Un ami québécois m'a raconté un jour deux choses qui m'ont durablement intrigué. Pourquoi les Québécois résistent-ils aussi farouchement aux anglicismes ? Et pourquoi leurs jurons les plus forts consistent-ils à nommer des objets d'église ? Il s'est trouvé que cette double question avait une seule et même réponse : l'histoire.
La question revient régulièrement, souvent dans un murmure gêné, comme si poser la question suffisait à se rendre coupable. Permettons-nous de la poser franchement — et d'y répondre avec la même franchise.
📽️ Vous êtes pressé ? La vidéo ci-dessous résume tout l'article — avec voix off et diaporama, façon podcast. Vous pouvez la lancer maintenant et revenir lire à tête reposée.
Si vous aimez les livres, vous avez sans doute déjà entendu parler de Shaun Bythell. Dans son best-seller international, Le libraire de Wigton (titre original : The Diary of a Bookseller), cet homme au ton sardonique et à l'humour très britannique raconte son quotidien à la tête de la plus grande librairie d'occasion d'Écosse. À travers ses anecdotes sur les clients excentriques et les défis du métier — qu'il poursuit dans Petit traité du lecteur — Bythell a placé le petit village de Wigtown sur la carte mondiale de la bibliophilie. Mais saviez-vous qu'au-delà de la lecture, ce village propose une expérience encore plus immersive ?
La forme chanson a quelque chose de bien particulier et de bien spécifique.
Il peut s'agir d'un texte que quelqu'un a mis en musique, ou bien d'un petit air sur lequel quelqu'un a greffé un texte.
C'est ce qui en fait un genre, quelque part, hybride. D'aucuns franchiront allègrement le pas pour aller jusqu'à "mineur".
Ainsi, certaines chansons me marquent par la musique. Je me souviens très bien, par exemple, d'avoir été complètement séduit, dans ma jeunesse, par une chanson interprétée par Mireille Mathieu. Mireille Mathieu, c'était le repoussoir absolu pour les jeunes de ma génération. Les anciens l'adoraient, et les jeunes pas du tout.
Et un jour, dans la cour de récréation j'ai fait rire tout le monde en déclarant que la toute dernière chanson de Mireille Mathieu était géniale. Et je le pensais. Quelques années plus tard, tout le monde s'extasiait sur la version originale. Il s'agissait de "Only You" interprété par les Flying Pickets. Et bien entendu cette pauvre Mireille Mathieu n'y était pour rien. N'empêche, j'ai été rétrospectivement fier de me fier à mon oreille, même quand elle allait à l'encontre de mes préjugés.
Tout le monde connaît la première moitié de l'histoire : le leader qui perd pied, l'ivresse du pouvoir, la mégalomanie… Mais l'autre moitié — celle de l'entourage qui, consciemment ou non, alimente le processus — reste curieusement dans l'ombre. Et si, pour une fois, on décryptait les deux ensemble ?
Il m'est arrivé récemment une expérience troublante avec Claude, l'IA conversationnelle d'Anthropic. Suffisamment troublante pour que j'aie envie de la partager ici, dans le cadre de cette série consacrée aux capacités souvent méconnues (ou mésestimées) des intelligences artificielles.
Adapter une nouvelle de Philippe Claudel en animation stop motion, avec des figurines cousues main et une poignée d'intelligences artificielles… Voici le récit d'une aventure créative où l'artisanat rencontre la technologie. Et où les plus beaux moments naissent souvent des hasards accidentels.
Vous formez des adultes et vous cherchez des techniques éprouvées pour rendre vos sessions plus efficaces, plus engageantes, et surtout plus mémorables ? Je viens de rassembler quatre outils pédagogiques que j'utilise depuis des années et qui fonctionnent à tous les coups, quel que soit le public ou le sujet traité.
Ces techniques ne sont pas de la théorie : elles viennent de ma pratique terrain auprès de milliers d'apprenants. Elles sont simples à mettre en œuvre, ne nécessitent aucun matériel sophistiqué, et produisent des résultats immédiats. Je les ai regroupées dans un cours complet, disponible gratuitement, qui vous permettra de les découvrir en détail et de les intégrer dès votre prochaine formation.
