ce n’est pas la tradition. Ça peut être une des raisons, en effet. Mais, mon garçon, je vais te dire pourquoi moi je le fais. Parce que personne d’autre ne le fait, nulle part dans le monde. Nous sommes les seuls. » Ce qui, je suppose, «nous» rendait, d’une certaine manière, spéciaux. Uniques. Je regardai le tas d’oiseaux morts sur le rocher et me demandai s’il n’y avait pas une meilleure manière d’être spécial. | Peter May, L’Île des chasseurs d’oiseaux, p. 240 | 14-08-2022 |
| 2666 | Littérature | Fin tendit le cou en direction du fusil. «Je suppose que vous avez un permis pour ça ? — Qu’est-ce que vous croyez ?» la méfiance se transformait en hostilité. «Je crois que je vous ai posé une question à laquelle vous n’avez pas répondu.» | Peter May, L’Île des chasseurs d’oiseaux, p. 262 | 14-08-2022 |
| 2665 | Littérature | — Mais alors, qui sont nos vrais ancêtres ? on sait à quoi ils ressemblaient ? cria dans la foule une furie peinturlurée de bleu blanc rouge telle une supportrice du PSG, le club qatari bien connu. | Erik Orsenna, Bernard Cerquiglini, Les Mots immigrés, p. 34 | 14-08-2022 |
| 2664 | Littérature | [...] Et que dire de l’amiral, venu de l’arabe emir al bahr, «prince de la mer», dont les Français n’ont gardé que le début, emir al, «prince de la» ! Il est vrai qu’amiral rejoignait ainsi le maréchal et le sénéchal, d’origine germanique : les forces armées sont cosmopolites ! | Erik Orsenna, Bernard Cerquiglini, Les Mots immigrés, p. 65 | 14-08-2022 |
| 2663 | Littérature | La boussole [vient de] l’italien «bussola», «petite boîte» où l’on plaçait une aiguille aimantée. | Erik Orsenna, Bernard Cerquiglini, Les Mots immigrés, p. 72 | 14-08-2022 |
| 2662 | Littérature | Bien des mots que, par snobisme, certains d’entre vous croient emprunter à la langue anglaise proviennent en fait du français médiéval. Ainsi, le budget était au départ une bougette (une bourse portée à la ceinture, qui bougeait quand on marchait) ; le caddie (qui porte les clubs de golf) n’est qu’un cadet ; flirt vient de fleurette («conter fleurette») ; la nurse n’est qu’une nourrice; le porridge vient de pottage (soupe) ; le sport est issu de desport (divertissement) ; le ticket, c’est un estiquet (petit panneau, étiquette) ; le tunnel, enfin, est une ancienne tonnelle... | Erik Orsenna, Bernard Cerquiglini, Les Mots immigrés, p. 85 | 14-08-2022 |
| 2661 | Littérature | Vous voulez que je vous parle de ma mère maintenant ? Alors voilà. Elle est prof de français à Saran en lycée pro. Elle a des élèves qui ne l’écoutent pas et qui veulent être vendeuses chez Pimkie. Elle rentre tous les soirs en disant qu’elle va changer de métier. | Marie-Aude Murail, Sauveur & Fils, p. 19 | 14-08-2022 |
| 2660 | Littérature | — Paul, apporte-moi cette règle ! Le gronda madame Dumayet, qui se résigna ensuite à expliquer qu’ «on est obligé de faire ce qu’on a promis». Le calme s’établit dans la salle de classe tandis que les élèves recopiaient le proverbe, ce qui prit à peu près autant de temps que s’il s’était agi de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen… | Marie-Aude Murail, Sauveur & Fils, p. 33 | 14-08-2022 |
| 2659 | Littérature | Le vendredi matin, Saint-Yves recevait en première heure une maman avec son bébé pleureur. Comme il ne dormait jamais la nuit, elle envisageait la semaine précédente de le jeter par la fenêtre. Ce vendredi, elle parlait de se défenestrer elle-même, et Sauveur se demanda si c’était un progrès. | Marie-Aude Murail, Sauveur & Fils, p. 95 | 14-08-2022 |
| 2658 | Littérature | Sentant qu’il était au centre de la conversation, Bounty se mit à faire le guignol. Il grimpa aux barreaux de sa cage, se déplaça latéralement avec beaucoup d’agilité puis, incapable comme tous les hamsters de descendre par où il était grimpé, il se laissa tomber lourdement. Il resta quelques instants immobile, un peu sonné par sa réception au sol, puis repartit à l’assaut du grillage comme si l’expérience précédente ne lui avait rien appris. — il est vraiment con ou il fait ça pour se rendre intéressant ? s’interrogea Gabin. — C’est la question que je me pose assez souvent à propos de mes patients, lui répondit Saint-Yves. | Marie-Aude Murail, Sauveur & Fils, p. 170 | 14-08-2022 |
| 2657 | Littérature | De son côté , madame Dumayet allait mieux depuis que son médecin traitant lui avait prescrit un somnifère léger et «un petit anxiolytique, de quoi tenir jusqu’aux vacances de février». — À l’impossible nul n’est tenu... Qui sait ce que cela veut dire ? Oui, Noam ? — Moi , j’ai vu «Mission Impossible» à la télé hier. | Marie-Aude Murail, Sauveur & Fils, p. 265 | 14-08-2022 |
| 2656 | Littérature | Je dois être ringarde, mais moi, je trouve que tout ça, les bébés éprouvette, les banques de sperme et le reste, ce n’est pas normal. Je veux dire... C’est pas dans la nature. — Non, mais l’homme est un animal dénaturé. On ne voit pas beaucoup de vaches au volant d’une voiture, plaisanta Sauveur. | Marie-Aude Murail, Sauveur & Fils, p. 310 | 14-08-2022 |
| 2654 | Littérature | [...] Tu étais bien dans ces ruelles, au milieu des rengaines sempiternelles de leurs habitants, dans ton basso. C’est pour cela que tu t’étais préparé une sauce genovese pour tes pâtes du lendemain, pas pour t’en aller dans la gloire des saints. Mais la mort est sournoise, despotique, elle va tirer les gens de leurs habitudes, de leurs petites certitudes. Chacun perfectionne sa méthode pour ne pas mourir et tout le monde se trompe. | Viola Ardone, Le Train des Enfants, p. 231 & suiv. | 05-08-2022 |
| 2653 | Littérature | — [...] Je sais compter sur mes doigts jusqu’à dix fois dix ! Je tente. — Tu dois aussi apprendre les lettres, les divisions, la géographie. — J’aime pas les lettres, ma maman ne les a jamais apprises, à quoi elle servent ? — À ne pas se faire entourlouper par ceux qui les connaissent. Allons-y. | Viola Ardone, Le Train des Enfants, p. 116 | 05-08-2022 |
| 2652 | Littérature | Maddalena explique que la solidarité c’est comme une dignité mais pour les autres. « Si aujourd’hui j’ai deux saucissons, je t’en donne un, comme ça si demain tu as deux morceaux de fromage, tu m’en donneras un. » Ce qui est bien, à mon avis. Mais je me dis aussi que si aujourd’hui les gens de la Haute-Italie ont deux saucissons et qu’il m’en donnent un, comment je fais moi, pour leur donner un bout de fromage demain alors que jusqu’à hier je n’avais même pas de chaussures ? | Viola Ardone, Le Train des Enfants, p. 71 | 05-08-2022 |
| 2651 | Littérature | Je regarde maman par la fenêtre. Elle se serre dans son châle, en silence. Le silence, c’est sa spécialité. Puis le train se met à hurler, plus fort que la maîtresse au menton pointu la fois ou elle a trouvé le cafard mort qu’on avait caché sous son abécédaire. | Viola Ardone, Le Train des Enfants, p. 54 & suiv. | 05-08-2022 |
| 2650 | Littérature | Mon prénom , c’est Amerigo . C’est mon père qui me l’a donné. Je ne l’ai jamais connu et, chaque fois que je demande , maman lève les yeux au ciel comme quand il se met à pleuvoir et qu’elle n’a pas eu le temps de rentrer le linge. | Viola Ardone, Le Train des Enfants, p. 19 | 05-08-2022 |
| 2649 | Littérature | La seule règle fondamentale quant au déroulement d’un combat est qu’on ne peut jamais prévoir le déroulement d’un combat. Il faut être prêt à tout, y compris à ce qui paraît impossible. | Harlan Coben, Double Piège, p. 234 | 05-08-2022 |
| 2648 | Littérature | — Alors, que s’est-il passé entre toi et Isabella ? [...] — Oh, rien de grave. — Puis-je être franche ? — Pourquoi, d’habitude vous ne l’êtes pas ? | Harlan Coben, Double Piège, p. 155 | 05-08-2022 |
| 2647 | Littérature | Maintenant, ce que je crois, c’est que sans traitement, je suis malade. Je dysfonctionne. Donc c’est à peu près aussi con de dire que je ne suis pas naturel avec mes cachets qu’un cancéreux qui vous dirait : "Ah mais avec ma chimio, vous démolissez mon être profond, je ne me reconnais plus, ce n’est plus moi..." Sauf qu’il ne viendrait jamais à l’idée d’un cancéreux de sortir une connerie pareille. C’est l’apanage de la psychiatrie... | Pierre Souchon, Encore vivant, p. 196 | 05-08-2022 |
| 2646 | Littérature | On avait enterré le papet sur les berges de sa rivière, au pied du Serre-de-Barre. Je n’avais pas du tout compris dans l’église pourquoi le curé avait parlé une heure et demie de Jésus, alors que c’était mon grand-père qui était au cimetière. | Pierre Souchon, Encore vivant, p. 129 | 05-08-2022 |
| 2645 | Littérature | "Bonjour, je suis étudiante en psychologie, si ça ne vous dérange pas je vais vous observer". Bien sûr, mais faites, nous acceptons les cacahuètes. C’était terrible, d’être passé du côté d’une drôle de barrière dont on n’avait même jamais songé qu’elle existait. La barrière des fous. | Pierre Souchon, Encore vivant, p. 39 | 05-08-2022 |
| 2644 | Littérature | L’enfer c’était une grande salle où on est arrivés un peu plus tard, les pompiers, les flics et moi menotté. À terre il y avait un bandeau jaune sur lequel j’ai lu "Ligne de discrétion". Derrière un comptoir une dame en blanc me demande si je sais pourquoi je suis là. Je le sais. — Pourquoi, monsieur ? — J’ai franchi la ligne de discrétion. Mais je vous promets que je ne la franchirai plus jamais. | Pierre Souchon, Encore vivant, p. 15 | 05-08-2022 |
| 2643 | Littérature | Les mots en surabondace sont une diversion pour ne pas passer à l’action. | Saphia Azzedine, Mon père en doute encore, p. 229 | 05-08-2022 |
| 2642 | Littérature | Il se devançait, il adorait se vieillir pour s’envelopper de sagesse avant tout le monde. Il regrettait que tout s’inverse ici, que l’on célèbre à outrance un nouveau-né et que l’on parque nos vieux dans des mouroirs. Les fatigués, les défaillants, les périmés, les vieillards saturés de vie qui prenaient une plombe pour dire un petit truc essentiel mais qu’on coupait avant la fin pour dire un autre truc plus alléchant, il les célébrait et nous demandait d’en faire autant. Parce qu’ils avaient tout à nous apprendre, ils connaissaient le chemin même si nous courions plus vite. Il s’agissait alors de faire se rencontrer les deux, sans se précipiter mais avec lucidité. Ils étaient notre relais me disait-il, un condensé d’histoire et de vécu, un buffet d’expérience à volonté, on était leur prolongement et un peu aussi une bonne raison pour eux de mourir. | Saphia Azzedine, Mon père en doute encore, p. 185 | 05-08-2022 |
| 2641 | Littérature | Dans notre famille, il y avait un oncle. Bâtonnier des avocats d’Agadir, il faisait partie de l’opposition de gauche [...] Un petit poste de radio portatif collé à l’oreille en permanence, l’oncle de mon père était le patriarche de la famille. En gros, c’était à lui que tout le monde demandait de l’argent. | Saphia Azzedine, Mon père en doute encore, p. 40 | 05-08-2022 |
| 2640 | Littérature | Pour lui, c’est une aberration. Se baigner, coloniser un territoire qui n’est pas le nôtre, il trouve ça indécent. Dans Les Dents de la mer, il est pour le requin. | Saphia Azzedine, Mon père en doute encore, p. 33 | 05-08-2022 |
| 2639 | Littérature | J’aime de plus en plus le côté rustre et sensé de mon père, je l’encourage à l’être davantage quand je le vois béat d’admiration devant des intellectuels maniérés qui font passer leurs attitudes pour de la réflexion. | Saphia Azzedine, Mon père en doute Encore, p. 25 | 05-08-2022 |
| 2632 | Littérature | [...] Alexandre le Grand, lors de sa dernière nuit parmi les vivants, à quitté son palais en rampant pour tenter de se noyer dans l’Euphrate, sachant qu’en l’absence de corps, son peuple le croirait monté au ciel parmi les dieux. Sa femme l’a rattrapé sur la berge ; elle l’a ramené de force chez lui où il s’est éteint en mortel. Et après on me demande pourquoi je ne me suis jamais remarié. | Philipp Meyer, Le Fils, p. 13 | 12-07-2022 |
| 2631 | Littérature | D’un mouvement de bras, il a englobé tout l’espace de l’atelier. — Un funambule de deux mètres qui marchera bien droit ! La pointe du pied effleurait à peine le fil. L’ensemble était très léger, très délicat. — Ça ne pourra jamais tenir, j’ai dit. — Ça pourra ! On tient bien, nous ! Il s’est reculé pour voir l’effet. — On ne vit pas sur un fil... Il s’est collé une gitane entre les lèvres. — Tu es sûre de ça ?... | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 81 | 12-07-2022 |
| 2630 | Littérature | Il est revenu avec l’étui. — Y’avait rien dedans ! Il l’a ouvert. — Le grand vide des choses de l’absence, il a dit. — Et tu vas en faire quoi ? — Le mettre au soleil pour favoriser toutes l’évaporation de l’eau et retrouver le velouté à l’intérieur. | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p.91 (à propos d’un étui de violoncelle flottant ou gré des flots près du rivage). | 12-07-2022 |
| 2629 | Littérature | A bove ante, ab asino retro, a sulto undique caveto. | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 95 (Traduction : Prends garde au bœuf par devant, à l’âne par derrière, et à l’imbécile par tous les côtés.) | 12-07-2022 |
| 2628 | Littérature | J’aime bien quand le curé, il demande la question et alors il répondent oui, la fille d’abord et après c’est le garçon... | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 161 | 12-07-2022 |
| 2627 | Littérature | Max a réclamé le grand silence pour remercier tout le monde. C’est ce qu’il a dit : "Je proclame un merci généreux à tous". | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p.240 | 12-07-2022 |
| 2626 | Littérature | La boulangère avait profité de cette journée de soleil pour passer avec son camion et vendre des croissants de printemps. Une façon de fêter l’arrivée des beaux jours. | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 269 | 12-07-2022 |
| 2625 | Littérature | — La vérité ! Il pue le mensonge quand il parle de cette nuit-là... Il le sue. C’est une odeur que je connais. — L’odeur du mensonge ? Il s’est tourné vers moi, il a eu un mauvais rire. — J’étais flic avant. Il s’est collé la nuque à l’appui-tête. — Je sais. Ça fait toujours ça... Il vaudrait mieux que je dise n’importe quoi d’autre, croque-mort, percepteur ! Même tueur en cavale, ça passerait mieux. | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 281 & suiv. | 12-07-2022 |
| 2624 | Littérature | Le vent ne siffle que lorsqu’il rencontre quelque chose. Un obstacle. Il ne siffle jamais sur la mer. L’espace le laisse silencieux. | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 461 | 12-07-2022 |
| 2623 | Littérature | Les Indiens Hopi disent qu’il suffit de toucher une pierre dans le cours d’une rivière pour que toute la vie de la rivière en soit changée. Il suffit d’une rencontre. | Claudie Gallay, Les Déferlantes, p. 534 | 12-07-2022 |
| 2621 | Littérature | Le cabanon aux Goudes est au Marseillais moyen ce que la suite au Martinez est au Qatari sédentaire. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 12 | 08-07-2022 |
| 2620 | Littérature | Monsieur Passédat , le chef , était venu les saluer , comme il est d’usage . René lui serra la main. — Monsieur , je vais être OBLIGÉ de revenir parce que c’était tellement bon qu’il faudra que je vérifie si c’était bien moi . | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 17 | 08-07-2022 |
| 2619 | Littérature | Loule porte un bleu de travail récupéré dans les affaires de feu son oncle. À sa ceinture, un marteau de charpentier dans son étui de cuir. Aux pieds, des adidasses de contrefaçon achetées à Vintimille où il était allé en excursion avec le car du CIQ de la Capelette il y a trois ans. Pour trois ans d’utilisation quotidienne, elles sont encore très présentables, pense-t-il. Il est bien le seul. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 18 | 08-07-2022 |
| 2618 | Littérature | Une autre voisine peut aussi compter sur le dévouement de Loule : madame Serpottier... née Aurélienne de Laplanche, veuve depuis que son couvreur de mari, le regretté Léo, est tombé d’un toit beaucoup trop haut pour espérer un congé maladie. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 20 | 08-07-2022 |
| 2617 | Littérature | Elle a 28 ans elle travaille à la CAF. Si ça n’avait tenu qu’à Loule elle serait vedette de cinéma. Pas dans des films x, mais dans de vrais films avec une belle histoire ou la nana il y en arrive des sévères mais elle s’en tape, elle y va quand même. À la fin, elle retrouve son père qui était prisonnier des nazis en Colombie. Or le cartel de la drogue la soupçonne d’être envoyé par la CIA alors que pas du tout mais puisqu’ils le prennent comme ça elle va pas leur faire de cadeau et, effectivement, tout cartel qu’ils sont, ils vont pleurer leur mère en regrettant de n’etre pas aller caguer à la vigne ce jour-là. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 21 | 08-07-2022 |
| 2616 | Littérature | — Bravo, jeune homme, décide monsieur Canistrelli. Tu fais honneur à la nation. — Et à Marseille, appuie Loule. — Et en particulier à Pont-de-Vivaux, précise monsieur Canistrelli. — et au Bar de la Sidérurgie, conclut René. Évidemment le café est offert par la maison. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 36 | 08-07-2022 |
| 2615 | Littérature | Jeudi matin. Le mistral est tombé, probablement dans la mer, à la satisfaction générale. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 53 | 08-07-2022 |
| 2614 | Littérature | C’est comme si ces deux couillons d’Air Bel ils partaient attaquer le château d’If en pédalo. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 122 | 08-07-2022 |
| 2613 | Littérature | Puis il l’embrasse comme dans un film olioudien sauf que dans les films olioudiens d’une part ils ne mettent pas la langue, d’autre part il ne s’aiment pas pour de vrai et encore d’autre part ils sont moins vieux mais pas forcément plus beaux. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 125 | 08-07-2022 |
| 2612 | Littérature | Une heure plus tard, Loule avait changé de tête. Il marquait toujours aussi mal avec ses vieilles adidasses, son bleu de chauffe sans âge. Mais il avait désormais figure humaine. On aurait cru un acteur interprétant un ouvrier. Il prit le chemin de la Capelette. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 127 | 08-07-2022 |
| 2611 | Littérature | Roger avait expliqué doctement l’origine anglo-saxonne du mot "Goudes". Ça veut dire "bien" en anglais. Ça veut dire que c’est un coin qui est... bien. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 130 | 08-07-2022 |
| 2610 | Littérature | Ils lancent les clés du Nissan , tournent les talons et sortent. — Pute vierge, Jocelyn, des fois tu parles comme à la télé... Ça me troue, ça... On dirait les gangsters, tu sais... — Vouais mais dans un film ils auraient pas fait comme ça... — Putain Jocelyn ils auraient pas fait mieux. Presque tu m’as fait peur. Tu veux me dire où ils auraient fait mieux dans un film ? — Ben par exemple, dans un film, les gangsters ils se retrouveraient pas à filer les clés de la bagnole aux mecs qu’ils ont fracassés et à devoir se rentrer eux-mêmes en bus... — Y a du vrai, Jocelyn, y’a du vrai... | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 138 | 08-07-2022 |
| 2609 | Littérature | Il sonne. La porte s’ouvre avec ce qu’il faut de solennité. Pas trop vite et pas trop lentement non plus sinon des fois ça grince. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 140 | 08-07-2022 |
| 2608 | Littérature | Félicien a décidément des choses à raconter. Sa nouvelle carrière de pêcheur de rascasses était déjà un sacré sujet de conversation, maintenant il y a l’équipe du Bègue avec qui il est à tu et à toi. Au jardin public de La Capelette, aujourd’hui, il ne travaille donc qu’en pointillé. Jouer de la binette et du râteau alors qu’on le questionne serait impoli : Il faut bien répondre aux questions des retraités. Il en va de la réputation des espaces verts sont-ils à la charge. | Charles Gobi, Bar de la Sidérurgie, p. 187 | 08-07-2022 |
| 2607 | Littérature | L’affiche montre une jeune femme noire au sourire naïf et charmant, portant une sorte de turban sur la tête, le genre de truc qui doit avoir un nom dans les mots croisés. | Pierre Lemaître, Robe de marié, p. 101. | 08-07-2022 |
| 2606 | Littérature | — Oh non, moi, rien ne m’embête, vous savez, je suis plutôt du genre facile à vivre... Et cette seule sentence, prononcée avec cette sincérité désarmante, fait penser à Sophie qu’il n’y a peut-être rien de plus pénible dans l’existence que les gens faciles à vivre. | Pierre Lemaître, Robe de marié, p. 103 | 08-07-2022 |
| 2605 | Littérature | J’ai fait semblant de chercher quelque chose dans mes poches, de regarder les photographies que la vieille a posées sur son bahut et l’ignoble Poulbot en casquette en train de pisser. Je pensais vraiment que ces choses-là n’existaient plus. | Pierre Lemaître, Robe de marié, p. 132 | 08-07-2022 |
| 2604 | Littérature | Les visites sont terminées depuis plus d’une demi-heure mais l’établissement n’est pas très à cheval sur son règlement et d’une chambre à l’autre, on entend encore les conversations des visiteurs. L’atmosphère porte quelques odeurs résiduelles des plateaux repas de la fin de journée, odeur de soupe claire et de chou. Comment ces établissements font-ils pour sentir tous exactement la même chose ? | Pierre Lemaître, Robe de marié, p. 239 | 08-07-2022 |
| 2603 | Littérature | Ce n’est pourtant pas grand-chose : le genre de portrait automatique et maladroit, sur fond terne, qui fait sale même neuf, qui vous navre quand il apparaît à la sortie de l’appareil, dont vous vous dites que, pour une carte de transport, "ça n’a pas d’importance", mais que vous recroisez toute l’année en vous désolant de vous trouver si moche. | Pierre Lemaître, Robe de marié, p. 252 & suiv. | 08-07-2022 |
| 2602 | Littérature | La mort d’un fils est un rendez-vous qui déchire toutes les autres pages du calendrier d’une vie. | Éric de Kermel, Les Jardins de Zagarand, p. 15 | 08-07-2022 |
| 2588 | Littérature | Certains ont tellement besoin d’appartenir à un groupe, comme ils ont appartenu à leur mère, qu’ils intériorisent tout récit en évitant de le juger. Toute critique atténuerait ce réconfortant besoin d’appartenir. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 18 | 23-06-2022 |
| 2587 | Littérature | On pourrait presque dire que toute vision du monde est un aveu autobiographique. Dites-moi comment vous voyez le monde et je vous dirai comment votre existence a construit votre appareil à voir le monde. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p.30 | 23-06-2022 |
| 2586 | Littérature | Freud, juif sans Dieu, aurait pu faire une carrière universitaire classique sur l’autoroute des diplômes. Il a préféré tracer lui-même son sentier de chèvre plutôt que se soumettre à la récitation qui mène au diplôme mais ne stimule pas la pensée. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 35 | 23-06-2022 |
| 2585 | Littérature | Certains pensent que puisque la survie dépend de l’adaptation, il faut s’attaquer aux conditions adverses pour soutenir les moins aptes. Alors que ceux qui ressentent l’existence comme une échelle de force admirent les dominateurs et légitiment l’élimination des faibles. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 45 & suiv. | 23-06-2022 |
| 2584 | Littérature | Beaucoup de nazis, comme beaucoup de lobotomiseurs, n’avaient aucune conscience du crime qu’ils commettaient. IIs habitaient une représentation où ils puisaient leurs décisions politiques ou thérapeutiques : donner mille ans de bonheur au peuple en extirpant la souillure juive et soigner la folie en découpant le cerveau. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 61 | 23-06-2022 |
| 2583 | Littérature | C’est le triomphe de la doxa quand un groupe social accepte un ensemble d’opinions évidentes, allant de soi, sans avoir le besoin de les mettre en question. C’est le contraire de l’empathie qui se représente le monde d’un autre, c’est un processus mental qui absorbe les pensées d’un autre pour voir le monde à travers ses yeux. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 63 | 23-06-2022 |
| 2582 | Littérature | Dans notre Occident moderne, la réussite sociale est au top de l’éthos, on admire ceux qui ont du succès parce qu’ils ont surmonté des épreuves et ont triomphé de rivalités. C’est moral de réussir. D’autres groupes connotent la réussite avec un sentiment d’arrogance, d’humiliation envers ceux qui n’ont pas réussi et même de malhonnêteté puisque, pour réussir disent-ils, il faut écraser. C’est immoral de réussir. Dans chacun de ces groupes on reste entre soi, on récite les slogans qui tiennent lieu de vérité afin d’augmenter la cohérence du récit qui fonde la fraternité du groupe. Il convient dans ce cas de se dire persécuté afin de justifier sa propre violence, en prétextant la légitime défense. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 67 | 23-06-2022 |
| 2581 | Littérature | Le bénéfice de la pensée de masse, c’est de se sentir tellement en accord avec le groupe qu’on y trouve soudain l’impression de comprendre. « C’est vrai puisque tous ceux que j’aime le disent en même temps. » Ce moment merveilleux évoque la relation d’emprise amoureuse d’une mère et de son enfant ou d’un chef avec son groupe. Merveilleux piège de la pensée. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 78 & suiv. | 23-06-2022 |
| 2580 | Littérature | Quand on accepte comme une parole intouchable la vérité venue d’un chef religieux, idéologique ou scientifique, il n’y a ni évaluation ni culpabilité : l’ordre règne. Et quand la réalité devient insupportable, on évite les mots qui auraient permis de la voir. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 83 | 23-06-2022 |
| 2579 | Littérature | Quand les hormones ont été découvertes au début du 20e siècle, personne ne les a vues, il suffisait d’y croire et de faire confiance aux revues scientifiques. Le mot "hormone" a suffi pour expliquer les différences entre les hommes et les femmes, ce qui a aussitôt induit l’idée que, puisque les femmes changeaient d’hormones au cours de leur cycle (folliculine puis progestérone), il ne fallait pas leur donner le droit de vote car elles risquaient de changer d’opinion en cours de cycle. Aujourd’hui, les femmes qui accèdent au pouvoir tiennent le même raisonnement ridicule. Elles croient que la testostérone rend les hommes brutaux, ce qui explique leurs mauvaises manières politiques : « Il y a trop de testostérone à l’Assemblée », a dit la Directrice du Fonds Monétaire International. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 92 & suiv. | 23-06-2022 |
| 2578 | Littérature | On est sincère quand on se laisse embarquer par les récits qui, comme un projecteur, donnent à voir ce qu’ils éclairent. C’est pourquoi on éprouve comme une évidence la nécessité d’éliminer ceux qui ne voient pas le même monde que nous. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 99 | 23-06-2022 |
| 2577 | Littérature | Peu après que les militaires se sont emparés du pouvoir, une psychologue de Buenos Aires a vu surgir dans son cabinet des policiers qui exigeaient qu’elle donne le carnet d’adresses de ses complices. Elle a d’abord affirmé qu’elle n’en n’avait pas, jusqu’au moment où elle a compris qu’il s’agissait du carnet de rendez-vous avec ses patients. Puisque ces gens venaient chez elle pour réfléchir à ce qu’il les tourmentait, ils se plaçaient eux-mêmes en dehors de la doxa totalitaire. Ils étaient complices puisqu’ils élaboraient un problème au lieu de réciter les énoncés du chef. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 109 | 23-06-2022 |
| 2576 | Littérature | Pour habiter un monde de conviction, les extrémistes ont besoin de réfuter tout témoignage qui nuance la réflexion. Alors, sûrs d’eux, ils pourront défendre les idées du chef. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 126 | 23-06-2022 |
| 2575 | Littérature | Au moindre dérèglement climatique, social ou institutionnel, on cherche un bouc émissaire à inculper et, croyant avoir découvert la cause du malheur, on se sent mieux... pour l’instant. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 140 | 23-06-2022 |
| 2574 | Littérature | Un enfant ne peut devenir lui-même que si un autre à structuré son âme : Sa mère, son père, sa langue maternelle, son quartier, les valeurs et les stéréotypes de sa culture possèdent ce pouvoir. La soumission primordiale structure notre identité, mais on doit s’en dégager pour poursuivre notre développement personnel. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 152 | 23-06-2022 |
| 2573 | Littérature | Quand on gobe sans critiquer la première phrase délirante, l’enchaînement des autres énoncés est facilement accepté. Comme [...] dans le déni de grossesse où la mère affirme [elle aussi] contre toute évidence que sa fille n’est pas enceinte, comme dans le syndrome de Stockholm ou la personne emprisonné terriblement anxieuse adhère aux idées de son geôlier dès qu’il établit avec elle une relation sécurisante, le processus est le même dans une société en détresse quand un Sauveur lui promet ce qu’elle espère : L’ordre, le bonheur et la paix. Une relation d’emprise s’installe facilement quand un influenceur apaise un attachement anxieux. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 156 | 23-06-2022 |
| 2572 | Littérature | Quand on a besoin de se soumettre à une influence bénéfique, on peut croire à n’importe quoi, mais il faut alors haïr ceux qui contestent cette croyance car ils brisent les défenses et empêchent d’être heureux. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 158 | 23-06-2022 |
| 2571 | Littérature | Expérience d’Ash : on demande à une personne de s’asseoir dans une salle d’attente. La personne est seule, lorsque soudain, une fumée noire sort d’un soupirail. Rapidement l’observé se lève et cherche à signaler l’événement. Quand trois compères s’assoient dans la salle d’attente sans manifester d’inquiétude, la fumée qui sort du soupirail est toujours la même, mais l’observé ne cherche plus à signaler l’inquiétant incident. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 172 | 23-06-2022 |
| 2570 | Littérature | La colère et la haine, qui ne sont pas de même nature, peuvent être associées. La colère est souvent provoquée par une réaction de défense qui donne aux craintifs la force d’agresser, alors que la haine et un sentiment provoqué par une représentation qui n’est pas forcément associée au réel. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 189 & suiv. | 23-06-2022 |
| 2569 | Littérature | C’est très avantageux de refuser de voir et d’accepter sans réfléchir ce qu’on vous demande de croire point-là servitude volontaire Maine à la certitude volontaire. Pour aboutir à ce confort il suffit de côtoyer des gens et articuler même mots que vous. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 201 & suiv. | 23-06-2022 |
| 2568 | Littérature | Il faut douter pour explorer [...] Pour s’engager dans la vie, il faut avoir quelques certitudes, mais il faut qu’elles soient évolutives, de façon que nous soyons prêts à changer quand change le contexte. Alors, nous pouvons le plaisir de la Découverte et Layton de Man devoir un monde qui n’est plus celui qu’on pensait : «Je vois les choses autrement», disent ce qui savent évoluer. [...] Le doute facilite l’innovation. La nuance n’est pas une mollesse intellectuelle, c’est une souplesse d’esprit, une ouverture sur une autre possibilité, l’exploration d’une autre planète mentale. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 204 & suiv. | 23-06-2022 |
| 2567 | Littérature | À l’opposé, le doute extrême, le doute obsessionnel empêche la fluidité des actes et l’engagement dans la vie quotidienne. Si je fais le mauvais choix, je serai coupable des conséquences malheureuses, alors j’hésite, je piétine et je ne parviens plus à décider pour moi. Je perds ma liberté intérieure, mais je ne souffre plus d’indécision. C’est ainsi qu’on peut aimer la servitude qui nous libère de l’angoisse du choix. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 211 | 23-06-2022 |
| 2566 | Littérature | L’histoire est un produit dangereux puisque nous pouvons tous aller chercher dans notre passé des raisons de faire la guerre. Les Arabes devront se venger des croisés et des colonialistes, les protestants iront tuer les catholiques, les juifs se révolteront contre les pays d’accueil, les femmes chasseront les hommes de la planète. Alors, la justice triomphera, n’est-ce pas ? | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 213 | 23-06-2022 |
| 2565 | Littérature | Il n’est pas rare de voir des fanatiques exaltés incapable de passer à l’acte, alors qu’à l’inverse on a pu voir de gentils voisins entrer dans la maison de celui que la police venait d’arrêter pour s’emparer du grille-pain dont ils avaient besoin. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 232 | 23-06-2022 |
| 2564 | Littérature | Celui (ou celle) qui ne partage pas nos combats et nos croyances nous vulnérabilise. Il prend pour nous la signification d’un traître ou d’un agresseur qui nous empêche de nous défendre [...]. En cherchant à comprendre le monde mental de l’autre, nous ouvrons notre monde mental mais nous vulnérabilisons notre groupe. La rationalisation, au contraire, renforce le lien, grâce à la récitation, illusion de pensée. | Boris Cyrulnik, Le Laboureur et les Mangeurs de Vent, p. 236 | 23-06-2022 |
| 2563 | Littérature | [...] S’expriment là l’orgueil d’un Léo craignant de passer pour un dilettante aux yeux des pros de l’illustration, mais aussi sa peur d’affronter une concurrence rompue aux figures imposées de la communication moderne. | Tonino Benacquista, "Toutes les histoires d’amour ont été racontées, sauf une", p. 16 | 23-06-2022 |
| 2562 | Littérature | On raconte que lors d’un dîner officiel un jeune militaire qu’il trouve horriblement prétentieux lui demande le chemin des toilettes. Churchill répond : "Au fond du couloir vous trouverez une porte marqué Gentlemen, et vous entrerez quand même." | Tonino Benacquista, "Toutes les histoires d’amour ont été racontées, sauf une", p. 19 | 23-06-2022 |
| 2561 | Littérature | On lui donne le nom d’un énième psychothérapeute, qui n’est aucunement préoccupé par sa souffrance mais bien plus par la lecture analytique qu’il fait de son cas — un photographe dont l’œil se ferme, tiens tiens. | Tonino Benacquista, "Toutes les histoires d’amour ont été racontées, sauf une", p. 62 | 23-06-2022 |
| 2560 | Littérature | La maison Péricourt, envahie de fonctionnaires de la sécurité et de responsables de l’étiquette, n’avait plus connu un instant de repos. Sans compter la foule des ministres, des courtisans, des conseillers. Le chef de l’État était une sorte de navire de pêche suivi en permanence de nuée d’oiseaux qui se nourrissaient de son mouvement. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 10 | 23-06-2022 |
| 2559 | Littérature | Comme il se voulait poète, il se composait un regard fiévreux, adoptait des mines inspirées, tournait brusquement le visage sur le côté, ce qui, dans son esprit, indiquait qu’une pensée fulgurante venait de le visiter. Son carnet ne le quittait jamais, il le sortait à tout bout de champ, prenait des notes fébriles en se détournant et revenait à la conversation avec l’air de quelqu’un qui relève d’une douloureuse maladie. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 23 | 23-06-2022 |
| 2558 | Littérature | L’indignation était le fond de son tempérament : selon lui, la vie n’avait jamais été équitable à son égard, la manière dont le monde tournait ne lui convenait jamais. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 33 | 23-06-2022 |
| 2557 | Littérature | À l’annonce du retour de M. Paul, Raymond, le jardinier, avait ouvert la caisse à l’aide d’un pied-de-biche et, passé le premier moment d’effroi, une femme de chambre s’était approchée timidement et en avait fait la toilette. Elle avait astiqué le fer comme elle le faisait avec les cuivres, ciré les bois, la chaise roulante était rutilante, ça donnait presque envie d’être paralysé. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 64 | 23-06-2022 |
| 2556 | Littérature | Elle se concentrait des heures sur des détails secondaires, sur le Titanic, elle aurait commencé à repeindre les transats. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 79 | 23-06-2022 |
| 2555 | Littérature | Plus vous êtes respectueux avec les subordonnées, plus ils vous craignent [...] ils sont impressionnés, ils se sentent presque menacés par cette politesse, c’est une loi de la psychologie. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 86 | 23-06-2022 |
| 2554 | Littérature | Selon le cas, Gustave hochait la tête de droite à gauche ou de haut en bas, après quoi il se levait, je vais devoir m’excuser, Madeleine, mais bien sûr, et moi qui vous retiens alors que vous avez tant de travail, allez, sauvez-vous, Gustave, main sur l’avant-bras, pointe des pieds, baiser sur la joue, à jeudi. Mercredi ! Oui, pardon Gustave, à mercredi. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 88 (Ce paragraphe est à mes yeux un petit bijou de style semi-indirect). | 23-06-2022 |
| 2553 | Littérature | La conversation suivait un parcours immuable. La politique d’abord, puis l’économie, l’industrie, on terminait toujours par les femmes. Le facteur commun à tous ces sujets était évidemment l’argent. La politique disait qu’il serait impossible d’en gagner, l’économie, combien on pourrait en gagner, l’industrie, de quelle manière on pourrait le faire, et les femmes, de quelle façon on pourrait le dépenser. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 117 | 23-06-2022 |
| 2552 | Littérature | Il avait remercié Madeleine avec une gêne palpable, presque de la rancune, on en veut toujours un peu à ceux qui nous ont fait du bien. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 152 | 23-06-2022 |
| 2551 | Littérature | Guilloteaux arriva quarante minutes plus tard. Il se confondit en excuses, ma chère, ce journal m’épuise, je crois que je suis trop vieux pour ce métier, il disait cela depuis plus de dix ans à tous ses visiteurs qui savaient pertinemment qu’il mourrait dans son fauteuil. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 188 | 23-06-2022 |
| 2550 | Littérature | Pour que les dieux s’amusent beaucoup, il faut que le héros tombe de haut. D’après Jean Cocteau. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 215 | 23-06-2022 |
| 2549 | Littérature | Léonce était aussi inquiète que Madeleine, parce que, sauf au lit, elle avait rarement vu Robert réussir trois choses de suite. — Tu vas y arriver, hein, poussin ? — Bah ouais... Lui ne doutait jamais de rien, ce qui n’avait rien de rassurant. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 352 | 23-06-2022 |
| 2548 | Littérature | Charles avait toujours considéré le métier des député comme un métier de contact : «On est comme les curés. On donne des conseils, on promet un avenir radieux au plus dociles ; notre problème est le même, il faut que les gens reviennent à la messe.» | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 358 Je tombe sur cette phrase 3 jours avant le premier tour des législatives de 2022. Est-ce un signe ? | 23-06-2022 |
| 2547 | Littérature | André Delcourt renforçait sa réputation d’homme le mieux informé de Paris et du coup, quand une information cherchait une oreille obligeante, c’est vers lui qu’elle se dirigeait. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 463 | 23-06-2022 |
| 2546 | Littérature | Lorsqu’il aperçut le mandat de perquisition, l’employé aux écritures venu ouvrir la porte recula d’un pas comme s’il avait vu le diable, ce qui n’était pas faux. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 474 | 23-06-2022 |
| 2545 | Littérature | L’opération avait commencé à six heures. À neuf heures, elle faisait une traînée de poudre dans les milieux où il y avait de l’argent, ceux où il n’y en avait pas apprendraient la nouvelle dans les journaux. | Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, p. 483 | 23-06-2022 |
| 2536 | Littérature | J’espère, docteur Breuer, qu’un jour viendra où ni les hommes ni les femmes ne seront plus tyrannisés par les faiblesses des uns et des autres. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 29 | 08-06-2022 |
| 2530 | Littérature | Là se trouvaient deux familles de Luxembourgeois littéralement brisés par la marche depuis leur village où ils avaient fui l’avancée allemande, perdant sur la route le peu qu’ils avaient emporté, y compris leur dernières Illusions. Partout où ils s’étaient arrêtés, ils avaient été considérés comme des étrangers. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 380 | 26-05-2022 |
| 2529 | Littérature | Dès qu’elle eut entamé sa lecture, M. Jules descendit de voiture pour lustrer la Peugeot à l’aide d’une peau de chamois. C’était absurde, comme de repeindre une poubelle promise à la décharge. Peut-être l’entretien du comptoir de La Petite Bohème lui manquait-il. Il s’activait à grands gestes brusques, presque rageurs. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 349 | 26-05-2022 |
