L’erreur fondamentale d’attribution : un biais cognitif particulier

« Ne fais pas de suppositions... »

Miguel Ruiz

...Ainsi était libellé le 3ème des cinq accords toltèques popularisés par Miguel Ruiz en 1997. Mais ne pas faire de suppositions est une chose bien plus facile à dire qu'à faire. En voici une illustration :

Quand nous observons un comportement négatif de la part d'une personne, nous nous faisons immédiatement une image de "pourquoi la personne fait ça". Et nous avons assez systématiquement tendance à nous forger une image très négative quant à "la nature profonde" de cette personne. En réalité il se peut que ce soit tout simplement les circonstances qui poussent la personne à agir de cette façon.

Comment on se retrouve très vite ostracisé...

Du coup, la personne en question peut devenir très vite ostracisée par le groupe dans lequel elle se trouve, puis, en réaction, adopter un comportement plus agressif envers ce groupe, créant ainsi une situation en chaîne (les personnes alentour percevant – et donc interprétant – son agressivité).

Une expérience psychologique assez déroutante

Lors d'une récente diffusion de l'excellente émission "Dans la tête de…", proposée par la RTS (Radio Télévision Suisse), il a été procédé à une expérience psychologique dans laquelle un des participants reçoit la consigne "secrète" de mal se comporter vis-à-vis du groupe. En l'occurrence, il lui sera demandé de prendre à plusieurs reprises des appels téléphoniques devant tout le monde pendant le déroulement de l'expérimentation. Bien entendu, les autres participants ignorent tout de cette consigne. Dans la vidéo, une voix off suggère "Le connard aurait-il une bonne raison de se comporter comme il le fait, sans que ses raisons soient visibles au premier abord ?",..

Et le résultat laisse tout simplement pantois. Bien au-delà de ce qu'on peut imaginer... Voyez plutôt :

Pour visionner cette édifiante expérience, cliquez simplement sur l'image...

Biais d'internalité

L'erreur fondamentale d'attribution est parfois appelée "biais d'internalité". Il s'agit de la tendance à privilégier les causes internes à une personne lorsque nous interprétons ses comportements, en minimisant par là-même les raisons externes (ou contextuelles). C'est ainsi que des événements parfaitement anodins peuvent dégénérer en conflit ouvert.

Cela existe aussi dans l'autre sens...

Mais l'erreur fondamentale d'attribution n'existe pas que "dans le sens négatif". On a ainsi observé que, par exemple lors d'un quiz portant sur la culture générale, la personne qui est chargée de poser les questions se voit automatiquement créditée une culture générale supérieure à la moyenne. Alors qu'elle est seulement "celle qui est chargé de poser des questions". Ce phénomène est communément appelé "L'effet Julien Lepers".

Jusqu'où n'irait-on pas pour se rassurer...

Naturellement rien de tout cela n'est le fruit d'une réflexion explicite. Il ne s'agit là que de mécanismes de protection mentale dont nous avons besoin pour nous rassurer. Tout simplement parce que nous sommes prêts à nier beaucoup des aspects du monde réel dans le seul but d'échapper à la peur et à l'angoisse.



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Le Petit Abécédaire...

"Un ouvrage bien documenté, écrit par quelqu'un qui sait de quoi il parle et qui le fait avec clarté humour et éthique. Les exemples et les conseils sont judicieux et très utiles. Je le recommanderai avec plaisir.."

Josiane de Saint Paul

Quel livre ! Un travail de moine. D'une grande originalité. J'ai à peine commencé à le parcourir et, déjà, je le savoure. Je vais d'ailleurs continuer à le déguster lentement. Bravo !

Serge Marquis


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