Je ne suis pas économiste. Loin de là. Mais dimanche dernier, en écoutant distraitement France Culture pendant que je préparais le déjeuner, une intervention m'a fait dresser l'oreille. Jean-Marc Daniel, professeur à l'ESCP, présentait un concept que je ne connaissais pas : "le triangle d'incompatibilité de Dani Rodrik".
L'idée m'a immédiatement intrigué. Comment un simple triangle peut-il expliquer les tensions politiques et économiques qui agitent nos sociétés ? Pourquoi Trump choisit-il le protectionnisme ? Pourquoi l'Europe peine-t-elle à défendre ses intérêts nationaux ? Pourquoi la Chine fonctionne-t-elle ainsi ?
Curieux d'en apprendre davantage, j'ai consulté l'article Wikipédia consacré à ce sujet, puis rassemblé mes notes. Et je me suis dit que cela méritait d'être partagé, car ce cadre d'analyse éclaire remarquablement bien les choix auxquels sont confrontées nos sociétés.
Il y a quelques jours, un ami musicien me lance au détour d'une conversation : "Au fait, tu connais la méthode de Denys Parsons ?" Aveu d'ignorance de ma part. "C'est un système pour coder les mélodies, ultra simple : juste trois lettres pour dire si ça monte, si ça descend ou si ça reste pareil."
Intrigué, je me suis documenté. Et là, surprise : cette découverte a réveillé un vieux souvenir enfoui depuis plus de quarante ans. Une visite au siège de la SACEM, en 1980, où l'on m'avait montré un système de classification des œuvres musicales qui m'avait fasciné à l'époque. Des fiches cartonnées, des codes mystérieux, des inspecteurs en gabardine munis de carnets minuscules… Bref, tout un folklore analogique que la génération Shazam aura du mal à imaginer !
Retour sur ces systèmes ingénieux qui permettaient, bien avant l'ère numérique, d'identifier et de protéger les créations musicales.
Une dame de mon entourage m'a récemment raconté une scène de parking qui, au-delà de son caractère cocasse, ouvre des pistes de réflexion étonnamment riches.
La scène se passe près d'un marché. Cette dame est garée et s'apprête à quitter sa place de parking. À sa gauche, une voiture dont le conducteur attend visiblement qu'elle parte. À sa droite, même scénario : un autre conducteur, même intention. Chacun a parfaitement compris que l'autre veut prendre la place, et chacun s'est rapproché au maximum, bien décidé à brûler la politesse à son concurrent.
Le problème ? Ils sont l'un et l'autre arrêtés si près de la voiture qu'ils empêchent totalement sa sortie. L'impasse est complète.
Avez-vous déjà remarqué ce phénomène étrange : vous jetez un coup d'œil à une horloge analogique, et pendant une fraction de seconde, l'aiguille des secondes semble figée, comme si le temps s'était arrêté ? Puis elle reprend sa course normale, et vous vous demandez si vous n'avez pas rêvé.
Ce n'est pas votre imagination. C'est une illusion perceptive fascinante appelée "l'illusion de l'horloge arrêtée", et elle révèle quelque chose de profondément surprenant sur la façon dont notre cerveau construit notre expérience visuelle de la réalité.
Ce phénomène porte un nom scientifique : la chronostase. Et pour comprendre pourquoi il se produit, nous devons plonger dans un mécanisme neurologique encore plus étonnant : la suppression saccadique et le remplissage rétroactif.
Pour celles et ceux qui me connaissent un peu, l'humour est évident. Un musicien-formateur retraité qui tient un blog hétéroclite et qui se présente sous les atours d'une multinationale pompeusissime… Il fallait oser. J'ai osé.
Un dialogue avec Claude pour comprendre l'ultracrépidarianisme artificiel
INTRODUCTION
Depuis que je documente l'usage des intelligences artificielles génératives, une question revient sans cesse : "Pourquoi les IA peuvent-elles affirmer des choses complètement fausses avec autant d'assurance ?"
Plutôt que de vous servir une explication de seconde main, j'ai décidé de faire quelque chose d'un peu différent : interroger directement Claude, l'IA avec laquelle je travaille quotidiennement depuis des mois.
Visage découvert, donc. Quand Claude parle dans cet article, c'est bien lui qui parle. Quand j'interviens, c'est moi. Pas de "je vous explique ce que j'ai découvert" alors que c'est l'IA qui m'a tout expliqué. Juste un dialogue authentique.