| 2528 | Littérature | Lorsqu’ils dépassèrent à La Petite Bohème dont le rideau de fer était baissé, Louise aperçut un écriteau : "Fermé pour cause de recherche familiale". | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 298 | 26-05-2022 |
| 2527 | Littérature | Il compta sur ses doigts. Il adorait marteler ses arguments. C’était, selon lui, la stratégie la plus efficace pour terrasser l’adversaire. Il brandissait d’abord non le pouce, mais l’index, qu’il estimait plus catégorique. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 296 | 26-05-2022 |
| 2526 | Littérature | Lorsque les haut-parleurs placés sur le parvis lancèrent vers la foule éplorée les accents du Veni Creator [...], il parut évident que, si le gouvernement et les militaires en étaient arrivés à cette extrémité, c’est qu’ils ne savaient plus à quel saint se vouer. [...] En voyant les membres du clergé et ceux du gouvernement quitter la cathédrale à pas lents, il était clair pour tout le monde que Dieu venait d’être nommé chef d’état-major. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 262 | 26-05-2022 |
| 2525 | Littérature | L’hospice des enfants assistés était situé au 100, rue d’Enfer, on se demande parfois où l’administration à la tête... | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 231 | 26-05-2022 |
| 2524 | Littérature | — Je peux repasser quand ? — On ne sait pas. Ce «on», bien détaché, soulignait une hiérarchie qui commençait avec elle, se poursuivait avec ses patrons et montait jusqu’à Dieu ou au paradis de la lutte des classes, selon la façon dont on voit le monde. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 203 | 26-05-2022 |
| 2523 | Littérature | Avec l’intuition sans faille des voleurs de grands chemins, Raoul avait flairé le filon, une demeure vaguement aristocratique, assez prétentieuse, un parc planté d’arbres immenses, une grande bâtisse au bout d’une allée dont on devinait le volume massif à travers les deux larges battants du portail en fer forgé devant lequel la voiture s’immobilisa. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 195 | 26-05-2022 |
| 2522 | Littérature | Maître Migault, tête baissée, épluchait fébrilement son dossier, faisant visiblement profil bas, ce que chacun pouvait comprendre, l’évidence de la situation devait l’accabler. Les jurés l’observaient avec la commisération douloureuse qu’ils accordaient aux voleurs de pommes et aux maris cocus. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 72 | 26-05-2022 |
| 2521 | Littérature | En face se trouvait Chabrier dont le physique fluet et mouvant, le visage pointu faisait penser à une belette. Lorsque vous lui parliez, il vous fixait comme s’il attendait votre réaction à une plaisanterie qu’il aurait faite. Cette fixité mettait si mal à l’aise que la plupart des gens finissaient par émettre un petit rire gêné. Chabrier s’était ainsi acquis la réputation d’un gars drôlement marrant sans en avoir jamais apporté la preuve. | Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines, p. 41 | 26-05-2022 |
| 2518 | Littérature | Le juge Lenoir n’était jamais plus touchant que lorsqu’il se noyait. Dans ces moments-là, ses traits avaient des profondeurs insoupçonnées comme on en voit sur le visage des imbéciles. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 438 | 19-05-2022 |
| 2517 | Littérature | En camion, c’était théoriquement un voyage de cinq heures, au cours duquel toutes sortes de choses pouvaient survenir et la plupart d’entre elles survenaient. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 286 | 19-05-2022 |
| 2516 | Littérature | La conception que Geneviève avait du couple s’apparentait à la guerre d’occupation. Il ne suffisait pas de réprimer toute tentative d’indépendance, il fallait aussi décourager par avance jusqu’à l’idée même de rébellion. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 260 | 19-05-2022 |
| 2515 | Littérature | Il vida son verre d’un trait. — Attendez-moi. Je lyrise, je génuflexe, je quiers l’absolution et je reviens me bourrer la gueule. Jeantet, sans regarder Étienne, leva son verre au-dessus de sa tête. — Rapportez-nous quelques miettes de sainteté et j’offre le second cocktail. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 248 | 19-05-2022 |
| 2514 | Littérature | Le commissaire Templier, guère plus âgé que le juge, était d’une nature plus calme, plus pondérée. Contrastant avec un visage carré à la peau tendue, presque luisante, des traits grossiers, des cheveux courts plaqués sur le crâne, il avait une voix étonnamment flûtée et tendre, féminine, qui créait parfois le malaise que l’on ressent devant les acteurs mal doublés. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 239 | 19-05-2022 |
| 2513 | Littérature | — Ça doit être très curieux, une reconstitution, non ? avait dit Geneviève, ravie. Elle avait accueilli cette circonstance comme une invitation à un bal masqué ou un mariage, elle trouvait ça drôle et excitant. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 229 | 19-05-2022 |
| 2512 | Littérature | — Si vous me donnez l’ordre de signer tous les transferts, Monsieur le Directeur, je le... — Mais pas du tout, malheureux, au contraire ! Il y a des agents qui acceptent ce que d’autres refusent, c’est la glorieuse incertitude administrative. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 152 | 19-05-2022 |
| 2511 | Littérature | — Pour l’intimité du couple, c’est la situation parfaite ! Il n’était pas rare qu’elle fasse ainsi référence à leur "intimité de couple", étrange concept qui désignait tout à la fois son inspiration à la tranquillité, son goût pour la paresse et le droit acquis par mariage de se montrer désagréable avec son mari et de le priver de rapports sexuels. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 146 & suiv. | 19-05-2022 |
| 2510 | Littérature | Étienne digéra le chiffre, c’était astronomique. — Si personne ne s’y oppose, encore quelques années, et l’Indochine pourra racheter la France. Avec son propre argent... — On ne peut rien y faire ? — Si. On on se conduit en fonctionnaire : on fait chier. On chipote, on tatillonne, on ergote, on chicane. Je vous l’ai dit : on gagne du temps. — De quel droit ? — Aucun. D’ailleurs, à la fin, on signe. Mais ça devient tellement emmerdant de déposer des dossiers... Ça dissuade un peu. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 132 | 19-05-2022 |
| 2508 | Littérature | — C’est un imbécile... lâcha le garçon — Non, c’est un con. — C’est pareil. M. Pelletier s’arrêta de jouer. — Non. C’est pas pareil. Si tu expliques trois fois un truc à quelqu’un et qu’il ne comprend pas, c’est un imbécile. Mais si, à la fin, il est certain de l’avoir compris mieux que toi, alors, tu as affaire à un con. | Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, p. 20 | 10-05-2022 |
| 2507 | Littérature | C’est là qu’on a acheté l’ID 19 avec les fauteuils en cuir... Et Alice a passé le permis exprès mais à l’époque c’était très long pour passer le permis et il n’y avait pas beaucoup de gens à Marseille qui achetaient d’ID 19 avec les fauteuils en cuir ; ils nous ont livré la voiture et pendant une semaine elle est restée devant la maison sans que personne ne puisse la conduire. Le temps du permis. Le soir, on se mettait tous à la fenêtre et on la regardait. | Serge Valletti, Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, p. 68 | 10-05-2022 |
| 2506 | Littérature | Sur le palier, à côté des Gastellagi, il y avait la famille Vastret, avec Marie-Jeanne qui était un peu plus âgée que moi et qui voulait faire actrice de cinéma quand elle était petite, mais qui ajoutait que probablement elle n’y arriverait jamais parce qu’elle aurait trop peur si jamais on lui demandait, pour un film, de se promener toute seule dans la forêt. | Serge Valletti, Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, p. 52 | 10-05-2022 |
| 2505 | Littérature | Ils sont tous morts maintenant, Raoul en dernier, il a enterré tout le monde puis il s’est enterré tout seul. Pas d’héritier, rien. L’appartement est resté fermé avec les scellés pendant un an, et un jour on a tout déménagé, tout est allé à la salle des ventes, et hop, voilà ! Rideau ! | Serge Valletti, Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, p. 52 | 10-05-2022 |
| 2504 | Littérature | En face, madame Sabatier qui est arrivée après nous dans l’immeuble et a remplacé madame Velasquez. J’aimais bien voir ce nom écrit sur les sonnettes de la porte d’entrée et sur les boîtes aux lettres, j’imaginais que ça avait un rapport avec le peintre Vélasquez. J’aurais été fier que ça a ait eu un rapport... | Serge Valletti, Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, p. 48 | 10-05-2022 |
| 2503 | Littérature | Monsieur Benoît est mort il n’y a pas longtemps, il était coiffé en brosse et il était représentant en brosses, j’ai toujours cru que ça avait un rapport mais en fait il n’y en avait pas. | Serge Valletti, Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, p. 48 | 10-05-2022 |
| 2502 | Littérature | Il y avait, bien sûr, la valise pleine d’argent mais, curieusement, ce qui emporta sa décision, ce furent les billets sur lesquels était marqué, en bleu : "Cabine de première classe". Tout ce que cela représentait... D’un geste, elle claqua de couvercle de la valise et courut enfiler son manteau. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 603 | 10-05-2022 |
| 2501 | Littérature | — C’est une société..., reprit-il, parce qu’il avait remarqué que son cerveau fonctionnait un peu comme un moteur d’automobile, plusieurs coups de manivelle, et parfois ça redémarrait. Imaginaire ! C’est ça, imaginaire ! Il sourit de toutes ses dents, passablement fier d’avoir surmonté cette adversité linguistique. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 539 | 10-05-2022 |
| 2500 | Littérature | Labourdin se leva, enfila lentement sa veste, prit son chapeau et sortit de son bureau sans un mot. Un pan de sa chemise ressortait par-dessus le pantalon, le genre de détail qui transforme n’importe quel homme en pouilleux. Dans sa démarche pesante, il y avait quelque chose du bovin qui part à l’abattoir. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 536 &suiv. | 10-05-2022 |
| 2499 | Littérature | Ils étaient face à face dans l’immense vestibule et Dupré, tout raide avec son manteau sur le dos et son chapeau à la main, ressemblait, à cause du sol en damier noir et blanc, à un pion sur un jeu d’échec, ce qu’il était vraisemblablement. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 508 | 10-05-2022 |
| 2498 | Littérature | [...] Labourdin était un imbécile sphérique : retourné dans n’importe quel sens, il se révélait toujours aussi stupide, rien à comprendre, rien à attendre. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 483 | 10-05-2022 |
| 2497 | Littérature | Le général Morieux paraissait au moins deux cents ans de plus. Un militaire, vous lui retirez la guerre qui lui donnait et une raison de vivre et une vitalité de jeune homme, vous obtenez un croûton hors d’âge. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 405 | 10-05-2022 |
| 2496 | Littérature | Henri d’’Aulnay-Pradelle, esprit simple et sans nuances, avait facilement raison parce que sa rusticité décourageait souvent l’intelligence de ses interlocuteurs. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 379 | 10-05-2022 |
| 2495 | Littérature | Albert, seul, pleura. Il y aurait à écrire une histoire des larmes dans la vie d’Albert. Celles-ci, désespérées, naviguaient de la tristesse à la terreur selon qu’il considérait sa vie ou son avenir. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 372 | 10-05-2022 |
| 2494 | Littérature | Seuls les policiers ne furent pas déçus, ils levèrent un bras désarmé et fataliste, advienne que pourra, espérant que les deux hommes continueraient de courir l’un après l’autre assez longtemps, puisque juste après la rue Pasquier ce n’était plus leur secteur. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 367 & suiv. | 10-05-2022 |
| 2493 | Littérature | Une voiture de fleuriste arrivait et déchargeait les bouquets, de quoi faire un mariage, il n’y avait pas de mariage, c’était seulement la livraison hebdomadaire, il y a tellement de pièces, quand on a des invités, il faut prévoir, je vous assure, ça coûte une fortune, mais on dit ça en riant, c’est amusant d’acheter autant de fleurs, nous, on adore recevoir. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 285 | 10-05-2022 |
| 2492 | Littérature | Et même s’il en trouvait une de jeune fille pas trop dégoûtée par sa mise de nécessiteux, quel avenir lui offrir ? Pouvait-il lui dire : "Venez donc habiter avec moi, je loge avec un soldat mutilé qui n’a plus de mâchoire, qui ne sort pas de la maison, qui se pique à la morphine et porte des masques de carnaval, mais ne craignez rien, nous avons trois francs par jour pour vivre et un paravent déchiré pour protéger notre intimité" ? | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 282 | 10-05-2022 |
| 2491 | Littérature | Henri regardait son beau-père dans ses œuvres. Il prenait des leçons, admiratif. Pas de doute, le vieux crabe savait y faire. Quel aplomb. Il distribuait avec une générosité sélective les remarques, les autorisations, les recommandations. Son entourage avait appris à interpréter ses conseils comme des ordres, ses réserves comme des interdictions. Le genre d’homme avec qui il était impossible de se fâcher quand il vous refusait quelque chose parce que ce qui vous restait, il pouvait aussi vous le retirer. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 177 | 10-05-2022 |
| 2490 | Littérature | Les jours suivants, un nouveau souci naquit dans l’esprit d’Albert qui ne le laissa pas en repos. S’il était mort, lui, est-ce qu’il voudrait que Cécile reçoive une lettre officielle, autant dire un formulaire, comme ça, tout sec, annonçant qu’il était mort et voilà tout ? Sa mère, n’en parlons pas. Quel que soit le papier, en pareil cas, elle le baignerait de larmes généreuses avant de l’accrocher dans le salon. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 109 & suiv. | 10-05-2022 |
| 2489 | Littérature | Comme elle avait une conception assez classique de la guerre, elle avait été rapidement convaincue qu’Albert, "avec son intelligence", ne tarderait pas à briller, à monter en grade, elle le voyait partir à l’assaut, en première ligne. Dans son esprit, il effectuait une action héroïque, il devenait aussitôt officier, capitaine, commandant, ou davantage général, ce sont des choses qu’on voit à la guerre. Albert avait laissé dire en préparant sa valise. | Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, p. 21 | 10-05-2022 |
| 2488 | Littérature | Certains professeurs ont dans leur salle des Bouddhas, des photos de leur guru indien, de l’encens, des bougies, un mandala [...]. Je ne saurais dire si ces objets signifient quelque chose quant à la qualité du cours. [...] D’un autre côté, ils me paraissent inutiles : le yoga n’en n’a pas besoin, il fonctionne aussi bien sans eux (surtout quand on sait, ironie de l’histoire, que le Bouddha n’appréciait pas du tout le yoga de son époque, qu’il trouvait trop extrême !). | Ysé Tardan-Masquelier, l’esprit du Yoga, p. 51 | 10-05-2022 |
| 2481 | Littérature | L’impatience de satisfaire un besoin de sacralisation trop longtemps réprimé fait confondre les véritables nourritures spirituelles et les ersatz douteux. L’image que l’homme moderne se donne des univers traditionnels renvoie souvent à une quête passéiste, ou le paradis perdu d’une intimité originelle avec le divin masque mal la peur d’un avenir déchu après la faillite les idéologies progressistes. | Ysé Tardan-Masquelier, l’esprit du Yoga, p. 43 | 18-04-2022 |
| 2480 | Littérature | Il est bien évidemment vrai que le yoga propose une alternative satisfaisante à la persistance ou au retour chronique des affections psychosomatiques. Est-ce une raison suffisante pour se contenter de le voir, dans les salons consacré au mieux vivre, siéger entre la voyance, les phénomènes paranormaux, les bains de siège et les pots de miel ? | Ysé Tardan-Masquelier, l’esprit du Yoga, p. 27 | 18-04-2022 |
| 2466 | Littérature | Si tu expliques trois fois un truc à quelqu’un et qu’il ne le comprend pas, c’est un imbécile. Mais si, à la fin, il est certain de l’avoir compris mieux que toi, alors tu as affaire à un con. | Pierre Lemaître, le Grand Monde, p. 21 | 24-03-2022 |
| 2458 | Littérature | Pour établir une relation entière avec autrui, il faut d’abord établir une relation avec soi-même. Si nous sommes incapables d’affronter notre propre solitude, nous ne faisons qu’utiliser les autres comme des boucliers. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 449 | 14-03-2022 |
| 2457 | Littérature | Est-ce que vous connaissez l’essai de Montaigne sur la mort, dans lequel il recommande de vivre dans une chambre dont la fenêtre donne sur un cimetière ? Car pour lui, cela permet de bien garder en tête les priorités de la vie. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 386 | 14-03-2022 |
| 2456 | Littérature | Quand vous dites souhaiter une méthode efficace, vous voulez parler d’une méthode qui puisse influer sur les émotions. Eh bien, oui, je connais des spécialistes en la matière ! De qui s’agit-il ? Des prêtres bien sûr ! Ils connaissent on ne peut mieux les secrets de l’influence ! Ils vous manipulent avec leur douce musique, ils font de vous des nains avec leurs grandes flèches de cathédrales et leurs hautes nefs, ils excitent le désir de soumission, vous offrent le surnaturel pour seul guide, la protection contre la mort, et même l’immortalité. Mais à quel prix ! La servitude religieuse, le culte de la faiblesse, l’immobilisme, la haine du corps, de la joie, du monde ! Non, nous ne pouvons pas employer ces méthodes confortables et anti humaines ! Il nous faut trouver d’autres moyens pour affûter les pouvoirs de la raison. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 338 & suiv. | 14-03-2022 |
| 2455 | Littérature | Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 293 | 14-03-2022 |
| 2454 | Littérature | Jadis j’étais enclin à vous tenir pour une vision et une apparition de l’idéal sur terre. Notez : j’ai une très mauvaise vue. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 278 | 14-03-2022 |
| 2453 | Littérature | Oui, oui, vous avez raison, Sigmund. Excellent raisonnement ! Je vois plus clair à présent. Cela signifie que Monsieur Muller interprétera toute expression d’un sentiment positif comme une volonté de le dominer. Étrange conception, tout de même, puisqu’elle empêche toute possibilité de s’approcher de lui. Dans un autre passage de son livre, il affirme que nous détestons ceux qui lisent dans nos secrets et nous surprennent en flagrant délit de tendresse. Ce dont nous avons besoin dans ce cas-là, ce n’est pas de la compassion, mais de reprendre le dessus sur nos propres émotions. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 146 | 14-03-2022 |
| 2452 | Littérature | Il prétendait ne se soucier que de mon bien-être, n’avoir pour seul souhait, pour seule récompense, que de me redonner la santé ! Mais vous connaissez comme moi ces guérisseurs bigots qui projettent leurs propres faiblesses sur les autres et ne s’intéressent à eux que pour accroître leur propre force. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 237 | 14-03-2022 |
| 2451 | Littérature | On accède à la vérité [...] par l’incrédulité et le scepticisme, non pas un désir puéril que les choses soient comme on veut qu’elles soient. | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 117 | 14-03-2022 |
| 2448 | Littérature | Vous savez ce que c’est un éditeur ? C’est un écrivain raté dont le papa avait suffisamment de fric pour qu’il puisse s’approprier le talent des autres. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 36 | 20-02-2022 |
| 2447 | Littérature | – Sûr que t’y arriveras, Marc. T’es un sacré bonhomme ! Et je m’étais dit qu’une étoile filante, c’était une étoile qui pouvait être belle mais qui avait peur de briller et s’enfuiyait le plus loin possible. Un peu comme moi. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 107 | 20-02-2022 |
| 2446 | Littérature | "Au fond, Harry, comment devient-on écrivain ? – En ne renonçant jamais. Vous savez, Marcus, la liberté , l’aspiration à la liberté est une guerre en soi. Nous vivons dans une société d’employés de bureau résignés, et il faut, pour se sortir de ce mauvais pas, se battre à la fois contre soi-même et contre le monde entier. La liberté est un combat de chaque instant dont nous n’avons que peu conscience. Je ne me résignerai jamais." | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 181 | 20-02-2022 |
| 2445 | Littérature | Je la regarde et je sens mon cœur exploser dans ma poitrine, comme si j’allais étouffer dans mon uniforme. C’est l’amour, hein ? – Pour sûr – Et vous voyez, à ce moment-là, je veux sortir de voiture, entrer dans le Clark’s et lui demander comment elle va et si elle aurait pas par hasard envie d’aller au cinéma après son service. Mais j’ose jamais entrer. C’est l’amour aussi ? – Nan, ça c’est la connerie. C’est comme ça qu’on passe à côté des filles qu’on aime. Faut pas être timide, mon garçon. T’es jeune, beau, t’as toutes les qualités. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 325 | 20-02-2022 |
| 2444 | Littérature | L’amour, l’amour, toujours l’amour ! Mais l’amour, ça ne veut rien dire, Goldman ! L’amour, c’est une combine que les hommes ont inventée pour ne pas avoir à faire leur lessive ! | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 558 | 20-02-2022 |
| 2443 | Littérature | J’ai entendu une voix d’homme. Marcus, je vais te poser une question médicale extrêmement importante, et il faudra que tu sois honnête avec celle qui t’a porté dans son ventre pendant neuf mois : y a-t-il un homme homosexuel secrètement caché dans ta chambre ? | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 596 & suiv. | 20-02-2022 |
| 2442 | Littérature | Chérissez l’amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes, il y aura d’autres hommes Après les livres, il y a d’autres livres. Après la gloire, il y a d’autres gloires. Après l’argent, il y a encore de l’argent. Mais après l’amour, Marcus, après l’amour, il n’y a plus que le sel des larmes. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 661 | 20-02-2022 |
| 2441 | Littérature | Attention au sobre, dit Steven. Le sobre ennuie, et ce qui ennuie ne se vend pas. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 692 | 20-02-2022 |
| 2438 | Littérature | Le questionnement et le savoir commencent par l’incrédulité. Or l’incrédulité est intrinsèquement angoissante ! Seuls les plus forts d’entre nous sont capables de la tolérer. Savez-vous quel est, pour le penseur, la véritable question ? [...] La vraie question est la suivante : Quelle dose de vérité puis-je supporter ? | Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, p. 168 | 18-02-2022 |
| 2427 | Littérature | Elle devine des parfums quelle n’a jamais respirés avant. Des souvenirs de rêves dont elle ne sait même pas si elle les a rêvés ou si quelqu’un est passé devant elle à pas silencieux pendant son sommeil pour les déposer près d’elle, comme si elle était en fait allongée sur une civière, déjà morte. | Henning Mankell, Tea Bag, p. 243 | 27-12-2021 |
| 2426 | Littérature | Elle ouvrit brusquement sa porte est le regarda en face. Ça salle d’attente était bondée. - Ton cœur va parfaitement bien, gronda-t-elle en le poussant dans son bureau. - Je te serais reconnaissant de pas hurler tes diagnostics aux oreilles de tous ceux qui patientent dehors. | Henning Mankell, Tea Bag, p. 207 | 27-12-2021 |
| 2425 | Littérature | Les gens qui oublient leurs buts se comportent souvent d’une manière négligente. On a un seul but dans la vie. Le mien, autrefois, était de me rendre en Europe et d’y travailler pendant dix ans. Juste travailler, vivre avec le moins d’argent possible, tout économiser et rentrer et ensuite chez moi pour accomplir mon rêve. - Quel rêve ? - Ouvrir une morgue. Je n’avais jamais entendu ce mot-là avant. C’était quoi ? Un magasin où on vendait des fromages ? Ou des tissus à fleurs pour coudre des robes ? Ou peut-être un restaurant où la nourriture était si épicée qu’on se mettait à transpirer dès la première bouchée ? Aucune idée. | Henning Mankell, Tea Bag, p. 148 | 27-12-2021 |
| 2424 | Littérature | Quand une voiture tombe en rade sur une route de campagne, on n’entend pas un orchestre tzigane jouer à l’arrière-plan. | Henning Mankell, Tea Bag, p. 70 | 27-12-2021 |
| 2423 | Littérature | Le père, chef comptable taciturne, traitait ses enfants avec un mélange de bonne volonté et d’étonnement. Il avait toujours été silencieux, menant sa propre vie parallèlement à son énergique épouse, sauf lorsqu’il trouvait son lit où son bureau enterré sous une masse de journaux ou de petits vases en porcelaine dont sa femme refusait de se séparer. Il entrait alors dans des rages folles qui pouvaient durer des jours. Mais pour finir, vases et journaux trouvaient une place dans l’appartement, et le père se réfugiait une fois de plus dans son silence. | Henning Mankell, Tea Bag, p. 37 | 27-12-2021 |
| 2422 | Littérature | Jesper, cadet de quatre enfants, avait vu ses frères et sœurs quitter la maison le plus tôt possible l’un après l’autre. À vingt ans, il avait à son tour annoncé à sa mère qu’il souhaitait vivre seul. Le lendemain au réveil, il ne pouvait plus bouger. Sa mère l’avait ligoté dans son lit. Il fallut la journée entière pour la convaincre de le détacher. Entre-temps, il avait dû jurer sur l’honneur qu’il lui rendrait visite trois fois par semaine jusqu’à sa mort. | Henning Mankell, Tea Bag, p. 39 | 27-12-2021 |
| 2413 | Littérature | « Malheur à celui par qui le scandale arrive. » Cette parole d’Évangile ambiguë à souhait qui me venait à l’instant à l’esprit signifiait-elle que le malheur est promis à celui qui crée le scandale ou à celui qui le dévoile ? | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 385 | 28-11-2021 |
| 2412 | Littérature | Et son maître, probablement, voulait devenir ministre dans l’espoir d’habiter un jour quelque palais national. Ces messieurs, apparemment, n’avaient jamais respiré l’odeur de pourriture qui monte de chacune de nos carcasses de notre naissance à notre mort, car vouloir régner sur cette humanité qui respire une telle odeur n’est-ce pas un enfantillage ? | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 376 | 28-11-2021 |
| 2411 | Littérature | C’étaient deux ancêtres à la figure basse qui s’appuyaient chacun sur une canne, lui par vieillesse, elle par nécessité car elle était bancale de naissance. — Eh bé ! si vous saviez, monsieur Bédanes, ce qui s’est passé pendant que vous nous abandonniez ! Eh bé pardon ! Ils en secouaient tous les deux la main en cadence avec une vivacité de jouvenceau. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 373 | 28-11-2021 |
| 2410 | Littérature | Un cheval ne se plaint jamais, il est le muet reproche de Dieu envers l’homme. On ne sait pas ce que pense un cheval mais pour qui a regardé une seule fois ses yeux d’or, il est impossible de jurer qu’il ne pense pas. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 336 | 28-11-2021 |
| 2409 | Littérature | Il y avait, je me la rappelle (mais peut-être, madame, vous en souvient-il aussi ?), dans le marronnier, pour ajouter au sortilège de l’heure, deux rossignols pathétiques qui s’interrogeaient dans leur langue sur l’étrangeté du monde. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 275 | 28-11-2021 |
| 2408 | Littérature | Je mesurais ici la puissance de la distance. Paris était-il encore en France ou Montbrun y était-il toujours ? L’ombre du Prussien obscurcissait encore un quart du territoire ; les ruines fumaient encore autour des barricades truffées de débris humains et, ici, des élégants rencontraient des élégantes pour pratiquer le baisemain en attendant mieux. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 267 | 28-11-2021 |
| 2407 | Littérature | C’était un bijou datant de plusieurs siècles qui avait probablement été mis au cou des nouveau-nés après avoir été pieusement retiré de celui des moribonds. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 182 | 28-11-2021 |
| 2406 | Littérature | C’était une mère perdrix et douze poussins à la queue leu leu qui traversaient la chaussée. Il y avait de quoi vous rendre l’âme naïve pour toute la journée. J’allais en avoir besoin. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 172 | 28-11-2021 |
| 2405 | Littérature | — Mais vous, monsieur Brédannes, mince comme vous êtes ça risque pas de vous arriver ! Vous avez toujours bon pied bon œil ! — Qué monstre ! Disait la demoiselle des postes. Autre que le pied et l’œil ! Elles me jaugeaient toutes les trois d’un regard connaisseur dont à les voir on ne les aurait pas crues capables. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 170 | 28-11-2021 |
| 2404 | Littérature | Le mulet s’écarta docilement pour nous laisser passer. Je m’assurai en me retournant plusieurs fois qu’il ne me suivait pas. Mais non, il restait planté là à humer l’horizon nocturne. Il réfléchissait. Je savais que quand il aurait assez réfléchi, ça pouvait durer plusieurs heures, l’animal se mettrait tranquillement en route pour regagner son écurie. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 147 | 28-11-2021 |
| 2403 | Littérature | C’était le moment pour moi de me tenir parfaitement coi, les mains tendues vers le feu et d’une immobilité de tronc d’arbre. L’homme marchait de long en large derrière mon dos en faisant craquer les restes du fagot éparpillé… | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 137 | 28-11-2021 |
| 2402 | Littérature | Quand on habite le plus beau pays du monde, on n’en est pas peu fier et l’on s’en tait, de crainte de le désigner à l’attention générale qu’il n’est jamais bon d’éveiller. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 41 | 28-11-2021 |
| 2401 | Littérature | Dans cet état d’esprit, je reçus comme un cadeau une lueur diffuse qui peu à peu fouillait les ténèbres des feuillages. Cinabre lui-même s’y trompa et l’accueillit par un bref hennissement mezza voce. J’aurais dû, bien sûr, avant de me réjouir, m’assurer de ce qu’elle était, cette clarté, mais l’être humain est ainsi fait qu’il espère d’abord et réfléchit ensuite. Il faut d’avoir l’âme bien mieux trempée que la mienne pour percevoir la menace d’un incendie sous les espèces d’une lueur d’espoir. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 28 | 28-11-2021 |
| 2400 | Littérature | Il y avait un homme sans importance qui cheminait à côté du cheval pour le faire avancer. Néanmoins, lui aussi avait droit au clair de lune qui révélait sur son faciès toute une misère du monde qui allait bien au-delà de la sienne propre. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 16 | 28-11-2021 |
| 2399 | Littérature | Je n’étais fier ni de moi ni des soldats ni des rescapés. On a beau dire : il n’y a de héros sans reproche que mort, et j’étais vivant. | Pierre MAGNAN : "La folie Forcalquier", p. 9 | 28-11-2021 |
| 2397 | Littérature | Rien n’est plus important pour entretenir l’égoïsme qu’un poêle qui ronfle dans le silence, accompagné si possible par l’adjuvant d’une bouilloire qui chuinte tout bas. L’égoïsme consistant à vidanger hors de soi toutes les propositions de la vie afin d’être plus disponible que pour celles qu’on va tirer du néant. | Pierre Magnan | 22-11-2021 |
| 2387 | Littérature | Notre identité la plus importante est celle que l’on se construit, une identité édifiée par les choix que l’on fait chaque jour, les pas que l’on pose, avec hésitation ou conviction, pour grandir en humanité. Ce n’est qu’une histoire de rapport à nous-même. Une histoire qui ne se conjugue au présent. | Éric de Kermel, Les orphelins de l’aurore, page 94 | 03-11-2021 |
| 2386 | Littérature | Certains rêvent d’être différents des autres. Moi, je rêvais d’être comme tout le monde : d’avoir une vieille tante chez qui aller manger des raclettes en montagne, de tenir une femme dans mes bras et d’imaginer avoir des enfants avec elle, de recevoir des cartes postales et d’en envoyer à ma famille lorsque j’étais en vacances... Mais ce n’est pas sur ce chemin là que je me trouvais. | Éric de Kermel, Les orphelins de l’aurore, page 175 | 03-11-2021 |
| 2381 | Littérature | C’est ma réserve, dit le diable. L’or me sert à pourrir les gens. Pour une poignée de ces sous, ils me laissent prendre leur âme. La tienne ? Non, je n’en veux pas. Que veux-tu, je suis peu de chose. Mon seul pouvoir est d’effrayer. Là sont ma gloire et ma puissance. Qui me regarde sans effroi voit ce que je suis, rien de plus : un petit bonhomme flapi. | Henri Gourgaud, Le Livre des Chemins, p. 318 | 09-10-2021 |
| 2379 | Littérature | Il n’avait ni passeport ni papiers. Il ne voyait pas bien ce qu’il aurait gagné, après ce long voyage, à finir ses jours dans une prison américaine plutôt que française, entouré de pauvres diables qui ne parleraient même pas sa langue. Surtout que la bouffe, en Amérique, il se demandait. | Sébastien Japrisot, La Passion des Femmes, p. 227 | 03-10-2021 |
| 2378 | Littérature | Moi, je serais une aventurière en short qui déterre une momie farcie de diamant pour nourrir son gosse, mais John Carradine ou Basile Rathborne essaie par tous les moyens de me piquer mon butin et avant que Ray Milland arrive à réparer son vieux zinc tombé dans le désert, je suis pas prête de revoir le jour, vous voyez le genre. | Sébastien Japrisot, La Passion des Femmes, p. 213 | 03-10-2021 |
| 2377 | Littérature | Moi, je suis d’un genre très spécial, qu’on ne trouve qu’à cinq ou six milliards d’exemplaires dans le monde : mon rêve, depuis que je me suis faite à l’idée que ça ronfle la nuit, c’est un bonhomme, peu importe finalement lequel, grand ou petit, beau ou moche, riche ou pauvre, con ou pas, pourvu qu’il soit à moi, pas trop casse-machins est très, très gentil. | Sébastien Japrisot, La Passion des Femmes, p. 211. | 03-10-2021 |
| 2376 | Littérature | Elle n’ouvrait la bouche que pour dire des choses intelligentes. Pendant au moins une semaine, à table, elle nous a rebattu les oreilles avec une saleté de coin du Morbihan ou, si elle avait bien compris, on pêche des crevettes déjà décortiquées. À la fin, même les moteurs enfouis dans la carcasse du rafiot n’en pouvaient plus de l’entendre, ils sont tombés en panne. | Sébastien Japrisot, La Passion des Femmes, p. 190. | 03-10-2021 |
| 2375 | Littérature | Le salaud qui m’a plaqué à vingt ans avec un gosse sur les bras, il m’a serré le cou un peu trop fort dans une dispute, maintenant quand j’ouvre la bouche, on court acheter un parapluie. | Sébastien Japrisot, La Passion des Femmes, p. 185. | 03-10-2021 |
| 2372 | Littérature | Vous grimpez de plus en plus haut dans l’arbre des suppositions et chaque branche est plus cassante que la précédente. | Stephen King, l’Institut, p. 459 | 27-09-2021 |
| 2365 | Littérature | Les hypersensibles sont d’une certaine manière plus vulnérable que les autres, ils sont surtout incroyablement plus compétents. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 279 | 06-09-2021 |
| 2364 | Littérature | Une œuvre d’art n’est pas là pour nous cultiver, mais pour nous faire du bien. Il n’y a pas d’émotion ni de difficulté qu’une œuvre d’art ne puisse transformer. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 243 | 06-09-2021 |
| 2363 | Littérature | N’en veux pas à la mer d’avoir des vagues. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 229 | 06-09-2021 |
| 2361 | Littérature | [Vouloir] être dans la norme est le meilleur moyen de rester inadapté. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 207 | 06-09-2021 |
| 2360 | Littérature | Le mot stress est totalitaire. Je ne le comprends pas. On y met tout ce qui ne nous sied pas, ou plutôt tout ce que nous n’avons pas envie de voir : les émotions, les angoisses, la colère, les déceptions. Comme burn out, stress est devenu un mot-valise, peut-être commode, mais certainement maléfique. Il nous détourne de l’exigence de prendre le temps de comprendre ce qu’il nous arrive, de chercher le mot juste pour décrire ce que nous éprouvons, ce que nous ressentons. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 201 | 06-09-2021 |
| 2359 | Littérature | L’hystérie de la performance n’a pas grand-chose à voir avec la performance. Elle est une créature de la dictature de la rentabilité et de ses colonnes de chiffres qui ne renvoient à rien de réel, où l’on est toujours en faute, où l’on n’en fait jamais assez, où l’on est sommé de s’agiter, où l’on peut toujours faire mieux – en quantité, en nombre, mais pas forcément avec intelligence et encore moins avec créativité. Elle est une attaque d’une violence extrême contre l’humanité : l’individu n’est plus qu’un rouage d’une machine. Contrairement à une croyance qui s’est propagée comme une traînée de poudre, cette hystérie n’est même pas rentable : elle réduit l’ensemble du champ du réel à des données extrêmement limitées, à des protocoles mécanisés qui, dans le concret de la réalité, ne produisent pas de meilleurs résultats. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 194 | 06-09-2021 |
| 2358 | Littérature | La norme a cessé d’être raisonnable et crée beaucoup de souffrance. Chacun se sent anormal pour une raison ou une autre et, effectivement, chacun l’est puisque la normalité est une fiction. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 148 | 06-09-2021 |
| 2357 | Littérature | Reste ouvert à tout ce qui pourra t’advenir par effraction, c’est ainsi que tu scelleras la paix avec ce que tu es. Tu as de la chance ! N’oublie pas que des grands découvreurs sont, eux aussi, des hypersensibles. C’est ce qui leur a permis de sortir des chemins tracés d’avance, doser transgresser les règles donner, d’explorer, d’entrer en rapport avec ce qu’il se passe, avec ce qui y est, et de voir ce que personne n’avait vu pour laisser advenir à savoir surprenant. Tu es libre, vas-y ! | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 134 | 06-09-2021 |
| 2356 | Littérature | Tout être humain, au fond, est blessé. L’hypersensible est juste celui qui témoigne que le fait d’assumer sa blessure est la dignité de l’être humain sur cette terre. Tu resteras debout. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 125 | 06-09-2021 |
| 2355 | Littérature | Tu as tous les jours l’occasion d’être touché, mais tu es trop pressé, tu n’y prêtes pas attention, tu juges ces incidents anecdotiques ou sans intérêt, et tu as tort. Un fait insignifiant t’interpelle ? Donne droit à ce moment au lieu de passer tout de suite ton chemin, c’est ainsi que tu cultiveras l’accès à ton cœur. Pour savoir que tu as été touché, tu attends que la Cinquième Symphonie de Beethoven résonne. Mais dans la vraie vie, elle ne résonnera pas parce que tu as vu la première fleur du printemps, ni parce que la vendeuse t’a offert trois pommes. Ce sont pourtant ces petits faits, en réalité immenses, qui font la merveille de la vie. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 119 | 06-09-2021 |
| 2354 | Littérature | Nos sociétés ont tout misé sur la compréhension. Mais peut-être que parfois il n’y a rien à comprendre et juste à faire, dans un autre rapport à l’existence... Accorder sa confiance à la vie, au présent, sans rien attendre, sans rien chercher, est la seule recette magique que je connaisse. Le plus difficile et d’y consentir. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 109 | 06-09-2021 |
| 2353 | Littérature | Assailli par ses pensées, l’hypersensible veut prendre tous les chemins en même temps, par crainte de passer à côté du bon chemin, celui qui l’amènera à sa destination. Il cherche à trouver toutes les solutions en même temps. Pour s’en sortir, il peut tout à fait s’inspirer d’une technique proposée par Descartes dans son Discours de la Méthode. S’appuyant sur le cas de voyageurs perdus dans une forêt, Descartes nous explique que ceux-ci "...ne doivent pas errer en tournoyant tantôt d’un côté tantôt d’un autre, ni encore moins s’arrêter en une place, mais marcher toujours le plus droit qu’ils peuvent vers un même côté. [...] Ils arriveront au moins à la fin quelque part ou vraisemblablement ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt". Et Descartes de conclure : "Ceci fut capable dès lors de me délivrer de tous les repentirs et les remords". | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 101 | 06-09-2021 |
