Comprendre son rôle et ses limites lorsqu'un proche souffre d'un trouble psychiatrique est essentiel pour les parents ou les aidants familiaux. Tout en cherchant du soutien pour eux-mêmes, ils sont invités à prendre en compte les points clés suivants :
Les parents ne sont pas des thérapeutes professionnels
Bien que les parents soient animés d'amour et de dévouement, ils ne disposent généralement pas de la formation et de l'expertise requises pour traiter un trouble psychiatrique complexe. Endosser ce rôle peut s'avérer contre-productif et nuire à la relation parent-enfant.
Préserver sa propre santé physique et mentale est primordial
S'occuper d'un proche atteint d'un trouble psychiatrique peut s'avérer épuisant émotionnellement et mentalement. Il est donc crucial que les parents prennent soin d'eux-mêmes et n'hésitent pas à rechercher un soutien psychologique si nécessaire, afin d'éviter l'épuisement et la détresse. N'oubliez pas : "Qui veut voyager loin ménage sa monture."
Reconnaître les signes d'épuisement chez l'aidant
Vouloir aider un proche est naturel et louable. Mais cette volonté peut conduire insidieusement à un épuisement profond, d'autant plus difficile à reconnaître qu'il s'installe progressivement. Voici quelques signaux d'alerte à ne pas ignorer :
- Fatigue chronique — un sentiment d'épuisement persistant, même après le repos, qui ne ressemble pas à une simple fatigue passagère.
- Irritabilité et sautes d'humeur — des réactions disproportionnées à des situations ordinaires, un seuil de tolérance qui s'abaisse.
- Sentiment de culpabilité permanent — l'impression de ne jamais en faire assez, de ne pas être à la hauteur, d'être responsable de l'état de son proche.
- Isolement progressif — le repli sur soi, l'abandon des activités qui procuraient du plaisir, la réduction des contacts sociaux.
- Perte de sens — la difficulté à voir un horizon, à se projeter, à distinguer ce qui appartient à la vie de l'aidant et ce qui appartient à la maladie de l'autre.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signaux, c'est le moment de chercher du soutien — non pas comme un aveu de faiblesse, mais comme une décision lucide et nécessaire
Les bienfaits d'une approche collaborative
Lorsque chacun connaît et respecte son rôle, cela favorise un environnement sain pour la personne concernée. Ainsi, le patient bénéficie de soins professionnels adaptés, tandis que les parents apportent un soutien affectif complémentaire, sans avoir à supporter seuls tout le poids du fardeau.
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Accéder aux ressources d'aide disponibles
Plusieurs structures peuvent accompagner les proches aidants, que ce soit pour s'informer, trouver un groupe de parole, ou simplement ne plus se sentir seuls face à la situation :
- Unafam (Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades Et/ou handicapées psychiques) — groupes de parole, formations, permanences téléphoniques partout en France. C'est souvent la première porte à pousser.
- La Maison Perchée — structure dédiée aux jeunes adultes touchés par des troubles psychiques et à leurs proches.
- Psycom — ressources d'information fiables et accessibles sur la santé mentale, pour les personnes concernées comme pour leurs familles.
- Le 3114 — numéro national de prévention du suicide, disponible 24h/24, pour les personnes en détresse mais aussi pour les proches qui s'inquiètent.
- Votre médecin généraliste — souvent sous-estimé dans ce rôle, il peut orienter vers des dispositifs locaux adaptés et prescrire un soutien psychologique si nécessaire.
Ne pas chercher d'aide n'est pas une preuve de solidité. C'est souvent, au contraire, le premier pas vers l'épuisement.
De nombreuses associations, groupes de soutien et services viennent en aide aux familles touchées par les troubles psychiatriques [1]. Les parents ont tout à gagner à s'informer pour profiter de ces ressources précieuses.
En somme, adopter une approche équilibrée, où chacun joue son rôle de manière saine et complémentaire, est bénéfique pour tous et optimise les chances de rétablissement du patient.
[1] Voir La Maison Perchée
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