L'intelligence artificielle n'en finit pas de nous surprendre. Mais cette fois-ci, Google vient de franchir un cap qui pourrait bien redéfinir notre rapport même à Internet. Avec la "Vue dynamique" de Gemini, le géant de Mountain View ne se contente plus de répondre à vos questions : il crée des sites web complets, à la volée, spécialement pour vous. Une prouesse technologique fascinante. Une révolution annoncée. Et peut-être le début de la fin pour des millions de sites web existants.
Le curé de la paroisse de Santo Pietro (et de 9 autres paroisses environnantes), en Corse, était en mal de véhicule automobile pour assurer l’ensemble de ses offices dans la montagne Corse. Il eut alors une idée de génie : Dans un premier temps il se rendit chez le concessionnaire Fiat le plus proche, où il fit installer une sorte de tirelire. Ensuite il en informa bien scrupuleusement tous ses paroissiens lors de ses messes, au moment des homélies. Le système fonctionna à merveille puisque la somme escomptée fut bientôt atteinte et que depuis lors notre brave ecclésiastique arpente fièrement les routes de montagnes au volant de son automobile flambant neuve. Financement participatif à la mode paroissienne corse… Ce petit miracle est-il en passe d’être homologué par les autorités sacerdotales ? Et pourquoi Fiat, précisément ? L’histoire ne le dit pas…
En 2020, je vous proposais une vidéo pédagogique sur la communication interpersonnelle. J'y décortiquais le processus fascinant qui se joue lors d'un simple dialogue entre deux personnes : Alain et Basile, deux personnages que j'avais inventés pour l'occasion, échangeaient face à face, et nous découvrions ensemble tous les mécanismes à l'œuvre. Les intentions, les filtres, les bruits, les malentendus… Bref, tout ce qui fait qu'entre ce qu'on pense et ce que l'autre comprend, il peut se passer énormément de choses.
Aujourd'hui, cinq ans plus tard, je vous propose de revisiter ce modèle. Mais cette fois-ci, nous n'allons pas analyser un dialogue entre deux humains. Non, nous allons explorer ce qui se passe quand vous dialoguez avec une intelligence artificielle.
Ce conte, je l'ai écrit en 1978. J'étais étudiant à Paris, et je vivais à la résidence universitaire Jean-Zay d'Antony. Elle est connue de tous les Parisiens sous le nom de "cité U de la Croix de Berny".
Pour ceux qui ne la connaissent pas : c'était un monde à part entière. L'une des plus grandes résidences universitaires d'Europe, avec ses 1 580 chambres individuelles, ses espaces communs, sa bibliothèque...
Sans compter sa salle de spectacle, son complexe sportif — et ses fameux groupes d'études. Il s'agissait d'e salles 'espaces de travail animés bénévolement par des étudiants. Qui initiaient leurs voisins de palier à leur propre discipline. Une sorte d'université parallèle et informelle, fondée sur l'échange plutôt que sur la hiérarchie. Passionnant, pour un étudiant en linguistique de vingt ans.
La résidence accueillait des étudiants du monde entier, avec au plus fort de son activité près de 50 nationalités différentes. C'est dans ce contexte un peu utopique — et aujourd'hui disparu, les bâtiments ayant été démolis au fil des années — que j'ai écrit ce petit conte de Noël. Pourquoi un conte ? Je n'en sais trop rien. Sans doute parce que Noël approchait, que ma chambre était petite et que j'avais l'imagination vagabonde.
Je vous le livre tel quel, sans retouches.
Il était une fois un petit garçon très sage qui habitait une petite maison tout au fond de la forêt, avec son papa qui était bûcheron.
Ils menaient tous les deux une existence bien paisible : le matin, ils partaient se promener dans les bois et le soir, au coin du feu, le bûcheron apprenait la lecture et l'arithmétique à son petit garçon.
Par un beau soir de Noël, ils décidèrent de préparer tous les deux un vrai repas de réveillon, avec une dinde aux marrons, et une tarte aux myrtilles. Ils rirent beaucoup pendant le souper. Il y avait des guirlandes partout, et dans la crèche, la Sainte Vierge semblait les regarder manger en souriant.