| 2352 | Littérature | Systématisé, il est desséchant. Exagéré, l’esprit des mille et une nuits comporte lui aussi des risques, le principal étant de se perdre en route, de tourner en rond et de ruminer. Puis d’abandonner. Ni par paresse ni par procrastination, mais par submersion. Tant qu’il ne connaît pas son "mode d’emploi", l’hypersensible perd ses moyens, toujours enthousiaste, mais incapable de mener ses multiples tâches à leur terme. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 99 | 06-09-2021 |
| 2351 | Littérature | Je connais beaucoup de personnes pour qui l’organisation d’un dîner passe comme une lettre à la poste. Elles savent d’avance comment procéder et dans quel ordre. Leur esprit en tunnel, celui de l’extrême rationalité, ordonne, classe, hiérarchie sans se laisser perturber par des pensées subsidiaires. Il ne laisse pas le moindre interstice par lequel pourrait s’introduire le chaos. Mais un petit grain de sable peut boucher ce tunnel qui ignore la fantaisie. Et c’est la catastrophe puisque, à force d’ordonner et de planifier, l’esprit en tunnel ne sait plus gérer l’imprévu. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 98 & suiv. | 06-09-2021 |
| 2350 | Littérature | Le rejet de la sorcière s’est accompagné, de manière plus large, de celui du féminin auquel l’hypersensibilité va être, à tort, associée. Un modèle masculin fantasmé est érigé, bâti sur la force, la virilité, l’intelligence. Tous les hommes sont appelés à s’y conformer au risque d’être exclus, condamnés par la société et par les lois. La femme, elle, perd tous ses droits. Trop sensible, donc jugée trop faible, elle doit désormais être protégée, et au premier chef de ses émotions, de ses intuitions. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 92 | 06-09-2021 |
| 2348 | Littérature | Regarde cette énergie qui bout en toi […] Mets-toi en rapport avec elle, accepte là, fais-lui confiance, deviens ami avec elle […] Ne te laisse pas déconcerter : elle est comme un cheval fougueux. Il ne sert à rien de le regarder de loin avec crainte. Il vaut mieux l’apprivoiser, apprendre à galoper avec lui. Et partir à l’aventure de sa propre vie. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 69 | 04-09-2021 |
| 2347 | Littérature | Un ami m’a blessé, je suis en colère, je ne veux plus lui parler. Je vais prendre le temps d’examiner ce que je vis. Quelle était l’intention de cet ami ? En répondant à cette question, je constate qu’il ne m’a pas délibérément attaqué, mais que mon hypersensibilité a surinterprété son propos. Ma colère n’est pas forcément juste : comme toutes les émotions, elle n’est pas une preuve de vérité, elle n’est pas non plus une preuve de mensonge. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 76 | 04-09-2021 |
| 2346 | Littérature | L’intelligence émotionnelle ne consiste ni à accepter ses émotions ni à les rejeter, mais à considérer qu’elles sont un précieux potentiel qui mérite d’être reconnu et exploré. | Fabrice Midal, "Suis-je hypersensible ?" p. 79 | 04-09-2021 |
| 2345 | Littérature | C’est un bon parti, reprend la mère, Gino est gentil, et il a de l’argent ; Giulia ne manquerait de rien, assurément. De rien sauf de l’essentiel, répond-t-elle. | Laetitia Colombani, la Tresse, p. 160 | 04-09-2021 |
| 2344 | Littérature | Ça commence de manière insidieuse. C’est d’abord une réunion, à laquelle on oublie de la convier. "On ne voulait pas te déranger", dira plus tard l’associé concerné. C’est ensuite un dossier, dans ton évite de lui parler. En ce moment, tu as assez à penser. Autant de formule qui fleure bon la compassion, on y croirait presque. Des égards, Sarah n’en veut pas, elle veut continuer à travailler, être considérée, comme avant. Elle refuse qu’on la ménage. Elle le sent pourtant, depuis quelques temps, on l’implique moins dans la vie du cabinet, dans les décisions à prendre, la gestion des dossiers. Il y a des choses qu’on a oublié de lui dire, des questions qu’on va poser à d’autres. | Laetitia Colombani, la Tresse, p. 167 | 04-09-2021 |
| 2343 | Littérature | Sarah voudrait crier au secours, comme dans les jeux de ses enfants elle voudrait crier : "Au voleur !". Autant hurler dans le désert. Il n’y aura personne pour l’entendre, personne pour lui venir en aide. Les brigands sont bien habillés, la chose ne se voit pas, elle a même des allures de respectabilité. C’est une violence chic, une violence parfumée, une violence en costume trois-pièces. | Laetitia Colombani, la Tresse, p. 175 | 04-09-2021 |
| 2342 | Littérature | Francesca se mêle à la discussion, elle est d’accord avec leur mère, cela ne marchera jamais. Les Italiens ne voudront pas de cheveux importés. Giulia n’est pas étonnée. Sa sœur appartient au cercle des sceptiques, de ceux qui voient le monde en noir, en gris, ceux qui répondent non avant de penser oui. Ceux qui remarquent toujours le détail qui fâche au milieu du paysage, la tache minuscule sur la nappe, ceux qui explorent la surface de la vie à la recherche d’une aspérité à gratter, comme s’ils se réjouissaient de ces fausses notes du monde, qu’ils en faisaient leur raison d’être. | Laetitia Colombani, la Tresse, p. 209 | 04-09-2021 |
| 2340 | Littérature | Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu’un épouvantable doute m’étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs ? | Pierre Desproges - Chroniques de la haine ordinaire (2004) | 03-09-2021 |
| 2337 | Littérature | Inès est fine, elle est politique, selon l’expression consacrée, un mot élégant pour dire "fourbe", pour dire "qui va dans le sens des puissants". Un mot qui signifie : ”Qui n’a pas peur des coups bas". | Laetitia Colombani, La Tresse, p. 139 | 25-08-2021 |
| 2336 | Littérature | C’est d’abord un regard, une inflexion de la voix quand on la salue, une façon un peu trop appuyée de prendre de ses nouvelles, ou au contraire, de ne rien demander. C’est ensuite un ton, un peu gêné, une manière de la regarder. Certains ont le sourire forcé. D’autres sont fuyants. Aucun n’est naturel. | Laetitia Colombani, La Tresse, p. 137 | 25-08-2021 |
| 2309 | Littérature | Le problème avec les armes à feu, disait tonton Gio, c’est que, si tu en as une, ça a tendance à être LA solution. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 238 | 28-07-2021 |
| 2308 | Littérature | Santini semble toujours croire qu’il peut être pris en photo à tout instant et qu’il lui faut être élégant en toutes circonstances, c’est un angle mort assez touchant chez lui, son désir que personne ne devine qu’il vient d’un village perché en Castagniccia et que, dans sa famille, seul son père savait lire, il pense que la reconnaissance passe par le chic. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 231 | 28-07-2021 |
| 2307 | Littérature | Quelque chose ici échappait à Gloria. C’était comme de tenter d’attraper le tout petit fragment de coquille d’œuf dans la préparation du gâteau, dans le blanc transparent et visqueux et sournois de l’œuf brisé. Le fragment se soustrait. Il vous nargue. Vous approchez tout doucement votre doigt et hop il est parti. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 211 | 28-07-2021 |
| 2306 | Littérature | Gloria déteste l’hiver, elle se demande depuis toujours comment survivre à l’hiver et, quand le mois de mars revient avec ses caprices, elle renaît, ce n’est pas normal de vivre l’hiver chaque année comme une petite mort, et puis cet hiver dans l’Est n’aura rien à voir avec les hivers du Sud, elle le redoute, elle s’y prépare, elle sent qu’il ne va bientôt lui rester de l’été passé au bord du lac qu’un éclat aveuglant, une vague persistance rétinienne qui gêne le regard. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 192 & suiv. | 28-07-2021 |
| 2305 | Littérature | Elle s’est préparée au moment où ses filles auraient honte d’elle, marcheraient dit par derrière elle, lui demanderaient de les déposer à deux rues de l’école, ne pourraient plus être embrassées qu’avec embarras en s’écartant presque aussitôt, et la considèreraient comme un animal préhistorique à peine fonctionnel. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 186 | 28-07-2021 |
| 2304 | Littérature | Le vieux tenait un rade sur la départementale où on buvait une gouttiche ou un pastaga dès 8 heures du matin, le vieux était énorme, moustachu et pas follement progressiste. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 173 | 28-07-2021 |
| 2303 | Littérature | Dans la voiture, Loulou décrète qu’elle va dorénavant cesser de porter du rose. Il y a toujours au moment où les goûts des petites filles basculent, se rassure Gloria. "Je voudrais des vêtements noirs, et si possible avec des têtes de mort pailletées". Bon bon bon. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 148 & suiv. | 28-07-2021 |
| 2302 | Littérature | Le canapé est, sans conteste, une invention qui a œuvré pour l’égalité dans les familles. Personne n’est privilégié. Personne ne reste par terre ni ne bénéficie du fauteuil à oreilles sous la lampe verte. Tout le monde se vautre à la même enseigne. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 146 & suiv. | 28-07-2021 |
| 2301 | Littérature | Passé les approximations sociogéographiques de tonton Gio, demeurait la certitude que maman Nadine n’aimait qu’elle-même et que c’était une bonne chose qu’elle se soit carapatée, alors arrête de pleurer Roberto, du nerf, mon ami, pense à ta petite. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 129 | 28-07-2021 |
| 2300 | Littérature | Tonton Gio vous mettait en garde contre à peu près tout, du timbre que vous léchiez au mauvais coup de soleil qui vous guettait pendant les jours de brume [...] | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 118 | 28-07-2021 |
| 2298 | Littérature | Gloria se levait le matin et laissait dormir son bien-aimé dans la chambre à l’odeur de parc zoologique, elle préparait le café dans la minuscule cuisine du cabanon, elle attendait immobile que la machine fasse son travail, puis elle le buvait debout en regardant la mer par la porte ouverte [...] | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 111 | 24-05-2020 |
| 2297 | Littérature | Au-delà, invisible depuis la fenêtre, il y avait la scierie, elle appartenait au Père Buch, un ours qui n’aimait personne et le faisait savoir à l’aide d’écriteaux menaçants cloués sur sa maison. Ils produisaient l’effet inverse de celui escompté. Les enfants du coin venaient à vélo jusque chez lui, se faisaient des frayeurs et lançaient des cailloux dans la cour pour que les chiens aboient. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 50 & suiv. | 24-05-2020 |
| 2296 | Littérature | Il savait bien que cette attirance pour les filles qui ont l’air de vouloir ferrailler pouvait être considérée comme une mauvaise pente. Son père le lui avait maintes fois répété. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 41 | 24-05-2020 |
| 2295 | Littérature | Samuel se hissait sur un tabouret au comptoir, il attendait une heure, il paraissait si paisible qu’il aurait pu être l’une de ces personnes qu’on paie pour nous apprendre à respirer lentement par l’abdomen afin de retrouver notre calme [...] | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 34 | 24-05-2020 |
| 2294 | Littérature | Je ne cesserai jamais de m’étonner de la manière dont on perçoit l’autre la première fois, l’autre qu’on aimera plus que tout, l’autre qu’on aimera imprudemment, totalement, tragiquement, cette manière de craindre qu’il devine combien nous sommes minuscule et vulnérable même s’il ne nous nous a pas vu enfants quand nous pleurnichions avec notre genou écorché [...]. Cette manière qu’on a d’être tétanisé face à l’autre qu’on aimera plus que tout, et de ne pas se rendre compte un seul instant qu’il est aussi effrayé que nous, est une chose qui me bouleverse. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 27 & suiv. | 24-05-2020 |
| 2293 | Littérature | Ce qu’elle aurait aimé, c’est être une de ces filles anémiques dont on voit les clavicules à travers le tissu de la robe, qui ont une ossature de chardonneret et des yeux miroitants de princesse de manga. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 26 | 24-05-2020 |
| 2292 | Littérature | Si elle ne s’aimait pas beaucoup, elle se préférait encore aux autres. Ce qui est une posture qui vous sépare de manière certaine de vos contemporains. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 21 | 24-05-2020 |
| 2290 | Littérature | Garde toujours dans ta main celle de l’enfant que tu as été | Cervantes, cité par Catherine Bardon dans Un Invincible Été, p.404 | 25-07-2021 |
| 2289 | Littérature | Je ne sais pas où va mon chemin, mais je marche mieux quand ma main serre la tienne. | Alfred de Musset, cité par Catherine Bardon dans "Un Invincible Été", p.299 | 25-07-2021 |
| 2288 | Littérature | Almah se tenait debout à l’à-pic de la falaise, bien droite, face à l’infini de l’océan [...]. Un goéland paresseux planait gracieusement. Le soleil avait entamé sa retraite. Bientôt il embrasserait le ciel de pourpre avant de disparaître. | Catherine Bardon, Un Invincible Été, p.274 | 25-07-2021 |
| 2287 | Littérature | La vie est un jeu de dupes, elle vous fait croire à de grandes espérances, puis elle vous lâche en vous riant au nez d’y avoi cru. | Catherine Bardon, Et la Vie Reprit son Cours, p. 263 | 25-07-2021 |
| 2286 | Littérature | Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais mais aux graines que tu sèmes. | Robert Louis Stevenson, cité par Catherine Bardon dans "Et la Vie Reprit son Cours" (p. 17). | 25-07-2021 |
| 2285 | Littérature | Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir. | Catherine Bardon, l’Américaine (p. 462). | 25-07-2021 |
| 2284 | Littérature | Choisir la vie, c’est toujours choisir l’avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant, nous ne serions rien de plus qu’une moisissure à la surface de la terre. | Simone de Beauvoir, Les Bouches Inutiles, citée par Catherine Bardon dans l’Américaine (p. 375). | 25-07-2021 |
| 2278 | Littérature | On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes. | Catherine Bardon, L’américaine, p. 14 (d’après un dicton juif). | 12-07-2021 |
| 2277 | Littérature | "Je ne quitterai mon poste que pour aller au cimetière", avait-il proclamé. C’était désormais chose faite. | Catherine Bardon, Les Déracinés, p. 716 (à propos de l’assassinat d’un dictateur). | 12-07-2021 |
| 2276 | Littérature | – Qu’est-ce que c’est que cette histoire de tour du monde, maman ? – Ruthie chérie, je te le garantis, ton visage va faire le tour du monde ! Répéta Almah, s’amusant de sa perplexité. – Mon visage seulement ? Je préférerais que ce soit moi tout entière ! J’ai très envie de suivre mon visage tout autour du monde, figure-toi ! | Catherine Bardon, Les Déracinés, p. 684 | 12-07-2021 |
| 2275 | Littérature | Nous sommes un paradoxe. Un observateur étranger serait étonné de voir des paysans au cuir tanné par le soleil et aux mains abîmées par les travaux de la ferme discuter de Nietzsche, analyser les erreurs politique de Dollfuss, débattre des thèses de Herzl. | Catherine Bardon, Les Déracinés, p. 441 | 08-07-2021 |
| 2274 | Littérature | Les candidats à l’immigration échangeaient des regards d’enfants émerveillés et comblés. Je regardai ma montre. Il était 10 heures du matin et notre rêve commun venait de se transformer en réalité : Nous étions en Amérique ! Et la meilleure preuve, c’était cette colossale sentinelle verdâtre qui émergeait de l’eau, à un jet de pierre. Je pensais avec émotion aux centaines de milliers d’émigrants qui nous avaient précédés et qui avait senti au même endroit, monter du fond de leurs entrailles, le même émoi, connu le même sentiment qu’une nouvelle page de leur vie allait enfin pouvoir s’écrire. | Catherine Bardon, Les Déracinés, p. 314 & suiv. | 08-07-2021 |
| 2271 | Littérature | Ainsi vont les choses, pensait Azeline, pendant des années vous croyez que les êtres que vous connaissez le mieux sont faits d’un bois tendre et raboté et un jour, à l’improviste, l’écorce odorante est hérissée d’échardes. | Jean Vautrin - Un grand pas vers le Bon Dieu | 03-07-2021 |
| 2256 | Littérature | Étienne pénètre dans une église, il est seul. Il allume un cierge, ne sait pas communiquer avec Dieu, n’a jamais su. C’est comme avec son père, on ne sait pas communiquer avec ceux auxquels on ne croit pas. | Valérie Perrin, "Trois", p. 645 | 21-05-2021 |
| 2255 | Littérature | Nos enfants restent petits dans nos âmes de mères. Ils prennent toute la place, pourtant ils restent petits. On pense à eux comme s’ils venaient de naître. | Valérie Perrin, "Trois", p. 509 | 21-05-2021 |
| 2254 | Littérature | – « Mourir », ça prend un r ou deux ? nous a-t-il demandé tout à l’heure en s’habillant juste avant de quitter la pension. Nina l’a regardé et lui a répondu, l’air de rien : – Un seul r mais quand tu le conjugues au futur, deux. Sinon, « vivre » c’est plus simple, c’est un r à tous les temps. | Valérie Perrin, "Trois", p. 639 | 19-05-2021 |
| 2253 | Littérature | Nina n’appelle plus Adrien et Étienne une fois par semaine. Les choses se sont espacées peu un peu. On rate un dimanche parce qu’on n’est pas là, puis un deuxième parce qu’on n’oublie ou qu’on est malade. Les mots d’absence de la vie. Quand la séparation entre dans les habitudes. Les "À quoi bon, après tout on n’est plus des gosses". | Valérie Perrin, "Trois", p. 375 | 18-05-2021 |
| 2252 | Littérature | – J’ai une question à laquelle vous n’êtes pas obligé de répondre : est-ce autobiographique ou romancé ? Adrien met un certain temps avant de répondre. – Je crois que dans tout roman il y a certaines vérités, des racines qui se nourrissent du réel, et que dans les autobiographies il y a beaucoup de mensonges. | Valérie Perrin, "Trois", p. 345 | 18-05-2021 |
| 2251 | Littérature | Nicola s’ennuiera moins avec un congénère à quatre pattes avec moi, une des personnes les plus sinistres et solitaires de la planète. Chez moi, même les plantes finissent par se suicider, refusent de s’alimenter, tombent des fenêtres, s’automutilent. Heureusement que mon tilleul est âgé, qu’il a eu le temps de pousser avant mon arrivée, de fréquenter le ciel de suffisamment près. | Valérie Perrin, "Trois", p. 298 | 18-05-2021 |
| 2250 | Littérature | – J’croyais que vous ne vouliez plus de chiens chez vous ! – Moi aussi, je croyais. Tu sais, Nina, on croit. Et puis on se trompe. | Valérie Perrin, "Trois", p. 294 | 18-05-2021 |
| 2249 | Littérature | Il ne faut pas tomber amoureuse, s’enjoint Nina, la dernière fois ça a viré au cauchemar et maintenant qu’elle s’en est sortie, elle ne veut pas retomber. Pourquoi dit-on "tomber amoureux" ? Elle, elle attendait de l’amour qu’il élève. | Valérie Perrin, "Trois", p. 281 | 18-05-2021 |
| 2248 | Littérature | Au réveil, Louise était près de lui. Quand il a vu la tête de sa sœur, il a compris que c’était foutu. Elle avait posé un sourire artificiel sur ses lèvres quand ses yeux étaient rongés par la peur. Même ses paupières tremblaient sur le postiche du "Tout va bien". | Valérie Perrin, "Trois", p. 268 | 18-05-2021 |
| 2247 | Littérature | – Ça caille dur ce soir. Tu veux que je t’appelle un taxi ? Elle éclate de rire. – Un taxi... c’est bien des trucs de Parisien. J’ai l’habitude du froid. – Tu veux dormir ici ? J’ai une chambre d’amis. Petite mais chauffée. – Nan, faut que je rentre, j’ai mes chats. Et depuis quand je suis ton amie ? | Valérie Perrin, "Trois", p. 230 | 18-05-2021 |
| 2246 | Littérature | Il a épaissi, a les traits d’un homme mûr, un début de barbe dure, ses cheveux ont foncé, sa beauté s’est un peu évaporée, un oiseau de passage quand Nina pensait qu’elle ne migrerait jamais. Qu’elle était inscrite dans ses gènes. La beauté devient ce qu’on en fait. Ne reste qu’un regard dans lequel on voit qu’il a lâché l’affaire, cette affaire que l’on nomme la vie, la joie, l’envie. Plus d’espoir, peu de rire, beaucoup de lassitude. Un homme qui s’ennuie. Il finit par lui sourire à demi, narquois. Il n’a pas perdu cela. | Valérie Perrin, "Trois", p. 213 | 18-05-2021 |
| 2245 | Littérature | En hiver, je ne sors jamais après 21h. J’ai mes habitudes à présent. Toutes petites. Parce que les habitudes c’est souvent petit. Mon travail, mes séries, mes émissions, les réseaux, mes repas, un tas de romans à côté du lit. | Valérie Perrin, "Trois", p. 116 | 18-05-2021 |
| 2244 | Littérature | Je cherche ma carte de presse au fond d’un tiroir. D’habitude je n’en ai pas besoin. Pour rédiger un papier sur l’élection de Miss Pétanque, on ne me la demande jamais. | Valérie Perrin, "Trois", p. 24 | 18-05-2021 |
| 2236 | Littérature | J’ai horreur des salles d’attente : on ne s’y sent pas bien, le soleil n’entre pas, il n’aime pas attendre. | Jean-Louis Fournier, Je n’ai plus le temps d’attendre, p. 69 | 03-05-2021 |
| 2235 | Littérature | Un chercheur de l’agroalimentaire vient de créer une race de poules dont les œufs sont durs après 5 minutes dans l’eau bouillante alors que normalement il faut 10 minutes. On n’arrête pas le progrès, hélas. | Jean-Louis Fournier, Je n’ai plus le temps d’attendre, p. 55 | 03-05-2021 |
| 2234 | Littérature | Je me souviens d’une année où j’avais demandé au petit Jésus que mon papa ne boive plus et qu’il ne fasse plus pleurer maman. Je lui demandais aussi un revolver. Je voulais un Solido. Exprès je n’avais pas dit la marque. On m’avait dit que le petit Jésus savait tout et lisait dans nos pensées, on allait voir si c’était vrai ! Je n’ai pas eu un Solido mais un revolver sans marque et papa a continué à boire jusqu’à la fin de sa courte vie. Il est mort à 43 ans. J’ai depuis, à l’égard de Jésus, une certaine méfiance. | Jean-Louis Fournier, Je n’ai plus le temps d’attendre, p. 44 | 03-05-2021 |
| 2233 | Littérature | La première chose qu’il fit une fois à bord, dès qu’il eut franchi la barrière de stewards et d’hôtesses, de lécheurs de bottes, de portiers et de garçons d’étage souriant de toutes leurs dents, et de tous les larbins payés pour vous donner l’impression que vous étiez César au retour de la guerre des Gaules chaque fois que vous remettiez les pieds sur le bateau, la première chose qu’il fit, donc, ce fut de prendre une douche. | T.C. Boyle, Les Vrais Durs, p. 55 | 30-04-2021 |
| 2232 | Littérature | L’air était si dense qu’il se serait presque attendu à voir des requins louvoyer entre les troncs. | T.C. Boyle, Les Vrais Durs, p. 27 | 30-04-2021 |
| 2227 | Littérature | À 10 heures le premier client est entré et m’a dit : "Ça m’intéresse pas tellement, les livres", avant d’ajouter : "Le nucléaire, vous savez ce que j’en pense ?" À 10 h 30 mon goût pour la vie n’était plus qu’un lointain souvenir. | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 447 | 30-04-2021 |
| 2226 | Littérature | En tentant d’accrocher une publicité pour le Club du livre aléatoire sur l’un des murs de la boutique, j’ai constaté que l’agrafeuse ne fonctionnait pas. Je l’ai donc testée sur ma main : elle a parfaitement fonctionné. | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 412 | 30-04-2021 |
| 2225 | Littérature | Nicky a surgi alors que je venais d’ouvrir la boutique et brandi sous mon nez ce qui, au premier abord, semblait tout droit surgi d’une poubelle pour déchets hospitaliers. La chose était charnue et recouverte de ce qui semblait être du sang. "C’est un beignet à la confiture. Il a été un peu écrabouillé à l’arrière de la camionnette. Goûte, y sont délicieux." C’était encore plus écœurant que ça en avait l’air. | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 379 | 30-04-2021 |
| 2224 | Littérature | En revenant de Dumfries, nous sommes tombés sur un client qui voulait savoir si nous vendions d’anciens volume de La Revue Écossaise. Je lui ai répondu par la négative, ce qui l’a considéré, pour une raison que j’ignore, comme le signal qu’il pouvait m’expliquer — en long, en large et en travers — quels numéros il cherchait et pourquoi. | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 153 | 30-04-2021 |
| 2223 | Littérature | La première cliente était une Australienne. Elle avalait tellement ses mots je n’arrivais pas à savoir si elle cherchait des livres cochons ou des livres sur les cochons. Ce n’est qu’après lui avoir indiqué le rayon Littérature érotique que j’ai compris qu’elle cherchait des contes pour enfants du genre Trois Petits Cochons. | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 180 | 30-04-2021 |
| 2222 | Littérature | Contrairement à son habitude, Nicky était à l’heure ce matin. Elle est entrée dans la boutique armée de sa brosse à cheveux et de sa brosse à dents et a couru à l’étage se faire belle. À son retour, elle n’avait pas changé d’un iota. Quand je lui ai demandé ce qui la mettait dans un état pareil, elle m’a répondu : « Essaye jamais de manger les légumes sautés froids quand t’es au volant ». | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 131 | 30-04-2021 |
| 2221 | Littérature | Aux yeux de la plupart des gens, les ouvrages sur le chemin de fer sont d’un ennui mortel - et le fait que les passionnés de trains aient la réputation d’être des raseurs en anorak qui se nourrissent de sandwiches à la banane n’est sans doute pas pour rien dans ce préjugé. | Shawn Bithell, Le Libraire de Wigtown, p. 54 | 30-04-2021 |
| 2218 | Littérature | À 11 heures, un client a étalé sur le comptoir une dizaine de cartes de l’Irlande et exigé de connaître l’année de publication de chacune d’entre elles, avant d’entonner le refrain tant redouté : « Je vais vous dire pourquoi je cherche de vieilles cartes et des livres anciens concernant cette région. C’est parce que je fais des recherches généalogiques en ce moment et que mon arrière-grand-père... ». Son monologue a duré environ cinq minutes avant que je ne puisse lui répondre que ces cartes n’étaient pas datées, mais qu’on pouvait les situer aux alentours de 1910. Je vais m’acheter un masque, écrire dessus « JE M’EN FOUS » et l’enfiler chaque fois qu’une telle situation se produira à l’avenir. | Shaun Bythell, Le Libraire de Wigtown. | 16-04-2021 |
| 2214 | Littérature | Certains lecteurs croiront peut-être identifier un certain nombre d’îlots, bras de mer, rochers, écueils et personnages du présent récit. Pourtant, aucun archipel au monde ne correspond à la carte géographique et humaine que j’ai dessinée dans ces pages. Je pense souvent, quand j’écris, à l’élévation du niveau de la mer, qui se poursuit progressivement, bien que nous ne puissions l’appréhender par nos sens. Un rivage est chose indéterminée, fluctuante, mobile. Il en va de même pour la fiction. Un récit entretient parfois, de loin en loin, une ressemblance avec la réalité. Cela n’annule pas la différence entre ce qui s’est produit et ce qui aurait pu se produire. Il doit en être ainsi. Puisque la vérité est à jamais provisoire et changeante. | Henning Mankell, postface de son livre « Les Bottes Suédoises », Antibes, mars 2015. J’ai trouvé ce texte infiniment plus approprié que le sempiternel "Toute ressemblance...". | 01-04-2021 |
| 2213 | Littérature | Vieillir, c’est s’aventurer sur une glace de moins en moins solide. | Henning Mankell, les bottes suédoises, p. 255 | 01-04-2021 |
| 2212 | Littérature | J’aurais aimé que Louise n’ait pas ce tempérament colérique. Dans mon expérience, le fait de s’énerver ne facilite jamais rien. Mais c’est apparemment un besoin chez elle. Revendiquer ce droit est plus important que trouver une solution. | Henning Mankell, les bottes suédoises, p. 103 | 01-04-2021 |
| 2211 | Littérature | Jusque-là, pour moi, les années qui passaient de signifiaient rien. Je vieillissais, mais lentement, de façon imperceptible. Je me rendais compte par exemple que je ne pouvais plus sauter dans mon bateau comme avant, je devais prendre appui. Le vieillissement était une nappe de brume qui approchait en silence. | Henning Mankell, Les Bottes Suédoises, p. 64 | 01-04-2021 |
| 2210 | Littérature | Je l’ai regardée disparaître entre les portes vitrées. Un ange manchot plein de chagrin qui venait de perdre une de ses enfants mal élevées et extraordinaires. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 261 | 01-04-2021 |
| 2209 | Littérature | La première fois que je l’avais vue, elle s’était jetée sur moi avec son épée. Maintenant elle mangeait de la bouillie dans ma cuisine. Ça ne tenait pas debout. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 239 | 01-04-2021 |
| 2208 | Littérature | Un homme sait toujours au fond de lui s’il a un enfant. Mais tu es revenu, Louise est contente. C’est tout ce que j’ai besoin de savoir. Elle a suffisamment attendu le jour où tu viendrais à sa rencontre à travers la forêt. Peut-être pendant toutes ces années étais-tu en route sans le savoir ? Il est aussi facile de se perdre à l’intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 155 & suiv. | 01-04-2021 |
| 2207 | Littérature | Une brume humide recouvrait les sapins. J’ai entendu un coup de fusil : j’ai retenu mon souffle. Un deuxième coup de feu, puis rien. Les bruits, ici, paraissaient contraints de faire la queue avant d’être autorisés à entrer dans le silence. Avec la plus grande circonspection, pas plus d’un à la fois. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 148 | 01-04-2021 |
| 2206 | Littérature | Louise nous a servi un ragoût. À l’en croire, il contenait de la viande d’élan accompagnée de légumes qu’un ami à elle cultivait dans une serre qui lui servait également de domicile. Il s’appelait Olof, il dormait au milieu de ses concombres et faisait partie de ceux qui se retrouvaient au printemps pour boxer sur le ring. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 142 | 01-04-2021 |
| 2205 | Littérature | Il n’est pas rare que des hommes de mon âge se tuent en déneigeant. Ils connaissent une mort subite et presque gênante, une petite pelle en métal serrée dans leurs doigts raides. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 13 | 01-04-2021 |
| 2204 | Littérature | Je me suis souvenu qu’elle m’avait dit un jour que la vie ressemblait aux chaussures. On ne pouvait pas imaginer qu’elles nous allaient si tel n’était pas le cas. Les chaussures trop petites font partie de la réalité. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 92 | 01-04-2021 |
| 2203 | Littérature | Il y a une beauté spéciale qui n’appartient qu’aux femmes très âgées. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 79 & suiv. | 01-04-2021 |
| 2202 | Littérature | Mon père s’était saigné aux quatre veines pour me payer le collège, mais ce bâtiment sinistre, avec ses professeurs miteux et ses couloirs qui sentait la laine mouillée n’offrait aucun espace pour réfléchir à un avenir. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 17 | 01-04-2021 |
| 2200 | Littérature | Une radio était branchée à faible volume. J’entendais que c’était un bulletin d’information, mais pas ce qui se disait. Dans le temps, j’étais quelqu’un qui adorait les nouvelles, il m’en fallait en permanence. Je lisais, j’écoutais, je regardais. Le monde exigeait ma présence [...]. Je devais être au courant, à chaque minute. Cette habitude m’avait quitté au cours des années d’isolement sur l’île. Je ne lisais aucun journal et je regardais le journal télévisé un jour sur deux au maximum. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 73 & suiv. | 12-03-2021 |
| 2197 | Littérature | Il y a un instant, j’en étais encore au premier acte. Voilà que l’épilogue a déjà commencé. | Henning Mankell, Les Chaussures Italiennes, p. 12 | 05-03-2021 |
| 2189 | Littérature | Les jurés ne comprennent jamais la logique selon laquelle un innocent a pu reconnaître un crime qu’il n’a pas commis. «Pour l’opinion publique, si tu n’as rien fait, tu n’avoues pas !». | Julia Minkowski et Lisa Vignoli - L’avocat était une femme, p. 183 | 13-01-2021 |
| 2188 | Littérature | Elle a un peu lâché le premier rang auquel elle a été abonnée durant toute sa scolarité et décide qu’elle fera « métier : droits de l’homme ». Son raisonnement est simple : « Je ne vais pas savoir être médecin ou infirmière puisqu’une simple piqûre me fait peur, alors je ne vois que ça pour sauver le monde. ». | Julia Minkowski et Lisa Vignoli - L’avocat était une femme, p. 145 | 13-01-2021 |
| 2187 | Littérature | Quand je rentrais à la maison, trouvant dégueulasse que mon client ait été condamné à deux ans de prison ferme, et que [mes enfants] me demandaient ce qu’il avait fait, et bien, je répondais la vérité : "Il a découpé un petit vieux en morceaux". | Julia Minkowski et Lisa Vignoli - L’avocat était une femme, p. 103 | 13-01-2021 |
| 2186 | Littérature | Le bâtonnier la reçoit comme il est d’usage. Le moment est assez solennel, il la félicite d’avoir franchi les deux premières étapes, de pénétrer dans ce petit cercle très fermé, et lui demande pour faire la conversation : «Et que font vos parents ?» Lorsque la jeune femme lui répond «Ma mère est coiffeuse», le bâtonnier bredouille un «Oh ! Excusez-moi». | Julia Minkowski et Lisa Vignoli - L’avocat était une femme, p. 97 | 13-01-2021 |
| 2185 | Littérature | Ne sachant pas dans quelle prison il pourra être le mieux protégé, elle se décide à appeler l’Observatoire international des prisons et explique sa position : «Je ne voudrais pas qu’il se fasse lyncher, ni photographier, que me conseillez-vous ?» Au bout du fil, le responsable lui répond : «Vous m’avez pris pour le guide du routard ?». | Julia Minkowski et Lisa Vignoli - L’avocat était une femme, p. 41 | 13-01-2021 |
| 2182 | Littérature | Sans procès d’intention ad hominem, c’est l’absence collective qui interroge. Ceux qui d’ordinaire se pressent aux hommages funéraires, poussant des coudes et guettant si le siège qui leur a été réservé est bien à la hauteur de l’idée qu’ils ont de leur position, n’ont pas fait le déplacement. | Lisa Vignoli, Julia Minkowski, "L’avocat était une femme - Le procès de leur vie" | 10-01-2021 |
| 2172 | Littérature | La carrière de l’Île de Pâques est comme un cimetière pour des dieux qui n’auraient jamais eu l’occasion d’officier. | H. Mankell, Sable Mouvant, p. 40 | 07-05-2020 |
| 2170 | Littérature | L’inspecteur chef avait convoqué les principaux journaux dès que les informations sur l’évolution de l’affaire Bermann avaient commencé à circuler. Le prétexte officiel était qu’il ne voulait pas que les journalistes se retrouvent avec des nouvelles de seconde main, des fuites malheureuses de sources officielles. En réalité, il redoutait que l’histoire puisse intégralement filtrer par d’autres voies, ce qui aurait éloigné de lui les feux de la rampe. | Donato Carrisi, Le Chuchoteur (Le Livre de Poche), p.150 | 23-12-2020 |
| 2167 | Littérature | La presse allait se jeter voracement sur l’histoire et, en peu de temps, elle piétinerait tous les aspects de la vie de Bermann, sans faire de distinction. Son suicide avait valeur d’aveu. Les médias aller donner leur propre version des faits. Ils avaient désigné l’homme pour jouer le rôle du monstre, sans contradiction possible, ne se fiant qu’à la force de leur unanimité. Ils allaient le tailler en pièces, comme on supposait il l’avait fait avec ses petites victimes, sans pour autant cueillir l’ironie de ce parallèle. Ils allaient tirer des litres de sang de toute cette histoire, pour pimenter leurs premières pages, les rendre plus appétissantes. Sans respect, sans équité. Et si quelqu’un se permettait de le faire remarquer, ils se retrancheraient et derrière un "droit à l’information", pratique et toujours d’actualité. | Donato Carrisi, Le Chuchoteur (Le Livre de Poche), p. 98 &suiv. | 17-12-2020 |
| 2166 | Littérature | Personne n’avait encore accepté réellement la maladie. La plupart étaient surtout sensibles à ce qui dérangeait leurs habitudes ou atteignait leurs intérêts. Ils en étaient agacés ou irrités et ce ne sont pas là des sentiments qu’on puisse opposer à la peste. Leur première réaction, par exemple, fut d’incriminer l’administration. | Albert Camus, La Peste (1947). Voilà qui résonne particulièrement en ces temps de pandémie... | 14-12-2020 |
| 2164 | Littérature | En remontant le fil de l’histoire, j’autorisais l’expression de sentiments que je voyais apparaître dans mon rétroviseur à la vitesse d’une marche arrière qui laisse à chaque élément le temps d’apparaître. Des paysages déjà traversés à vive allure en marche avant, mais qui n’ont pas été réellement regardés. | Éric de Kermel, Les orphelins de l’aurore, page 159 | 07-12-2020 |
| 2163 | Littérature | Nous avons décollé pour l’Ukraine à 10h54. C’était la première fois que je voyageais dans les soutes, tranquillement assis au volant d’une pelleteuse, puisque c’était le seul siège disponible. | Éric de Kermel, Les orphelins de l’aurore, page 152 | 07-12-2020 |
| 2162 | Littérature | Marseille regarde plus vers la mer que vers la terre. Ceux qui vivent ont souvent le cœur de l’autre côté du rivage. Les pieds ici sur le sol et le regard de la nostalgie qui se perd dans les lumières du couchant. | Éric de Kermel, Les orphelins de l’aurore, page 27 | 07-12-2020 |
| 2161 | Littérature | L’espoir est une étrange invention Un brevet déposé par le cœur Il est constamment en action Même si on croit qu’il est ailleurs De ce gadget électrique Nous ne savons presque rien Mais de son élan unique Il embellit l’ensemble de nos biens. | D’après Emily Dickinson — Hope is a strange invention | 07-12-2020 |
| 2155 | Littérature | Vous devez être avocat : Vous dégagez quelque chose de malin et d’inutile. | Garry Marshall, Pretty Woman (cité par Juliette Mel dans "Alice au pays du droit"). | 17-11-2020 |
| 2154 | Littérature | Tout, sa mère, le décor, le manque d’argent, l’absence d’amis, de soutiens, aurait dû concourir à faire d’Edgar un être de mélancolie. Au lieu de quoi, il avait été dès son plus jeune âge un enfant souriant, heureux de vivre, toujours gai. Il faisait de son mieux pour soulager sa mère dans les tâches ménagères. Tout petit, on le voyait traîner dans les rues de gros sacs en toile d’où dépassaient des poireaux ou du pain. Les voisins enviaient la pauvresse d’avoir un enfant si courageux et allègre. C’en était presque immoral quand tant de bourgeois aux petits soins pour leur progéniture ne recueillaient d’elle que déception et ingratitude. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 37 & suiv. | 16-11-2020 |
| 2153 | Littérature | Comme ces villes antiques où l’on ne reconnaît plus rien mais où, tout à coup, une pierre sculptée vient porter témoignage des anciennes splendeurs, le regard de sa mère laissait apercevoir la beauté de sa jeunesse. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 43 | 16-11-2020 |
| 2152 | Littérature | Le Maire prit un air d’importance, chaussa des lunettes dont la monture était rafistolée avec du fil de fer et se plongea dans l’examen des divers documents. Pendant le long silence qui accompagna cet examen, la femme resservit de la vodka et le glouglou du liquide sonna lugubrement comme l’écoulement de l’eau dans une clepsydre fatale. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 60 | 16-11-2020 |
| 2151 | Littérature | Quand, à un moment, Edgar se tut et retomba avachi sur son fauteuil, elle se leva, se planta devant lui et posa les mains sur ses hanches comme une blanchisseuse qui considère un tas de linge à battre. Puis elle parla. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p.127 | 16-11-2020 |
| 2150 | Littérature | La déesse Fortune aime s’amuser, c’est bien connu. Elle prodigue plus volontiers ses largesses à ceux qui la divertissent qu’aux geignards et aux désespérés. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p.139 | 16-11-2020 |
| 2149 | Littérature | La scène encore sombre exhalait une odeur de parquet, de tissus lourds et de sueur. Les chanteuses du chœur, quand elle se mettaient en place, laissaient sur leur passage d’invisibles nuages de talc parfumé. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 141 | 16-11-2020 |
| 2148 | Littérature | La foule n’aime rien tant qu’être vaincue par force qui la saisit et lui impose sa volonté. Elle adore acclamer ce qu’elle était prête à conspuer, se coucher au pied de ce qu’elle avait cru pouvoir dévorer. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 147 | 16-11-2020 |
| 2147 | Littérature | Cette vie "ordinaire" n’était ni alourdie par les drames de la misère ni écrasée par les ors de la célébrité. Ce fut une parenthèse si courte dans leur existence qu’elle rend presque incompréhensible ce qui chez tout le monde serait le cours habituel des choses. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 159 | 16-11-2020 |
| 2146 | Littérature | L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, était de taille moyenne, le front très haut et un peu dégarni comme on en imagine aux mathématiciens et aux poètes. Quoi qu’il restât silencieux, sa présence était magnétique dans la pièce et tout le monde lui manifestait un respect presque embarrassé, tant son jugement semblait redouté. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 172 | 16-11-2020 |
| 2145 | Littérature | Tout à coup, le talent, réalité toujours gênante pour ceux qui n’en possèdent pas, révélait qu’il n’était au fond qu’un artifice. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 314 | 16-11-2020 |
