Chez Elle est une pièce musicale qui trouve son origine dans une chanson que j’ai écrite en octobre 2022, en hommage à un lieu mythique qui a marqué mon parcours musical et humain. Cette version symphonique est une réinterprétation entièrement instrumentale de la chanson originale, où chaque note évoque les rencontres, les improvisations et l’effervescence qui régnaient au numéro treize de la rue Beauvau, à Marseille, fin des années 70.
Avec ce morceau, j’ai voulu capturer l’âme de cet endroit unique, en mêlant cordes, cuivres, bois et percussions, pour créer une ambiance riche en émotions et en souvenirs. En fait, la guitare, bien que discrète, y tient encore une place importante, se fondant dans l’orchestre pour raconter cette histoire musicale.
Ainsi, tous les instruments que vous entendez, à l'exception de la guitare et de la contrebasse, ont été réalisés à partir de banques de sons. Ils ont été enregistrés, mixés et masterisés dans mon home studio en Bretagne.
Je vous invite à voyager avec moi dans ce souvenir musical, et à redécouvrir l’essence de «Chez Elle», à travers cette version symphonique. Bonne écoute !
Pour écouter le morceau (et visionner le clip) il suffit de cliquer sur l'image ci-dessus.
De la maquette à l'orchestre
Tout a commencé par une maquette très dépouillée : guitare et voix, rien de plus. C'est cette version que j'ai envoyée à Michel Melchionne — le principal intéressé, l'homme à qui "Chez Elle" est en partie dédié.
Sa réaction a été immédiate et enthousiaste. Et sa suggestion, précise : il voyait bien un accompagnement par un quatuor à cordes, dans l'esprit de ce que Paul McCartney avait obtenu avec Yesterday ou Eleanor Rigby — ces arrangements de chambre qui donnent à une chanson simple une profondeur soudainement vertigineuse. Par la suite, c'est dans cette direction que je me suis engagé pour la version chantée.
La version instrumentale : une découverte fortuite
La version symphonique que vous pouvez écouter ici est née d'une écoute un peu particulière. En jouant fortuitement la chanson sans les voix — ce qu'on appelait autrefois la "bande orchestrale" ou la "version playback" — j'ai réalisé que l'arrangement se suffisait à lui-même. Qu'il racontait quelque chose, même sans les mots. C'est ce moment d'évidence qui a donné naissance à cette version entièrement instrumentale.
Les choix d'orchestration
Pour réaliser cet arrangement, j'ai travaillé comme à mon habitude avec Waveform 11, relié par protocole ReWire à Reason 7. Le 2e logiciel est plus ancien, certes, mais dont l'éditeur MIDI et les banques de sons restent à mes yeux sans équivalent. Certains outils "vintage" ont cette particularité de sonner juste, et on ne les lâche pas facilement.
Un quatuor de cordes au cœur du dispositif
Les cordes constituent l'ossature de cet arrangement — violons, alto, violoncelle — dans la lignée directe de ce que Michel avait lui-même suggéré. La guitare et la contrebasse sont les seuls instruments joués en "vrai" ; tous les autres sont issus des banques de sons, travaillés et nuancés pour sonner le plus organique possible.
Quand tout coule de source
Il m'arrive parfois de chercher longtemps un arrangement. Ici, les choses sont venues avec une fluidité un peu déconcertante. Michel m'a dit un jour qu'il avait parfois l'impression, en composant, de n'être qu'une sorte d'antenne — captant des choses qui préexistaient quelque part dans les airs. Je partage entièrement ce point de vue. A cet égard il me semble qu'il en va de même pour les arrangements : les meilleurs ne s'inventent pas vraiment. Ils se trouvent.
Ce que ce morceau représente
Il y a des projets qu'on réalise parce qu'on en a envie. Et il y a ceux qu'on réalise parce qu'on en a besoin. Cette version symphonique de "Chez Elle" appartient clairement à la seconde catégorie.
"Chez Elle", c'est d'abord une chanson — autobiographique et véridique à cent pour cent. Écrite en hommage à un lieu et à une époque qui ont profondément façonné ce que je suis devenu musicalement. Le cabaret du numéro treize de la rue Beauvau, à Marseille. Les fins de soirée qui s'étiraient. Michel Melchionne perché sur son tabouret, créant un univers complet avec sa voix et sa guitare. Roger au saxophone. Pierre et sa "Jipson" flammée. Et cette sensation, rare et précieuse, d'être exactement à sa place.
Une chanson qui appelait autre chose
Dès l'écriture de la chanson originale, j'ai senti que ce matériau méritait une autre vie — plus ample, plus orchestrale. Pas pour l'améliorer : la version chantée a sa propre vérité, intime et directe. Mais aussi pour en explorer une autre dimension. Celle du souvenir tel qu'il se rejoue parfois dans la mémoire — avec cette tendance qu'ont les images du passé à se teinter d'une lumière un peu plus dorée, un peu plus grande que nature.
Un hommage à plusieurs visages
Pour finir, cette version symphonique est aussi un hommage à toutes les personnes qui ont peuplé ces années-là. À Michel Melchionne, bien sûr, dont l'influence sur ma façon d'aborder la guitare reste intacte cinquante ans après. Mais aussi à tous ces "hurluberlus qui jouaient de la musique" — pour reprendre les mots de la chanson — qui ont, sans le savoir, contribué à faire de moi le musicien que je suis.
Enregistré, mixé et masterisé dans mon home studio en Bretagne, ce morceau est né loin de Marseille — mais il y retourne à chaque écoute.

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