Que je “prenne conscience” ?… Merci, sans façons !

" La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. " Aldous Huxley

 

Je suis frappé de voir à quel point tout le monde donne son avis partout, sur tout, en toutes circonstances, en particulier sur les réseaux sociaux.

Le COVID 19 fait aussi des dégâts dans les esprits…

Crise du coronavirus : La Terre ne s’arrête pas de tourner, mais elle cesse de vivre normalement. Et nous continuons tous à faire ce que nous savons faire.

"Les effondristes annoncent l’effondrement, les souverainistes le retour de la souveraineté, les intervenionnistes plus d’intervention, les écologistes l’avènement de la sobriété, les nationalistes le retour des nations, les Européens la nécessité de l’Europe…"

(Édito de Libération, Laurent Joffrin, 13 mars 2020).

Mais pourquoi diable veut-on à tout prix "me mobiliser" ?

Je ne sais plus qui a écrit "Un militant c'est un militaire qui porte son costume à l'intérieur"...

Ce que je sais, en revanche, c'est que nombre d'entre eux m'inondent de messages sur les réseaux sociaux, m'appelant à "prendre conscience", à "me mobiliser", et pendant que nous y sommes, "…partager cette information cruciale avec tous mes contacts" (ben voyons !).

Étrangement, la très grande majorité de ces tristes sires ne m'envoient pour ainsi dire jamais de message personnel, et ne répondent pratiquement jamais aux miens. La façon bien particulière qu'ils ont de prendre ma petite personne en considération se limite à m'intégrer dans le grand coup de filet du copier-coller de leur liste de contacts. Pas Pas très joli joli, me semble-t-il... Et en plus ils s'attendent à ce que j'épouse leur si noble cause !... Le plus drôle, c'est qu'ils tirent tous dans des directions opposées. Alors qu'aucun, mais alors aucun d'entre eux ne me donne envie de le suivre.

Eh, les gars (...et les filles !), arrêtez votre cirque, votre emportement est complètement contre-productif avec moi. Vous devriez m'oublier, je suis totalement irrécupérable !

Signer la quoi ? la pétition ?...

Quand je lis "Un(e)tel(le) vous a envoyé un message", que je me  dis "Chouette, des nouvelles de Un(e)tel(lle), c'est vrai ça, que devient-il (elle) ?", et que finalement cette personne s'adresse à moi en commençant par les mots "Signez la pétition !" sans même prendre la peine de rajouter un petite phrase personnelle (comme le ferait, je sais pas moi, le moindre agent d'assurances), eh bien en pareil cas, mon sang ne fait qu'un demi-tour, et alors, très logiquement, je repars en sens inverse 🙂

Quand j'entends "À qui profite le crime ?" je réponds "...À qui profite ta question ?".

En définitive, un type bien particulier de fâcheux semble proliférer à vitesse grand V par les temps qui galopent. Du genre prêt à tout pour tirer (d'une façon ou d'une autre) bénéfice de la situation. Et ceci quelle que soit la situation, justement. Comment ? En s'érigeant par exemple en expert autoproclamé du sujet qu'ils ont choisi de m'asséner, ou en se comportant en donneur de leçons, prompt à culpabiliser sans vergogne tous ceux qui ne le suivraient pas dans sa si noble croisade en pantoufles...
Pour ce qui me concerne, je trouve cela tout simplement lamentable.

Le coup du "Mais ne prends donc pas la mouche, c'était juste pour te faire partager une info que j'ai aimée !"...

On me l'a fait cent fois : "Je voulais juste partager l'info". Ben voyons ! Quel sens bien cavalier du partage ! Récemment, une connaissance m'a "fait partager", donc, un message de bonne volonté à l'occasion de... la période des rameaux ! Je veux bien qu'on me parle de bonne volonté, mais ne me sens concerné par aucune célébration religieuse, quelle qu'elle soit. Je ne veux aucun mal aux personnes branchées religion, la preuve : je m'abstiens d'aller leur titiller l'entendement tous les quatre matins. Juste retour des choses, j'attends d'elles qu'elles se comportent de même avec moi. Ah, et puis oui, au fait : en lisant ces lignes, vous pouvez remplacer le mot "religion" par "politique". Et par tout ce qui vous chante... 