| 2144 | Littérature | Le temps lui avait conféré ce charme que les hommes, en prenant de l’âge, partagent avec les vieux arbres, les cuirs usés, les monuments antiques. | Jean-Christophe Rufin, les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, p. 359 | 16-11-2020 |
| 2130 | Littérature | J’ai ramassé mes billets, j’ai dit le compte est bon, j’ai souhaité une bonne journée au distributeur de billets qui ne m’a rien souhaité. J’ai pris de l’essence dans la station-service automatique, j’ai appuyé sur le bouton super. J’ai payé avec ma carte. Je n’ai pas laissé de pourboire. J’ai croisé un passant, je lui ai dit bonjour, il ne m’a pas répondu. Il avait un casque sur les oreilles. Tout est fermé, les portes, les volets, les visages. Alors je me suis jeté dans le canal, en disant adieu la compagnie. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p.147 | 09-10-2020 |
| 2129 | Littérature | Pourquoi le dimanche paraît plus long qu’un jour de semaine ? Les aiguilles avancent plus lentement. Peut-être que les pendules se reposent le dimanche. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p.145 | 09-10-2020 |
| 2128 | Littérature | Les architectes des logements sociaux ont ainsi des consignes strictes, ils doivent faire attention à ne pas trop insonoriser les cloisons. Les appartements trop silencieux donnent des angoisses aux locataires. Ils se sentent seuls et ce n’est pas bon pour leur moral. Le bruit des autres c’est la musique d’ambiance des pauvres. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p.98 | 09-10-2020 |
| 2127 | Littérature | Sur terre il y a moi, étouffé par 6 milliards d’autrui. Et ça augmente, 232000 habitants de plus chaque jour. Faut pas s’étonner après, si on ne trouve pas de caddie au supermarché. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p. 74 | 09-10-2020 |
| 2126 | Littérature | Ce qu’on fait à plusieurs et quelques fois mieux. Regardez les cathédrales, ils se sont mis à plusieurs pour les construire. C’est quelquefois pire aussi... Pensez à la tour de Babel et au concours de l’Eurovision... | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p. 66 | 09-10-2020 |
| 2125 | Littérature | Selon les études, 12% de la population française seraient concernés par la solitude. Les 88 % restant souffrent de la multitude. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p. 27 | 09-10-2020 |
| 2124 | Littérature | Mon répondeur est vide, pas de message, personne à qui répondre. Que ceux qui m’appellent et me demandent s’ils me dérangent, sachent une fois pour toutes : on me dérange quand on ne m’appelle pas. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p. 25 | 09-10-2020 |
| 2123 | Littérature | J’arrive à cette ultime solitude, où tous mes contemporains disparaissent. Je deviens l’ancien combattant qui raconte à des gens qui ne l’écoutent pas une guerre qu’il a peut-être inventée. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p. 24 | 09-10-2020 |
| 2122 | Littérature | Les Anglais ont deux mots pour parler de la solitude : Loneliness, "seul, sans l’avoir choisi" et solitude, "seul, quand on a choisi de l’être". Pour désigner la pire est la meilleure des choses, le français n’a qu’un mot, pas besoin de deux, on lit sur son visage. Il n’a pas le flegme britannique. | J. Louis Fournier, "Je ne suis pas seul à être seul", p. 20 & suiv. | 09-10-2020 |
| 2113 | Littérature | Pour ce qui est du restaurant, Atik ne sait pas si son oncle en est le patron ou non, et j’ai l’impression d’avoir soulevé une question qu’il ne s’est jamais posée et qui soudain l’inquiète. car ce n’est pas la même histoire, son avenir ne sera pas le même s’il débarque chez un oncle qui a monté son affaire et règne, débonnaire est tyrannique, sur un petit monde de serveurs empressés et de clients fidèles, ou chez un pauvre diable payé au noir pour faire la plonge dans une arrière-cuisine plein de cafards. | Emmanuel Carrère, "Yoga", p. 329 | 28-09-2020 |
| 2111 | Littérature | Tu connais la différence entre "like" et "love" ? Tu "like" une fleur, tu la cueilles. Tu la "love", tu l’arroses. Celui qui a compris ça a compris la vie. | Emmanuel Carrère, "Yoga", p. 264 | 28-09-2020 |
| 2109 | Littérature | Je n’ai jamais pour ma part été un lecteur de poésie. Tout en le regrettant, je me suis même considéré toute ma vie comme totalement bouché à la poésie. Mais Olivier m’a apporté la merveilleuse anthologie de la poésie française de Jean-François Revel, que je possédais sans l’avoir pratiquement jamais ouverte depuis des dizaines d’années, depuis le temps où nous croisions son auteur poussant son caddie rempli de bouteilles de pinard au Codec de Paimpol, et dans cette horriblement mauvaise passe, elle m’a rendu la vie plus supportable. | Emmanuel Carrère, "Yoga", p. 241 | 27-09-2020 |
| 2108 | Littérature | C’est ainsi que nous nous retrouvons tous les deux au dernier étage d’un bâtiment moderne en lisière de l’hôpital, devant un sexagénaire en blouse blanche, cordial, l’œil bleu et vif, l’autorité tranquille caractérisant ce qu’il est convenu d’appeler un grand ponte bien qu’on n’ait jamais entendu parler de petit ponte [...] | Emmanuel Carrère, "Yoga", p. 218 | 27-09-2020 |
| 2106 | Littérature | L’expérience de la méditation, quand c’est bien, c’est une façon inconditionnelle d’être bien. On est bien parce qu’on est là. On est bien parce qu’on n’est nulle part mieux que là où on est. Habitant ce corps-là, tranquillement posté à la frontière entre ce qui est soi et ce qui n’est pas soi, entre le dehors et le dedans, et se sentant vivre. Pas faire quelque chose : seulement vivre. Ça n’a rien d’extraordinaire, c’est le contraire : l’ordinaire même. La vie qui coule en soi comme le sang dans les veines. Normale, banale un peu désamarrée, seulement, de son commentaire. Quand on accède à cet état ordinaire, on se dit que c’est tellement simple, tellement normal, qu’on devrait pouvoir y accéder à tout moment. C’est là tout le temps, il suffit d’y être aussi. C’est une chambre à l’intérieur de soi, il suffit de pousser la porte pour y entrer quand on veut. Erreur, illusion de propriétaire. La chambre est toujours là, c’est vrai, rien n’est plus simple que d’y entrer mais on n’y entre pas quand on veut parce que c’est simple, oui, mais nous ne le sommes pas. | Emmanuel Carrère, "Yoga", p. 131 & suiv. | 24-09-2020 |
| 2103 | Littérature | L’ennui est à l’origine de bien des maux : il corrompt l’image que nous avons de nous-même et nous rend hargneux envers les autres, que nous tenons pour responsables de la morosité qui nous hante jour après jour. | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 22-09-2020 |
| 2102 | Littérature | D’après lui, je n’y allais pas «avec le dos de la cuillère» mais ses reproches n’allaient jamais plus loin car il savait que je n’étais jamais cruelle. Tout au plus me recommandait-il de bien veiller à ne pas laisser ma vie personnelle influer sur mes jugements. À quoi j’avais bien eu envie de lui rétorquer que tout ce que nous faisons, sans exception, est influencé par notre vie personnelle... | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 22-09-2020 |
| 2101 | Littérature | Quand on te l’arrache d’un coup, le bonheur devient comme l’Albanie : un pays aux frontières fermées. | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 22-09-2020 |
| 2100 | Littérature | Chacun de nous est éphémère, et c’est ce qui permet à la vie d’être en même temps grotesque est infiniment précieuse. Tous, nous allons droit vers l’inconnu, et nous passons la majeure partie du trajet à perdre bêtement le peu de temps qui nous est alloué en nous fourrant dans des situations, des obligations dont nous ne voulons pas, en esquivant la possibilité de réaliser nos rêves. En restant immobiles au lieu d’avancer. En nous privant nous-mêmes de tant de choses. | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 22-09-2020 |
| 2097 | Littérature | Je me rendais compte que j’étais plutôt douée pour le travail que j’avais dégoté dans l’édition. La première semaine, Jack m’avait fourni quelques règles professionnelles de base : "Ne te figure jamais que tu peux écrire à la place d’un auteur. Garde toujours à l’esprit d’un écrivain, quels que soient sa réussite et/ou son talent, est un amas ambulant d’insécurité et de névroses. Ton travail, c’est de gérer tout leur passif, y compris leurs doutes par rapport à eux-mêmes, leur crainte de l’échec, et l’inquiétude de ne jamais parvenir à reproduire leurs succès passés, s’extraire de la masse ou boucler le prochain chapitre. il faut aussi que tu comprennes que l’écriture, c’est du bluff, un abus de confiance qu’on s’accorde à soi-même, et que les auteurs sont obligés de réitérer chaque jour. Ce qui fait que la majorité d’entre eux sont en même temps dénués d’assurance et terriblement narcissiques. [...] Il faut savoir quand faire preuve d’indulgence et quand être ferme, et évaluer la tolérance de chaque auteur pour les critiques constructives. Ceux qui voient comme un sacrilège le fait de modifier le moindre mot de leur manuscrit sont particulièrement difficiles à gérer ; mais il y a aussi ceux qui se pointent toutes les deux semaines avec l’air de ne pas avoir fermé l’œil depuis des jours, une vingtaine de pages froissées entre les mains, pour te demander ton opinion. [...] Tu ne dois pas avoir peur de faire remanier complètement un manuscrit, mais sache que l’auteur ne s’y pliera qu’à condition de voir que tu as ses intérêts à cœur, et si tu es capable de lui faire saisir l’intelligence et la clarté de ta vision éditoriale. La clé, c’est d’être maligne, mais jamais arrogante". | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 14-09-2020 |
| 2096 | Littérature | Bravo, tu as décroché ton premier vrai boulot, m’a félicitée Rachel sur le chemin du retour. — J’ai l’impression de me faire passer pour ce que je ne suis pas. — Il va falloir t’y habituer. C’est le cas pour presque tout le monde, même les plus grands... Surtout les plus grands, d’ailleurs. | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 12-09-2020 |
| 2095 | Littérature | Les gens qui prétendent détenir toutes les réponses, savoir où aller et connaître un système pour que tout fonctionne... ceux-là sont généralement aussi rigides et doctrinaires que les tyrans qu’ils cherchent à renverser. | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. | 09-09-2020 |
| 2093 | Littérature | Beethoven, lors de la première représentation de sa 9e symphonie, était placé sur scène près du chef d’orchestre, et battait la mesure du pied au même rythme que les vibrations des instruments, sans pouvoir discerner une seule note de ce qu’il avait composé. | Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard, livre 3. C’est sans doute à partir de ce genre d’anecdotes qu’est né l’aphorisme suivant : "Beethoven était tellement sourd que pendant toute sa vie il a cru qu’il faisait de la peinture"... | 09-09-2020 |
| 2089 | Littérature | Il ouvrit la mallette de Gilbert Ducourtay et constata que le métier de son propriétaire consistait à vendre des missiles sol-sol et divers appareillages de détection électronique dont certains se distinguaient par le label Spécial Anti-Guérilla, souligné en lettres rouges. Il compulsa rêveusement ces documents, où étaient détaillées les capacités destructives des différents engins, de la même façon qu’un catalogue de frigos ou de chaînes hi-fi donne au client la capacité en litres ou la puissance en watts, puis les remit à leur place lorsque l’hôtesse lui apporta son plateau-repas. | Le Poulpe - Chili incarné, Gérard Delteil. | 07-09-2020 |
| 2088 | Littérature | À La Paz, comme dans beaucoup de villes d’Amérique du Sud, il existe deux codes de la route : le code officiel, consigné dans les manuels, et le code officieux qui donne la priorité absolue au plus gros, au plus dangereux et au plus décidé. Ce dernier ne donne aux piétons que le droit de courir très vite pour ne pas se faire écraser. | Le Poulpe - Chili incarné, Gérard Delteil | 01-09-2020 |
| 2087 | Littérature | Tu sais ce qu’a dit Einstein à propos de la folie ? Que c’est faire la même chose encore et encore en espérant que la situation ne change. L’Irlande du Nord applique ça à la lettre depuis l’extinction des dinosaures. | Douglas Kennedy, La symphonie du hasard, Livre 2. | 31-08-2020 |
| 2079 | Littérature | Lorsque j’étais matelot dans la marine marchande suédoise, au début des années 1960, on déversait toutes les ordures par-dessus bord, la seule règle étant d’observer la direction du vent. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 87 | 06-08-2020 |
| 2075 | Littérature | Et puis Tom avait déclaré qu’il n’aimerait pas être une vache. — Tu décides jamais rien. Tu réfléchis pas. On te met dans un pré, tu broutes, on t’agrafe une étiquette dans l’oreille et tu finis sous emballage à Carrefour. Tu as rien fait de ta vie. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 778 | 06-08-2020 |
| 2074 | Littérature | Un pâle éphèbe aux paupières bistre la suit. Il porte les renards argentés d’Elena comme s’il tenait les pantoufles du pape. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 767 | 06-08-2020 |
| 2073 | Littérature | — Hortense Cortès, c’est ma fiancée. On va se marier. — Ta fiancée ? bredouille Tom. Mais... — On attend encore un peu avant de l’annoncer. — Comme tu veux, dit Tom. Après tout, il est bien amoureux, lui, une fille qui a les doigts coupés et se demande ce que deviennent les chaises quand elle a le dos tourné. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 766 | 06-08-2020 |
| 2072 | Littérature | Au début, il se disait ce n’est qu’imagination de ma part, j’ai si peu d’amis que je me précipite sur la première personne qui peut remplir ce rôle. Et puis il a bien fallu qu’il se rende à l’évidence, elle lui manque, et en grande quantité. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 633 | 06-08-2020 |
| 2071 | Littérature | L’homme est fin commerçant et excellent tailleur. Il a de longues mains blanches, de belles dents, des yeux très bleus. Myosotis. Des yeux qui, dès que vous entrez dans sa boutique, prennent vos mesures et calculent les retouches. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 628 | 06-08-2020 |
| 2070 | Littérature | La vie est tellement belle quand on est d’accord avec elle. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 603 | 06-08-2020 |
| 2069 | Littérature | La directrice n’est pas femme gracieuse. Ni généreuse. Elle affiche envers ses subalterne une courtoisie glaciale qui tourne à la flagornerie mielleuse face à un supérieur. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 518 | 06-08-2020 |
| 2068 | Littérature | Il le rendra jamais, ce livre. Il dira qu’il l’a perdu. Et il se fera des petits sandwichs de mots, le soir. | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 473 | 06-08-2020 |
| 2067 | Littérature | Henriette fait partie de ces gens qui confondent sensibilité et sensiblerie. Elle s’émeut devant des peluches mécaniques, mais rambarde la mère en larmes dont l’enfant agonise et qui attend dans le hall le médecin appelé en urgence. Tant de simagrées pour une angine ! | Katherine Pancol, "Trois baisers" (édition de poche), p. 464 | 06-08-2020 |
| 2066 | Littérature | Suzon est affalée devant la télé ou passe une émission de téléréalité. Un groupe de fille avec un QI d’éponge de mer se disputent un string en s’insultant. | Katherine Pancol , "Trois baisers" (édition de poche) , p. 394 | 06-08-2020 |
| 2065 | Littérature | Elle a vu ça un jour dans un film américain. Un millionnaire distribuait son argent. Un million par-ci, un million par-là, il marchait dans la rue et faisait le bonheur des gens. Et le type, après avoir tout donné, sifflotait, les doigts dans les bretelles. Heureux. En paix. Parce qu’il avait sorti des gens du pétrin ? Peut-être bien, mais surtout parce qu’il était d’accord avec lui-même, d’accord avec la vie qu’il entendait mener. | Katherine Pancol , "Trois baisers" (édition de poche) , p. 306 | 06-08-2020 |
| 2064 | Littérature | Joséphine sourit de son vieux sourire héroïque qui assure ça va bien, très bien, alors qu’elle s’émiette et cherche la pelle et la balayette. | Katherine Pancol , "Trois baisers" (édition de poche) , p. 290 | 06-08-2020 |
| 2063 | Littérature | Il est tombé droit à terre. Ma pauvre femme ! Va chercher le vinaigre pour lui tamponner les tempes, je vais déboucher un alcool qui le ramènera à lui. Ciel ! Je titube et chancelle. Dieu, si tu m’entends, j’entretiens tes curés pendant vingt ans et fournis le vin et les hosties ! | Katherine Pancol , "Trois baisers" (édition de poche) , p. 278 | 06-08-2020 |
| 2061 | Littérature | Fin lettré, amoureux des belles lettres, Thierry le Luron possède une magnifique bibliothèque qu’il entretient jalousement, ainsi que le souligne récemment dans ces pages littéraires le journal Le Monde : "Les livres que j’y tiens, c’est rien que moi qui s’en occupe." | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2060 | Littérature | Je trouve très drôle [...] que, tandis qu’à longueur d’antenne on nous exhorte sans répit à la sobriété au volant, que ceux qui devraient nous montrer l’exemple roulent à tombeau ouvert sur un circuit baptisé Ricard. | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2059 | Littérature | — Est-ce que ça vous gêne si on dit qu’il y a une petite part de Coluche chez vous ? — Du moment que la petite part de Coluche c’est pas le casque et la moto, vous pouvez y aller, au contraire je suis très touché... | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2058 | Littérature | Noël, c’est le seul jour de l’année où les hommes se conduisent comme les oies du Périgord, mais sans se forcer. | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2057 | Littérature | Il m’apparaît important de répondre ici [...] à un éditorial outragé de M. Robert Cusin qui chapeaute chaque semaine la rubrique "Courrier" de l’hebdomadaire Télé 7 jours, rubrique où s’exprime le plus souvent la pudeur frileuse de la France profonde, éternelle et soi-disant silencieuse mais qui ferme rarement sa gueule. | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2056 | Littérature | C’est un 1er avril que j’ai perdu l’ensemble de ma famille dans un épouvantable accident de trolleybus, et rien ne m’est plus pénible que cet anniversaire tragique au cimetière du Père-Lachaise dont je rentre à chaque fois le visage trempé de larmes et le dos couvert de poissons. | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2055 | Littérature | Que deviendrait le français moyen sans le pont ? Le pont n’est-il pas la plus grande conquête sociale de la France depuis 1936 ? Qu’est-ce qui fait bouger les Français ? Qu’est-ce qui les fait courir et s’agiter ? La Pologne ? Le Salvador ? L’Afghanistan ? Les enfants qui crèvent de Tamanrasset à Kampala ? Non, c’est les ponts ! D’un bout à l’autre de l’année, la France vibre, exulte, et s’exalte parce que, du 1er janvier au 31 décembre, la France est peuplée d’une bande de ponts ! | Desproges par Desproges, Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 06-08-2020 |
| 2050 | Littérature | Elle aime l’autobus. Les pom-pschitt des portes qui s’ouvrent et se referment, le dring-dring du carillon, les chaos sur les pavés, les lettres rouges qui affichent "Arrêt demandé". | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 206 | 18-07-2020 |
| 2049 | Littérature | Il n’a plus beaucoup de temps à consacrer à Zoé même s’il jure qu’il l’aime grand comme un éléphant blanc au volant de sa Ferrari. C’est ce qu’il écrit en phonétique dans ses SMS et elle le croit. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 200 | 18-07-2020 |
| 2048 | Littérature | Au Moyen-Âge, arborer des vêtements rayés était mal vu. Seuls les exclus, les réprouvés, les lépreux, les prostituées, les hérétiques, les bouffons, les jongleurs, les traîtres, les félons en portaient, signant ainsi leur infamie. Les rayures étaient l’emblème et du diable comme la couleur jaune le symbole de la trahison, la tromperie et la maladie. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 196 &suiv. | 18-07-2020 |
| 2047 | Littérature | Ils restent face à face, l’air devient plus blanc, les recouvre d’une couche de nacre. Elle, rayonnante, apaisée. Lui, tremblant, à moitié asphyxié. Il a oublié comment on respirait. La sonnerie de l’école retentit. Il faut rentrer. Il n’arrive pas à faire un pas. Où va-t-elle s’asseoir dans la classe ? | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 159 | 18-07-2020 |
| 2046 | Littérature | Cette fille ! Elle a ouvert une succursale à son nom dans ma tête. Je vais y penser tout le temps. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 136 | 18-07-2020 |
| 2045 | Littérature | – Madame Mondrichon, dit madame Filières, je vous présente Dakota. Dakota Cooper. Elle va rejoindre votre classe. Elle arrive de New York... Madame Filières a prononcé New York comme si la nouvelle débarquait de la lune avec des bottes d’astronaute et un seau rempli d’étoiles filantes. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 98 | 18-07-2020 |
| 2044 | Littérature | Un ballet de colère. Il l’observait, les yeux fuyants, volait la tristesse dans un regard, la solitude dans un faux sourire. Il cherchait des adjectifs pour la décrire en français. En russe, il en avait un paquet ! | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 43 & suiv. | 18-07-2020 |
| 2043 | Littérature | Quand on a grandi à Aramil, dans le vent gris, le sable sale, la boue, la seule chose qu’on cherche à apprendre, c’est comment faire descendre la lumière en soi. Sans l’aide de personne. Parce que, après, on est sûr d’être heureux tout le temps. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 43 | 18-07-2020 |
| 2042 | Littérature | Quand on espère très fort, les choses se réalisent. Faut juste pas lâcher son rêve. Lui donner une petite pichenette de temps en temps, histoire de le requinquer. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 37 | 18-07-2020 |
| 2041 | Littérature | La nuit était noire sauf là où il y avait des étoiles. | Katherine Pancol, Trois Baisers, p. 33 | 18-07-2020 |
| 2034 | Littérature | — L’inspecteur principal Van Dyke ? Et c’est à quel sujet, mademoiselle ? Alice avait instantanément détesté le policier, trop mièvre, trop curieux et trop inerte. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 18 | 10-07-2020 |
| 2033 | Littérature | Mais le monde réel n’était pas aussi docile que les jeux d’enfants auxquels elle se livrait encore, dans la solitude de sa chambre ou du grenier. On n’y transformait pas aussi facilement quelques poupées et décors de papier en château de princesse florentine ou en navire magique de quelque fée marine d’inspiration celtique. Ici on était dans le monde dur et concret des adultes. Avec le bruit des fax et des machines à écrire. Avec l’éclairage du néon. Et avec les problèmes. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 46 | 10-07-2020 |
| 2032 | Littérature | Sa tête heurta quelque chose de dur et la douleur le recouvrit quelques instants d’un voile éblouissant. Lorsqu’il put prendre à nouveau pleinement conscience de la situation, il régnait un silence de mort dans tout le supermarché. Seule la musique d’ambiance égrainait sa rumba synthétique, imperturbable. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 79 | 10-07-2020 |
| 2031 | Littérature | De nombreuses voitures étaient garées devant les trottoirs. Elle eut une pensée fugitive de bonheur, de maison, de repas du soir et d’émissions de télévision regardées dans la chaleur et le confort des divans de cuir profonds. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 92 | 10-07-2020 |
| 2030 | Littérature | Guzman avait pour l’apparence vestimentaire autant d’intérêt qu’un cosmonaute en tenue de sortie pour une pince à sucre. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 146 | 10-07-2020 |
| 2029 | Littérature | L’homme qui leur ouvrit la porte était jeune, blond, portait un costume bleu à fines rayures ton sur ton et une cravate de soie valant un bon mois de salaire d’un inspecteur de base. Son visage était avenant et armé d’un sourire valant vingt fois, au moins, le prix de la cravate. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 160 | 10-07-2020 |
| 2028 | Littérature | Anita pénétra dans le salon, à peine plus grand qu’une nef d’église, avec le sentiment d’être chaussée de sabots crottés, revenant de l’étable avec un seau à lait, ou quelque chose dans ce goût-là. | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 161 | 10-07-2020 |
| 2027 | Littérature | — Qu’est-ce que vous faites dans la vie, monsieur Zukor ? Il eut un petit rire bref, irrépressible. Ses yeux se plissèrent malicieusement, sans qu’il y puisse rien. — Là, très franchement, j’ai peur que nous n’ayons pas assez de toute la nuit pour éclaircir ce mystère. C’est une question que je me pose sans arrêt... | Maurice Dantec, La Sirène Rouge, p. 367 | 10-07-2020 |
| 2026 | Littérature | L’ambassadeur se disposait d’avance à obéir à tous, à applaudir n’importe quel propos, à approuver les décisions les plus absurdes pourvu qu’ils émanent de la divinité à laquelle, pour toujours, il avait dédié sa vie : l’autorité. Et cela, quelque forme qu’elle prît : le pouvoir politique, la richesse, la supériorité hiérarchique. | Jean-Christophe Rufin, Le Flambeur de la Caspienne, p. 221 | 08-07-2020 |
| 2025 | Littérature | — C’est un homme qui voit très loin. Un joueur d’échecs... Aurel n’avait jamais compris pourquoi on prêtait aux joueurs d’échecs de telles aptitudes dans la vraie vie. Lui-même pensait être un joueur convenable et il avait enchaîné les choix stupides et les décisions calamiteuses. | Jean-Christophe Rufin, Le Flambeur de la Caspienne | 08-07-2020 |
| 2024 | Littérature | — Bon, comment cela s’est-il passé ? Vous avez pris quel sénateur, finalement ? — celui du Tarn, et je n’ai pas regretté. Ça n’aurait pas marché aussi bien avec le communiste breton ou le gynécologue centriste... | Jean-Christophe Rufin, Le Flambeur de la Caspienne, p. 179 | 08-07-2020 |
| 2023 | Littérature | Ce n’est jamais en vain que l’on tend la main à un homme politique. Fût-il sur son lit de mort, il aura toujours le réflexe de la serrer et de sourire. | Jean-Christophe Rufin, Le Flambeur de la Caspienne, p. 173 | 08-07-2020 |
| 2022 | Littérature | Aurel s’efforçait de sourire mais cette expression ne lui allait pas. Elle faisait apparaître ses petites dents mal plantées et plissait son gros nez. Il avait l’air de quelqu’un qui a repéré une mauvaise odeur dans la pièce et qui cherche d’où elle provient. | Jean-Christophe Rufin, Le Flambeur de la Caspienne, p. 112 | 08-07-2020 |
| 2021 | Littérature | Il ouvrit la fenêtre, posa sur le rebord un verre et la bouteille. Il resta ainsi, à déguster son vin, humant le vent salé qui s’était levé et amenait de la mer des odeurs de déserts et des souvenirs d’empires engloutis. | Jean-Christophe Rufin, Le Flambeur de la Caspienne, p. 53 | 08-07-2020 |
| 2018 | Littérature | Quand j’y repense, c’était du beau spectacle le film San Andreas, le tremblement de terre, les seins de la guichetière, il y a pas à dire, les américains ils savent inventer les catastrophes naturelles avec les effets spéciaux. | Julie Estève, "Simple" | 01-07-2020 |
| 2005 | Littérature | Les mots des livres sont comme des vagues nées à l’autre bout du monde qui rejoignent nos vies en se fracassant sur nos falaises ou en glissant avec douceur sur une plage de sable fin. | Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 58 | 29-05-2020 |
| 2004 | Littérature | Je n’ai trouvé ce que je cherchais que quand je ne le cherchais plus. | Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 79 | 29-05-2020 |
| 2003 | Littérature | Je pense que la notion de développement personnel est vraiment née avec les enfants de mai 68. Pour nos parents, sans doute au regard des souffrances vécues par leurs propres parents avec la guerre, réussir sa vie consistait assez simplement à fonder une famille, avoir les moyens matériels de vivre et de partir en vacances, et se nourrir suffisamment pour ne jamais connaître la faim. Aujourd’hui, la dimension matérielle est passée au second plan, la question alimentaire ne se pose plus dans les mêmes termes dans un pays occidental où l’enjeu est davantage de "bien" manger que de se nourrir assez, et il existe plein de personnes qui se sont affranchies de l’idée de famille qui n’est plus considérée comme un incontournable de la réussite. | Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 179 & suiv. | 29-05-2020 |
| 2002 | Littérature | Accepter qu’il y a une part de ma vie que je ne maîtrise pas et tout aussi important que de savoir mettre ma volonté à l’action pour obtenir ce que je veux vraiment. | Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 181 | 29-05-2020 |
| 2001 | Littérature | Hugo avait la tête à l’envers, Maupassant s’était retrouvé dans les polars et Racine avait rejoint la table des nouveautés. | Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 226 | 29-05-2020 |
| 2000 | Littérature | Quand tu auras appris à espérer, je t’apprendrai à vouloir. | Sénèque, cité par Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 241 | 29-05-2020 |
| 1999 | Littérature | Les livres ont des grands bras qui s’ouvrent avec les pages. Ils accueillent les yeux qui se posent sur eux. Les mains qui les prennent, trapues, calleuses ou soignées, douces, blanches ou brunes, ridées ou juvéniles, les adoptent le temps d’une lecture. Les livres attendent ces adoptions, ils savent être reconnaissants à celui qui les aime en lui donnant souvent ce qu’il cherche : de la tendresse et de l’émotion, du frisson et de l’exotisme, de l’intelligence et des pistes nouvelles pour comprendre ce monde et parvenir à y vivre. | Éric de Kermel, "La librairie de la place aux herbes", p. 278 | 29-05-2020 |
| 1996 | Littérature | Voyez mes pattes, voyez mes ailes ! Une chauve-souris (avisée) prise au piège d’un prédateur s’exclamera "voyez mes pattes" si celui-ci est ennemi des oiseaux, ou bien "voyez mes ailes" s’il est ennemi des souris. | Jean de la Fontaine, La Chauve-souris et les Deux Belettes. | 25-05-2020 |
| 1995 | Littérature | Il n’y a personne de plus vulnérable que celui qui n’imagine pas plus fin, plus malin, plus intelligent que lui. Son angle mort crée une forme d’engourdissement cognitif. Il se retrouve dans la situation du vaniteux qui s’attend en permanence à un compliment comme une otarie à un anchois. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 206 & suiv. | 24-05-2020 |
| 1994 | Littérature | Samuel lui avait dit : « Fais quelque chose de ton indignation. – Que veux-tu que j’en fasse ? – Inscris-toi dans une association, par exemple. – L’association des indignés et des atrabilaires ? – Non, un truc pour défendre les femmes battues, les animaux en voie de disparition, un truc pour lutter contre la pêche à la dynamite ou la montée des eaux, quelque chose dans ce goût-là. – Je décide de ne pas te prendre au sérieux, Samuel Beauchard, sinon ça pourrait me mettre très en colère. ». | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 180 | 24-05-2020 |
| 1993 | Littérature | Stella grimpait sur le muret, se penchait et agitait son bras à travers la grille, elle envoyait des baisers à sa mère, et, s’étant acquittée de ce rituel aussi important pour elle que pour Gloria, elle sautait du muret, repartait en courant, refranchissait la faille spatio-temporelle qui lui permettait de réintégrer l’appareil de sa vie de fillette de trois ans, elle agitait sa chevelure, s’égosillait dans le tumulte et courait avec tout le discernement d’une bille de flipper. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p.167 | 24-05-2020 |
| 1992 | Littérature | Tonton Gio n’avait aucune confiance dans la médecine officielle : il supportait les chirurgiens (parfois il faut tout ouvrir) mais les médecins généralistes n’était pour lui qu’il le vaste blague uniquement destiné, au même titre que la religion, à rassurer les cons. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 144 | 24-05-2020 |
| 1991 | Littérature | [...] Antoinette Demongeot n’était pas une grand-mère qui vous coupe votre jambon en morceaux, vous file des chips en douce, vous propose de l’aider à faire de la gelée de groseilles, vous supplie d’endosser une petite laine quand vous sortez, s’inquiète de vous voir fatigué en pensant que vous n’avez pas assez mangé, tricote en écoutant la radio et vous apprend à identifier le chant de la grive quand elle imite le merle. | Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, p. 86 | 24-05-2020 |
| 1990 | Littérature | Notre véritable famille et innombrable. Même si nous ignorons qui est cet être que nous avons croisé le temps d’un instant vertigineusement court. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 352 (dernière phrase du livre – son dernier). | 22-05-2020 |
| 1989 | Littérature | Jusque vers 1850, on trouve quelques rares habitants à l’année. Par la suite, l’île redevient un désert. Ces hôtes provisoires ont disparu aussi discrètement qu’ils étaient venus. Peut-être a-t-elle levé sa main de pierre pour leur souhaiter bon vent ? | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 273 | 22-05-2020 |
| 1988 | Littérature | Les vérités sont comme des bateaux. Il faut les piloter en gardant le cap. Éviter les écueils et les récifs. Adapter la vitesse et la voilure. Les vérités voyagent, elles aussi, dans ma tête et dans ma vie. Pour qu’elles survivent, je dois parfois les remettre en question et les modifier. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 229 | 22-05-2020 |
| 1987 | Littérature | Bientôt je n’ai plus rien vu du tout. Les arbres et les rochers formaient un puzzle varié à l’infini. Impossible de discerner un motif identifiable qui aurait pu m’aider. Je pouvais être tout près du sentier ou très loin au contraire. Le diable m’avait suivi de son pas silencieux, effaçant tous les indices. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 211 | 22-05-2020 |
| 1986 | Littérature | Il y a deux sortes de conteurs, toujours en lutte. L’un enfouit et dissimule, tandis que l’autre exhume et dévoile. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 181 | 22-05-2020 |
| 1985 | Littérature | En Afrique, j’ai vu beaucoup de belles femmes porter des montres-bracelets qui ne fonctionnaient pas. Elles les portaient comme des bijoux et non pas pour consulter l’heure. Elles aussi m’ont’enseigné que le temps ne devrait pas toujours être autorisé à régner. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 198 | 22-05-2020 |
| 1984 | Littérature | La vie consiste la plupart du temps en hasards qui viennent pour ainsi dire à notre rencontre. Tout tient à notre capacité de prendre des décisions conscientes face à la situation ainsi créée. | H. Mankell, "Sable Mouvant", p. 122 | 22-05-2020 |
| 1980 | Littérature | La vie consiste la plupart du temps en hasards qui viennent pour ainsi dire à notre rencontre. Tout tient à notre capacité de prendre des décisions conscientes face à la situation ainsi créée. | H. Mankell, Sable Mouvant, p. 122 | 08-05-2020 |
| 1979 | Littérature | Je respecte ceux qui croient en une vie après la mort, mais je ne les comprends pas. Il me semble que la religion n’est qu’une excuse pour repousser les conditions de l’existence. Qui sont : ici et maintenant, et rien d’autre. Sur lesquelles se fonde aussi ce que notre existence a d’unique, de merveilleux. J’ai laissé derrière moi le sable mouvant et j’ai commencé à me construire un courage fondé sur le constat que je ne me débarrasserais jamais totalement de ma peur et que j’acceptais cet état de fait. Simplement, il me fallait être le plus fort. Je n’avais pas le choix. Je devais maîtriser la peur, ne pas me laisser maîtriser par elle. | H. Mankell, Sable Mouvant, p. 112. | 07-05-2020 |
| 1977 | Littérature | Elle sourit à Pete. Comme un requin sourit à un pied pendouillant d’un radeau. | Tim Cockey, Le croque-mort est bon vivant. | 06-05-2020 |
| 1849 | Littérature | Il ne faut généralement pas très longtemps pour deviner, dans une relation, à quel type de femme on a affaire. En l’espèce, dès les premières secondes, je compris que Winona Mapachee, Algonquine par son père, Irlandaise par sa mère, appartenait à la catégorie de celles qui vivent avec la conscience, à chaque seconde, de ce que la vie est beaucoup trop courte et précieuse pour accepter de la ralentir dans les files d’attente des problèmes subalternes. | Jean-Paul Dubois, "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon". p. 170 & suiv. | 21-03-2020 |
| 1848 | Littérature | Durant l’élévation, l’orchestique veut que l’officiant soulève le ciboire et le maintienne en l’air à bout de bras, le temps de réciter ses incantations. Mais dans le cas qui nous intéresse, le prêtre de garde, prisonnier de son obésité et des solides coutures des emmanchures de son déguisement, fut incapable de soulever la coupe au-dessus du niveau de son menton. Le geste manquait évidemment de grâce et s’apparentait à la requête d’un client secouant son verre vide à la barbe du barman. | Jean-Paul Dubois, "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon", p. 89 | 19-03-2020 |
| 1847 | Littérature | J’ai compris très tôt que mon père ne serait jamais un vrai français, un de ces types convaincus que l’Angleterre a toujours été un lieu de perdition et le reste du monde une lointaine banlieue qui manque d’éducation. | Jean-Paul Dubois, "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon", p. 61. | 17-03-2020 |
| 1839 | Littérature | L’éthique c’est le non-zèle par rapport à la règle. C’est la compréhension de la règle, et le discernement. | Cynthia Fleury | 15-03-2020 |
| 1834 | Littérature | - Je ne savais pas que ça faisait partie de vos attributions. - Ça n’en fait pas partie, mais s’il fallait qu’on ne fasse que ce qui fait partie de nos attributions, la vie serait triste. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 39 | 28-02-2020 |
| 1833 | Littérature | Demain, il y a un enterrement à 16 heures. Un nouveau résident pour mon cimetière. Un homme de 55 ans, mort d’avoir trop fumé. Enfin, ça, c’est ce qu’ont dit les médecins. Ils ne disent jamais qu’un homme de 55 ans peut mourir de ne pas avoir été aimé, de ne pas avoir été entendu, d’avoir reçu trop de facture, d’avoir contracter trop de crédits à la consommation, d’avoir vu ses enfants grandir et puis partir, sans vraiment dire au revoir. Une vie de reproches, une vie de grimaces. Alors sa petite clope et son petit canon pour noyer la boule au ventre, il les aimait bien. On ne dit jamais qu’on peut mourir d’en avoir eu trop souvent trop marre. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 45 & suiv. | 27-02-2020 |
| 1832 | Littérature | - C’est tout ce que vous buvez ? - Je suis gardienne de cimetière, je ne bois que des larmes. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 67 | 27-02-2020 |
| 1831 | Littérature | Ses cheveux étaient tellement tirés est emprisonnés dans son chignon qu’on voyait les veines de ses tempes sous sa peau fine. Sa bouche était une ligne de désapprobation. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 87 | 27-02-2020 |
| 1830 | Littérature | Apprendre à lire c’est comme apprendre à nager. Une fois que les mouvements de la brasse sont acquis, que la peur de se noyer est passée, traverser une piscine ou un océan revient au même. C’est juste une question de souffle et d’entraînement. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 154 & suiv. | 27-02-2020 |
| 1829 | Littérature | Il y a une dizaine d’années, une très vieille tombe a été rachetée. Il a fallu jeter tout ce qu’il y avait dessus. On a tout nettoyé, on a tout mis dans une benne [...] J’ai trouvé une ancienne plaque avec écrit dessus "À mes chères disparues". Donc, je la jette dans la benne. Et puis je vois une dame, très bien sur elle, je tairai son nom par respect parce que c’est une gentille, une courageuse... Elle récupère cette plaque "À mes chères disparues" dans la benne et la fourre dans un sac en plastique. Je lui dis : "Mais enfin, qu’est-ce que vous allez faire de ça ?" Et elle me répond très sérieusement du tac au tac : "Mon mari n’a pas de couilles je vais lui en faire cadeau !" | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 174 & suiv. | 27-02-2020 |
| 1828 | Littérature | Ma grand-mère m’a appris très tôt comment cueillir les étoiles : la nuit il suffit de poser une bassine d’eau au milieu de la cour pour les avoir à ses pieds. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 247 | 27-02-2020 |
| 1827 | Littérature | Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais, mais aux graines que tu sèmes. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 327 | 27-02-2020 |