Après le repas, le petit garçon embrassa son père et partit se coucher. Dans sa chambre il se déshabilla, rangea soigneusement ses vêtements, mit son pyjama, et se glissa entre ses draps après avoir éteint la lumière (c'était un petit bonhomme très courageux qui n'avait pas peur du noir). Mais ce soir-là, il ne parvenait pas à s'endormir : Mille pensées tourbillonnaient dans sa tête… il avait été très sage, et il connaissait maintenant la table de multiplication par sept vraiment par cœur, jusqu'à sept fois huit ! Oh oui, le Père Noël allait sûrement venir lui apporter de beaux jouets !
À minuit, il n'y tint plus. Il ne pouvait plus attendre. Il se leva sans un bruit, ouvrit la porte de sa chambre avec mille précautions, se dirigea vers la cheminée ou quelques rondins rougeoyaient encore, se tapit dans un coin d'ombre derrière le grand fauteuil, et attendit. Tout à coup la porte d'entrée s'ouvrit toute grande, et quelle ne fut pas la surprise de notre petit bonhomme de voir arriver… son papa !
Oui, c'était bien son papa qui refermait doucement la lourde porte, et traversait la pièce sur la pointe des pieds comme un cambrioleur. Lorsqu'il arriva devant le sapin, le bûcheron sortit prestement quelque chose des pans de son grand manteau : c'était un magnifique voilier […] et un jeu de construction en bois, que le brave homme avait confectionnés lui-même.
Lorsqu'il vit son père déposer les jouets près de la cheminée, le petit garçon sortit brusquement de sa cachette. "Je t'ai vu, je t'ai vu, s'écria-t-il, c'est toi qui as mis les jouets devant la cheminée, c'est pas le Père Noël !"
Il se tenait et au milieu de la pièce, bien campé sur ses deux jambes, ses deux petits poings fermement plantés sur ses hanches. Visiblement, il avait l'impression d'avoir été trompé, et son regard était lourd de reproches.
Le pauvre homme était consterné. Il y eut deux ou trois secondes de silence, le bûcheron ne savait que dire. Dans l'âtre, une bûche achevait de rendre l'âme dans un craquement sourd.
Et puis soudain le visage de l'homme s'éclaira, et un large sourire se dessina sur ses lèvres. Il s'accroupit près de son petit, caressa la petite tête blonde de sa large main calleuse, et répondit avec douceur : " Peut-être… mais c'est lui qui m'a dit de les mettre !"
Quarante-cinq ans ont passé depuis que j'ai écrit cette scène. Et chaque fois que je la relis, je retrouve intacte la question qu'elle pose — discrètement, sans en avoir l'air.
Le bûcheron ment-il à son fils ? Oui, techniquement. Mais son mensonge est d'une nature si particulière qu'on hésite à lui donner ce nom. Il ne trompe pas pour se protéger, ni pour manipuler. Il ment pour préserver quelque chose — la magie, l'émerveillement, cette capacité de l'enfance à habiter un monde où les impossibles sont encore possibles.
"Peut-être… mais c'est lui qui m'a dit de les mettre !"
Cette réplique finale m'a toujours semblé contenir une sagesse tranquille. Et elle soulève une question que l'on n'examine pas assez : un mensonge bienveillant est-il encore vraiment un mensonge ? De la même façon, une manipulation exercée au service du bien de l'autre mérite-t-elle encore ce nom ? Dans les deux cas, ce qui change tout — ce qui transforme radicalement la nature de l'acte — ce ne sont pas les mots ni les gestes, ce sont les valeurs qui les sous-tendent. (Je suis revenu sur ce point dans un autre article, car il me semble central et trop souvent négligé.)
Le Père Noël n'est peut-être pas réel au sens où une table ou une hache sont réelles — mais l'amour d'un père qui fabrique des jouets de ses mains calleuses, lui, l'est doublement. C'est peut-être ça, au fond, ce que font les adultes qui n'ont pas tout à fait oublié d'être des enfants : ils maintiennent vivant, le plus longtemps possible, le feu qui éclaire.