Voilà pour le "partage", donc. Parlons maintenant de "l'info" : Récemment, je me suis tartiné une vidéo remplie de bonnes intentions, dans laquelle on m'expliquait - la bouche en coeur - qu'à la faveur de la crise du COVID-19, il serait peut-être intéressant que les gens "prennent enfin conscience" (...encore ?) qu'il est urgent d'arrêter de polluer, en recyclant par exemple le personnel du vilain avionneur Airbus dans la construction de charpentes de navires à voile (cela m'a remis en tête la fameuse "révolution culturelle" de sinistre mémoire, initiée en son temps par Mao...). Le pire, c'est que je suis resté planté devant ces inepties (relevant bien plus de la bonne vieille propagande que de l'info) que j'ai subies "jusqu'au bout", tout simplement parce que l'envoi de cette vidéo était accompagné d'un message de mon... euh... disons "interlocuteur" précisant, la bouche en cœur "C'est important... regardez jusqu'au bout!". Et moi, pauvre pomme, je suis tombé dans le panneau.

Ah, le fameux alibi du "partage"... A ce train-là, un loup pourrait peut-être avancer que, s'étant introduit dans une bergerie, il a partagé son repas avec tous les moutons... Que l'on veuille bien m'excuser, mais je trouve la ficelle un peu grosse. C'est peut-être humain comme comportement, mais cela me navre quand-même. Je n'ignore pas que, lorsqu'on croit en quelque-chose, on a envie de "le faire partager", ce qui peut se comprendre... Mais du coup, le ver est dans le fruit. Pourquoi ? Eh bien parce que, tant qu'à faire, allons-y gaiement sur notre lancée avec notre "partage", en en faisant "profiter" le "plus grand nombre possible"... Quelle généreuse abnégation ! Et c'est ainsi que je me retrouve – à mon corps défendant – pris dans cette si belle spirale (!) même quand les expéditeurs savent très bien que je ne pratique aucune religion, ou que je n'ai rien d'un écolo intégriste, mais bon... sait-on jamais, si je pouvais faire pencher un tant soit peu leur belle balance, j'imagine qu'ils n'auraient rien contre. Mais jamais eux-même n'imaginent à quel point cela peut être violent pour moi. En fait c'est surtout la répétition du phénomène qui me mine.

Débat d'idées sur les réseaux sociaux ??? Cherchez l'erreur…

Pour ma part, je n'utilise Facebook (et dans une moindre mesure Tweeter) que pour des "petits coucous" amicaux à des personnes à qui je tiens, d'une façon ou de l'autre. Donner quelques nouvelles, et aussi en prendre, à l'occasion.  Partager aussi des choses anodines, ou drôles, ou poétiques, voire futiles. Et j'entends bien continuer ainsi.

Même chose pour les applis d'envoi de messages en nombre (WhatsApp, Messenger...).

Quant à mes échanges de vues, de positionnements, d'opinions, de réactions face à l'actualité… je les réserve aux personnes avec qui j'entre en contact direct, hors de la vue d'autrui, tant l'idée de montrer mes sentiments ou mes opinions à tous les e-passants m'est insupportable. En pareil cas, les noms d'oiseaux et les injures ne tardent d'ailleurs jamais à surgir, et vas-y que ça s'étripe "...à coeur joie et à qui mieux mieux".

 

Allégorie de ce que peuvent devenir les débats d’idées sur le net.

Certains ont manifestement un goût prononcé pour ce genre de... euh, disons activités. Pour ce qui me concerne je préfère m'abstenir. Après tout on n'a qu'une vie, et pour ma part je n'ai aucune envie de me la pourrir.

Ouf, voilà, c'est dit. Quiconque se met en tête de faire pression sur ma conscience, de quelque manière que ce soit, aussi animé par de bonnes intentions soit-il, risque fort de se voir supprimer de mes listes de contacts. Et si à la lecture de ces lignes l'envie lui prend de prendre les devants, qu'il ne se gêne surtout pas.


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