| 1826 | Littérature | Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leurs cercueils. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 360 | 27-02-2020 |
| 1825 | Littérature | - Pourquoi me montrer vous cette photo ? Vous recherchez cette dame ? - Non, non, je sais où elle habite. Claire ma souri comme on sourit à une folle, une malade, une veuve, une orpheline, une alcoolique, une inculte, une mère-qui-a-perdu-son-enfant. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 369 | 27-02-2020 |
| 1824 | Littérature | Quand j’étais jeune, j’ai voulu faire comme tout le monde, je me suis marié. En voilà une belle connerie, une idée stupide : faire comme tout le monde. Les bonnes manières, les faux-semblants et les idées reçues sont des assassins. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 437 | 27-02-2020 |
| 1823 | Littérature | Mettre la main dans les cheveux d’un enfant, c’est comme marcher sur les feuilles mortes en forêt quand débute le printemps. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 560 | 27-02-2020 |
| 1822 | Littérature | Dès qu’il a ouvert la bouche, j’ai senti la solitude se détacher de moi comme une peau morte. Sa voix m’a fait l’effet d’une éclaircie, comme s’il avait allumé un lampadaire au-dessus de ma tête. Comme quand une journée s’annonce foutue, qu’un ciel de plomb s’entrouvre et que le soleil perce d’on ne sait où pour allumer certains points du paysage. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 561 | 27-02-2020 |
| 1821 | Littérature | Là d’où je suis je souris car ma vie fut belle et surtout j’ai aimé. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 590 | 27-02-2020 |
| 1820 | Littérature | Ses parents n’avaient jamais changé les serrures. Pour quoi faire ? Qui aurait pu avoir envie d’entrer là-dedans et tomber sur le père perdu dans ses prières, la mère dans sa rancœur ? Deux cornichons dans un bocal de vinaigre. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 625 | 27-02-2020 |
| 1819 | Littérature | Je referme le journal d’Irène le cœur lourd. Comme on referme un roman dont on est tombé amoureux. Un roman ami dans ton a du mal à se séparer, parce qu’on veut qu’il reste près de soi, à portée de main. | Valérie Perrin, "Changer l’eau des fleurs", p. 640 | 27-02-2020 |
| 1810 | Littérature | Le courage, pour un avocat, c’est l’essentiel, ce sans quoi le reste ne compte pas : talent, culture, connaissance du droit, tout est utile à l’avocat. Mais sans le courage, au moment décisif, il n’y a plus que des mots, des phrases, qui se suivent, qui brillent et qui meurent. Défendre, ce n’est pas tirer un feu d’artifice : la belle bleue, la belle rouge, et le bouquet qui monte, qui explose et retombe en mille fleurs. Puis le silence et la nuit reviennent et il ne reste rien. | Robert Badinter (cité par Valérie Perrin dans "Changer l’eau des fleurs"). | 12-02-2020 |
| 1806 | Littérature | Il partit ensuite dans une longue tirade sur l’incompétence des Africains, leur insouciance et leurs défauts innombrables. «Je dois tout fermer à clé, affirmait-il. en secouant un lourd trousseau à sa ceinture. Et ne vous fiez pas à leur allure correcte. C’est le fruit d’un long combat (« le combat » du gérant consistait en une chemisette rose à manches courtes, dotée d’un nœud papillon, que tous les serveurs portaient comme une bonne farce). Aussitôt qu’ils ont quitté l’hôtel, continuait-il, ils retournent pieds nus dans leur case et dorment par terre ! ». | Jean-Christophe Grangé, "Le vol des cigognes", p. 208 | 08-02-2020 |
| 1805 | Littérature | Il partit ensuite dans une longue tirade sur l’incompétence des Africains, leur insouciance et leurs défauts innombrables. «Je dois tout fermer à clé, affirmait-il. en secouant un lourd trousseau à sa ceinture. Et ne vous fiez pas à leur allure correcte. C’est le fruit d’un long combat (« le combat » du gérant consistait en une chemisette rose à manches courtes, dotée d’un nœud papillon, que tous les serveurs portaient comme une bonne farce). Aussitôt qu’ils ont quitté l’hôtel, continuait-il, ils retournent pieds nus dans leur case et dorment par terre ! ». | Jean-Christophe Grangé, "Le vol des cigognes", p. 208 | 08-02-2020 |
| 1801 | Littérature | Je m’imagine que la mémoire a partie liée avec une sorte de lumière intérieure. L’oubli, c’est la lumière qui s’éteint dans différentes salles, différents rayonnages, à différents étages. Une main invisible dévisse les ampoules l’une après l’autre. Et ne les replace pas. L’oubli est obscurité. | Henning Mankell, Sables Mouvants – Fragments de ma vie. | 24-01-2020 |
| 1792 | Littérature | Nous ne disposerions pas de cette faculté essentielle qu’est l’imagination s’il ne s’agissait pas d’un trait nécessaire à notre survie. | Henning Mankell | 12-01-2020 |
| 1784 | Littérature | - Moi, ce que je dis, vous savez... j’en sais rien, en fait. Je ne le connais pas très bien. C’est une impression... Forisse se rapprocha de lui. - Et elle s’appuie sur quoi cette impression ? Le bouquiniste s’en prit à l’ongle de son pouce droit qu’il se mit à ronger nerveusement. | Bernard Enjolras, Jackpot dans le Léon, p. 95 & suiv. | 22-12-2019 |
| 1769 | Littérature | Pour animer la foire, il y avait des jongleurs, des acrobates et des musiciens qui passaient un chapeau ; des diseurs de bonne aventure, des chirurgiens et des prostituées en quête de chalands ; des épreuves de force, de lutte et des jeux de hasard. | Ken Follett, Les Piliers de la terre, Tome II. A la lecture du mot "chirurgien" on hésite entre le rire et l’effroi... :-) | 28-10-2019 |
| 1754 | Littérature | "Sweet are the uses of adversity, Which, like the toad, ugly and venomous, Wears yet a precious jewel in his head; And this our life, exempt from public haunt, Finds tongues in trees, books in the running brooks, Sermons in stones, and good in every thing". | "Doux sont les usages de l’adversité, Qui, telle un crapaud, laid et venimeux, Porte pourtant un joyau précieux dans sa tête; Telle est notre vie, exempte de hantise, Trouvant la langue dans les arbres, les livres dans les ruisseaux, Des sermons dans les pierres et le bien en toute chose." William Shakespeare. | 18-09-2019 |
| 1745 | Littérature | Il y a des guirlandes partout. Avec la lumière des néons, c’est étrange. Ça me rappelle ces caissières affublées d’un bonnet de Père Noël en décembre dans les grands magasins. Bref, il y a des mariages qui ne collent pas. | Valérie Perrin, Les oubliés du dimanche, p. (...je sais plus :-) | 09-09-2019 |
| 1744 | Littérature | Les avocats aux crevettes sont rebaptisés "surprises de la mer en mayonnaise" et les éclairs au chocolat "délices de sucre fourrés" . C’est un peu comme le potage de légumes quotidien. Il change de nom chaque jour alors que c’est de la flotte chaude. Le lundi, le breuvage se nomme "potage de saison", le mercredi, "velouté du jardin" et le vendredi, "soupe de légumes méli-mélo". Les résidents adorent avoir les menus de la semaine. C’est leur carte au trésor. À part la rubrique nécrologique du Journal de Saône-et-Loire, c’est la seule lecture qui les intéresse encore. | Valérie Perrin, Les oubliés du dimanche, p. 71 | 03-09-2019 |
| 1743 | Littérature | Mémé n’aime pas les blondes, quand elle en voir une à la télé, elle a un rictus. Un rictus invisible a l’oeil nu mais moi, dans cette famille, j’ai l’oeil habillé. | Valérie Perrin, Les oubliés du dimanche, p. 34 | 03-09-2019 |
| 1742 | Littérature | Le deuxième âge, c’est mes parents et ceux de Jules. Ils ont eu la sale idée de mourir ensemble dans un accident de voiture un dimanche matin. J’ai vu l’article que mémé a découpé dans le journal. C’est un article qui est censé être caché à condition de ne pas fouiller. Et j’ai vu la photo de la bagnole, aussi. | Valérie Perrin, Les oubliés du dimanche, p. 13 | 02-09-2019 |
| 1741 | Littérature | Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin ? Étonne-toi plutôt de le voir parvenu à un âge si avancé. Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt. Dans sa vieillesse, l’homme est donc rempli de misères, et le monde dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités. | Saint Augustin, sermon 81, cité par Jérôme Ferrari au début de son "Sermon sur la chute de Rome". Étonnante actualité pour ce texte datant du 5e siècle (8 décembre 410 :-) | 31-08-2019 |
| 1739 | Littérature | – Bon allez Michka, au travail ! Écoutez bien : antiquaire, disquaire, libraire, ébéniste... Quel est le terme générique qui les relie ? – La disparition ? | Les gratitudes – Delphine de Vigan – p. 57 | 28-08-2019 |
| 1738 | Littérature | Elle me scrute d’un oeil méfiant. – Qu’est-ce que c’est ? – Ce sont des exercices, spécialement conçus pour les personnes âgées – Pourquoi dites-vous « les personnes âgées » ? Vous devriez dire « les vieux ». C’est bien les vieux. Ça a le mérite d’être fier. Vous dites bien les jeunes », non ? Vous ne dites pas « les personnes jeunes » ? | Les gratitudes – Delphine de Vigan – p. 44 & suiv. | 28-08-2019 |
| 1737 | Littérature | – Mais enfin qu’est-ce que vous croyez, madame Seld ? Qu’on accueille ici n’importe qui, n’importe comment ? Mais vous rêvez ! Il n’y a pas de place pour tout le monde, vous le savez très bien ! Pas de place ! C’est pareil pour tout ! Quoi que vous fassiez, il faut passer des tests, des entretiens, des concours, des examens, des épreuves, des compétitions, des interrogatoires ! Vous devez montrer votre adhésion, votre implication, votre motivation, votre détermination ! À l’école, au travail, à l’université, partout, madame Seld, oui, partout, partout, partout, nous devons trier, sélectionner, élire ! Nous n’avons pas le choix. Distinguer le bon grain de l’ivraie, même dans les EHPAD ! Ainsi va le monde, ce n’est pas moi qui dicte les règles, mais c’est moi qui les applique ! Michka semble impressionnée. – Vous voulez dire qu’il faut montrer patte blanche. – Absolument : quels sont vos points forts, quelle est votre pire faiblesse, quels sont vos axes d’amélioration, quelle est votre marge de progression, votre indice de perfectibilité ? | Les gratitudes – Delphine de Vigan – p. 23 | 28-08-2019 |
| 1718 | Littérature | Casquée de cheveux noirs, elle se contentait d’être une jolie femme vulgaire. Elle était du genre de celles qui crânent et affectent la gaieté aussi longtemps qu’il y a des hommes pour les dévisager. Il est vrai qu’on vit, qu’on est ému, qu’on aime ou qu’on est séduit par le regard. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 392 & suiv. | 25-07-2019 |
| 1714 | Littérature | C’est magnifique s’écria-t-elle en regardant le sanglant du soleil s’élever au-dessus du cocotier de la cheminée d’en face. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 339 (Remarque : j’avais d’abord lu « coquetier » :-) | 18-07-2019 |
| 1713 | Littérature | Le docteur Foff vit dans la proximité des astres, susurre hypocritement l’affreux sac à pets. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 329 | 18-07-2019 |
| 1709 | Littérature | Vieux Lipscomb a posé doucement la noireté de sa main sur l’épaule de Jody. Il a fait un smile au Nindien, comme pour médiciner un cas de maladie qui rempirait. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 221 | 07-07-2019 |
| 1708 | Littérature | Avec quelles forces lutter, Seigneur Grand ? Personne n’y peut. Les chôges va comme elles doivent aller. Quo faire s’insurger contre la façon inéluctable du destin? Quant à la prière, ma foi! Même si sa pratique est de bon usage le Bon Djeu n’est pas une chaise à dossier vertical qu’on déplie à l’étape pour s’assir à son aise. L’absurde est là, afistolé de neuf par les ruses du Djiable. Il capote l’élan de la passion. Et après le carnage des revolvers, s’il reste quelque chose de la fragilité tenace de l’espèce humaine, une once de bon sens qui ressemble à un germe de vie, s’il reste les ruines d’une maison calcinée, les lamentations d’un vieux homme ou le coeur déchiré d’une fille, nul doute, les vautours s’en chargeront. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 165 | 06-07-2019 |
| 1706 | Littérature | Rien qu’en pensant à Bazelle si elle pouvait voir son homme, la bile du vieux planteur avait passé dans son sang. Il avait commencé à voir bleu, pis une faiblesse était venue derrière ses genoux. Le sol avait monté vers lui, une buée, un vertige. Il s’était senti doucement giguer le coeur dans la bouche et ploupe, une chute en avant, s’était retrouvé le nez apprivoisé par les herbes. C’était trop pour qu’il casse pas ses ceufs sous lui. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 60 | 03-07-2019 |
| 1705 | Littérature | Ferraille s’était placé derrière le chêne rouge. De derrière là, il faisait endurer un mauvais moment à Vieux Vaughn, dont seulement le poignet sortait de temps à autre pour lâcher un coup de feu au jugé. Sa position derrière un rocher était peu enviable et les projectiles du hors-la-loi écrichaient tant la caillasse qu’ils commençaient à lui sculpter des allures de peigne fin. | Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu, p. 60 | 02-07-2019 |
| 1702 | Littérature | Ainsi il arrive souvent que les hommes finissent par croire ce qu’ils voudraient être la vérité, ayant accoutumé leur esprit à considérer avec le plus d’attention les choses qu’ils aiment ; de cette façon ils arrivent à contenter non seulement leur volonté mais encore leur conscience. | LEIBNIZ, Remarques sur Ia partie générale des Principes de Descartes (1692) | 18-06-2019 |
| 1695 | Littérature | Mais aujourd’hui, Voisenet ? En notre temps ? Qui croirait encore à ces trucs ? - "Notre temps", commissaire ? Mais quel temps ? Civilisé ? Rationnel ? Apaisé ? Notre temps, c’est notre préhistoire, c’est notre Moyen-Âge. L’homme n’a pas changé d’un pouce. Et surtout pas dans ses pensées primaires. | Fred Vargas, Quand sort la recluse, p. 202 | 10-06-2019 |
| 1688 | Littérature | Avant même l’interrogatoire de Danglard, le prélèvement silencieux, sans explication, des poussières noires sous ses ongles avait déstabilisé l’avocat. Adamsberg y assistait, la crainte modifiait les traits de Carvin. Les être remplis d’une si haute idée d’eux-mêmes n’ont jamais envisagé de chuter un jour. Quand cela se produit, ces êtres se vident, effarés, impréparés, leur substance s’évapore dans la stupeur de l’échec. Pas de milieu, pas de nuance, pas d’anticipation. Ainsi sont-ils. | Fred Vargas, Quand sort la recluse, page 59 | 07-06-2019 |
| 1686 | Littérature | Je suis cuite. De toute façon, j’étais déjà dans la merde. Nous aussi, dit Marc. Mais il y a une différence entre être dans la merde et être cuit. Dans un cas on glisse mais dans l’autre on brûle. Ce n’est pas du tout la même chose. | Fred Vargas, Debout les morts, p. 142 | 07-06-2019 |
| 1685 | Littérature | Une réception conviviale ? dit Lucien. Pas question. Les gobelets en papier, le vin blanc âcre, les assiettes en carton pleines de saletés salées. Pas question. Même dans la merde, vous m’entendez, commissaire, et surtout dans la merde, pas question. Grande réception fastueuse ou rien du tout. Merde ou grandeur, mais pas de compromis, pas d’intermédiaire. Pas de juste milieu. Dans le juste milieu, je perds tous mes moyens et je me consterne moi-même. | Fred Vargas, Debout les morts, p. 56 | 07-06-2019 |
| 1684 | Littérature | C’est fou comme chaque génération pense que c’est fichu. | Jean-Paul Kauffmann, Venise à double tour, p. 187 | 07-06-2019 |
| 1683 | Littérature | Quand je suis sorti de mon bled pour affronter le monde, ce monde m’a paru un mystère. Un mystère qui pouvait être en partie démêlé, mais ne suffirait jamais à répondre à toutes les questions posées. J’ai tendance même à penser qu’il s’épaissit. | Jean-Paul Kauffmann, Venise à double tour, p. 167 | 07-06-2019 |
| 1679 | Littérature | Armand Vandoosler est un vieil ex-flic pourri. Mais toujours flic est toujours pourri, soyez-en certains, et qui prend ses aises avec la justice et avec l’existence. Des aises qui peuvent ou non lui retomber sur la gueule. – Généralement, ça retombe, précisa Vandoosler. | Fred Vargas, Debout les morts | 26-05-2019 |
| 1677 | Littérature | D’endroit plus impressionnable que Tarascon, il ne s’en est jamais vu sous le soleil d’aucun pays. Parfois, en plein dimanche de fête, toute la ville dehors, les tambourins en rumeur, le Cours grouillant et tumultueux [...], il suffit d’un farceur criant "Au chien fou !" ou bien "Un bœuf échappé !" et l’on court, on se bouscule, on s’effare, les portes se ferment de tous leurs verrous, les persiennes claquent comme par un orage, et voilà Tarascon désert, muet, sans un chat, sans un bruit, les cigales elles-mêmes blotties et attentives. | Alphonse Daudet, "Tartarin sur les Alpes". | 23-05-2019 |
| 1675 | Littérature | "Je crois bien que j’ai pris le mal..." Prendre le mal ! Expression de terroir sinistre dans son vague et sa brièveté, qui dit toutes les maladies, peste, choléra, vomito negro, les noires, les jaunes, les foudroyantes, dont se croit atteint le Tarasconnais à la moindre indisposition. | Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes. | 21-05-2019 |
| 1671 | Littérature | Le héros frissonna, mais comme au théâtre ; cette délicieuse inquiétude d’épiderme qui vous saisit quand l’action se corse et qu’on se carre dans son fauteuil pour mieux entendre ou regarder. | Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes, p. 61 | 17-05-2019 |
| 1667 | Littérature | Mes amis, ne méprisons personne. Le mépris et la ressource des parvenus, des poseurs, des laiderons et des sots, le masque où s’abrite la nullité, quelquefois la gredinerie, et qui dispense d’esprit, de jugement, de bonté. Tous les bossus sont méprisants ; tous les nez tors se froncent et dédaignent quand ils rencontrent un nez droit. | Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes. | 03-05-2019 |
| 1665 | Littérature | Aussi chargé d’armes que le grand Tartarin, le prince Grégory s’était en plus affublée d’un magnifique et singulier képi tout galonné d’or, avec une garniture de feuilles de chêne brodées au fil d’argent, qui donnait à Son Altesse un faux air de général mexicain, ou de chef de gare des bords du Danube. | Alphonse Daudet | 28-04-2019 |
| 1664 | Littérature | À cinquante lieues autour de Tarascon, les terriers sont vides, les nids abandonnés. Pas un merle, pas une caille, pas le moindre lapereau, pas le plus petit cul-blanc. [...] les oiseaux de passage eux-mêmes l’ont marqué d’une grande croix sur leur feuille de route, et quand les canards sauvages, descendant vers la Camargue en longs triangles, aperçoivent de loin les clochers de la ville, celui qui est en tête se met à crier bien fort : "Voilà Tarascon !... Voilà Tarascon !" et toute la bande fait un crochet. | Alphonse Daudet | 26-04-2019 |
| 1663 | Littérature | Propage avec cent voix le gracieux message, mais laisse l’événement fâcheux parler lui-même à ceux qu’il accable. | " Antoine et Cléopâtre", Shakespeare | 24-04-2019 |
| 1660 | Littérature | En fin de compte, Tartarin ne partit pas, mais toutefois cette histoire lui fit beaucoup d’honneur. Avoir failli aller à Shanghaï où il y être allé, pour Tarascon, c’était tout comme. | Alphonse Daudet | 22-04-2019 |
| 1658 | Littérature | Comme son nom l’indique,le portrait imite trait pour trait. | Michel Serres, "Morales espiègles", p.54 | 20-04-2019 |
| 1648 | Littérature | Enfin, devant le guéridon, un homme était assis, de 40 à 45 ans, petit, gros, trapu, rougeaud, en bras de chemise, avec des caleçons de flanelle, une forte barbe courte et des yeux flamboyants. D’une main il tenait un livre, de l’autre il brandissait une énorme pipe à couvercle de fer, et, tout en lisant je ne sais quelle formidable récit de chasseur de chevelures, il faisait, en avançant sa lèvre inférieure, une moue terrible, qui donnait à sa brave figure de petit rentier Tarasconnais ce même caractère de férocité bonasse qui régnait dans toute la maison. Cet homme, c’était Tartarin, Tartarin de Tarascon, l’intrépide, le grand, l’incomparable Tartarin de Tarascon. | Alphonse Daudet | 13-04-2019 |
| 1642 | Littérature | Laisser aller l’imagination, ce n’est pas ne rien faire. | Jean-Paul Kaufmann, Venise à double tour, p. 164. | 05-04-2019 |
| 1641 | Littérature | Imaginez le splendide maître-autel, il occupe le centre du tableau. Des anges, dessinés assez naïvement, sont perchés sur l’autel sans trop croire à leur nature céleste. | Jean-Paul Kaufmann, Venise à double tour, p.158. | 05-04-2019 |
| 1640 | Littérature | En janvier, en pleine tempête de neige, j’ai vu les garçons de nombreux restaurants disposer comme à la parade nappes blanches et assiettes, verres et serviettes sur la terrasse. | Jean-Paul Kaufmann, Venise à double tour, p. 55. | 05-04-2019 |
| 1635 | Littérature | On déteste les gens qu’on réélit régulièrement, mais on considère le maire comme un saint patron et son fils comme un dauphin. Cette hiérarchie sociale qui prend naissance chez les commerçants s’étend aux associations et, par capillarité, gagne les cours d’école. | Pierre Lemaître, "Trois jours et une vie". | 27-03-2019 |
| 1614 | Littérature | James Choke détestait les cours de chimie. Avant d’entrer au collège, il s’imaginait que cette discipline consistait à manier des tubes à essai afin de provoquer des jets de gaz et des gerbes d’étincelles. En réalité, il passait chaque leçon, assis sur un tabouret, à recopier les formules que Miss Voolt gribouillait sur le tableau noir, quarante ans après l’invention de la photocopieuse. | Premieres lignes de "100 jours en enfer" de Robert Muchamore (un thriller pour pré-ados). | 21-02-2019 |
| 1578 | Littérature | « Quand j’étais gosse, j’étais obligé de briser la glace dans le broc d’eau tous les matins pour me laver », déclarent-ils avec autant de fierté qu’on dirait : « Quand j’étais gosse, j’étais toujours le premier de ma classe ». J’ai du mal à voir ce qu’il y a de particulièrement vertueux à devoir briser de la glace dans un broc, sinon peut-être qu’ils se donnent toute cette peine rien que pour être propre ? Personnellement, chaque fois que briser de la glace dans un broc était un préalable obligé à ma toilette, je ne me suis tout simplement pas lavé. | Robert Benchley,"Pourquoi je déteste Noël" | 28-12-2018 |
| 1574 | Littérature | C’était marrant. Il n’y a rien de plus drôle que de faire des visites surprises chez les gens pour leur poser des questions incongrues comme "Aimez-vous la laitue ?", "Utilisez-vous soupline ?", "Votre mari est-il sensible à la blancheur de son linge ?"... | Pierre Desproges, évoquant sa courte expérience d’enquêteur à l’IFOP, dans l’ouvrage "Desproges par Desproges", Éditions du Courroux, 2017, Liverdy (ISBN : 978-29560173-0-1). | 18-12-2018 |
| 1572 | Littérature | Ta maison est construite sur un terrain de l’État et tu n’as pas le droit de rester ici. Je devrais même t’arrêter pour occupation illégale, mais on est amis. Aussi vrai qu’on dit qu’une main lave l’autre et que les deux lavent le cul, on doit s’entraider. | Luis Sepulveda, Le vieux qui lisait des romans d’amour, Le Seuil, p. 84 | 14-12-2018 |
| 1556 | Littérature | Les patins à roulettes sont d’étranges bêtes, libres et indépendantes. Rien n’est plus difficile que de les apprivoiser pour en faire d’obéissants animaux domestiques. Les patins à roulettes ont en général mauvais caractère et n’acceptent pas volontiers un maître, ils sont comme certains chevaux sauvages qui jettent à bas tous leurs cavaliers et n’en veulent faire qu’à leur tête. | Marcel Roussel, Quinze histoires de Gros-Pia. | 28-10-2018 |
| 1555 | Littérature | Les oignons sont des légumes chaudement vêtus. Ils portent manteau, veste, gilet, chandail, chemise et le reste. Chaque fois que vous enlevez une épaisseur, il en apparaît une nouvelle, et toujours ainsi. A chaque couche enlevée, vous versez un torrent de larmes, car l’oignon est un légume qui se fait regretter. | Marcel Roussel, Quinze histoires de Gros-Pia. | 28-10-2018 |
| 1552 | Littérature | Ses oreilles, un peu longues, ajoutent à l’étonnement gracieux de ses yeux inclinés et ses pattes minces, armées de brèves griffes en cimeterre, savent fondre confiantes dans la main amie. | Nonoche (de Colette) | 22-10-2018 |
| 1551 | Littérature | Antonio José Bolivar essayait de mettre des limites à l’action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette œuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert. | Luis Sepulveda, "Le vieux qui lisait des romans d’amour", p. 55 | 22-10-2018 |
| 1550 | Littérature | Les quelques habitants d’El Idilio, auxquels s’étaient joints une poignée d’aventuriers venus des environs, attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil mobile du dentiste, le docteur Rubincondo Loachamín, qui pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients. Ça te fait mal? questionnait-il. Agrippés aux bras du fauteuil, les patients, en guise de réponse, ouvraient des yeux immenses et transpiraient à grosses gouttes. | Luis Sepulveda, "Le vieux qui lisait des romans d’amour", p. 11 | 22-10-2018 |
| 1549 | Littérature | "Tu as encore pris un raccourci ?" me dit-elle sur ce ton navré qu’on emploie pour déplorer la rechute d’un alcoolique. | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 242 | 22-10-2018 |
| 1548 | Littérature | Des églises immenses perpétuaient le souvenir des temps lointains où la population était nombreuse et fervente. Ces bâtiments aujourd’hui disproportionnées provoquent chez les villageois un sentiment mêlé de fierté et de gêne. Fierté que soit ainsi rappelé le passé faste de la région. Gêne comme devant un invité qui arrive avec un cadeau trop cher, et humilie plus qu’il n’honore ceux à qui il est destiné. | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 226 | 22-10-2018 |
| 1547 | Littérature | Elle planta sur moi ses deux yeux ibériques, qu’aucun nervi franquiste n’aurait pu faire baisser. Vous voulez déjeuner, m’assena-t-elle. Il n’y avait dans sa phrase, pourtant dite en espagnol, aucun point d’interrogation, ni devant, ni derrière. | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 201 | 22-10-2018 |
| 1546 | Littérature | […] la vie m’a donné le privilège d’observer de près ces grands animaux, félins mineurs ou fauves carnassiers, reproduits à l’identique depuis le fond des âges et pour les siècles des siècles, dressés à flatter les puissants autant qu’à mépriser les faibles et que l’existence, quoi qu’on en dise, récompense contre toute morale : je veux parler du peuple éternel et redoutable des lèche-bottes. | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 178 & suiv. | 22-10-2018 |
| 1545 | Littérature | Il faut toujours se méfier des régions vertes. La végétation si drue, une verdure si éclatante ne peuvent avoir qu’une origine : la pluie. | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 63 | 22-10-2018 |
| 1544 | Littérature | Les autres voyageurs sont déjà partis, tirant allègrement leur petite valise à roulettes. On tasse un peu son barda mal ficelé, on le charge sur son dos. Il paraît déjà plus lourd qu’à la maison. | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 39 | 22-10-2018 |
| 1543 | Littérature | Comment expliquer, à ceux qui ne l’ont pas vécu, que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s’y engager ? | Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée (Compostelle malgré moi)" p. 25 | 22-10-2018 |
| 1531 | Littérature | Ce commerce d’esclaves ne plaisait pas à l’équipage . Les malheureuse victimes s’entassaient dans la cale, enchaînées, dans des conditions abominables. On entendait les enfants pleurer et les femmes gémir. Et quand ils entonnaient des chansons tristes pour garder courage, c’était encore pire. Tous les deux trois jours, l’un d’eux mourait, et l’on jetait son corps par-dessus bord sans plus de cérémonie . "C’est du bétail" disait bacon si quiconque se plaignait. sauf que le bétail ne chantait pas de melopées. | Ken Follet ," Une colonne de feu", page 410 | 12-09-2018 |
| 1515 | Littérature | Quand un homme est convaincu de connaître la volonté de Dieu et qu’il est résolu à l’accomplir à tout prix , il devient l’être le plus dangereux au monde. | Ken Follet ," Une colonne de feu", page 221 | 17-08-2018 |
| 1491 | Littérature | Après Dubaï je suis allé au Panama où j’ai fait fortune dans les tongs en couscous aggloméré. | Extrait d’une BD complètement délirante signée Marion Montaigne, et intitulée "Dans la combi de Thomas Pesquet". | 19-06-2018 |
| 1461 | Littérature | Que fait-on de cette mémoire qui nous construit ? | Andrée Chedid, "Le message" (p. 103). | 28-04-2018 |
| 1460 | Littérature | Les gens gagnent à être connus, ils y gagnent en mystère. | Jean Paulhan, cité par Andrée Chedid dans "Le message" (p. 76). | 28-04-2018 |
| 1434 | Littérature | Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue, tu dis que tu aimes les chiens et tu leur mets une laisse, tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage, tu dis que tu m’aimes alors moi j’ai peur. | Jacques Prévert | 29-03-2018 |
| 1428 | Littérature | "Il ne faut pas pleurer sur ce que l’on a plus, mais se réjouir de ce que l’on a eu". | M. Yourcenar, citée par Ann | 08-03-2018 |
| 1426 | Littérature | Le bruit de ses pas décrut et j’entendis une porte se refermer. J’étais abandonné à mes ténèbres, comme disait l’autre. Seulement, lui, il le disait, et moi, je le vivais. | Carter Brown, "Dites-le avec des pruneaux", p. 149. | 28-02-2018 |
| 1424 | Littérature | Je n’ai pas pour les cadavres l’enthousiasme du collectionneur. | Carter Brown, "Dites-le avec des pruneaux", p. 81 (il s’agit là d’un de ces polars américains rigolards dans lesquels les cadavres pleuvent au grand dam de l’enquêteur). | 22-02-2018 |
| 1415 | Littérature | Le seul ancêtre connu du mégatérium est le maximégatérium, dont la taille pouvait atteindre 25 m. On peut raisonnablement penser qu’il ne s’entendait même pas péter. | Pierre Desproges, dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis. | 29-01-2018 |
| 1393 | Littérature | Les annales de l’Empire chinois signalent aux environs de l’an 115 de notre ère l’arrivée d’un bateau, vraisemblablement d’origine romaine, que la tempête avait malmené et qui s’échoua sur la côte après des jours de dérive. Or, les passagers étaient des acrobates et des jongleurs qui à peine à terre voulurent se concilier les habitants de ce pays inconnu en leur donnant un spectacle. Les chinois virent ainsi - bouche bée - ces étrangers au long nez cracher le feu, nouer leurs membres, changer les grenouilles en serpents. Ils en conclurent à bon droit que l’Ouest était peuplé de clowns et de mangeurs de feu. Et plusieurs centaines d’années passèrent avant qu’une occasion de les détromper ne se présente. | Bernard Werber, Encyclopédie du Savoir Relatif et absolu, p.115 | 04-11-2017 |
| 1391 | Littérature | J’aime les vaches, les robes et les notes de bas de page. | Élise Desaulniers, québécoise, auteure, journaliste, végane, défenseuse du bien-être animal et développeuse WordPress. C’est avec cette phrase qu’elle se présente sur son compte Twitter. | 31-10-2017 |
| 1374 | Littérature | - C’est vrai qu’on vous appelle Liberty ? je peux l’écrire ? dit le journaliste, feignant de vouloir arranger les choses. - J’aimerais mieux pas, dit Wallace. La question et sa réponse seront dans le journal. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 183 | 27-09-2017 |
| 1373 | Littérature | - Et Népomucène Carouzon de la Tournée et Taxis,il fume ? demande Fagis avec ce sentiment de poser la bonne question, ce ton qui montre qu’on devrait le féliciter sans même attendre la réponse qui est en fait l’apanage des arrivistes qu’il n’y arriveraient pas si la soumission n’était devenue leur meilleur moyen de faire carrière. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 172 | 27-09-2017 |
| 1372 | Littérature | Par un triste paradoxe, aussi désagréable que soit la compagnie de Christopher plouf, il faut bien passer du temps avec lui si on veut avoir une occasion de s’en débarrasser. Ça ne se fait pas à distance à moins d’ordonner un bombardement ou d’envoyer une lettre piégée, activités qui ne relèvent pas des compétences du commissaire. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 146 | 26-09-2017 |
| 1371 | Littérature | D’un autre côté, peut-être que Christopher plouf est juste nominé [...] et qu’au dernier moment il n’aura pas le prix, et le commissaire sera à quelques centimètres de lui pour ne rien perdre de son humiliation et de ses vains efforts encore plus humiliants pour la cacher. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 125 | 24-09-2017 |
| 1369 | Littérature | la mort des dealers a plus souvent à voir avec leur métier que celle des charcutiers ou des vétérinaires. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 92 | 22-09-2017 |
| 1368 | Littérature | - Nous sommes tous très choqués par ce qui est arrivé à François, dit son remplaçant, estimant que c’est la phrase qu’on attend de lui. Il l’a de toute façon entendue si souvent à la télévision et au cinéma dans des films de genre qu’il serait bien en peine d’en trouver une autre. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 60 | 19-09-2017 |
| 1367 | Littérature | Ah, qu’en termes galants ces choses-là sont dites... | Molière, "Le misanthrope".. | 17-09-2017 |
| 1364 | Littérature | Ils montent tous les trois au 4e étage où les attendent déjà d’autres policiers. La porte de l’appartement est ouverte pour que tous les enquêteurs concernés puissent entrer et sortir sans déranger, le cadavre au milieu du salon étant pourtant le pire dérangement pour la femme et les deux enfants en larmes. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 21 | 17-09-2017 |
| 1361 | Littérature | Ce n’est pas mal organisé, conclut-il d’un ton impartial après une enquête d’un quart d’heure, comme si, outre écrivain, il était ethnologue et, en mission chez les pygmées, notait pour preuve de sa bonne foi qu’ils étaient plus grands qu’il n’aurait pensé. | Raphaël Majan, "L’auteur de polars", p. 15 | 16-09-2017 |
| 1355 | Littérature | Sœur Blandine, combien de fois vous ai-je demandé d’arrêter de fumer ? – Facilement un bon millier de fois, ma mère. – Je constate que ça revient à pisser dans un clairon. – On dit : dans un violon, ma mère. – Moi, j’ai fait la guerre, ma sœur. J’ai soigné des soldats, pas le Quatuor Amadeus. Je me fiche de vos violons... | Philippe Bouin, Implacables vendanges, p. 26 | 07-09-2017 |
| 1350 | Littérature | Pour moi, une nouvelle vie commençait, et, dorénavant, ce serait MA vie, fruit de mes décisions, de mes choix, de ma volonté. Adieu les doutes, les hésitations, les peurs d’être jugé, de ne pas être capable, de ne pas être aimé. Je vivrai chaque instant en conscience, en accord avec moi-même et avec mes valeurs. Je resterai altruiste, mais en gardant à l’esprit que le premier cadeau a faire aux autres est mon équilibre. J’accepterai les difficultés comme des épreuves à passer, des cadeaux que m’offre la vie pour apprendre ce que je dois apprendre afin d’évoluer. Je ne serais plus victime des événements mais acteur d’un jeu dont les regles se decouvrent au fur et à mesure. | Laurent Gounelle, L’homme qui voulait être heureux (p. 164) | 28-08-2017 |
| 1349 | Littérature | Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous mêmes et apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres. | Laurent Gounelle, L’homme qui voulait être heureux (p. 136) | 28-08-2017 |
| 1348 | Littérature | [A propos de vos projets] il ne faut pas vous confier aux personnes qui chercheraient à vous décourager juste pour répondre à leurs propres besoins psychologiques. Par exemple, il y a des gens qui se sentent mieux quand vous allez mal, et qui font donc tout pour que vous n’alliez pas mieux ! Ou d’autres qui détesteraient vous voir réaliser vos rêves car cela leur rappellerait leur absence de courage pour réaliser les leurs. Il existe aussi des gens qui se sentent valorisés par vos difficultés parce que cela leur donne l’occasion de vous aider. Dans ce cas, les projets qui viennent de vous leur coupent l’herbe sous le pied, et ils feront ce qu’ils peuvent pour vous en dissuader. Cela ne sert à rien de leur en vouloir car ils font cela inconsciemment. Mais il est préférable de ne pas leur confier vos plans. Ils vous feraient perdre votre confiance en vous. | Laurent Gounelle, L’homme qui voulait être heureux (p. 122) | 28-08-2017 |
| 1347 | Littérature | Quand on raisonne par groupes, par ensembles, par camps, on fait abstraction des particularités de la valeur et de l’apport de chaque individu, et on tombe facilement dans le simplisme et la généralisation. On parle des travailleurs, des fonctionnaires, des scientifiques, des paysans, des artistes, des immigrés, des bourgeois, des femmes au foyer. On bâtit des théories qui servent nos croyances. Et non seulement la plupart de ces théories sont fausses, mais elles poussent les gens à devenir ce que la théorie dit qu’ils sont. | Laurent Gounelle, L’homme qui voulait être heureux (p. 120) | 28-08-2017 |
| 1346 | Littérature | [Choisir c’est renoncer.] Si vous vous ne renoncez à rien, vous vous abstenez de choisir. Et quand on s’abstient de choisir, on s’abstient de vivre la vie que l’on voudrait. | Laurent Gounelle, L’homme qui voulait être heureux (p. 97) | 27-08-2017 |
| 1345 | Littérature | Votre problème n’est pas votre physique, mais ce que vous croyez de sa perception par les femmes. En vérité, le succès que l’on a ou pas auprès de l’autre sexe n’a que peu de rapport avec notre apparence physique. - Si je dis ça à ma voisine de 120 kilos qui a un nez en forme de patate, elle m’écrase sur la figure le triple Big Mac qu’elle a en permanence à portée de main, et elle appuie jusqu’à ce que le ketchup me remonte dans les sinus | Laurent Gounelle, L’homme qui voulait être heureux (p. 21) | 27-08-2017 |
| 1334 | Littérature | Le journaliste mentionne brièvement Kamal, son attestation et sa libération, puis est retranscrit un communiqué du capitaine Gaskill disant que "La police se penche sur diverses pistes", ce qui signifie probablement qu’ils n’ont pas le début d’une piste. | Paula Hawkins, "La fille du train", p. 209 | 08-08-2017 |
| 1327 | Littérature | Alors que je m’apprête à me lever pour aller voir la réceptionniste et lui dire que j’ai suffisamment attendu, la porte du cabinet du docteur s’ouvre, et un homme grand et dégingandé en sort, l’air désolé, avant de me tendre la main. – Madame Hipwell, je suis navré de vous avoir fait patienter si longtemps. Je lui souris, je lui dis que ce n’est rien et, à ce moment précis, je le sens, oui, que ce n’est rien, que tout ira bien, parce que même si ca ne fait qu’un instant que je suis en sa compagnie, je me sens déjà apaisée. | Paula Hawkins, "La fille du train", p. 39 | 03-08-2017 |
| 1324 | Littérature | Un soleil radieux dans un ciel sans nuages, personne à voir, rien à faire. Vivre comme je le fais, c’est plus difficile l’été, avec ces journées si longues, si peu d’obscurité où se dissimuler, alors que les gens sortent se promener, leur bonheur est si évident que c’en est presque agressif. C’est épuisant, et c’est à vous culpabiliser de ne pas vous y mettre, vous aussi. | Paula Hawkins, "La fille du train", p. 15 | 31-07-2017 |
| 1319 | Littérature | Je vais bientôt mourir, répéta-t-il, d’un ton plus déterminé. Mais ça ne fait rien. Car je vais quand-même aller au Ciel. Dieu m’a dit qu’il me suffisait de soulager ma conscience. Et voilà, c’était reparti pour un tour... Sunniva Rød avait le plus grand respect pour les personnes croyantes, qu’elles prient Dieu, Allah, Bouddha ou les elfes dans la forêt mais, par pitié, pas aujourd’hui. Elle souleva le plateau. | Samuel Bjørk, Le hibou, p. 294 | 30-07-2017 |
| 1313 | Littérature | Tu peux ne pas être son premier, son dernier, ou le seul. Elle a aimé avant, et elle peut aimer de nouveau. Mais elle t’aime maintenant, c’est ça qui est vraiment important. Elle n’est pas parfaite, toi non plus, vous ne serez jamais parfaits. Et pourtant, si elle te fait rire au moins une fois, si elle te fait réfléchir, si elle avoue qu’elle est humaine et qu’elle peut se tromper, ne la laisse pas partir, donne lui ce qu’il y a de mieux en toi. Elle ne va pas te réciter de la poésie, elle ne pense pas à toi à tout moment, mais elle te donne une partie d’elle dont elle sait que tu pourrais la lui briser : son cœur. Ne lui fais pas de mal, ne la change pas, n’attends pas d’elle plus que ce qu’elle peut te donner. Ne la critique pas. Souris quand elle te rendra heureux, crie quand elle te mettra en colère, et dis-lui que tu lui manques quand elle ne sera pas là. Aime-la de tout ton cœur quand elle te donnera son amour. Parce que les filles parfaites, ça n’existe pas, mais il y aura toujours une fille parfaite pour toi. | Bob Marley | 16-07-2017 |