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La question des IA est devenue une tarte à la crème. Chaque jour, chacun y va de son petit couplet, de son point de vue (parfois impérieux) sur la question. Faut-il en avoir peur ? Faut-il l'adopter les yeux fermés ? Entre les prophètes de l'apocalypse et les techno-enthousiastes béats, difficile d'y voir clair.
Pour ma part, j'ai eu une idée un peu différente : plutôt que d'analyser l'IA de l'extérieur, pourquoi ne pas lui demander comment elle nous voit, de son côté ? Comment perçoit-elle nos réactions, nos craintes, nos stratégies face à son arrivée dans nos vies professionnelles ?
Il y a quelques semaines, en discutant avec Claude (mon assistant IA favori), nous avons reconstitué un mini-dialogue. Ma question s'était perdue dans les méandres numériques, mais sa réponse restait pertinente. Nous avons donc inventé ma question pour redonner du sens à l'échange.
À proprement parler, il s'agissait d'une légère entorse à la réalité. Pourtant, cette petite manipulation était non seulement utile, mais nécessaire pour préserver la cohérence pédagogique du propos.
Cet incident m'a rappelé une question qui traverse toute ma carrière de formateur : un pédagogue a-t-il parfois le droit de mentir ?
Imaginez une table ronde réunissant un exorciste, un hypnothérapeute, un médecin spécialiste de l'effet placebo, un moine bouddhiste, un psychanalyste et... une intelligence artificielle. Chacun défend sa pratique. Chacun peut témoigner de résultats concrets. Et chacun serait bien en peine d'expliquer exactement comment ça fonctionne.
Bienvenue dans le club très fermé des «pratiques qui marchent sans qu'on sache vraiment pourquoi».
Et si la valeur d'une idée se mesurait non pas à sa beauté intellectuelle, mais à ses effets concrets dans votre vie ?
Vous n'avez peut-être jamais entendu parler de William James. Et pourtant, ce philosophe américain du XIXe siècle a posé une question qui pourrait bien changer votre façon de voir les choses : « Est-ce que ça marche ? »
Il y a une trentaine d'années, j'ai franchi le pas : plutôt qu'un piano acoustique, j'ai acheté un Clavinova, l'un de ces pianos numériques d'appartement qui commençaient à envahir le marché. Pour moi, les avantages étaient évidents. Le son reproduisait plutôt bien celui d'un piano à queue (et même de quelques autres instruments). Le toucher me semblait réaliste et agréable. Et surtout – argument imparable pour quelqu'un qui déteste les corvées récurrentes – pas besoin de faire venir l'accordeur deux fois par an.
Quand on a inventé l’écriture, on ne s’est pas arrêté de parler ; quand on a inventé l’imprimerie, on ne s’est pas arrêté d’écrire ; quand on a inventé l’ordinateur, on ne s’est pas arrêté d’imprimer, on a même tous une imprimante à la maison. La machine à vapeur n’a pas arrêté la voile […]. Les progrès ne sont pas forcément des coupures, ce sont des accumulations. [Michel Serres, en 2015, à propos de sa vision du progrès.]
Une nouvelle technologie débarque, et avec elle son cortège de craintes, de prophéties apocalyptiques et de mises en garde solennelles. Ce scénario vous semble familier ? C'est normal : il se répète depuis la nuit des temps.
L'imprimerie allait détruire la mémoire et corrompre les esprits. L'électricité allait nous rendre fous. La télévision transformerait nos enfants en légumes. Internet signerait la fin de toute vie sociale authentique. Et aujourd'hui, ce sont les IA génératives — ce que le grand public appelle simplement "ChatGPT" — qui cristallisent les inquiétudes.
Il arrive que certaines chansons prennent, des années après leur création, une résonance inattendue. C’est le cas de L’assassin est toujours le jardinier, écrite et composée par Frédérik Mey — une ballade pleine d’humour noir et de second degré, que j’ai eu grand plaisir à arranger et interpréter récemment.
Cette chanson, derrière sa légèreté apparente, joue avec les codes du polar : manoirs anglais, majordomes suspects, châteaux brumeux, crimes raffinés et un coupable récurrent — le jardinier. Tout y est, jusqu’à la chute malicieuse qui vient tout remettre en question. 🌿🎹
Les humains adoptent systématiquement des comportements qui produisent l'exact opposé de leurs objectifs, non pas par désir de s'autodétruire, mais à travers trois mécanismes principaux : les compromis temporels (sacrifier le long terme pour le court terme), les stratégies contre-productives (erreurs de jugement sur cause-effet), et les processus ironiques (l'effort même de contrôle crée le problème).