| 1278 | Littérature | Moi j’voudrais leur dire qu’elles sont belles, et qu’il faut pas qu’elles pleurent pour un idiot puis faut qu’elles arrêtent d’êtres connes et de tomber toujours amoureuses de celui qu’il faut pas et que moi, si elles voulaient, moi, moi j’serais toujours gentil avec elles mais les filles elles aiment pas qu’on soit gentil, elles aiment pas. | "Regarder les filles pleurer" - Damien Saez, Auteur Compositeur Interprète | 29-06-2017 |
| 1276 | Littérature | Sicut nubes… quasi naves… velut umbra (Comme un nuage, tel un navire, ainsi qu’une ombre […Nous sommes de passage]). | Extrait du livre de Job, repris par Châteaubriant dans ses Mémoires. | 25-06-2017 |
| 1270 | Littérature | La joie Les philosophes qui ont spéculé sur la signification de la vie et sur la destinée de l’homme n’ont pas assez remarqué que la nature a pris la peine de nous renseigner là-dessus elle-même. Elle nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. Je dis la joie, je ne dis pas le plaisir. Le plaisir n’est qu’un artifice imaginé par la nature pour obtenir de l’être vivant la conservation de la vie ; il n’indique pas la direction où la vie est lancée. Mais la joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal. Or, si nous tenons compte de cette indication et si nous suivons cette nouvelle ligne de faits, nous trouvons que partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie. La mère qui regarde son enfant est joyeuse, parce qu’elle a conscience de l’avoir créé, physiquement et moralement. [...] celui qui est sûr, absolument sûr, d’avoir produit une oeuvre viable et durable, celui-là n’a plus que faire de l’éloge et se sent au-dessus de la gloire, parce qu’il est créateur, parce qu’il le sait, et parce que la joie qu’il éprouve est une joie divine. | BERGSON, L’Energie spirituelle, 1ere Partie ("la conscience & la vie") éd. Alcan, p. 24-25 | 13-06-2017 |
| 1268 | Littérature | L’espace d’un instant, Théo se demanda s’il était juste qu’il l’entraîne dans une telle histoire, puis il se laissa convaincre par la lumière des appliques, les cuivres brillants et la musique de piano-bar. | Oscar Caplan, L’hypothèse de Copenhague (complètement surréaliste comme phrase, mais sur le moment elle m’a bien plu, je ne saurais dire pourquoi...). | 09-06-2017 |
| 1266 | Littérature | On ne peut pas arroser d’une main la fleur qu’on cueille de l’autre ; on ne rend pas sa grâce à la rose que l’on met dans un bocal, on la dénature ; on croit en embellir son salon, en réalité, on ne fait que défigurer son jardin. | Yasmina KHADRA - L’attentat | 06-06-2017 |
| 1265 | Littérature | Vous savez ce qu’est une prélature personnelle? - Pour ce que je connais du droit canonique, il pourrait aussi bien s’agir de l’équipe de pétanque du Vatican | Oscar Caplan, l’hypothèse de Copenhague | 04-06-2017 |
| 1263 | Littérature | Claudine se pencha en avant, fit défiler entre ses doigts les pages de son livre, "Temps glaciaires", le dernier Vargas. Elle pensa stupidement que Temps glaciaires aurait été un titre plus approprié pour un best-seller de l’été. | Michel Bussi, le temps est assassin. | 02-06-2017 |
| 1262 | Littérature | À Los Angeles, la circulation sur les autoroutes est aussi mystérieuse que la vie de couple. Ça roule tranquille jusqu’au moment où ça coince, puis ça s’arrête sans raison facilement explicable. | Michael Connelly | 28-05-2017 |
| 1261 | Littérature | Anika venait de fêter ses quarante ans et possédait une énergie d’animatrice adolescente, autoritaire et dure en affaire avec les fournisseurs, tendre et patiente avec les enfants, pulpeuse et rieuse avec les hommes, affable et bavarde avec les femmes, conversant en six langues européennes dont le corse et le catalan. | Michel Bussi, le temps est assassin. | 28-05-2017 |
| 1260 | Littérature | Elle avait frôlé la mort et, visiblement, elle s’en foutait. la mort n’était sans doute pour elle qu’une vieille dame à qui il fallait dire bonjour avec politesse quand on la croisait ; une vieille dame qu’elle ne reverrai jamais. À quinze ans, on est immortel. | Michel Bussi, le temps est assassin | 27-05-2017 |
| 1250 | Littérature | [...] ça n’a rien d’ironique. Les gens utilisent toujours le mot "ironie" à mauvais escient. - Je sais, dis-je. Quelle ironie. | Tim Cockey, Le croque-mort est bon vivant. | 09-05-2017 |
| 1249 | Littérature | Je zappai le rasage et emportai la tasse de café sur le perron de l’immeuble, où je m’assis et regardai [mon chien] distribuer ses petits mots de pendant-votre-absence-je-suis-passé-par-là dans toute la rue | Tim Cockey, Le croque-mort est bon vivant. | 08-05-2017 |
| 1246 | Littérature | Grace me demanda si j’avais le temps de boire un verre. Je lui répondis que je devais pouvoir organiser mon emploi du temps. Je la suivis au comptoir. Sa fine queue de cheval oscillait et Gambillait. Mon deuxième chakra aussi. | Tim Cockey, Le croque-mort est bon vivant. | 08-05-2017 |
| 1244 | Littérature | Potts empoigna un tas de brochures. Toutes affichaient la même chose que la première, mais avec différents groupes ethniques. Une famille asiatique, une famille hispanique, une famille noire. Seul le chien et le chat étaient les mêmes. Je pris un tract et le survolai rapidement. C’était un laïus assez explicite vantant les mérites de la fraternité, de la maternité, des valeurs familiales essentielles et de la fréquentation assidue des églises. Vu les joyeux sourires éclatants qui s’étalaient en couverture, je soupçonnais également une incitation au brossage de dents et à l’usage régulier du fil dentaire. | Tim Cockey, Le croque-mort est bon vivant. | 06-05-2017 |
| 1241 | Littérature | – On fait comment pour la garde des gosses ? – Mais vous êtes qui ? – Pardon j’ai brûlé des étapes. Bonsoir. Je vous offre un verre ? | Trouvé sur Twitter (@notstephan) | 02-05-2017 |
| 1240 | Littérature | C’est une tactique semblable à celle de ces généraux d’armée, qui, pour rendre plus imposant leur front de bataille, mettent en ligne jusqu’à leurs bagages. | Victor Hugo, Préface de Cromwell (Je savais qu’on mettait parfois de bien drôles de choses en ligne, mais j’ignorais que ce fût depuis si longtemps (rires étouffés, agrémentés de petits coups d’éventail sur mon nez…) | 02-05-2017 |
| 1239 | Littérature | L’esprit humain est toujours en marche, ou, si l’on veut, en mouvement, et les langues avec lui. Les choses sont ainsi. Quand le corps change, comment l’habit ne changerait-il pas ? […] Toute époque a ses idées propres, il faut qu’elle ait aussi les mots propres à ses idées. Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s’efface du sol. C’est de cette même façon que des idées s’éteignent, que des mots s’en vont. Il en est des idiomes humains comme de tout. Chaque siècle y apporte et en emporte quelque chose. Qu’y faire ? Cela est fatal. C’est donc en vain que l’on voudrait pétrifier la mobile physionomie de notre idiome sous une forme donnée. C’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter ; les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent. | Victor Hugo, Préface de Cromwell | 02-05-2017 |
| 1238 | Littérature | Elle aime l’amour à la folie et c’est ça qui fait toute sa vulnérabilité. Et toute sa beauté aussi. Des filles comme ça il en passe une par siècle. Et en général, elles finissent mal. Problème de voltage, on va dire. Comme elles sont trop intenses pour les douilles qu’on trouve dans le commerce, elles ont beau essayer de s’adapter, à chaque fois qu’on les allume, pof, tout saute. | Anna Gavalda, Billie | 02-05-2017 |
| 1237 | Littérature | Camille sort du couvent après avoir entendu, pendant toute son adolescence, les jérémiades des nonnes qui, elles, fermentaient là par dépit, par aigreur, ou par désespoir. Soit qu’elles étaient cocues, ou moches, ou les deux, soit que leur famille n’avait pas de quoi leur payer une dot. Bon, ok, y en avait sûrement des plus saintes et des mieux motivées dans le lot, mais celles-là, elle ne bourrent pas le mou des jeunes filles. Elles prient. | Anna Gavalda, Billie | 01-05-2017 |
| 1236 | Littérature | Mais c’est vrai que c’est dommage parce que le plus beau de cette scène, tu verras, c’est tout à la fin, quand Perdican s’énerve et explique à Camille que oui, tous les hommes sont des nazes et que oui, toutes les femmes sont des morues, mais qu’il n’y a rien de plus beau au monde que ce qui se passe entre un naze et une morue quand ils s’aiment... | Anna Gavalda, Billie | 01-05-2017 |
| 1227 | Littérature | Ils nous ont souri. Lui, mince, élégant, argenté, le bronzage à peine ridé et le regard faïence balayé par une mèche soigneusement rebelle, ressemblait à une publicité pour croisières. Elle, toute menue, blouson polaire, baskets roses et nattes noires, avait l’air d’une petite fille déguisée en vieille dame. La peau mate, les pommettes hautes, le regard dense et fixe qu’ont les amérindiennes sur les affiches dénonçant la déforestation [...] | Didier van Cauwelaert, "On dirait nous", Albin Michel, 2016, p. 7 & suiv. | 07-04-2017 |
| 1226 | Littérature | [...] Je suis aussi dénué de charme que d’exotisme. J’ai un corps de soldat en faction, raide et sec, si peu assorti à ma bouille de maître d’hôtel avenant que les flics, dès que je descends dans le métro, me contrôlent comme djihasiste en puissance. | Didier van Cauwelaert, "Jules", Albin Michel, 2015, p. 75 | 04-04-2017 |
| 1225 | Littérature | Je sais par expérience qu’il faut se méfier des coups de foudre, mais je suis devenu brutalement amnésique en la découvrant au milieu de la foule. Hauts talons canaris, minishort rouge et top turquoise, elle ne risquait pas de se faire écraser par temps de brume. N’eût été le labrador qui la guidait au bout d’un harnais, ses grandes lunettes noires seraient passées pour un accessoire de star soucieuse que son incognito se remarque. Les cheveux blonds-roux maintenus par un chignon en broussaille, les seins libres sous la soie quasi transparente, un sourire de rendez-vous amoureux allongeant les bavures de son rouge à lèvres, c’était une aveugle particulièrement voyante qui faisait bien davantage envie que pitié. | Premières lignes de "Jules", roman de Didier van Cauwelaert, Albin Michel, 2015. | 04-04-2017 |
| 1223 | Littérature | - Ah, les mamans et les téléphones, ronchonna-t-il avec une petite grimace. C’est plus facile de faire voler un cochon que de raccrocher quand on a sa mère au bout du fil. | Camilla Lackberg, Le dompteur de lions, p. 294 | 02-04-2017 |
| 1221 | Littérature | Bonjour ! Quel honneur de rencontrer Erica Falck ! Gerhard Struwer était un peu trop enthousiaste pour plaire à Patrick. Struwer séducteur, pourquoi pas - il n’était pas à une surprise près - Heureusement sa femme n’était pas sensible à ce genre d’homme. - L’honneur est pour moi. J’ai vu vos analyses pertinentes à la télé, déclara Érika. Patrick la dévisagea. C’était quoi, ce ton roucoulant ? | Camilla Lackberg, Le dompteur de lions, p. 149 | 29-03-2017 |
| 1218 | Littérature | Quand on n’est pas de la famille, la vie continue comme avant. Pour les amis, même les plus proches, c’est comme assister à la projection d’un film triste : ça vous touche sincèrement, vous êtes malheureux, puis vient le moment où l’on n’a plus envie d’être triste, alors le film se termine et on rentre chez soi. | Harlan Coben, « Sans un mot » | 22-03-2017 |
| 1217 | Littérature | – Je ne parle pas de moi. Je parle des soldats. – Ok, d’accord. Si je suis ton raisonnement, leur conduite s’expliquerait par les turpitudes de la guerre. – Tu ne le crois pas ? – Non. Lentement, elle tourna la tête dans sa direction. – Pourquoi ? – De ton point de vue, c’est la guerre qui les a forcés à agir d’une façon qui ne leur était pas naturelle. – Oui. – Si ça se trouve, c’est tout le contraire, dit-il. Si ça se trouve, la guerre leur a permis de se montrer sous leur vrai jour. C’est peut-être la société, et non la guerre, qui oblige l’homme à aller contre sa nature profonde. | Harlan Coben, « Sans un mot » | 22-03-2017 |
| 1214 | Littérature | Les Carrier nous ont offert la soupière. Quatre cent soixante euros. C’est beaucoup pour des connaissances éloignées. Il faut absolument que tu les invites d’ici le mariage. | Blandine le Callet, "Pièce Montée", Le Livre de Poche, p. 177 | 19-03-2017 |
| 1213 | Littérature | Le soir, il l’attend dans un bon restaurant où il a réservé une table pour deux, au calme, à l’écart. Elle est en retard et il est en transe. Il se dit qu’il l’a effrayée en étant si rapide. Bien sûr, elle ne viendra pas. Pire : elle s’est moquée de lui et lui a posé un lapin pour le punir de son audace. Pendant un quart d’heure, il agonise, la gorge nouée et les mains moites, en se traitant d’imbécile. Pendant un quart d’heure, il oublie que les femmes attendues au restaurant aiment toujours se faire un peu - un tout petit peu - désirer. Lorsqu’elle arrive enfin, elle a exactement 15 minutes de retard. Elle est toujours très ponctuelle dans ses retards. Il la voit pousser la porte, et se sent tellement soulagé qu’il doit se faire violence pour ne pas aller vers elle et l’étreindre sur-le-champ. La garder entre ses bras et qu’elle ne bouge plus. De loin, il lui adresse un petit signe, tandis que le garçon l’aide à ôter son imper. Elle avance entre les tables, souriante et calme. Elle a l’air sûre d’elle, et personne ne voit que ses mains tremblent légèrement. Elle ne laisse pas à Vincent le temps de dire quoi que ce soit. Avant même un Bonsoir, elle l’embrasse, sans lui demander son avis. À la façon dont tu il lui rend son baiser, elle comprend aussitôt qu’elle a eu raison d’oser, et ses mains cessent de trembler autour du cou qu’elle étreint. . | Blandine le Callet, "Pièce Montée", Le Livre de Poche, p. 154 & suiv. | 19-03-2017 |
| 1212 | Littérature | On vit sans réfléchir, et puis, un beau jour, un jour où la petite dernière se marie, on se réveille, et on s’aperçoit qu’une fine couche de plomb s’est déposée sur les rêves d’autrefois. | Blandine le Callet, "Pièce Montée", Le Livre de Poche, p. 89 | 16-03-2017 |
| 1211 | Littérature | Il a de l’expérience. Il est rodé. Il connaît par cœur les images dont se sert l’Eglise pour délivrer des vérités profondes : L’eau vive, le pain et le vin, la lumière et les ténèbres, le berger et les brebis ... Dans un sens, c’est tellement facile de parler par métaphores, puis d’affirmer à ceux qui n’ont rien compris qu’il ne faut pas chercher à comprendre, mais seulement ouvrir son cœur, en assénant à ceux qui froncent les sourcils : "Heureux les cœur purs, car ils verront Dieu ! " | Blandine le Callet (faisant parler un prêtre), "Pièce Montée", Le Livre de Poche, p. 45 | 15-03-2017 |
| 1205 | Littérature | Le meilleur choix du monde n’est rien de plus qu’une pensée agréable si on ne fait rien pour le mettre en application. | Leslie Cameron-Bandler et Michael Lebeau :"Au cœur des émotions : Apprivoisez vos émotions avec la PNL" 2008, Éditions La Tempérance, ISBN 978-2-9505753-9-5, p. 195 | 09-03-2017 |
| 1201 | Littérature | Les babouins Hamadryas sont liés pour toute leur vie à leur conjoint. Des chercheurs russes ont séparé ces babouins de leur conjoint et les placèrent dans une autre cage (environ à 14 pieds – un peu plus de 4 mètres) depuis laquelle ils voyaient très bien. Un nouveau mâle fut placé dans la cage de la femelle. Le premier mâle était obligé d’observer sa femelle avec un nouvel amoureux. Il ne pouvait pas changer la situation et devait donc l’endurer. Sans aucune modification de régime alimentaire ni d’aucun autre facteur, les babouins ont subi l’éventail complet des symptômes des maladies cardiaques du monde contemporain industrialisé : certains firent de l’hypertension, d’autres des crises cardiaques, etc. | Leslie Cameron-Bandler et Michael Lebeau :"Au cœur des émotions : Apprivoisez vos émotions avec la PNL" 2008, Éditions La Tempérance, ISBN 978-2-9505753-9-5, p. 9 & suiv. | 03-03-2017 |
| 1199 | Littérature | Une émotion est comme un ami attentionné qui nous prévient d’une situation à laquelle nous devons vraiment réagir. Comme un ami affectueux, nos émotions sont peut-être en train de nous faire savoir que quelque-chose est déplaisant ; elles peuvent même être en train de nous donner ces informations de manière douloureuse. Néanmoins, ce serait idiot d’ignorer ce que cet ami émotionnel essaye de nous dire. | Leslie Cameron-Bandler et Michael Lebeau :"Au cœur des émotions : Apprivoisez vos émotions avec la PNL" 2008, Éditions La Tempérance, ISBN 978-2-9505753-9-5, p. 41 | 02-03-2017 |
| 1196 | Littérature | Il avait toujours trouvé Camille délicate, pure, presque parfaite. L’idée de dormir si près d’elle le troublait. Il n’y avait pas pensé avant le départ. Camille serait chauffeur, et Soliman n’avait pas songé une seconde à coucher avec le chauffeur. Mais une fois le camion à l’arrêt, Camille cessait d’être le chauffeur pour être juste une femme qui s’endort sur le drap à deux mètres de vous, séparée par une simple bâche, et ce n’est pas grand-chose, une bâche. Alors qu’une femme comme Camille sur un lit à deux mètres de vous, c’est immense. | Fred Vargas - L’homme à l’envers, p. 151 & suiv. | 24-02-2017 |
| 1195 | Littérature | Le jeune africain avait été, comme dans les contes, déposé tout bébé dans un panier à figues devant la porte de l’église. Personne n’avait jamais vu aucun noir à Saint-Victor et dans les environs, et on supposait que le bébé avec été fait à la ville, à Nice peut-être, où tout est envisageable, y compris les bébés noirs. | Fred Vargas - L’homme à l’envers, p. 31 | 21-02-2017 |
| 1194 | Littérature | L’âge est un voleur d’un type particulier. Il arrive sans se faire remarquer, pénètre sous votre peau, et il est si silencieux, si méthodique dans son travail, qu’on ne se rend pas compte qu’il vous a volé votre jeunesse avant de se regarder dans le miroir, un matin, et d’y voir un homme qu’on ne reconnaît pas. | James Lee Burkle - Créole Belle, Payot & Rivages, 2014, p. 249 & suiv. | 21-02-2017 |
| 1193 | Littérature | Quand, tous ensemble, ils ont levé les yeux sur nous, ils m’ont fait penser aux buveurs noctambules qui fixent la porte d’entrée du bar chaque fois qu’elle s’ouvre, comme si la personne qui entrait possédait un remède au désespoir qui gouverne leur vie. | James Lee Burkle - Créole Belle, Payot & Rivages, 2014, p. 91 | 21-02-2017 |
| 1192 | Littérature | Des musiciens ambulants jouaient sur Jackson square, les beignets du Café du Monde embaumaient l’air, les nuages avaient des nervures, comme des bandes de feu au-dessus d’un ruban de lumière bleue toujours accroché en bas du ciel. Peut-être même serait-il possible d’aller dans un café et de croiser par hasard le sourire d’une belle femme. | James Lee Burkle - Créole Belle, Payot & Rivages, 2014, p. 23 | 21-02-2017 |
| 1183 | Littérature | Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. | Franck Herbert, "Dune". | 31-01-2017 |
| 1180 | Littérature | Ce sabre est le plus beau jour de ma vie: avec lui, je jure de soutenir, de défendre nos institutions et au besoin de les combattre. | Cette célèbre réplique est prononcée par Monsieur Prudhomme, personnage caricatural du bourgeois français du XIXe siècle, créé par Henry Monnier, dans une scène où le personnage recevait les insignes de garde national. L’aphorisme est connu sous l’appellation "Le sabre de Monsieur Prudhomme" | 22-01-2017 |
| 1157 | Littérature | Elle versait le café dans les tasses en plastique. - Finalement, je ne comprends pas pourquoi il y a si peu de candidats pour le Nord à l’école de police. Moi, ça me plaît. - Tant mieux. C’est bien pour nous d’avoir des gens du Sud. Surtout des femmes. Ça manque ici. Elle lui souriait à nouveau, mais ne disait rien. Klemet se sentait idiot, et ça l’énervait parce que ça lui rappelait ses vingt ans. Il ne trouvait jamais ce qu’il fallait dire, ou toujours trop tard, quand un autre avait déjà emporté le butin. Il se leva. - Oui, il n’y a pas beaucoup de jolies filles comme toi ici. Tu as l’intention de rester? Il s’était approché pour prendre sa tasse. Nina ne semblait pas réagir aux efforts de son collègue. C’était vexant, se dit Klemet. Elle lui souriait toujours, en remuant le lait en poudre dans son café. - Je me sens bien ici. Ce que je découvre des Sami et des Norvégiens d’ici m’intéresse. Je n’aurai aucun problème à rester quelques années. J’en parlerai à mon copain, dit-elle en affichant toujours le même sourire. Bon Dieu, se disait Klemet, qu’est-ce que je me sens con. Il regrettait maintenant d’avoir engagé la conversation sur cette voie, même si Nina ne semblait pas s’en rendre compte, ce qui était encore plus vexant. Il se rappelait un ami qui savait enflammer les filles d’un regard appuyé au bon moment. Lui, il n’avait jamais su faire. Le téléphone le sauva. C’était celui de Nina. | Olivier Truc, Le Dernier Lapon, ISBN 9782757836064, p. 119 | 24-12-2016 |
| 1154 | Littérature | Sachant que moi je ne pourrai rien répondre s’il me demandait ça, que je ne pourrais rien répondre parce que ce serait impossible de dire : tu sais, c’est tellement insupportable cette peur, tellement terrible qu’on finit par attendre qu’il se passe vraiment quelque chose, que vraiment j’attends que tu partes pour ne plus avoir à me dire chaque jour il va partir, il va partir parce que je ne sais pas être celle qu’il voudrait, je ne sais pas être autrement que celle qu’il effaçait dans ce qu’il a voulu, celle-là qui n’existe pas. | Laurent Mauvigné – Apprendre à finir | 19-12-2016 |
| 1150 | Littérature | "Ne ne prenez pas pour une conne, inspecteur", coupa-t-elle. Ses yeux flamboyants lançaient des éclairs. "Ne venez pas me pisser dessus en me disant qu’il pleut, ok? Vous êtes réglo avec moi, et je serai réglo avec vous. Que voulez-vous savoir et pourquoi voulez-vous le savoir?" | R J. Ellory, "Les anges de New York", Le Livre de Poche, p. 411 | 12-12-2016 |
| 1149 | Littérature | Chaque jour, quoi que je fasse, je ne m ’améliore pas. Le peu d’optimisme qui avait auparavant réussi à se frayer un chemin jusqu’à ses pensées [...] avait disparu. | R.J. Ellory, "Les anges de New York", Le Livre de Poche, p. 249 | 12-12-2016 |
| 1148 | Littérature | La haine est une émotion puissante. [...] Parfois justifiée, je n’en doute pas, mais mon expérience me dit qu’elle tend à faire plus de mal à celui qui déteste qu’à celui qui est détesté. | R J. Ellory, "Les anges de New York", Le Livre de Poche, p. 231 | 12-12-2016 |
| 1147 | Littérature | Franck Parrish aurait aimé croire en Dieu, mais il estimait que la foi devait être mutuelle. Elle devait être reciproque. Et il savait, avec une absolue certitude que Dieu ne croyait pas en lui. | R J. Ellory, "Les anges de New York", Le Livre de Poche, p. 216 | 09-12-2016 |
| 1146 | Littérature | Alors qu’avant l’élection de l’auteur du Coup d’État Permanent, en 1981, les socialistes étaient hostiles à la trop forte concentration des pouvoirs aux mains d’un seul homme, ils s’en sont largement satisfaits quand ces mains ont été les leurs. | Thomas Legrand, "Arrêtons d’élire des présidents!"- Stock, 2014, ISBN 9782234078963 (p. 118) | 10-12-2016 |
| 1145 | Littérature | Le sens profond du débat, depuis la campagne de 2007 ne porte pas tant sur la différence des solutions que sur le "Moi, je peux", " Moi, j’ai le courage d’agir", "Moi, je ne me soumets pas". Un peu comme dans le célèbre sketch de Pierre Dac en fakir avec Francis Blanche : "Il peut le faire ?" | Thomas Legrand, "Arrêtons d’élire des présidents!"- Stock, 2014, ISBN 9782234078963 (p. 79) | 09-12-2016 |
| 1144 | Littérature | 2002, le choc. Lionel Jospin, n’ayant pas ioué le jeu de la personnalisation à outrance, n’ayant pas promis ce qu’il ne pensait pas pouvoir tenir, passa à la trappe d’une élection présidentielle qui préfère ceux qui disent n’importe quoi et savent monter avec emphase qu’ils goûtent la variété du savoir-faire francais en matière de pâté de tête. | Thomas Legrand, "Arrêtons d’élire des présidents!"- Stock, 2014, ISBN 9782234078963 (p. 75) | 09-12-2016 |
| 1143 | Littérature | Vouloir moderniser cette notion dans un monde ouvert, comme tente de le faire Nicolas Sarkozy, est à peu près aussi pertinent que d’installer la clim dans une 2 CV! | Thomas Legrand, à propos de la notion d’homme providentiel, dans "Arrêtons d’élire des présidents!"- Stock, 2014, ISBN 9782234078963 (p. 31) | 09-12-2016 |
| 1142 | Littérature | La République éternelle à besoin d’un républicain mortel puisqu’elle ne peut pas être "a-céphale". Pour être sûr de bien choisir le républicain mortel qui fera office de tête temporaire, ils réclament, signe des temps, de le radiographier, de la scanner, d’entrer dans sa salle de bains. Mais les statues n’ont pas de salle de bains ! | Thomas Legrand, "Arrêtons d’élire des présidents!"- Stock, 2014, ISBN 9782234078963 (p. 18) | 08-12-2016 |
| 1140 | Littérature | L’homme aveugle sourit et se lève. Il donne des petits coups de canne pour trouver son chemin. Comme nous tous. | Caroline KEPNES, "Parfaite". ISBN : 978- 2266254137 - p. 390 | 08-12-2016 |
| 1124 | Littérature | Après le dîner l’oncle a allumé des bougies et il a montré l’arbre génialogique qu’il a commencé à ses moments perdus. Ça lui prend du temps à cause justement de tous ces génies de la famille mais pour la logique il repassera avec les branches dans tous les sens et vas-y que je te mets des belles-mères et des belles-soeurs et des belles-filles et des cousins de la fesse gauche. | Éric Fottorino, "Le dos crawlé" | 24-10-2016 |
| 1123 | Littérature | Il m’a dit que je devais aussi faire de la géométrie mais je déteste ça et quand faut tracer deux droites qui se coupent c’est moi qui saigne. | Éric Fottorino, "Le dos crawlé" | 24-10-2016 |
| 1122 | Littérature | On a joué au mikado et à tous les jeux du tiroir. | Éric Fottorino, "Le dos crawlé" | 21-10-2016 |
| 1120 | Littérature | C’étaient des âmes simples qui n’avait envie que de se raconter des histoires où le réel et le supposé leur dessineraient un chatoiement de couleurs propres à les éblouir. | Pierre Magnan, "Elegie pour Laviolette", p. 203 | 21-10-2016 |
| 1115 | Littérature | Un jour où je décortiquais soigneusement mon croissant du matin, le téléphone me fit sursauter, comme s’il criait garde à vous. | Pierre Magnan, "Elegie pour Laviolette". | 20-10-2016 |
| 1102 | Littérature | Le tiroir regorgeait d’échantillons du talent américain qu’on ne mentionne jamais dans les chansons, les histoires ou les études universitaires. Comment avais-je pu ignorer cette mine d’or, ces pépites de fiction, d’imagination, de créativité, de vitupération, de pleurnicheries, de problèmes familiaux, de chauffe-eaux qui explosent, de plafonds qui s’effondrent, de feux qui rasent tout un pâté de maisons, de bébés et d’animaux domestiques qui pissent sur les devoirs, de naissances inopinées, de crises cardiaques, d’infarctus, de fausses couches, de cambriolages ? Là se trouvaient les meilleures rédactions des lycées américains, brutes, vraies, impérieuses, lucides, concises, mensongères. | A propos des faux mots d’excuses écrits par les élèves eux-mêmes. (Franck Mc Court, Teacher Man - Un jeune prof à New York.) | 14-09-2016 |
| 1097 | Littérature | J’ai répondu à la mère de Paulie qu’un jour j’espérais être un professeur hors pair, et sûr de moi en classe. En attendant, je ne pouvais que m’efforcer d’y arriver. Ce qui, étrangement, l’a émue et lui a tiré des larmes. Elle a trifouillé dans son sac à main pour trouver un mouchoir, elle mettait si longtemps que je lui ai offert le mien. Elle a secoué la tête. Elle a dit : Qui s’occupe de votre linge ? Ce mouchoir... Bon sang, je ne me torcherais pas le cul avec un mouchoir pareil. Z’êtes célibataire ou quoi ? | Franck Mc Court, Teacher Man - Un jeune prof à New York. | 12-09-2016 |
| 1096 | Littérature | Et il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses. | Milan Kundera, cité par Alice sur sa page Facebook… | 09-09-2016 |
| 1093 | Littérature | Je viens de traverser l’enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy metal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer. | Mathias Malzieu - épigraphe de "Journal d’un vampire en pyjama". | 28-08-2016 |
| 1088 | Littérature | Talon tira la langue aux pensionnaires ahuris, Poulossière leur fit un pied de nez, Pejat les harangua en se tambourinant le torse comme un gorille : - Je vous salue, débris, tréteaux, vieux machins, viande à limaces! Crevez-y, dans dans votre petite tranquillité, dans votre petit lit bien propre, dans vos petites pantoufles! Buvez-la, votre camomille, eh gâteux ! Blaise, passe un litre, qu’on leur montre un peu, à cette mine d’asticots! Blaise lui passa la bouteille en poussant des "Débris! Débris!" vengeurs. L’apparition de la religieuse et du directeur précipita les adieux. | René Fallet, Les vieux de la vieille, Foliot, p. 215 | 16-08-2016 |
| 1087 | Littérature | - Je m’en vais vous dire une bonne chose, les gars. Aussi vrai que je m’appelle Pejat Jean-Marie et que la vie est bien dure à traîner des fois, elle est bien agréable d’autres fois, et ça me fait suer la chemise et la flanelle d’avoir à la quitter un jour. - Si tu la quittes une nuit, ça te fera-t-y moins suer? interrogea le candide Poulossière. | René Fallet, Les vieux de la vieille, Foliot, p. 133 | 16-08-2016 |
| 1085 | Littérature | Vous pourriez pas nous faire une omelette qui jouerait pas du saxophone, qui parlerait pas du nez, qu’aurait pas de roulettes, qui sauterait pas de l’assiette, qui ferait pas de la lumière ? Une omelette, quoi ! une omelette avec des oeufs, tenez, pourquoi pas ? | René Fallet, Les vieux de la vieille, Foliot, p. 93 | 16-08-2016 |
| 1084 | Littérature | - Faut en profiter, de la belle vie, parce qu’à l’âge qu’on a, c’est rare qu’on arrive à cent ans. - Comment qu’y font, alors, les centenaires ? s’intrigua Talon avec un semblant de logique. - Y se laissent vivre, faut croire, dit Jean-Marie après un long moment d’hésitation. | René Fallet, Les vieux de la vieille, Foliot, p. 87 | 15-08-2016 |
| 1083 | Littérature | Jean-Marie plaça avec piété la bouteille vide sur le tombeau de Gratton : - Tiens, Glaude. D’accord, y’a pus rien dedans, mais y’a le parfum et la forme. Ça vaut mieux que des chrysanthèmes, tu crois pas? | René Fallet, Les vieux de la vieille, Foliot, p. 79 | 15-08-2016 |
| 1082 | Littérature | Indifférents aux rumeurs futiles du monde, l’âne et le vieux traversèrent la place comme la haute philosophie traverse les âges. | René Fallet, Les vieux de la vieille, Foliot, p. 68 | 15-08-2016 |
| 1081 | Littérature | Julia Tombsthay avait servi le thé elle-même. Je me mis à boire, et à grignoter. Ce n’était pas commode, du canapé, je faisais tomber des miettes partout, et si je prenais ma tasse à la main, je me brûlais. J’avais envie de jeter le plateau dans les plantes vertes et de quitter les lieux en sifflotant. | René Belletto, Sur la terre comme au ciel, Hachette, 1982, Collection J’ai lu, p. 25 | 14-08-2016 |
| 1078 | Littérature | Si, exceptionnellement, la tartine tombe du côté non beurré, c’est qu’on n’a pas beurré le bon côté. | Romain Puértolas - La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel - p. 187 | 02-08-2016 |
| 1077 | Littérature | L’homme leva la main. - Oh là, ma petite dame... s’exclama-t-il, comme il l’aurait fait pour tranquilliser une jument sauvage, chose qu’il n’avait jamais eu à faire jusque-là car l’occasion ne s’était jamais présentée. | Romain Puértolas - La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel - p. 111 | 01-08-2016 |
| 1075 | Littérature | Son café [...] me rappelle une pub où des Sud-américains hilares se thchin-tchinent l’expresso dans un tortillard qui se grimpe l’Aconcagua. | Tonino BENAQUISTA, "La maldonne des sleepings", paru en 1989, relu courant 2000, rerelu en juillet 2016. | 19-07-2016 |
| 1073 | Littérature | Pourquoi écrit-on de gauche à droite ? Parce que sinon les phrases commenceraient par un point. Pourquoi les parallèles ne se rencontrent-elles jamais ? Parce que si elles se rencontraient, les gymnastes se casseraient les jambes. | Umberto Eco, "Numéro zéro", Livre de Poche, p. 75 | 12-07-2016 |
| 1071 | Littérature | C’était une école pimpante, où seule une haie de rosiers séparait les garçons des filles De sorte que ces dernières, vues à travers la profusion des fleurs, paraissaient toutes belles et tiraient le regard. On était heureux dans cette école. On n’avait pas envie de grandir ni d’en savoir plus. | Pierre Magnan, "L’enfant qui tuait le temps", Hachette (Folio), 2002, p. 47 & suiv. | 27-06-2016 |
| 1070 | Littérature | 《Le premier qui parle de ça à n’importe qui, je lui fous mon pied quelque part ! 》grommela le patron. C’était un homme qui disposait d’un vocabulaire restreint que le désarroi ne contribuait pas enrichir. | Pierre Magnan, "L’enfant qui tuait le temps", Hachette (Folio), 2002, p. 40 | 26-06-2016 |
| 1069 | Littérature | Alors, soudain, le nouveau-né ouvrit une bouche carrée de tragique grec, une bouche disproportionnée avec le reste du visage, et de ce tunnel béant sur une langue rose surgit le prodigieux hurlement de celui qui voit le monde pour la première fois et déjà ne le trouve pas à sa guise [...] Ses petites mains faisait déjà le geste d’écarter la réalité pour la repousser de toutes leurs forces. | Pierre Magnan, "L’enfant qui tuait le temps", Hachette (Folio), 2002, p. 26 | 26-06-2016 |
| 1068 | Littérature | C’est notre propre douleur, au fond, qui nous protège le mieux contre les pièges et les tentations de la vie, contre nos lâches ambitions de bonheur, nos tristes et déraisonnables envies de durer. Durer, d’ailleurs, c’est seulement la viande qui le veut, l’âme il y a bien longtemps déjà qu’elle a décroché, qu’elle a dévalé en pente douce, sur la pointe des pieds, le mince chemin de la vie, qu’elle s’est perdue de trop de souffrance et d’amertume, de trop de clairvoyance, surtout. De tristesse. Rien de plus triste qu’une âme égarée. | HUGUES PAGAN – DERNIÈRE STATION AVANT L’AUTOROUTE, 1997, Payot et Rivages, ISBN 2-7436-0637-1 | 22-06-2016 |
| 1065 | Littérature | Le miracle ne se produisait pas. Non que j’y aie cru, mais j’avais espéré. Je fermai les yeux. La politique de l’autruche. Je m’attendais à des sifflets et des lazzi, à des murmures et des cris, à des machettes et j’en passe. Je m’attendais à une réaction violente et, au lieu de ça, silence... Puis un tonnerre de "OOOHHH"... Je rouvris les yeux. L’homme avait jeté ses béquilles et se tenait debout seul. "Miracle !" cria quelqu’un. Probablement un ex-muet. | Andrea G. Pinketts, "La madonne assassine". | 16-06-2016 |
| 1059 | Littérature | Le traité de Versailles a fabriqué des Allemands brimés qui ont fabriqué des Juifs errants qui ont fabriqué des Palestiniens errants qui fabriquent des veuves errantes enceintes des vengeurs de demain. | Daniel Pennac, "La petite marchande de prose", Gallimard, 1989, p. 261 | 06-06-2016 |
| 1058 | Littérature | Marty n’était pas précisément un sympathisant des sciences occultes. Les tables tournantes, la révolution permanente catégorie astres, le sens de la vie dans le creux de la main, toutes ces salades lui hérissaient le poil rationnel. Il ne tolérait les boules de cristal que solidement vissées aux rampes des escaliers. | Daniel Pennac, "La petite marchande de prose", Gallimard, 1989, p. 237 & suiv. | 07-06-2016 |
| 1057 | Littérature | Quand la vie ne tient plus qu’à un fil, c’est fou le prix du fil ! | Daniel Pennac, "La petite marchande de prose", Gallimard, 1989, p. 229 | 06-06-2016 |
| 1056 | Littérature | - Trois générations que nous habitons le quartier, et nous n’avons jâmais vu une chose pareille. Trois ans seulement que je suis flic, pensa le plus jeune des deux flics, et j’ai déjà vu cinquante quatre choses pareilles. | Daniel Pennac, "La petite marchande de prose", Gallimard, 1989 p. 203 | 05-06-2016 |
| 1055 | Littérature | - C’était une décision mûrement réfléchie ! - Ne parlez jamais de maturité dans votre cas, mon garçon, même un panaris ne pourrait pas mûrir sur vous, alors une décision... | Daniel Pennac, "La petite marchande de prose", Gallimard, 1989 p. 84 | 02-06-2016 |
| 1054 | Littérature | Quand un oiseau s’échappe de sa cage, on ne peut pas dire qu’il renonce à sa cage. Il s’en libère. Que la cage soit en fer ou en or ne change rien à l’affaire. | Matthieu Ricard, "Trois amis en quête de sagesse", 2016, L’Iconoclaste, p. 134 | 02-06-2016 |
| 1052 | Littérature | Il n’y a pas d’événement qui soit vain dans la vie. Pas de jour, pas d’épreuves qui soient inutiles. À condition qu’on ne les contemple pas, fascinés, immobiles comme l’est la proie d’un serpent, mais qu’on se serve d’eux comme un appui pour aller plus avant. | Martin Gray (1922-2016) dans « Le livre de la vie ». | 27-05-2016 |
| 1051 | Littérature | Osons-nous prendre le temps de nous interroger sur ce qui nous rend pleinement heureux ? Si c’est gagner des millions ou devenir une star, il y a fort à parier que nous serons malheureux à vie. | Alexandre Jollien, "Trois amis en quête de sagesse", 2016, L’Iconoclaste, p. 84 | 25-05-2016 |
| 1049 | Littérature | Collectionner les ordonnances du médecin sans suivre le traitement prescrit n’aide pas à se soigner. | Matthieu Ricard, "Trois amis en quête de sagesse", 2016, L’Iconoclaste, p. 17 | 25-05-2016 |
| 1048 | Littérature | Le 26 février 1802 je suis né à la vie. Le 17 février 1833 je suis né au bonheur dans tes bras. La première date ce n’est que la vie, la seconde c’est l’amour. Aimer, c’est plus que vivre. | Victor Hugo (pour Juliette Drouet). | 21-05-2016 |
| 1046 | Littérature | Mon intelligence et ma raison sont des lumières pour éclairer et comprendre mes problèmes, pour m’aider à trouver des solutions. Mais parfois, ces lumières ne suffisent pas et peuvent au contraire m’emprisonner et me dissimuler d’autres voies. Quand il brille, le soleil nous donne le sentiment de nous révéler l’intégralité de ce qu’il y a à voir ici-bas. Mais lorsqu’il s’éteint et qu’arrive la nuit, nous comprenons tout à coup, devant l’immensité étoilée, qu’il y avait d’autres choses à voir, que nous masquait la lumière même du soleil. | Christophe André "Méditer jour après jour", Éditions l’Iconoclaste, p. 231 | 01-05-2016 |
| 1045 | Littérature | Tu es dérangé, contrarié, abattu ? D’abord, respire et prends conscience de tout ce qui est là : la situation et son impact sur toi. Constate ensuite que c’est déjà là. Impossible d’effacer? Alors accepte. Enfin, vois ce qu’il y a lieu de faire ou de penser. C’est simple à comprendre et pourtant cela fait plus de deux mille ans qu’on nous le répète. Sans doute parce qu’il ne suffit pas de le comprendre, mais qu’il faut s’y entraîner chaque jour. Ce qui est moins prestigieux et moins savoureux que les grands discours et vastes maximes, mais plus efficace. | Christophe André "Méditer jour après jour", Éditions l’Iconoclaste, p. 177 | 27-04-2016 |
| 1044 | Littérature | Ce n’est pas résoudre un conflit que d’aider l’un des adversaires à vaincre l’autre | Freud, cité par Christophe André, "Méditer jour après jour, Éditions l’Iconoclaste, p. 162. | 26-04-2016 |
| 1042 | Littérature | La pleine conscience, c’est toutes les fois où j’éprouve profondément que je suis arrivé là où je voulais être : ici et maintenant. | Christophe André "Méditer jour après jour", Éditions l’Iconoclaste, p. 107 | 19-04-2016 |
| 1039 | Littérature | - C’est drôle, je n’avais jamais imaginé qu’on déplaçait les ruches pour les déposer dans les champs de lavande. - Qu’est-ce que tu crois ? qu’il suffit de leur donner une carte Michelin en leur disant de pas s’arrêter en route sur les autres fleurs ? | Laurent Gounelle - Les dieux voyagent toujours incognito, Anne Carrière, Pocket, 2010, p. 287 | 13-04-2016 |
| 1035 | Littérature | Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite — ou mourir. | Jean Anouilh, "Antigone". | 21-03-2016 |
| 1031 | Littérature | Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête; voilà l’exemple dont les peuples ont besoin. | Victor Hugo, cité par Christiane Taubira dans son dernier livre. | 06-03-2016 |
| 1030 | Littérature | Pourquoi ces efforts ? Pourquoi renoncer, finalement, à vivre deux vies au lieu d’une, à faire à chaque instant deux choses plutôt qu’une ? Parce qu’à vouloir vivre deux fois plus, on risque juste de vivre deux fois moins, car deux fois plus mal, deux fois plus triste, deux fois plus énervé, deux fois plus creux, deux fois plus vain. Il est important d’échapper à la "frénésie finaliste". Ne pas agir seulement pour faire, mais essayer aussi d’agir pour être. | Christophe André, "Méditer jour après jour", L’Iconoclaste, Paris, p. 146. | 04-03-2016 |
| 1019 | Littérature | Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour où l’on se met en route. | Phrase de Jean Giono qui m’est revenue en mémoire un matin, en partance pour une balade autour de Vauvenargues... Renseignement pris, il s’agit de la dernière phrase du roman "les Grands Chemins" de Jean GIONO, citée par Pierre MAGNAN dans "L’apprenti". | 30-01-2016 |
| 1017 | Littérature | Toc toc. Qui frappe à mon carreau ? Ce sont de grosses gouttes d’ eau. Bonjour Madame la pluie Votre visite m’ennuie. Allez plutôt dans le jardin Arroser le jasmin, L’églantine et les pâquerettes On n’entre pas dans ma chambrette ! | Jacques Courcelle (récitation apprise dans mon enfance...) | 21-01-2016 |