Les stratégies tragiques sont ces comportements paradoxaux où nos tentatives de résoudre un problème l'aggravent systématiquement. L'insomniaque qui "essaie de dormir" et aggrave son insomnie. La personne anxieuse qui évite les situations sociales et renforce son anxiété. Le perfectionniste qui procrastine par peur de l'échec… et échoue.
Mais voici la question la plus troublante : pourquoi continuons-nous à les utiliser même quand nous savons qu'elles ne fonctionnent pas ?
Cet article fait partie d'un dossier consacré aux stratégies tragiques – ces comportements où nos tentatives de résoudre un problème aggravent paradoxalement la situation.
Si vous arrivez directement sur cette page :
Les stratégies tragiques sont des schémas comportementaux où l'action rationnelle produit l'inverse du résultat recherché
Des mécanismes psychologiques (renforcement négatif, biais cognitifs, prophéties autoréalisatrices) et des profils comportementaux (drivers) les alimentent et les rendent particulièrement résistantes au changement
Cette étude de cas applique ces concepts à un domaine particulièrement complexe : les relations marquées par la violence conjugale
Cet article fait partie d'une série consacrée aux stratégies tragiques - ces comportements où nos tentatives rationnelles de résoudre un problème créent paradoxalement l'inverse du résultat recherché.
Si vous arrivez directement sur cette page :
Les stratégies tragiques sont alimentées par des profils comportementaux (appelés « drivers ») qui nous poussent inconsciemment vers des solutions contre-productives
Ces mécanismes sont maintenus par des processus psychologiques puissants (renforcement négatif, biais cognitifs, prophéties autoréalisatrices)
Cet article propose des pistes concrètes pour en sortir, mais la compréhension du cadre théorique enrichit considérablement l'application pratique
Le Florilège de la Novlangue du Bien (L'invasion du terme)
Chers amis de la toile et du réel, j'avais fait la promesse, solennelle, de ne plus jamais dépenser une once d'énergie psychique à déplorer la légèreté ambiante. Promesse tenue... jusqu'à ce matin.
Vous êtes musicien autodidacte ? Vous avez l'oreille musicale, mais les sonorités jazz vous semblent inaccessibles ? J'étais exactement dans cette situation. Plutôt à l'aise dans un univers tonal et consonant, je butais sur une question : comment créer ces chorus qui "sonnent jazz", avec leurs tensions harmoniques si caractéristiques ?
C'est pour répondre à cette question qu'avec l'aide de l'IA Claude j'ai développé la Bibliothèque interactive de gammes jazz. Cet outil pratique m'aide aujourd'hui à explorer l'univers modal du jazz.
30 balais… 68 balais… Chacun de nous connait cette expression familière qui sert à désigner un âge. Aujourd’hui, l’idée m’est venue de faire des recherches sur l’origine de cette bien curieuse expression.
Découvrez comment cette chanson nostalgique de 1965 a lancé la carrière de Michel Delpech et marqué la variété française.
La naissance d'une chanson culte
Michel Delpech écrit "Chez Laurette" le 1er mai 1965. Roland Vincent compose la mélodie. D'abord, la chanson ne connaît pas le succès commercial. Cependant, les radios la diffusent massivement. Par conséquent, elle révèle Michel Delpech au grand public.
Une inspiration spontanée dans le train
L'idée germe dans l'esprit de Delpech pendant un trajet en train.
L'apprentissage musical sans solfège : mon parcours atypique
Avec ardeur et passion, je joue de la musique depuis mon enfance. Pourtant, j'ai un secret qui surprend beaucoup de non musiciens : je ne maîtrise pas le solfège. Mon oreille guide tout mon travail musical.
Cette approche particulière ressemble à celle d'un conteur qui raconte sans savoir lire. Je compose et j'arrange uniquement à l'oreille. Mes créations musicales sont disponibles sur ma chaîne YouTube (pour les curieux).
Dans notre quête constante de bien-être, nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser aux thérapies non conventionnelles (TNC) et aux psychothérapies dont les postulats n'ont pas été validés scientifiquement. Face à cette omniprésence, il devient essentiel de développer, puis préserver une capacité de discernement.
Le débat entre la médecine conventionnelle, ou occidentale, et les médecines non conventionnelles fait rage. On oppose souvent les preuves scientifiques aux traditions millénaires, la biochimie à l'approche holistique. Cette dernière considère l'individu dans sa globalité physique, émotionnelle et spirituelle, plutôt que de traiter des symptômes isolés.
Cependant, il existe un espace trouble, une "zone grise" où les frontières s'estompent, créant une grande confusion. C'est dans cette zone que certaines pratiques, aussi bien intentionnées soient-elles, peuvent devenir problématiques.
En tant que musicien passionné par les nouvelles technologies, j'ai toujours été fasciné par les possibilités offertes par l'intelligence artificielle pour la création visuelle. Mes compositions appellent souvent des univers visuels variés, et l'idée de pouvoir illustrer mes chansons avec des images générées par IA me semblait être le Saint Graal créatif.
Récemment, j'ai installé mon tout nouveau home studio dans mon nouveau logement. Cette étape marque un tournant passionnant dans mon parcours musical.
Du coup, je vous invite à découvrir cet univers intime à travers la vidéo ci-dessous. Elle vous permettra de partager l'ambiance authentique de ce lieu créatif qui ouvre un nouveau chapitre de ma vie musicale.
Parmi les nombreuses citations attribuées à Albert Einstein, l’une d’elles intrigue particulièrement : "L’univers est infini, mais il n’est pas illimité." À première vue, cette phrase semble paradoxale, car les mots infini et illimité sont souvent considérés comme synonymes. Si l’univers est infini, alors il ne devrait pas avoir de limite. Et s’il est illimité, alors il ne devrait pas être fini. Pourquoi alors les opposer dans la même phrase ?
J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie d'un nouveau morceau qui me tient particulièrement à cœur :"Le Film". Cette chanson est l'œuvre d'un ami de longue date,. C'est un auteur-compositeur-interprète talentueux dont je suis le parcours de très près depuis des lustres.
Vous pensiez que transformer un site web en podcast était déjà impressionnant ? Attendez de voir ce que NotebookLM a accompli ! En quelques clics, j'ai transformé mon site personnel en un podcast dynamique et interactif, où deux voix se répondent avec naturel, comme dans une véritable conversation.
Qui n'a jamais pesté devant son écran en essayant de télécharger une vidéo ou un fichier audio ? Entre les sites éphémères qui disparaissent du jour au lendemain, les fenêtres pop-up intempestives, les fausses alertes aux virus et les publicités envahissantes, la recherche d'un simple contenu peut vite tourner au parcours du combattant. Si vous vous reconnaissez dans cette situation, j'ai une excellente nouvelle à partager avec vous.
L'oreille absolue fascine le monde musical depuis toujours. Mais qu'est-ce exactement ? C'est la capacité de reconnaître ou de produire une note de musique sans avoir besoin d'une référence. À travers mon parcours de musicien autodidacte, je vous propose de découvrir une vision nouvelle de ce don musical si particulier.
Dans un contexte où l'intelligence artificielle bouleverse nos habitudes, certains y trouvent desusages inattendus et profondément personnels. Voici le témoignage d'un jeune adulte qui a choisi d'utiliser l'IA Claude comme support thérapeutique. Une démarche aussi innovante que riche en interpellations qui soulève de nombreuses questions sur l'avenir de l'accompagnement en santé mentale.
Les média nous ont appris que Donald Trump avait l'intention de nommer son ami Elon Musk a un "Ministère de l'efficacité gouvernementale. J'ai pour ma part trouvé cet intitulé pour le moins étrange, en tout cas inattendu pour un ministère.
Aussi ai-je eu l'idée de poser à une intelligence artificielle (ChatGPT en l'occurrence) la question suivante : "Pourrais-tu me donner un maximum d'exemples (dans l'histoire contemporaine) d'intitulés de ministères à l'intitulé atypique ou inattendu ?"
J’ai récemment écouté sur France Inter le philosophe Charles Pépin qui expliquait la différence entre choisir et décider. J'ai été passionné par son explication, que je vous résume sous ces lignes.
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