| 1013 | Littérature | Le carillon des Finch était un instrument mystique : on pouvait deviner dans quelles dispositions d’esprit se trouvait la personne qui l’avait fait sonner. En entendant le ding-ding, Jean Louise sut que c’était Henry et qu’il était d’humeur joyeuse. | "Va et poste une sentinelle", roman d’Harper Lee traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty. Grasset, p. 54 | 18-01-2016 |
| 996 | Littérature | All art is unstable. Its meaning is not necessarily that implied by the author. There is no authoritative voice. There are only multiple readings. (Toute oeuvre artistique est instable. Sa signification n’est pas nécessairement celle voulue par l’auteur. Il n’existe pas de voix faisant autorité. Il n’y a que de multiples lectures). | David Bowie, 1995 | 04-01-2016 |
| 984 | Littérature | – Notre Justin Manning a été arrêté pour agression là-bas. – En général, les bagarres se finissent au couteau ou au flingue. – Un endroit charmant, hein?" Bowling se mit à rire. "Comme le monde entier, inspecteur". | David Bell, "Un lieu secret", Actes Sud, 2015, p. 180 | 23-12-2015 |
| 979 | Littérature | Quand elle retourna dans la pièce, son père les avait rejoints. ll devait se trouver à l’étage ou dans la salle de bains quand ils étaient entrés. Comme tous les hommes confrontés a une femme en pleurs, il affichait un air désemparé, un peu perdu. | David Bell, "Un lieu secret", Actes Sud, 2015, p. 180 | 21-12-2015 |
| 978 | Littérature | Si tu écoutais, au lieu de passer ton temps à envoyer des textos, à mâchouiller ton chewing gum ou à tripoter tes cheveux, tu saurais que quand quelqu’un meurt, ce n’est pas une tragédie. Une tragédie, c’est quand un personnage noble est précipité vers sa chute par la fatalité, et que le spectateur éprouve de la terreur et du plaisir en regardant ça. C’est ce que tu éprouves quand tu lis des articles sur ma famille? | David Bell, "Un lieu secret", Actes Sud, 2015, p. 123 | 20-12-2015 |
| 975 | Littérature | La vérité m’a toujours fait regretter l’incertitude. | Cette phrase clôture le livre d’Éric-Emmanuel Schmitt "Les 10 enfants que Madame Ming n’a jamais eus" (Albin Michel, Paris, 2012). | 17-12-2015 |
| 970 | Littérature | Ses propres doutes refaisaient surface comme de la vase au fond d’un ruisseau. | David Bell, "Un lieu secret", Actes Sud, 2015, p. 59 | 12-12-2015 |
| 969 | Littérature | Elle pense qu’aborder son article sous l’angle du racisme pourrait lui donner un certain retentissement... Sauf que les gens de Dove Point péféreraient encore assister à la Journée mondiale de la coloscopie plutôt que de se pencher sur la question. | David Bell, "Un lieu secret", Actes Sud, 2015, p. 56 & suiv. | 10-12-2015 |
| 967 | Littérature | – Le ménage dans votre appartement va prendre un peu de temps, j’ai l’impression. Si vous voulez, Alice, jusqu’au procès, je peux vous héberger. J’ai... Enfin on se tassera ! – Vous êtes gentil, Nick, répondit Alice du sourire désarmant de la fille qui a tout compris et qui ne veux pas vexer. mais ça ira . J’ai encore besoin de solitude. J’irai à l’hôtel. | Michel Bussi, "Gravé dans le sable",p. 176 & suiv. | 01-12-2015 |
| 966 | Littérature | Tandis que ce canon qui vient d’entrer dans mon bureau... C’est pas possible, elle s’est trompée de boutique, elle va me demander si c’est bien ici qu’on loue des Jaguars ou qu’on tond les caniches, elle va me faire un grand sourire et elle va disparaître. | Michel Bussi, "Gravé dans le sable", p. 128 | 01-12-2015 |
| 964 | Littérature | Même la page de titre était ponctuée de bouts de papiers. "L’âme d’un peuple", pourrait-on lire en gros caractères. Londres, 1902. – Si vous souhaitez en apprendre davantage sur notre pays, voilà un bon point de départ.. – Ce n’est pas vraiment actuel, répondis-je, légèrement agacée. – L’âme d’un peuple ne change pas en une nuit. | Jan-Philip Sendker, "L’art d’écouter les battements de coeur", JC Lattès, 2014, p. 240. | 01-12-2015 |
| 961 | Littérature | "The main story is about..." ---> "Le fil principal du récit porte sur..." | Voir http://wp.me/p525M3-1bs | 30-11-2015 |
| 959 | Littérature | Que dure la vie d’un homme, après tout ? Vit-il mille jours ou un seul ? Une semaine, ou plusieurs siècles ? Que dure la mort d’un homme ? Que veut dire "pour toujours" ? | Pablo Neruda, cité par Jan-Philipp Sendker dans "L’art d’écouter les battements de coeur" (p. 35). | 15-11-2015 |
| 942 | Littérature | Nout ne mange pas, elle goûte. Nout ne respire pas, elle vibre. Nout ne marche pas, elle glisse. Nout ne parle pas, elle chante. Nout ne voit pas, elle observe. Nout n’écoute pas, elle comprend. Lorsqu’elle pénètre dans son salon, à la tombée du jour, le soleil s’éclipse car il ne veut pas lui faire d’ombre. | Bernard Werber, "Celle qui hante mes rêves" (L’arbre des possibles et autres histoires) | 20-09-2015 |
| 934 | Littérature | Il pensa ensuite à l’armée Les cheveux ras, les marches, les sous-officiers tyranniques, la violence. Les jungles moites d’Asie du Sud-Est. il pourrait être obligé de tirer sur des petits paysans maigrichons en pyjama. | Ken Follett - Le Siècle - III - Aux portes de l’éternité, p 745 | 22-08-2015 |
| 933 | Littérature | A l’instar des Esquimaux qui disposent, paraît-il, de plusieurs mots pour désigner la neige, les Moscovites avait quantité d’expressions pour évoquer le marché noir. | Ken Follett - Le Siècle - III - Aux portes de l’éternité, p 486 | 17-08-2015 |
| 932 | Littérature | George haussa les épaules et se tut. Ces derniers temps, il évitait de discuter politique avec des inconnus. Ils avaient le plus souvent des réponses simplistes : renvoyez tous les Mexicains chez eux, recrutez des Hell’s Angels dans l’armée, castrez toutes les tantouzes. Plus leur ignorance était grande, plus leurs opinions étaient tranchées. | Ken Follett - Le Siècle - III - Aux portes de l’éternité, p.301 | 15-08-2015 |
| 931 | Littérature | L’idée que le bonheur ne dépend pas d’une personne et de sa situation personnelle, mais des connexions que nous établissons entre nous est récente. On commence tout juste à réaliser le regard heureux ou triste que l’on porte sur soi ou sur les autres est un facteur d’évolution si forte qu’il en devient un pouvoir. | Frédérique Deghelt - Les brumes de l’apparence, p. 348 | 07-08-2015 |
| 930 | Littérature | C’était une question qui en amenait d’autres, comme toutes les questions qui nous font avancer en ouvrant des chemins auquel nous n’aurions jamais pensé. | Frédérique Deghelt - Les brumes de l’apparence, p. 344. Voilà qui me rappelle la question de la différence entre religion et spiritualité, et plus précisément la raison pour laquelle j’ai toujours été intéressé par les questions que posent les religions, plus que par les réponses qu’elles proposent... | 07-08-2015 |
| 929 | Littérature | L’univers a de l’humour quand il gère les coïncidences et, pour peu qu’on ait envie de s’y frotter, il n’est pas facile de lui rendre la pareille. | Frédérique Deghelt - Les brumes de l’apparence, p. 322 | 07-08-2015 |
| 927 | Littérature | Quand je m’en laisse le temps, je me demande ce que serait devenue ma vie si j’avais emprunté tel chemin ou tel autre. Les possibilités du non-vécu me fascinent. Vivre dans la gestuelle du clic. Si vous voulez prendre cette voie, tapez deux. | Frédérique Deghelt - Les brumes de l’apparence, p. 83 | 04-08-2015 |
| 916 | Littérature | Je vais pouvoir tester la phrase d’Audiard que je préfère : "La campagne c’est affreux : le jour on s’ennuie, et la nuit on a peur". | Frédérique Deghelt - Les brumes de l’apparence, p. 53 | 02-08-2015 |
| 914 | Littérature | Même enfant, j’aimais ses folies. Ma mère ne ressemblait à aucune autre, me réveillant en pleine nuit pour aller admirer des étoiles ou se promener dans une ville illuminée par une fête. Pourquoi faudrait-il avouer des traumatismes que l’on n’a pas ressentis en vivant dans une famille politiquement incorrecte ? | Frédérique Deghelt - Les brumes de l’apparence, p. 24 | 01-08-2015 |
| 910 | Littérature | La loyauté ne consiste pas à se mettre dans le rang, mais au contraire à s’en écarter pour les êtres qu’on aime | Annie Barrows - Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, p. 584 | 30-07-2015 |
| 909 | Littérature | Si vous voulez exhumer des vérités cachées, alors le sens de l’observation vous sera aussi utile qu’une pelle. | Annie Barrows - Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, p. 57 | 25-07-2015 |
| 906 | Littérature | «Allez, on va faire un peu de lèche-vitrines, proposa telle. Imagine qu’on a dix dollars chacune et juste un après-midi pour les dépenser, sinon, on perd tout.» Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous étions en train de discuter de la possibilité que je lui emprunte deux de ses dollars imaginaires pour m’acheter une robe rose quand nous nous trouvâmes nez à nez avec Marjorie Lanz. Elle habitait en bas de notre rue et parlait sans arrêt. | Annie Barrows - Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, p. 18 | 23-07-2015 |
| 904 | Littérature | Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’œil cette nuit, une de ses sœurs ayant contracté une pneumonie, Dieu sait comment. — La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D’après les rapports internes, il s’agit d’un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur grand fumeur grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c’était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à cent ans. | Fred Vargas, Temps glaciaires, début du Chapitre III | 11-07-2015 |
| 898 | Littérature | Il est comme ça, Denny. S’il veut une réponse, il envoie quelqu’un se renseigner à sa place. S’il veut qu’un boulot soit fait, il le confie à un subordonné. Et dans le monde de Denny, il n’y a que des subordonnés [...]. Au lycée, il était déjà comme ça. Et même avant, oserais-je hasarder. Merde ! Bébé, je suis sûr qu’il devait sous-traiter son lait maternel. | Andrew Riconda, "Le coeur comme un ballon" | 04-07-2015 |
| 884 | Littérature | Le destin ne passe qu’une minute en gare, saute dans le train, seuls les crétins demeurent à quai. | Fred Vargas, Un lieu incertain, p. 368 | 07-05-2015 |
| 883 | Littérature | On m’attend après-demain à une conférence à Munich. Je rentre dans le droit chemin qui, comme tu le sais, n’existe pas et qui par ailleurs n’est pas droit. | Fred Vargas, Un lieu incertain, p. 363 | 07-05-2015 |
| 882 | Littérature | La petite femme trotta vers l’homme qui haletait au sol tandis qu’Adamsberg ramassait son arme et appelait les secours. - Il ne va pas mourir au moins ? demanda-t-elle en se penchant un peu vers lui. - Je ne crois pas. La balle s’est logée dans l’intestin. - Ce n’est que du .32, précisa Mme Bourlant avec naturel, comme elle aurait décrit la taille d’un petit vêtement. | Fred Vargas, Un lieu incertain, p. 355 | 07-05-2015 |
| 881 | Littérature | Je reviens, dit Adamsberg à Mélanie. Auriez-vous une place, modeste, un palier, un fauteuil, n’importe quoi, pour coucher le commissaire ? Je reviens. 《Je reviens》. Ces deux mots mille fois dits, comme si Adamsberg réassurait sans cesse son entourage, redoutant lui-même de ne jamais revenir. On prend un chemin de forêt, on regarde les arbres, et puis qui sait ? | Fred Vargas, Temps glaciaires, p. 90 | 07-05-2015 |
| 880 | Littérature | Adamsberg n’était pas un homme émotif, effleurant les sentiments avec prudence, comme les martinets touchent les fenêtres ouvertes d’une caresse de l’aile, évitant de s’y engouffrer, tant le chemin pour sortir est ensuite difficile. Il avait souvent trouvé des oiseaux morts dans les maisons du village, imprudents et curieux visiteurs incapables de retrouver l’ouverture par laquelle ils étaient entrés. Adamsberg estimait que, en matière d’amour, l’homme n’est pas plus futé qu’un oiseau. Et qu’en toute autre matière, les oiseaux l’étaient beaucoup plus. | Fred Vargas, Un lieu incertain, p.316 | 07-05-2015 |
| 879 | Littérature | Il fallait toujours - on ne sait pourquoi - qu’Estalère emboîte le pas à quelqu’un. Comme un caneton perdu qui s’installe dans une file. Peu importe sur qui tombait le brigadier au détour d’un couloir, [...], il se mettait à la roue et suivait. Si bien que chaque agent était accoutumé à découvrir soudain le jeune homme dans ses pas et à lui déléguer une partie de ses tâches en cours. | Fred Vargas, Temps glaciaires, p. 187 & suiv. | 07-05-2015 |
| 878 | Littérature | – Et pourquoi la Brasserie des Philosophes s’appelle-t-elle ainsi alors qu’il n’y a pas un seul philosophe dedans ? – Cela ne nous donne pas la réponse, ça ne nous donne qu’une autre question. – C’est souvent comme ça, brigadier. | Fred Vargas, Un lieu incertain, p. 152 & suiv | 07-05-2015 |
| 875 | Littérature | – Si police il y a, je ne quitte pas ces lieux sans avoir vu votre supérieur, disait l’homme. – Je suis le supérieur. Commissaire Adamsberg. Cet étonnement, cette déception, Adamsberg les avait vus bien des fois sur bien des visages. En même temps que, aussitôt après, la soumission immédiate au grade, qu’elle qu’en soit l’étrange détenteur. | Fred Vargas, "Un lieu incertain", p. 99 | 04-05-2015 |
| 868 | Littérature | Mais je l’ai vue le lundi, protesta franchement Amédée. Réaction inéluctable, aussi animale qu’irréfléchie, comme si le fait d’avoir vu une personne un lundi rendait inacceptable qu’elle disparaisse le lendemain. La mort subite est incomprise. | Fred Vargas,"Temps glaciaires" | 10-04-2015 |
| 864 | Littérature | Quelle que soit la personne que tu regardes, sache qu’elle a déjà plusieurs fois traversé l’enfer. | Christian Bobin, "Les ruines du ciel" (cité par Christophe André sur psychoactif.blogspot.fr) | 04-04-2015 |
| 861 | Littérature | Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. | BAUDELAIRE, Trad. E. POE, Histoires grotesques et sérieuses, «Éléonora». | 28-03-2015 |
| 844 | Littérature | On ne sait jamais ce que le passé nous réserve. | Françoise Sagan, citée par l’écrivain et réalisateur Yann Moix sur France Inter. | 15-02-2015 |
| 843 | Littérature | Je sais maintenant que tout peut disparaître très vite. Pas seulement l’argent, mais la vie, la stabilité. Rien de tout ça n’est réel. Les pauvres le savent. C’est pour ça qu’ils investissement si rarement. Qu’ils font si rarement avec leur argent quelque chose qui leur en rapportera davantage. Investir dans l’avenir est un luxe de riche. Les pauvres cherchent seulement des moyens de rendre le présent supportable. L’argent peut procurer des moments de réalité agréable, quels qu’ils soient. C’est pour ça que l’argent ne change jamais de main. | Ian Levison, "Un petit boulot " | 09-02-2015 |
| 842 | Littérature | Les femmes ont une sorte de sixième sens pour renifler ce que vous essayez de cacher. Elles fouillent aussitôt au bon endroit, comme un chien qui cherche un os enterré. | Ian Levison, "Un petit boulot " | 09-02-2015 |
| 841 | Littérature | Carrure sportive, cheveux coupés en brosse, c’est un homme soigné, qui s’entretient, se coupe les poils du nez... Mais là, au physique comme au mental, tout part en quenouille. | Philippe Huet, "Les Égarés de la plage", p. 32 | 09-02-2015 |
| 811 | Littérature | Normalement, un type qui se gratte le dessous des genoux n’a pas trop de mauvaises idées dans la tête puisqu’il prend son temps pour se gratter le dessous des genoux. | Jean -Bernard Pouy : La capture du tigre par les oreilles. | 07-11-2014 |
| 807 | Littérature | Moi, je m’occupe des cadavres ici-même, au siège de la médecine légale. Je passe mon temps à découper des gens et à jeter un coup d’oeil à l’intérieur. Imaginez un peu si je ramenais du boulot à la maison ! | R. J. Ellory, "Les anonymes". | 04-11-2014 |
| 802 | Littérature | Quand son nom a commencé à devenir populaire, beaucoup de gens de la haute société lui ont rendu visite, et ont sollicité ses faveurs. Les riches voulaient l’être davantage, les puissants voulaient plus de pouvoir, les minables voulaient se sentir des saints. Et les saints voulaient être punis pour des pêchés qu’ils regrettaient de ne pas avoir eu le courage de commettre. | Carlos Ruiz Zafón, "Le jeu de l’Ange" | 20-10-2014 |
| 801 | Littérature | Rien n’est juste. Au mieux, on peut aspirer à ce que ce soit logique. La justice est une maladie rare dans un monde qui n’a pas besoin d’elle pour se porter comme un charme. | Carlos Ruiz Zafón, "Le jeu de l’Ange" | 20-10-2014 |
| 800 | Littérature | Pourquoi faut-il que moins on a de choses à dire, plus on se montre pompeux et pédant? Est-ce pour tromper le monde ou pour se tromper soi-même? | Carlos Ruiz Zafón, "Le jeu de l’Ange" | 20-10-2014 |
| 796 | Littérature | Dans un univers où le succès est de gagner du temps, [le fait de] penser n’a qu’un défaut, mais incorrigible: d’en faire perdre. | Jean-François Lyotard, "Le postmoderne expliqué aux enfants". | 15-10-2014 |
| 795 | Littérature | Après toutes ces années, ce qu’elle avait d’abord pris pour une force silencieuse s’était révélé comme un stoïcisme profondément ancré en lui, quelque chose qui le coupait des gens. | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p. 141). | 12-10-2014 |
| 794 | Littérature | Dès qu’un bébé arrive au monde, vous voilà condamnés à deux ans d’interruption de sommeil, sauf si les probabilités génétiques vous ont fait la rare grâce de vous donner un "bébé facile", un de ceux qui sont destinés à devenir des adultes pourvus des douces dispositions de moines bouddhistes. | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p. 123) | 12-10-2014 |
| 793 | Littérature | Les papillons de nuit se servent de la lune pour se diriger la nuit, et la lumière des ampoules les embrouille assez pour qu’ils se croient en train de"faire le tour de la lune". | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p.115). | 12-10-2014 |
| 782 | Littérature | Elle prit un crayon et le cahier de Brandon aux feuilles lignées, puis elle chercha une page blanche en jetant un coup d’œil rapide aux scènes guerrières peu élaborées qu’il avait dessinées, de petites scènes à la Breughel mais pleines de bonshommes-allumettes où une armée de ces bonshommes assiégeait et canonnaient des forts rectangulaires, écrasait des ennemis qui levaient des mains en forme de bâtons et fuyaient les explosons représentées par des gribouillis. Ce garçon est très intelligent, mais il ne connaît rien à l’art. | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p.259 & suiv.). | 20-09-2014 |
| 781 | Littérature | Aux yeux de Brandon, la rue South Broadway, à cet endroit, ressemblait à une autoroute et quand il vit Tomás sprinter à travers les quatre voies d’asphalte, il eut l’impression de regarder un plongeur sauter d’une falaise dans un petit trou d’eau. | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p. 305). | 20-09-2014 |
| 780 | Littérature | Aracely pouvait voir que la Grande Copine et M. Lujan s’affrontaient dans un combat familier […] entre ceux pour qui l’exercice du pouvoir revenait à se conduire en berger paternaliste à l’égard d’un troupeau stupide et ceux qui rêvaient d’un empire de la raison et de citoyens instruits. | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p. 367 & suiv.). | 20-09-2014 |
| 779 | Littérature | Elle leva les yeux vers le juge, sorte d’ange en négatif avec sa robe noire et ses cheveux blancs, qui tenait les clés des portes de la liberté. | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p. 526). | 20-09-2014 |
| 778 | Littérature | Le procureur adjoint Goller réfléchit quelques instants à cette appréciation et répondit : "Notre chance, c’est qu’on a affaire à une étrangère reconductible à la frontière. Du coup, ça n’a pas à décoller longtemps. – Oui, mais combien de temps ? – Si on jette un poulet en l’air et qu’il bat des ailes deux ou trois secondes, on peut dire qu’il vole. D’accord ?" | Hector Tobar, "Printemps barbare", traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Furlan, éditions Belfond, Paris, 2012, p. 588). | 20-09-2014 |
| 764 | Littérature | Mêle aux devoirs un peu de fol entrain. | Horace, Odes, IV, « À Virgile » | 02-09-2014 |
| 760 | Littérature | Le rôle qu’on lui assénait lui parut aussi inconfortable qu’un strapontin de fakir ! Si tant est que cela existe… | Catherine Fournol, Les Gentianes par la racine, éditions de la Courrière, ISBN 2-912393-05-1? p. 100 | 30-08-2014 |
| 744 | Littérature | Il avait ouvert son réfrigérateur machinalement et sans trop d’espoir, pour le refermer aussitôt, tout en se disant qu’un jour il faudrait qu’il pense à faire des courses. | Pascal Launay : "Clair de Lune" | 09-08-2014 |
| 738 | Littérature | Donc, on ferme les yeux (enfin, on s’imagine en train de fermer les yeux, sinon vous ne pourrez plus lire et du coup ça fonctionnera moins bien) on ferme les yeux disai-je et on s’imagine au milieu d’un grand désert fait de livres sérieux, de textes solides, de références en béton et de notes de bas de page sans fantaisie aucune. Et tout d’un coup, on s’imagine un … un truc, il n’y a pas d’autre mot, qui débarque, se fait de la place assez brutalement et pousse tout le reste. Là, on a une image assez précise d’un Pratchett au milieu de la littérature contemporaine qui fait habituellement mes délices. | Pratchett - Les Ch’tits hommes libres - reading in the rain | 30-06-2014 |
| 723 | Littérature | Les enfants sont surprenants. Surtout à l’âge de Tom. Ensuite, à l’adolescence; ils deviennent comme des boeufs. Bas se plafond, têtus, sales, lourds. Ils mugissent quand on veut les faire manoeuvrer. Il faut les mener à la baguette. | Katherine Pancol, "Muchachas", p. 325 | 16-05-2014 |
| 722 | Littérature | Notre passage sur terre est semblable au parcours d’une taupe. Nous allons de trou en trou, aveugles et sourds. À chacun de choisir sa galerie. | Katherine Pancol, "Muchachas", p. 244 | 16-05-2014 |
| 721 | Littérature | C’est un solitaire, bourru, maladroit, qui a gardé de son père et de son grand père l’habitude de se lever tôt, de boire du mauvais café, d’avoir un Laguiole dans sa poche pour couper le pain ou le saucisson et de se méfier de l’homme qui sourit sans raison. | Katherine Pancol, "Muchachas", p. 227 | 16-05-2014 |
| 720 | Littérature | J’ai toujours cru qu’on m’aimait sur un malentendu. | Katherine Pancol, "Muchachas", p.130 | 16-05-2014 |
| 715 | Littérature | Curieusement, et malgré tout ce qui lui arrivait, Del parvenait encore à se concentrer sur le jeu. La victoire des Sixers, il y croyait. Maria, quand elle le voyait comme ça, était morte de rire. Elle pointait le doigt sur l’écran en disant : — Et tu penses que ces gars-là iraient t’applaudir sur ton lieu de travail ? | Ne t’éloigne pas, Harlan Coben (trad. Roxane Azimi), éd. Pocket, 2013 (ISBN 978-2-266-24539-5), p. 375 | 10-05-2014 |
| 714 | Littérature | La plupart [des touristes] ne voyaient même pas le mémorial, ou alors ils s’empressaient de regarder ailleurs, comme s’il s’agissait d’un sans-abri en train de faire la manche. Broom comprenait. Ils étaient venus pour autre chose. Les gars sur le mur qui avaient combattu ou donné leur vie pour cette liberté-là auraient sans doute compris aussi | Ne t’éloigne pas, Harlan Coben (trad. Roxane Azimi), éd. Pocket, 2013 (ISBN 978-2-266-24539-5), p. 311 | 10-05-2014 |
| 713 | Littérature | Les bonnes âmes. Venues lui donner des brochures et la sauver. Avec des formules bateau du style : « Abandonne le string et trouve Jésus. Ce à quoi elle répondrait : « Il laisse de gros pourboires, Jésus ? » | Ne t’éloigne pas, Harlan Coben (trad. Roxane Azimi), éd. Pocket, 2013 (ISBN 978-2-266-24539-5), p. 85 | 10-05-2014 |
| 712 | Littérature | Harry Sutton n’était pas beau. Avec les valises qu’il avait sous les yeux, il avait de quoi entreprendre une croisière de trois semaines. Son nez bulbeux frisait la caricature. Sa tignasse blanche ne pouvait être disciplinée que sous la menace d’un fusil. Mais son sourire... son sourire était béatifique [...] | Ne t’éloigne pas, Harlan Coben (trad. Roxane Azimi), éd. Pocket, 2013 (ISBN 978-2-266-24539-5), p. 83 | 10-05-2014 |
| 711 | Littérature | – C’est sa parole contre la mienne, protesta Kaylie. Pourquoi tu es toujours de son côté à lui ? Dans chaque gamin, pensa Megan, il y a un avocat qui sommeille, cherchant des échappatoires, exigeant des preuves impossibles, pinaillant sur les moindres détails. | Ne t’éloigne pas, Harlan Coben (trad. Roxane Azimi), éd. Pocket, 2013 (ISBN 978-2-266-24539-5), p. 26 | 10-05-2014 |
| 710 | Littérature | Il pleurerait bien sur son sort, mais encore faudrait-il que ça l’intéresse... | Ne t’éloigne pas, Harlan Coben (trad. Roxane Azimi), éd. Pocket, 2013 (ISBN 978-2-266-24539-5), p. 16 | 10-05-2014 |
| 709 | Littérature | Les différents stades de la douleur : en principe, c’est censé commencer par le déni. Faux, en fait, c’est même tout le contraire : une acceptation totale. On entend la mauvaise nouvelle, on comprend très exactement ce qu’on est en train de vous dire. On comprend qu’un être aimé - votre conjoint, votre parent, votre enfant - ne rentrera plus, qu’il a disparu définitivement, que sa vie est finie et que jamais, jamais vous ne le reverrez. Tout ça, vous le comprenez en un éclair. Vos jambes flageolent, votre cœur lâche. C’est le premier pas : pas seulement l’acceptation, pas seulement la compréhension, mais la vérité dans toute son horreur. Les êtres humains ne sont pas faits pour supporter une souffrance pareille, alors c’est là qu’intervient la déni. Le déni s’installe rapidement, pour guérir les blessures ou du moins les panser. Cependant, il y a toujours ce moment - bref, Dieu merci -, le véritable stade numéro un, où l’on entend la nouvelle, on se penche au-dessus de l’abîme et, aussi atroce que cela puisse paraître, on comprend tout. | Juste un regard (2004), Harlan Coben (trad. Roxanne Azimi), éd. Pocket (n 12897), 2007 (ISBN 978-2-266-15972-2), chap. 26, p. 246 | 10-05-2014 |
| 708 | Littérature | La vieillesse rendait-elle insensible à la souffrance ou était-ce simplement le masque qui gagnait en solidité ? | Juste un regard (2004), Harlan Coben (trad. Roxanne Azimi), éd. Pocket (n 12897), 2007 (ISBN 978-2-266-15972-2), chap. 23, p. 235 | 10-05-2014 |
| 695 | Littérature | Là se trouve l’avantage de ne pas avoir beaucoup d’argent : on apprend à mener une vie intéressante sans nourrir des besoins incessants. [...] L’argent : la drogue la plus trompeuse qui soit, car elle nous donne l’illusion de pouvoir contrôler notre destin. Un vrai mensonge. | Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 105 | 27-04-2014 |
| 686 | Littérature | Il s’est donc plongé dans la lecture de son-catalogue de bricolage. Les dernières pages, ses préférées, sont réservées aux inventions. Du genre concours Lépine mais en moins glamour. Le ramasse-miettes sélectif, la canne gigogne attrape-bocaux, le remonte-chaussettes sans se baisser ou le pèle-légumes pour gaucher. Il serait bien tenté par l’éponge magique qui nettoie tout du sol au plafond sans frotter, tout ça pour une somme très modique. Mais il a peur d’être déçu. Autant continuer de rêver que ça puisse marcher Donc, le mieux, c’est de remplir soigneusement le bon de commande et de ne jamais l’envoyer. Et c’est ce qu’il a fait encore une fois. | "Et puis, Paulette...", Barbara Constantine, éd. Calmann-Lévy, 2012 (ISBN 978-2-70214-316-2), p. 65 | 12-04-2014 |
| 685 | Littérature | Les petits enfants, c’est merveilleux. C’est passionnant. Et si différent de ses propres enfants. Si, si, vraiment. Plus mignons, plus vifs et beaucoup plus intelligents. Ça tient peut-être à l’époque, les temps ont changé. À moins que ce soit nous qui en vieillissant devenions plus patients. Possible… | "Et puis, Paulette...", Barbara Constantine, éd. Calmann-Lévy, 2012 (ISBN 978-2-70214-316-2), p. 13 | 12-04-2014 |
| 676 | Littérature | Nous sommes tous obnubilés par le désir d’arranger les choses, au point de nous persuader que nous sommes capables de rectifier le cours de la vie. "Jeter des ponts", "tendre la main", "arrondir les angles" : le lexique de l’Amérique moderne est hanté par le besoin de réconciliation, car nous sommes "le pays où tout est possible", pas vrai ? Nous nous faisons fort d’esquiver la tragédie, de combler l’abîme insurmontable qui se creuse si souvent entre les êtres humains, de comprendre l’incompréhension... Le point faible de cet optimisme entêté, c’est le refus de reconnaître qu’il existe en effet des divergences insolubles, des tensions insolubles, d’accepter que malgré toute notre bonne volonté nous ne pouvons pas corriger tout ce qui a mal tourné, terriblement mal tourné... | Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 287 | 23-03-2014 |
| 668 | Littérature | Cinq ans déjà qu’il n’a plus arpenté la ville. Les effluves si particuliers, en envahissant ses narines, le plongent dans un passé d’où les souvenirs resurgissent dans un ordre délicieusement aléatoire. | Pascal Launay, "Bien loin d’un matin calme", ISBN 978-2-303-00405-3, Éditions Thélès, Paris, 2011, p. 13 | 21-02-2014 |
| 662 | Littérature | Les sentiments "proches ennemis" : Attachement/amour, pitié/compassion, indifférence/sagesse. | Louise Penny, Le mois le plus cruel, Actes Sud Littérature /Actes noirs - 2012, 416 pages, ISBN 978-2-330-00941-0, p. 260 à 262 (pour l’explication) | 04-02-2014 |
| 661 | Littérature | Quatre phrases qui mènent à la sagesse : Je ne sais pas… Excusez-moi… J’ai besoin d’aide… Je me suis trompé. | Louise Penny, Le mois le plus cruel, Actes Sud Littérature /Actes noirs - 2012, 416 pages, ISBN 978-2-330-00941-0, p. 174 | 04-02-2014 |
| 660 | Littérature | La peur peut empêcher certaines personnes de commettre des erreurs, mais […] c’est elle qui pousse la plupart des gens à tuer. Cachée sous toutes les autres émotions, c’est elle qui les déforme, les transforme en quelque-chose de morbide. C’est un alchimiste qui peut changer la lumière du jour en nuit, la joie en désespoir. Dès qu’elle croît, la peur cache le soleil. | Louise Penny, Le mois le plus cruel, Actes Sud Littérature /Actes noirs - 2012, 416 pages, ISBN 978-2-330-00941-0, p. 160 | 04-02-2014 |
| 659 | Littérature | Bien que mince, elle avait un visage un peu grassouillet, comme un ballon avec des cheveux. Elle aspira ses joues en les mordant entre ses molaires. C’était mieux, mais elle ne pouvait pas passer sa vie comme ça. | Louise Penny, Le mois le plus cruel, Actes Sud Littérature /Actes noirs - 2012, 416 pages, ISBN 978-2-330-00941-0, p. 127 | 04-02-2014 |
| 658 | Littérature | Ses parents à elle voulaient qu’ils passent la matinée à chercher les œufs en chocolat qu’ils avaient cachés partout dans la maison. Ils avaient même dit en blaguant que ce serait plus facile pour lui, puisqu’il était enquêteur. Le plus simple, s’était-il dit, serait de pointer son arme sur la tête de son beau-père pour l’obliger à révéler où se trouvaient les maudits œufs. | Louise Penny, Le mois le plus cruel, Actes Sud Littérature /Actes noirs - 2012, 416 pages, ISBN 978-2-330-00941-0, p. 109 | 04-02-2014 |
| 657 | Littérature | En ouvrant la portière, Gamache fut accueilli par un arôme si suave qu’il dut fermer les yeux et s’arrêter un moment. Inspirant profondément, il sut immédiatement ce que c’était : l’odeur des pins. De jeunes bourgeons, au parfum puissant et neuf. | Louise Penny, Le mois le plus cruel, Actes Sud Littérature /Actes noirs - 2012, 416 pages, ISBN 978-2-330-00941-0, p.83 | 04-02-2014 |
| 649 | Littérature | La fonction de l’artiste est fort claire : il doit ouvrir un atelier et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il vient. Non pour autant qu’il se tienne pour un mage. Seulement un horloger. Réparateur attentif du homard ou du citron, de la cruche ou du compotier, tel est bien l’artiste moderne. Irremplaçable dans sa fonction. Son rôle est modeste, on le voit. Mais on ne saurait s’en passer. | Francis Ponge, "Le murmure", dans son ouvrage "Méthodes", Paris, Gallimard [première édition 1961], Folio Essais N° 107, p. 160 | 23-01-2014 |
| 627 | Littérature | A peine est-il parti qu’elle est montée éteindre le chauffage, ouvrir les fenêtres en grand, évacuer ce qu’elle appelait l’odeur du célibat, un mélange entêtant d’huile de friture, d’eau de Cologne bon marché, de tabac froid et de flatulences. | Richard Russo, Le Pont des Soupirs, ISBN 978-2-7103-3002-8, p. 508 | 08-12-2013 |
| 626 | Littérature | Être adulte, disait-on, c’est supporter ce qu’on ne peut changer. Peu d’adultes, cependant, y arrivaient. Pas plus ses parents que les autres. A douze ans, Sarah avait appris à faire la part du feu, à trouver en elle-même un minimum de réconfort quand il fallait. Mais, si elle était le plus souvent heureuse ou, à défaut, raisonnablement satisfaite, elle se demandait si elle ne s’était pas résignée trop vite. Et si en réalité les concessions ne vous apportaient que l’habitude des concessions ? | Richard Russo, Le Pont des Soupirs, ISBN 978-2-7103-3002-8, p. 445 | 08-12-2013 |
| 623 | Littérature | Il est gentil, ton père [...], gentil jusqu’au bout des ongles, même. Chez les autres ça s’arrête quelque-part en chemin. | Richard Russo, Le Pont des Soupirs, ISBN 978-2-7103-3002-8, p. 341 | 01-12-2013 |
| 622 | Littérature | À cette époque-là comme aujourd’hui, il n’y avait à Thomaston qu’une seule société de taxis. Selon l’encart dans les pages jaunes, il s’agissait d’une "flotte" de véhicules propres et spacieux, confiés à des chauffeurs courtois et ponctuels. La preuve, comme disait ma mère, qu’on peut raconter n’importe quoi sans que personne y trouve à redire. | Richard Russo, Le Pont des Soupirs, ISBN 978-2-7103-3002-8 | 29-11-2013 |
| 617 | Littérature | Quand on nous dit : "la vie augmente", ce n’est pas que le corps des femmes devient plus vaste, que les arbres se sont mis à monter par-dessus les nuages, que l’on peut voyager dans la moindre des fleurs, que les amants peuvent des jours entiers rester à s’épouser. mais c’est, tout simplement, qu’il devient difficile de vivre simplement | Eugène Guillevic, "La vie augmente", Gagner,1949, cité par Vincent de Gaulejac à la fin d’une conférence filmée intitulée "La société malade de la gestion" | 23-11-2013 |
| 616 | Littérature | Il avait été nommé pour son premier poste dans un village des Alpes, près de Gap. Un jour il avait écrit le mot "Dictée" sur le tableau noir puis il avait enjambé la fenêtre et s’était enfui dans la forêt, laissant toute la classe bouche ouverte. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 148 | 16-11-2013 |
| 615 | Littérature | Personne ne vient jusque-là. Les chiens noirs restent couchés sur le goudron tiède de la route. Ils soulèvent à peine la tête et se rendorment. On se gare et on continue à pied. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 139 | 16-11-2013 |
| 614 | Littérature | Tous les matins, dans tous les bistrots du monde, des pairies d’Islande aux confins de la Terre de Feu, de la Sibérie la plus orientale à Manosque, le football embrase le coeur de milliards d’hommes qui s’éveillent. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 134... Pas de doute, je dois être un Alien ou quelque-chose comme ça… me suis-je dit en lisant ces lignes... :-) | 16-11-2013 |
| 613 | Littérature | J’ai remis en place toutes les tuiles qui avaient glissé. D’autres hommes faisaient comme moi, sur d’autres toitures. Nous étions, de loin en loin, des paysans courbés sur nos petites parcelles de terre cuite dressées contre le ciel. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 120 | 16-11-2013 |
| 612 | Littérature | La nuit vient de tomber. J’ai attendu immobile pendant des heures, comme mon père le faisait le dimanche, seul dans un poste de chasse dissimulé sous les branches. Guettait-il les oiseaux de passage ou les mots qui viennent de très loin planer sur nos consciences ? | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 119 | 16-11-2013 |
| 611 | Littérature | Avec la pointe de mon stylo je gratte la surface des choses pour sentir en moi la petite bosse du mot juste qui palpite. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 118 | 16-11-2013 |
| 610 | Littérature | Le printemps est un barbare qui déchire les robes, s’engouffre dans les villes, saccage les citadelles de la raison. Le printemps est une cathédrale de feuillage et de désir qui surgit dans les ruines de l’hiver. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 113 | 16-11-2013 |
| 609 | Littérature | J’ai ouvert les volets sur un paysage unique. La neige avait cessé de tomber. Le soleil surgissait des collines blanches. Nous avions sous les yeux la plus vaste joaillerie du monde. Des milliers d’hectares de pierres précieuses étincelaient. Les arbres étaient couverts de diamants, les champs et les talus, le toit de chaque maison, de chaque grange, des épées de verre entouraient la toiture du hangar. Les montagnes scintillaient au loin sous une brume rose. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 76 | 16-11-2013 |
| 608 | Littérature | La trace que je laisse n’a pas plus d’importance que la bave argentée d’un escargot. J’aime la blancheur de mon cahier, l’odeur du café dans un bol rouge et la lumière des saisons qui glisse derrière mes vitres comme si l’homme n’avait rien dérangé. | La fiancée des corbeaux, René Frégni, éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013221-8), p. 65 | 16-11-2013 |
| 602 | Littérature | Si un jour Tony se fait buter, c’est qu’une femme très belle passait près de lui à la même seconde que le tueur. | René Frégny, "la fiancée de corbeaux". | 08-11-2013 |
| 597 | Littérature | Elle sera un peu dans le coton, prévient-elle, elle vient de prendre ses médicaments, mais elle est plus calme ce matin, bien qu’elle m’ait réclamé deux fois Elizabeth Tailor, ce qui me fait penser, ajouta l’infirmière en baissant la voix, qu’elle perd un peu la tête, mais bon. Elle ne perd pas la tête, répliqua sèchement Jeanine Foucamprez. Sa tête est remplie de choses magnifiques pour lesquelles elle ne trouve pas les bons mots. C’est tout. | Grégoire Delacourt, La Première chose qu’on regarde, ISBN 978-2-7096-4286-6, JC Lattès, Paris, 2013 (p. 190) | 01-11-2013 |
| 595 | Littérature | L’école lui trouva un stage chez Pascal Payen, dit PP, garagiste multimarques à Long, où il découvrira un jour un livre de poésie et un métier passionnant qui fait les doigts gras et noirs, fait dire aux dames en panne qu’il dépanne : tu es un génie mon chou, et beau gars avec ça, et aux messieurs en panne qu’il dépanne : plus vite mon garçon, j’ai pas que ça à foutre […]. | Grégoire Delacourt, La Première chose qu’on regarde, ISBN 978-2-7096-4286-6, JC Lattès, Paris, 2013 (p. 23) | 30-10-2013 |
| 562 | Littérature | Ils étaient, en somme, bien habitués à la maison. Elle avait ses inconvénients, on n’y était pas toujours à l’aise : mais rien de plus facile que d’en sortir et d’aller se baguenauder en ville. Mais ce soir est arrivé l’épouvantable : ça bouge, le sol bouge sous nos pieds ! Et de se précipiter aux fenêtres, de monter vite les escaliers de sortie, pour voir. La maison était navire, et nous voici en mer ! Il y a des colères et des angoisses indescriptibles. Car nous voulions bien de votre bateau, nous y étions chez nous, mais à quai, bon Dieu, à quai ! | Maurice Bellet, Le Lieu du combat , Desclée, 1976 | 21-08-2013 |
| 557 | Littérature | [...] deux éternels enfants trop mûrs parmi des adultes puérils ayant remplacé le rêve par l’ambition,la révolte par la susceptibilité et les jardins secrets par la pression sociale. | Didier van Cauwelaert, "L’éducation d’une fée", ISBN 2-226-11564-1, p. 38 | 15-08-2013 |
| 556 | Littérature | Son fils unique avait épousé en Suisse une indigène qui regardait d’un mauvais œil les races peuplant les rives de la Méditerranée, sans doute son expérience matrimoniale l’avait-elle amenée à la conclusion que l’ardeur des Latins était un mythe. | Manuel Vasquez Montalban, "Assassinat à Parado del Rey et autres histoires sordides", p. 195 | 14-08-2013 |
| 555 | Littérature | […] une histoire absurde, mise à la sauce idéologique, où les personnages passaient leur temps à dire merde, putain, mes couilles, con, conditions objectives, lutte des classes et autres schémas marxistes, mais empreints d’une certaine coquetterie, d’un relent de nostalgie négative. | Manuel Vasquez Montalban, "Assassinat à Parado del Rey et autres histoires sordides", p. 66 | 14-08-2013 |
| 554 | Littérature | Particulièrement doué pour la digression, Araquistain ne se contentait pas de la cultiver : ses films étaient une digression à l’état pur, des variations autour d’une idée-prétexte qui était en définitive la seule chose qu’il n’avait pas osé modifier, mais dont on sentait qu’il en grillait d’envie. | Manuel Vasquez Montalban, "Assassinat à Parado del Rey et autres histoires sordides", p. 63 | 14-08-2013 |
| 553 | Littérature | Quand on doute de vos capacités à cinquante ans, le mieux est de renoncer à avoir des capacités. | Manuel Vasquez Montalban, "Assassinat à Parado del Rey et autres histoires sordides", p. 59 | 14-08-2013 |
| 552 | Littérature | Vous avez devant vous un ancien combattant antifranquiste, et cela peut paraître incroyable, mais c’est mal vu aujourd’hui, ça provoque rougeur, honte et mauvaise conscience. La vie de cette démocratie est comme l’échelle d’un poulailler : courte et pleine de merde. | Manuel Vasquez Montalban, "Assassinat à Parado del Rey et autres histoires sordides", p. 29 | 14-08-2013 |
| 545 | Littérature | Vous êtes un poète, vous pensez que le temps qui passe a un sens, mais le temps qui passe, c’est soit de l’argent qu’on gagne, soit de l’argent qu’on perd. Et je suis un fervent partisan de la première solution. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 603 | 24-07-2013 |
| 544 | Littérature | Imaginez, Marcus, combien coûte un seul emplacement publicitaire dans le métro de New York. Une fortune. On paie beaucoup d’argent pour une affiche dont la durée de vie est limitée et dont le nombre de gens qui la verront est limité aussi : il faut que ces gens soient à New York et prennent cette ligne de métro à cet arrêt dans un espace de temps donné. Alors que désormais, il suffit de susciter l’intérêt d’une façon ou d’une autre, de créer le buzz comme on dit, de faire parler de vous, et de compter sur les gens pour faire parler de vous sur les réseaux sociaux : vous accédez à un espace publicitaire gratuit et illimité. Des gens à travers le monde entier se chargent, sans même s’en rendre compte, d’assurer votre publicité à une échelle planétaire. N’est-ce pas incroyable ? Les utilisateurs de Facebook ne sont que des hommes-sandwich qui travaillent gratuitement. Ce serait stupide de ne pas les utiliser. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 531 | 24-07-2013 |
| 543 | Littérature | Et si Québert était un Juif ? Quelle horreur ! Peut-être même un Juif socialiste ! Elle regretta que les Juifs puissent être blancs de peau parce que cela les rendait invisibles. Au moins, les Noirs avaient l’honnêteté d’être noirs, pour qu’on puisse les identifier clairement. Mais les Juifs étaient sournois. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 230 | 24-07-2013 |
| 542 | Littérature | Il paraît que ça donne bon moral aux GI’s, et que depuis la deuxième guerre mondiale ils en envoient des caisses aux troupes stationnées à l’étranger. Je l’ai lu ça dans un livre sur le Coca. Enfin, je l’ai lu comme ça, je lis aussi des livres plus sérieux. | Joël Dicker, "La Vérité sur l’affaire Harry Quebert", Éditions de Fallois / L’âge d’Homme, 2012, p. 454 | 24-07-2013 |
| 537 | Littérature | Il n’a plus assez de musique dans son coeur pour faire danser sa vie. | Céline (cité par Jean-Paul Delevoye). | 16-07-2013 |
| 522 | Littérature | – Viens à Helsinborg commettre une quelconque infraction au code de la route. Refuse d’obtempérer à la police. Comme ça, tu finiras bien un jour par arriver dans mon tribunal. Quand je t’aurai condamnée, nous pourrons aller dîner ensemble. – J’ai du mal à t’imaginer présidant un tribunal – Moi aussi. J’y suis pourtant tous les jours. | Le Chinois (2008), Henning Mankel, Seuil, 2011, p. 488 | 23-05-2013 |
| 519 | Littérature | La haine peut servir de moteur pendant un certain temps - pas davantage. Elle peut te donner une force un peu illusoire, mais elle reste toujours en premier lieu un parasite qui te dévore. | Les chaussures italiennes, Henning Mankell (trad. Anna Gibson), éd. Seuil, 2009, p. 215 | 23-05-2013 |
| 513 | Littérature | L'existence, dans sa grande sagesse, s'y est prise suffisamment tôt, en voulant que mon jeune esprit accueille d'emblée la réalité dans son intégralité foudroyante. Une façon de m'enseigner le cours réel des choses, me préparer à l'avenir, m'enseigner le grand "c'est ainsi" de l'existence, son implacable leçon. | Dominique Sigaud, "Conte d'exploitation", Actes Sud, 2011, p. 103 & suiv. | 11-05-2013 |
| 512 | Littérature | Éberlués par le langage sophistiqué de ce mac sur le retour qui, qui plus est, se révélait être un flic, les gens reculèrent | Brigitte Aubert, "Le couturier de la mort", Le Seuil,2000 (coll. Points), p. 15 | 07-05-2013 |
| 509 | Littérature | Pauvres humains effrayés de vivre et de mourir, et qui tentent depuis l'origine des temps de tendre leurs mains vers les étoiles! | Max Gallo, Caïn et Abel, p. 28 | 04-05-2013 |
| 494 | Littérature | J’en sais à peu près autant sur le golf que sur le régime alimentaire des adolescents azerbaïdjanais au XVe siècle. | Trouvé à la page 177 d’un livre dont je n’ai pas noté les références :-))) Mais 4 ans plus tard, retombant sur la même phrase, je puis affirmer qu’il s’agit de Tim Cockey, Le croque-mort est bon vivant. | 20-03-2013 |
| 485 | Littérature | Je trouve toujours stimulant de découvrir de nouveaux exemples de mes préjugés et de ma stupidité, de me rendre compte sur je ne sais pas la moitié de ce que je crois savoir. | Paul Auster, "La nuit de l'Oracle" | 11-03-2013 |
| 467 | Littérature | Je me suis présenté et j'ai commencé à participer aux répétitions. Il y avait une scène où on entrait dans un hôtel et on criait à la cantonade "Il y a quelqu'un ? Il y a quelqu'un ?" Mais ensuite ils nous ont demandé d'apporter nos costumes, puis ils nous ont dit qu'il fallait aussi qu'on amène des spectateurs. Alors je me suis dit que c'était impossible que cette troupe dépende du ministère de la Culture. Il fallait qu'on fournisse les costumes, et les spectateurs !? Alors je me suis cassé. | Khaled Al Khamissi, "Taxi", Actes Sud, 2009, p. 34 | 30-01-2013 |
| 466 | Littérature | Une des conséquences directes du mouvement Kefaya dans la rue égyptienne est de faire flamber le compteur des taxis les jours de manifestations. Bien sûr, par compteur, je veux dire le prix d'une course, parce que le compteur n'est physiquement là que comme ornement pour décorer la voiture et déchirer le pantalon des clients qui s'asseyent à côté du chauffeur. | Khaled Al Khamissi, "Taxi", Actes Sud, 2009, p. 16 | 30-01-2013 |
| 465 | Littérature | Il sortit du petit port de pêche à la force lente des bras, dans un silence de poisson. Son départ fit à peine osciller les bateaux au repos. La nuit était claire. Le vent été tombé. Il prit le temps, en esprit, de dire adieu à sa ville, à sa vie. Il savait qu'il ne reviendrait plus. | Laurent Gaudé, "Eldorado", Actes Sud, 2006, p. 145 | 28-01-2013 |
| 464 | Littérature | - J'ai quelque chose à vous demander, dit-elle. Et la nuit, au-dehors, se pencha pour les écouter. | Laurent Gaudé, "Eldorado", Actes Sud, 2006, p. 22 | 28-01-2013 |
| 461 | Littérature | A chaque fois qu'ils s'organisaient pour conquérir des droits, nous leur laissions un peu plus d'espace, comme quelqu'un qui se pousse sur une banquette sans adresser la parole à un voisin qui prend ses aises. Plus leur nombre augmentait, plus le nôtre devenait ridiculement minoritaire, moins nous voulions les voir. Comme si, en évitant de poser le regard sur eux, nous les avions privés de l'existence véritable, la seule qui comptait à nos yeux, celle qui se déroulait dans notre monde. | Jean-Christophe Rufin, Sept Histoires qui reviennent de loin, Gallimard, 2011 (p. 59) | 15-01-2013 |
| 456 | Littérature | [Ma] blague favorite : Les ours se suivent et se ressemblent C’est très bête. J’ai donc une bonne excuse. Pour autant, l’affirmation n’est peut-être pas fausse. Un biais très répandu chez les ours - conséquence probable de leur mode de vie solitaire - consiste à se croire plus originaux qu’ils ne le sont véritablement. La découverte des points communs avec leurs semblables leur est donc toujours une source d’étonnement, bien de nature à rassurer leur nature inquiète. | Xavier Hanotte, "Soit dit entre nous je suis un ours", Editions Le Castor Astral, 2012 | 31-12-2012 |
| 455 | Littérature | A ces mots, le vieux pro tenta un circonflexage de sourcil mais le mécanisme ne fonctionnait pas bien. Il se frotta la mâchoire. | Tim Cockey "Le Croquemort est bon vivant" - 2005, ALVIK Editions (p. 60) | 25-12-2012 |
| 454 | Littérature | - Comment va Pete ? Finit-elle par demander. Je haussai les épaules. - Tu le connais, il y a une bonne douzaine de réponses à cette question. - Il déconne. - C’est une des réponses, je crois. | Tim Cockey "Le Croquemort est bon vivant" - 2005, ALVIK Editions (p. 100) | 25-12-2012 |
| 451 | Littérature | Les napolitains ne connaissent qu’une version très expurgée du code de la route, elle se résume à une seule règle d’or : "N’arrête jamais de rouler, des fois qu’on te vole les pneus". | Tonino Benacquista – La Commedia des ratés – Gallimard 1991 – p. 167 | 30-11-2012 |
| 450 | Littérature | Le seul souvenir que j’ai de Sora, c’est un fleuve qui s’appelle le Liri, quatre ponts pour le traverser, et trois cinémas qui, à l’époque, changeaient de film chaque jour. Pour moins d’habitants que de fauteuils disponibles. On pouvait fumer au balcon, mais en revanche un panneau interdisait formellement de manger de la pizza. | Tonino Benacquista – La Commedia des ratés – Gallimard 1991 – p. 77 | 30-11-2012 |
| 449 | Littérature | Rien qu’à la voix j’aurais dû me douter de quelque chose. Une superbe voix de gravier, une tonalité travaillée par le tabac et les boissons corrosives, une onde sablonneuse qui crisse dans l’oreille. Cette voix-là sortait d’une gorge érodée par le temps et de lèvres striées aux commissures. Une dame, quoi. | Tonino Benacquista – La Commedia des ratés – Gallimard 1991 – p. 49 | 30-11-2012 |
| 448 | Littérature | Lui, il a soixante-douze ans et il traîne la patte. Sans parler d’une sérieuse tendance à ricaner quand un médecin lui propose de freiner sur l’alcool et le tabac. Mon père est une joyeuse ruine qui ne voit aucune raison pour que ça change. | Tonino Benacquista – La Commedia des ratés – Gallimard 1991 – p. 43 | 30-11-2012 |
| 444 | Littérature | Mais c’est très grave ! Prenez des sanctions ! - Je les prendrai, n’en doutez pas, dottore." Quel genre de sanction tu veux prendre avec Catarella ? C’était comme d’apprendre à un crabe à marcher droit. | Andrea Camillieri, La lune de papier, Fleuve Noir, 2008, p. 113 | 19-11-2012 |
| 440 | Littérature | L’espérance a fabriqué deux beaux enfants : la colère devant l’injustice du monde et le courage de la changer. | Saint Augustin, cité par Jean-Claude Guillebaud (voir 439) | 04-11-2012 |
| 436 | Littérature | (Dialogue entre le commissaire Montalbano et son adjoint Mimi Augello : ) – Mimi, rappelle-toi que Nicotra et Di Cristoforo étaient deux hommes politiques qui avaient beaucoup d’ennemis. Et la politique, chez nous, mais pas seulement chez nous, c’est l’art d’enterrer l’adversaire sous la merde. – Et moi, en quoi ça me concerne, la politique ? – Ça te concerne, même si tu ne le sais pas. Dans une affaire comme celle-là, tu te rends comptes de ce que tu représentes, toi – Qu’est-ce que je représente ? – Le fournisseur de merde. | Andrea Camilleri, La Lune de Papier, Fleuve Noir, Paris, 2008 (p. 148) | 01-11-2012 |
| 435 | Littérature | Elle disposa mieux ses fesses sur le siège, fixa la pointe dʹune chaussure, déglutit plusieurs fois, ouvrit la bouche, la ferma, la rouvrit nouvellement. «Il sʹagit de mon frère Angelo». Elle sʹarrêta, comme sʹil asuffisait au commissaire de savoir que son frère sʹappelait Angelo pour quʹil saisisse en un éclair toute lʹaffaire. | Andrea Camilleri, La Lune de Papier, Fleuve Noir, Paris, 2008 (p. 17) | 01-11-2012 |
| 434 | Littérature | Et donc, pensa amèrement lʹopéré, la maladie mʹa appelé par surprise, sous son drapeau. Maintenant, elle me concède une semaine de permission mais tout de suite après je dois me présenter de nouveau à la caserne. On va me donner mon congé, ou bien on va me garder en service permanent effectif ? | Andrea Camilleri, Le Tailleur Gris, Métailié, Paris, 2009 (p. 113) | 01-11-2012 |
| 433 | Littérature | Adèle était un de ces passereaux qui, après avoir été trempés comme une soupe par un orage en restant à découvert sur une branche, se secouent en battant des ailes et redeviennent plus secs quʹavant. | Andrea Camilleri, Le Tailleur Gris, Métailié, Paris, 2009 (p. 101) | 01-11-2012 |
| 425 | Littérature | La trouille, tout à coup. Le mal au ventre. Ça ne rigolait pas du tout. jʹétais logé. Ils avaient compris. Jʹétais subitement devenu un mec tout seul face à une mafia, une multinationale, la police et va savoir quoi encore. Mon avenir devenait problématique. Mon métier, mon boulot, ma passion pareil. Je nʹavais plus quʹà tenter de partir pour lʹAmérique du Sud couper de la canne à sucre sous un faux nom. | Jean-Bernard Pouy, "La récupʹ", Fayard, 2008, p. 136 | 13-10-2012 |
| 422 | Littérature | Elle a rampé à la force des coudes, qu’elle a pointus, sans jamais perdre un demi-jour de sa vie en galéjades, repos de l’esprit, plaisirs et autres foutaises pour personnes sensibles. | Fred Vargas - "Un lieu incertain" p. 270 | 01-10-2012 |
| 415 | Littérature | Lʹhomme était nerveux, il transpirait. En soi, cela ne signifiait rien. La peur de la police existait au même titre que la peur des serpents. | Henning Mankell, La Lionne Blanche, Seuil, mars 2004, p. 96 | 09-08-2012 |
| 411 | Littérature | Derrière les petites fenêtres à rideaux de dentelle, les conversations se devaient dʹêtre à la fois futiles et essentielles. Feutrées et confidentielles. Ici, on ne causait pas, on parlait. Et si lʹon nʹavait rien à dire, on laissait le balancier de la haute horloge meubler lʹexistence. Ces vieilles pendules franc-comtoises jouaient autrefois le rôle dévolu désormais à la télévision. Lʹabrutissement en moins. | Philippe Georget, L’été tous les chats s’ennuient, 2009, Éditions Jigal (Pocket N° 15115), p. 121 | 05-08-2012 |
| 410 | Littérature | Quand il avait débarqué ici en 1905, Matisse nʹavait pas imaginé quʹun siècle plus tard, le pittoresque village deviendrait un haut lieu touristique de la côte méditerranéenne et que de médiocres copistes, le cheveu long et gras, la barbe hirsute et le jean crado, joueraient aux artistes peintres en aguichant le chaland avec des toiles gueulardes qui étaient au fauvisme ce que la musique punk était à Bob Dylan. | Philippe Georget, L’été tous les chats s’ennuient, 2009, Éditions Jigal (Pocket N° 15115), p. 118 | 05-08-2012 |
| 394 | Littérature | Dans une société ignorante, le pouvoir se structure par la domination physique. Dans la société de lʹinformation, je dois devenir votre ami pour que vous partagiez votre savoir avec moi. Cʹest un chemin vers la non-violence. | « Sugata Mitra, révolutionnaire pacifiste de lʹéducation », Isabelle Repiton, RSLN (Regards sur le numérique), nº 10, 3eme trimestre 2011, p. 34 et 35 | 18-05-2012 |
| 393 | Littérature | Moralement, de très nombreuses personnes parviennent cependant à supporter assez bien la vie en sʹagitant pour oublier, cʹest ainsi que certains sont champions de course à pied, présidents de la République, alcooliques ou chœurs de lʹarmée rouge. Autant dʹoccupations qui ne débouchent évidemment sur rien dʹautre que sur la mort, mais qui peuvent apporter chez le malade une euphorie passagère, ou même permanente, chez les imbéciles notamment. | Pierre Desproges, Vivons heureux en attendant la mort, Seuil, 1983 | 17-05-2012 |
| 391 | Littérature | Dans le parking, le commissaire sʹatrouva à côté dʹune Ferrari. A qui appartenait-elle ? Certainement à un crétin, quoique pût être le nom du propriétaire inscrit sur la carte grise. Parce quʹy pouvait y avoir quʹun crétin pour se promener au pays dans une voiture pareille. Et yʹavait aussi une deuxième catégorie dʹimbéciles, parents très proches des crétins à Ferrari, cʹétait celle des gens qui, pour aller faire leur marché, se prenaient leur tout-terrain à quatre roues motrices, avec quatorze phares grands et petits, boussole et essuie-glaces spéciaux anti-tempête de sable. | Les alies du sphinx (2006), Andrea Camilleri (trad. Serge Quadruppani), éd. Fleuve Noir, 2010, p. 53 | 17-05-2012 |
| 389 | Littérature | Les tableaux aux murs, tous dans des cadres dorés, étaient dus à des peintres si renommés que même moi jʹarrivais à les reconnaître. | Gunnar Staalesen, "Les chiens enterrés ne mordent pas", p. 104 | 16-05-2012 |
| 381 | Littérature | Le parking du Palais des Papes offre aux standards de la musique tombée dans le domaine et libre de droits, une acoustique en béton par cinq niveaux dʹalvéoles où nichent les véhicules en attente de leurs propriétaires. Cette atmosphère sonore, a valeur supposée dʹadoucissant psychique, peut sʹavérer des plus agaçantes pour qui ne se souvient pas où il a mis sa bagnole. | Odile Barski, Never mort, Editions du Masque, 2011 (p. 147) | 24-03-2012 |
| 347 | Littérature | Monsieur, ce nʹest pas parce que je suis son père, mais je puis dire que jʹai sujet dʹêtre content de lui, et que tous ceux qui le voient, en parlent comme dʹun garçon qui nʹa point de méchanceté. Il nʹa jamais eu lʹimagination bien vive, ni ce feu dʹesprit quʹon remarque dans quelques-uns; mais cʹest par là que jʹai toujours bien auguré de sa judiciaire, qualité requise pour lʹexercice de notre art. Lorsquʹil était petit, il nʹa jamais été ce quʹon appelle mièvre et éveillé. On le voyait toujours doux, paisible et taciturne, ne disant jamais mot, et ne jouant jamais à tous ces petits jeux que lʹon nomme enfantins. On eut toutes les peines du monde à lui apprendre à lire; et il avait neuf ans, quʹil ne connaissait pas encore ses lettres. Bon, disais-je en moi-même: les arbres tardifs sont ceux qui portent les meilleurs fruits. On grave sur le marbre bien plus malaisément que sur le sable; mais les choses y sont conservées bien plus longtemps; et cette lenteur à comprendre, cette pesanteur dʹimagination, est la marque dʹun bon jugement à venir. Lorsque je lʹenvoyai au collège, il trouva de la peine; mais il se raidissait contre les difficultés; et ses régents se louaient toujours à moi de son assiduité et de son travail. Enfin, à force de battre le fer, il en est venu glorieusement à avoir ses licences; et je puis dire, sans vanité que, depuis deux ans quʹil est sur les bancs, il nʹy a point de candidat qui ait fait plus de bruit que lui dans toutes les disputes de notre école. I1 sʹy est rendu redoutable; et il ne sʹy passe point dʹacte où il nʹaille argumenter à outrance pour la proposition contraire. Il est ferme dans la dispute, fort comme un Turc sur ses principes, ne démord jamais de son opinion, et poursuit un raisonnement jusque dans les derniers recoins de la logique. Mais, sur toute chose, ce qui me plaît en lui, et en quoi il suit mon exemple, cʹest quʹil sʹattache aveuglément aux opinions de nos anciens, et que jamais il nʹa voulu comprendre ni écouter les raisons et les expériences des prétendues découvertes de notre siècle touchant la circulation du sang et autres opinions de même farine. | Molière - Le Malade Imaginaire - Acte II, scène 5 (Tirade de M. Diafoirus louant les mérites de son fils Thomas). Il suffit de changer les noms pour constater que de nos jours lʹobscurantisme nʹa pas pris une ride, pire : quʹil se porte mieux que jamais... | 18-01-2012 |
| 346 | Littérature | Je ne vois que la psychanalyse pour concurrencer le christianisme dans lʹamour des souffrances qui durent. | Muriel Barbery, "Lʹélégance du hérisson", p.176, Gallimard, 2006 | 08-01-2012 |
| 343 | Littérature | Comment sʹhabiller quand on dîne avec Nathalie ? Il voulait se mettre sur son 31. Ce nombre était trop petit pour elle. Il aurait voulu se mettre au moins sur son 47, ou sur son 112, ou alors son 387. Il sʹétourdissait de chiffres pour oublier les questions majeures. Devait-il porter une cravate ? Il nʹavait personne pour lʹaider. Il était seul au monde, et le monde était Nathalie. | David Foenkinos - La Délicatesse - Gallimard 2009 - p. 100 | 02-11-2011 |
| 342 | Littérature | Un moine et un boucher se bagarrent à lʹintérieur de chaque désir. | David Foenkinos - La Délicatesse - Gallimard 2009 - p. 82 (dʹaprès un aphorisme de Cioran) | 02-11-2011 |
| 341 | Littérature | François travaillait dans la finance. Il suffisait de passer 5 mn en sa compagnie pour trouver cela aussi incongru que la vocation commerciale de Nathalie. Il y a peut-être une dictature du concret qui contrarie en permanence les vocations. | David Foenkinos - La Délicatesse - Gallimard 2009 - p. 17 | 02-11-2011 |
| 335 | Littérature | Le talent ressemble à une maîtresse fanatique. Elle est belle et lorsque vous êtes en sa compagnie les gens vous regardent, font attention à vous. Mais elle débarque chez vous à des heures impossibles et disparaît parfois pendant des semaines. Et elle ne supporte pas lʹautre part de votre existence : celle qui concerne votre femme, vos enfants, vos amis... Cʹest avec elle que vous passez la soirée la plus intense de la semaine, mais un jour elle vous quittera pour de bon. Des années après son départ, vous la reverrez un soir au bras dʹun jeune homme inconnu et elle fera mine de ne pas vous reconnaître. | David BENIOFF, La Ville des voleurs, ISBN 978-2-0812-1706-5, Flammarion, 2010, p. 233 | 13-09-2011 |
| 333 | Littérature | Heshy a toujours détesté le centre commercial… et maintenant il veut quʹon aille y trottiner comme un couple de crétins en survêtements assortis et petites haltères de feygelah pour se muscler les bras, sans oublier les chaussures de marche hors de prix. Des chaussures de marche, il appelle ça. Je nʹai jamais eu une paire de chaussures qui mʹempêchent de marcher. Jʹai raison ou pas ? | Peur Noire (2000), Harlan Coben (trad. Paul Benita), éd. Pocket (N° 14139), 2010 (ISBN 978-2-266-19636-9), p. 247 | 03-09-2011 |
| 332 | Littérature | Bruce Taylor portait la tenue de combat du journaliste de la presse écrite, cʹest-à-dire quʹil avait ouvert son panier à linge sale et enfilé ce qui se trouvait au-dessus. | Peur Noire (2000), Harlan Coben (trad. Paul Benita), éd. Pocket (N° 14139), 2010 (ISBN 978-2-266-19636-9), p. 166 | 03-09-2011 |
| 331 | Littérature | Il avait un de ces 4X4 luisants qui font rage chez les riches banlieusards du New Jersey dont la pratique du tout-terrain se limite à franchir des ralentisseurs sur un parking dʹhypermarché. | Peur Noire (2000), Harlan Coben (trad. Paul Benita), éd. Pocket (N° 14139), 2010 (ISBN 978-2-266-19636-9), p. 104 | 03-09-2011 |
| 330 | Littérature | Il y avait autant dʹaction sur la gazinière que dans un docu-fiction sur la lutte des classes en Antarctique | Peur Noire (2000), Harlan Coben (trad. Paul Benita), éd. Pocket (N° 14139), 2010 (ISBN 978-2-266-19636-9), p. 12 | 03-09-2011 |
| 310 | Littérature | Je reste à votre disposition, si dʹaventure vos activités vous menaient à vous poser des questions auxquelles un scientifique peut répondre. | Trouvé à la fin dʹune lettre publiée dans "Lʹaffabuleuse histoire de Jules Cardot", de Samir Bouadi & Agathe Colombier Hochberg, Fleuve Noir 2010, p. 186 | 06-01-2011 |
| 304 | Littérature | La musique répond oui à une question quʹon ne formule pas toujours. | Ma vie avec Mozart, Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2005, p. 130. | 11-11-2010 |
| 303 | Littérature | Lʹhomme de foi murmure en souriant. Seul le prédicateur incertain sʹépoumone sur une estrade. | Ma vie avec Mozart, Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2005, p. 103. | 11-11-2010 |
| 302 | Littérature | Lʹesprit dʹenfance vient avec les années […]. A quoi cela tient-il ? Sans doute faut-il beaucoup de maîtrise et dʹabandon pour oser la simplicité. On doit renoncer à épater les pédants, les demi-érudits, tous ces personnages érigés en juges qui ne discernent le talent que si une complexe sophistication lʹencombre, qui détectent lʹintelligence au fait que quelque chose leur échappe et qui repèrent le génie à lʹinavouable ennui quʹils éprouvent. | Ma vie avec Mozart, Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2005 p. 120 & suiv. | 11-11-2010 |
| 301 | Littérature | Lorsquʹon habite le désespoir, ce bidonville de lʹesprit, on nʹenvie pas ceux qui occupent les beaux quartiers, on les oublie ou on estime quʹils logent sur une planète différente. | Ma vie avec Mozart, Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2005 | 11-11-2010 |
| 298 | Littérature | Je ne me traîne pas à vos pieds car je suis trop fier, mais le cœur y est. | Katherine Pancol, Un homme à distance, Albin Michel, 2002 (p. 62) | 25-10-2010 |
| 293 | Littérature | Cʹétaient des oaristys, ce savant mélange dʹamour et de compassion. Ce moment où lʹon se dit "Je mʹen souviendrai toujours" et ça nʹest pas vrai. On ne retrouve pas le visage de lʹautre quand, cinquante ans après, on essaie de happer son image. Ce sera un visage recréé qui vous reviendra à lʹesprit. Il sera délayé parmi tous les rictus de joie ou de malheur que la vie lui aura imposés. Dans le même temps en revanche, le bruit de la fontaine, la cascade du ruisseau, la place de la lune dans le ciel, tout cela sera classé dans votre souvenir comme si cela datait dʹhier. | Pierre Magnan, "Laure du bout du monde", Denoël 2006. Ce passage se situe au moment de retrouvailles dʹun couple de jeunes amoureux un soir près dʹune fontaine. | 25-09-2010 |
| 289 | Littérature | Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie. | Paul-Émile Victor, cité par Katherine Pancol en conclusion de la page ’biographie’ de son site ( http://www.katherine-pancol.com/biographie) | 05-09-2010 |
| 284 | Littérature | Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n’être plus en état de donner de mauvais exemples. | La Rochefoucault - Maxime N° 93 (entendue à la radio, je ne sais plus où, puis retrouvée grâce à l’i-Pad de ma belle soeur Cristina). | 20-07-2010 |
| 264 | Littérature | Je me prépare une soirée face à face avec un fer à repasser vapeur. Encore quelque chose de "pas sorcier". Avant c'était simple, on promenait une surface chaude sur le tissu, maintenant il y a une foultitude de boutons, des programmes, ça fait de la fumée, de la buée, ça ressemble à un T.G.V. miniature avec des voyants, ça siffle, ça cliquette, il faut être ingénieur informatique pour défroisser le moindre calbar... | Patrick Cauvin, "Belles galères", Livre de Poche 9664, p. 290 | 12-02-2010 |
| 229 | Littérature | Pourquoi les êtres humains sont-ils incapables de partager un lieu de travail sans le transformer en terrain miné par les rivalités personnelles et les petites jalousies ? Comme si, au lieu de reconnaître la totale futilité de leurs actes, ils se sentaient obligés d'en faire un drame ridicule, huit heures pas jour, cinq jours sur sept... | Douglas Kennedy, "Quitter le Monde", Belfond, 2009, p. 382 | 28-08-2009 |
| 227 | Littérature | Il existe un énorme fossé entre "comprendre" un événement qui bouleverse votre vie et "accepter" sa réalité. Le lobe rationnel du cerveau, celui qui répète "c'est ainsi, on ne peut rien y faire, il faut s'accommoder des circonstances" est toujours réduit au silence par une voix intérieure qui crie sa colère, s'indigne de l'aveuglement du sort, se lamente des horreurs que nous commettons envers les autres et envers nous-mêmes, tout en chuchotant perfidement "Et dire que tout ça c'est de ta faute"... | Douglas Kennedy, "Quitter le Monde", Belfond, 2009, p. 18 | 26-08-2009 |
| 218 | Littérature | Ajourne toute chose. On ne doit jamais faire aujourd'hui ce qu'on peut aussi bien négliger de faire demain. Il n'est même pas besoin de faire quoi que ce soit, ni aujourd'hui ni demain. Ne pense jamais à ce que tu vas faire. Ne le fais pas. | Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité. Cette citation figure sur le frigo de mes amis Bernard et Martine, en mai 2009, sous la forme d'une oeuvre d'art (écrite en grosses lettres sur un support adhésif réfléchissant). Maniant comme personne l'art du paradoxe, Martine m'a même déclaré avoir offert un exemplaire ce cette oeuvre à chacun de ses collaborateurs (chacun d'entre eux s'étant empressé de coller le truc sur la couverture de son agenda) ! | 12-05-2009 |
| 207 | Littérature | Peu de rues où l'on assassine sont aimables. Celle-là l'était. | Première ligne de "La clinique" de Jonathan Kellerman. | 05-03-2009 |
| 195 | Littérature | Au fil des années, elle l'a accompagnée chez une kyrielle de guérisseurs, biothérapeutes, yogis, gourous, chamanes, sorciers, ayurvedas, rnaharishi, acupuncteurs, acupuncteurs sans aiguilles, thérapeutes-qui-appliquent-des-pierres-sur-les-chakras (un nom à coucher dehors, impossible de m'en souvenir), podologues qui vous lisent les pieds, trichomantes qui vous lisent les cheveux, moines tibétains qui vous nettoient l'aura à l'épée, samouraïs qui vous la nettoient au katana, elles sont même allées voir un vampire, je n'invente rien, l'année dernière, sur le corso Magenta, un Roumain de Transylvanie, qui comme de bien entendu s'appelait Vlad, lequel pour cent cinquante euros vous prélève vingt-cinq centilitres de sang avec une seringue stérile, les boit, et ensuite vous dit ce que vous avez et quoi faire pour retrouver votre équilibre. | "Chaos calme", de Sandro Veronesi, Grasset, 2008 (pour la traduction française). (p. 127 du livre). | 10-01-2009 |
| 194 | Littérature | Bien sûr cette perfection, toute seule, ne sert à rien parce qu'elle équivaut plus ou moins à la perfection du nœud de lacets de chaussures de tennis avant le début d'une partie [...] | Lu dans "Chaos calme", de Sandro Veronesi, Grasset, 2008 (pour la traduction française). Il s'agit des réflexions d'un père réagissant aux éloges d'un professeur de gymnastique à propos de sa fille de dix ans. | 10-01-2009 |
| 190 | Littérature | [...] Il entendait dire que les hommes c'était des salauds, que dès qu'ils avaient couché avec une femme ils la jaugeaient, mais les femmes c'était pire, elles refusaient de coucher avec vous si ça ne leur convenait pas exactement. Comme ça, non seulement on est évalué et pesé, mais en plus on n'a couché avec personne | Fred VARGAS, "L'homme aux cercles bleus" | 02-01-2007 |
| 178 | Littérature | Je suis un type normal, civilisé, éduqué. Mes yeux ne voient pas dans le noir, mes oreilles ne perçoivent pas les battements de paupières, mes narines ne reniflent pas les micromiasmes de la sueur. Tandis que Mathias entend encore les aurochs qui défilaient devant la grotte de Lascaux, alors imagine-toi le résultat. Au Sahara, il t'annonce le Paris-Strasboug, tu te figures si c'est pratique. | Fred VARGAS, "Un peu plus loin sur la droite", © 1996, lu en juillet 2006 | 01-07-2006 |
| 177 | Littérature | L'aventurier des temps modernes, ce n'est pas l'explorateur, le détective ou le père de famille, c'est le salarié. C'est lui le desperado. Lui seul risque de perdre son emploi. Il est à la merci de la conjoncture internationale, de la transhumance des capitaux, des intempéries politiques, on lui dit dans une oreille que c'est comme ça, une crise mondiale, un monde en mutation, la faute à pas d'chance, et dans l'autre oreille on lui demande d'innover, d'inventer, de participer, d'avoir une vision globale de sa mission et de l'entreprise. | Hervé PRUDON, "Ouarzazate et mourir", Éditions Baleine, 1996 | 01-01-2007 |
| 176 | Littérature | A 23 h 45 le bulletin repassa [...]. Adamsberg se pencha vers l'écran. Ça pouvait être elle, sa Camille, dont il n'avait rien à faire et à laquelle il pensait souvent. Ça pouvait être des millions de filles aussi. Il ne vit rien de plus. Sauf, à côté d'elle, un grand homme blond, une espèce de jeune type taillé pour l'aventure, souple, séduisant, cette sorte de type qui met la main sur l'épaule des femmes comme si la terre entière lui obéissait. Et ce type, il en était presque certain, avait la main sur l'épaule de la fille en bottes.Adamsberg se renfonça dans son fauteuil. Lui n'était pas une espèce de jeune type taillé pour l'aventure. Il n'était pas grand, il n'était pas jeune. Il n'était pas blond. Il ne croyait pas que la terre tout entière lui obéissait. Ce type était des tas de trucs qu'il n'était pas. | Fred VARGAS à "L'homme à l'envers".J'ai été très frappé par cette description car je me suis reconnu dans l'un des deux personnages (devinez lequel ? :-) Et j'ai été encore plus frappé (presque bouleversé) de découvrir quelques minutes plus tard que l'auteur de ces lignes était une femme, comme son nom de plume ne l'indique pas... | 01-01-2004 |
| 175 | Littérature | Je pense que dans l'éternité, l'harmonie vient du silence total. La parole doit être une pénitence que Dieu a infligée au seul animal vaniteux de la terre. | Panaït ISTRATI à "Méditerranée". | 01-01-2004 |
| 174 | Littérature | Souvent, notre véritable patrie et notre parenté sont à l'antipode du lieu où nous venons au monde et où nous vivons comme des étrangers. | Panaït ISTRATI à "Méditerranée". | 01-01-2004 |
| 160 | Littérature | Dans ce monde coupable qui ne fait qu'acheter et mépriser, le plus coupable c'est moi, moi qui suis desséché par l'amertume. | Pier Paolo PASOLINI, cité par Alain SORAL à "Jusqu''où va-t-on descendre ?" | 01-07-2002 |
| 147 | Littérature | Demain matin je serai avec mes enfants, il faut que je sois en forme, il faudra que je fasse bonne figure.- Ils vous manquent ? - Oui et non ... Vous savez, les enfants, on les a toujours un peu avec soi. On voyage beaucoup, avec eux. Vous comprendrez ça, un jour. Dès qu'ils sont en âge d'écouter des histoires, ils s'embarquent avec vous, ils partent, dans la tête ...- Faites-en un autre, au bout de trois ont a demi tarif.Le "vous comprendrez" était de trop. Je hais, je méprise la maturité sentencieuse. | Tonino BENAQUISTA, "La maldonne des sleepings", paru en 1989, relu courant 2000. | 06-06-2000 |
| 146 | Littérature | Un gars de vingt piges n'a pas de sablier dans la tête, pour lui il est toujours midi au minuit, il est capable de tout casser pour avoir satisfaction dans la minute même, mais il est tout aussi capable de perdre des heures et des jours pour un détail où une impression. C'est un peu normal, il sent qu'il a du temps devant lui. Moi aussi j'étais comme ça. Vous non. Vous avez une notion du long terme qui n'est pas de votre âge. En gros, vous semblez avoir compris que ceci de fondamental; il y a deux choses auxquelles il faut accorder de l'importance: l'instant et la patience. Il faut savoir vivre des deux. | Tonino BENAQUISTA, "La maldonne des sleepings", paru en 1989, relu courant 2000. | 06-06-2000 |
| 145 | Littérature | J'ai un profond mépris pour les gens courageux, et j'en connais. Ils sont le miroir de ma poltronnerie. | Tonino BENAQUISTA, "La maldonne des sleepings", paru en 1989, relu courant 2000. | 06-06-2000 |
| 136 | Littérature | Je restai près de la clôture les mains agrippées aux barreaux jusqu'au moment où je m'avisai que je devais ressembler à l'un de nos cousins les primates, qui n'ont pas tout à fait réussi à atteindre la civilisation, le suicide, la bombe... | Peter CORRIS : "Des morts dans l'âme". | 01-01-1999 |
| 135 | Littérature | J'ai ouvert le journal et lu les petites annonces. On cherchait avant tout des vendeurs et je n'avais pas l'âme d'un vendeur. Et puis qu'est-ce que c'était que cette société de merde où on s'échinait à fourguer n'importe quoi à n'importe qui ? | Pascal DESSAINT : "La vie n'est pas une punition". | 01-01-1999 |
| 134 | Littérature | On se demande souvent ce que l'on ferait si la chance nous était donnée de lire notre avenir. Je sais aujourd'hui que connaître son passé a quelque chose de bien plus extraordinaire. La peur du lendemain est une plaisanterie comparée à celle de la veille. Et le destin n'est rien qu'un peu de passé en retard. | Tonino BENAQUISTA : "Tout à l'ego". | 01-01-1999 |
| 133 | Littérature | Elle a ce genre de beauté qui laisse indifférent quatre vingt dix huit hommes sur cent, mais qui fascine les deux qui restent. Je suis l'un d'eux. Par chance, l'autre ne s'est jamais manifesté. | Tonino BENAQUISTA : "Saga". | 01-01-1999 |
| 131 | Littérature | Ne sachant si je crois ou non, la seule vue d'un crucifix ou d'un calvaire ma met mal à l'aise. Je n'ai jamais aimé la sainteté et même ne fût-ce que son odeur à mille ans de distance. Elle est peut-être la seule chose de l'homme qui ne me fasse pas rire. | Pierre MAGNAN : "la folie Forcalquier". | 01-01-1998 |
| 124 | Littérature | C'est rapide comme pays : il faut courir juste pour rester sur place ! | Lewis CAROLL à "Alice au pays des merveilles". | 01-10-1997 |
| 121 | Littérature | C'est entre cul et chemise que le feu prend le plus vite. | Pierre MAGNAN : "les secrets de Laviolette". | 01-07-1997 |
| 120 | Littérature | L'incrédulité est la qualité majeure d'un gendarme. C'est elle qui fait de lui l'égal d'un scientifique. | Pierre MAGNAN : "les secrets de Laviolette". | 01-07-1997 |
| 110 | Littérature | Mon cerveau m'avait dit : "Marguicha avait forcément fait des confidences à ton Chura". Forcément. Seul un cerveau, dans sa logique de soudard, est capable de vous faire prendre un "forcément" pour une évidence. La vie est plus vaste que lui ? Qu'importe, il la réduit à sa dimension de caserne. Ce qui vit hors de lui est nul, voilà sa loi. Que sait-il de l'amour, ton cerveau, pauvre Luis ? Rien. Il sait, par ouï-dire, que l'amour existe mais il ne sait pas le goûter. Que sait-il d'une pomme ? Son poids, sa couleur, sa chimie. La formule chimique d'une pomme nourrit-elle ? Non, mais le cerveau s'en moque. Il ne se nourrit pas de pommes, il se nourrit d'informations. Il les stocke, il les accumule, il les empile, il les interprète, il s'en bâtit des systèmes, des romans, des euphories et des angoisses. Il ne vit pas, il fonctionne. | Henri GOUGAUD : "Les sept plumes de l'aigle". | 01-11-1996 |
| 102 | Littérature | Aurait-il connu le nôtre, de siècle [...] , comment Gustave Flaubert aurait-il accueilli cette vérification de ses pires craintes ? Sans doute en répétant qu'"il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve ben, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part"...On en déduira peut-être qu'il était réactionnaire. C'est un mot qui a beaucoup servi à la bêtise pour détourner l'attention d'elle-même. | Philippe MEYER, dans son "Dictionnaire des idées reçues", à propos de Gustave FLAUBERT. | 01-08-1995 |
| 101 | Littérature | La médiocrité chérit la règle, moi je la hais. Je sens contre elle et contre toute restriction, corporation, caste, hiérarchie, niveau, troupeau, une exécration qui m'emplit l'âme. | Gustave FLAUBERT, cité par Philippe MEYER dans son "Dictionnaire des idées reçues". | 01-05-1996 |
| 100 | Littérature | Pourquoi ai-je choisi de prendre le bateau ? Quelque chose me tentait dans ce retour interminable. Accoudé au bastingage, j'ai dû vouloir m'apercevoir dans l'eau moirée des ports d'escale, solitaire et lourd de souffrance contenue, élégant bien sûr, avec un léger coup de vent dans la chevelure. Cinéma. | Patrick CAUVIN - "Villa vanille" | 01-05-1996 |
| 95 | Littérature | Ému par la pauvreté des habitants des bas quartiers de Naples, un touriste américain leur a distribué tout l’argent liquide qu’il avait sur lui. Un peu plus de 2000 dollars. Il a été aussitôt conduit dans un asile psychiatrique. C’est le progrès. On ne crucifie plus.""Je vends la clarinette de mon mari, d’une valeur de 200 dollars, pour beaucoup moins. Si c’est une voix d’homme qui répond, raccrochez."Le belge John Huismans a réussi à tirer une locomotive sur 150 mètres à la seule force de ses dents. A notre connaissance, c’est la première fois qu’un belge s’appelle John. | Pêché dans la rubrique "En bref", tenue par Pierre Desproges dans le journal L’Aurore, dans les années 1970. Brèves reprises (entre de nombreuses autres) dans son livre "Le Petit Reporter", dont vous trouverez de larges extraits ici. | 01-03-1995 |
| 85 | Littérature | Le silence sur la baie était tellement immense que le teuf teuf du canot évoquait l'idée d'une suite de petits points noirs sur une vaste feuille de papier blanc. | J. VAN DE VETERING, "Le massacre du Maine". | 01-10-1993 |
| 80 | Littérature | Les greniers sont les cales des navires terrestres. Ils abritent tout ce qui a été nécessaire pour réussir la traversée du temps, comme les vraies cales sont pleines de tout ce qu'il faut pour réussir la traversée de la mer. | Pierre MAGNAN, "Les courriers de la mort". | 01-11-1991 |
| 51 | Littérature | Et la petite Alice ? Belle comme elle était, maintenant les matous ça doit miauler... | Jean-Bernard POUY, "Le cinéma de papa". | 15-11-1989 |
| 48 | Littérature | A ta dernière heure comme un déserteur donne ta vie à mortet dis-toi qu'il n'est pasde plus grand malheurque de laisser mourirle rire dans ton coeur. | Jaques Higelin. | 10-11-1989 |
| 41 | Littérature | Il ne sait plus quoi faire, il craint que quelqu'un entre, il devrait peut-être se lever ? Une femme qui pleure ça l'angoisse, il est terriblement gêné mais il faut reconnaître qu'elle sent bon. | Jean-Paul DEMURE, "Aix Abrupto". | 10-10-1989 |
| 10 | Littérature | Toi qui pensais marcher à côté d'elletout droit comme si c'était écrit en la serrant t'avais pas vu ses ailes ni sa valise sous son lit. | Maurane, "L'habitude qui tue". | 01-07-1989 |