Estime de soi, ou bienveillance et compassion envers soi ?

Image gag "Maintenant je me suis trouvé, alors ne me cherchez plus...". Est-ce de Estime de moi, ou de la bienveillance et compassion envers moi ? :-)

L’idée de l’estime de soi est dans l'air du temps. Parfois, elle nous amène à nous auto-asséner des injonctions carrément tyranniques. Il n'empêche que lorsque l'estime de soi vient à chuter, tout ce que l'on sait faire le plus souvent, c'est se taper soi-même dessus (ne serait-ce que symboliquement). Du coup, on n'arrive plus à passer à l'action. Alors ? Si on utilisait la grille de lecture que nous propose la CNV, ça donnerait quoi ?…

L'estime de soi : un très mauvais placement…

Bon nombre d'entre nous font dépendre leur amour d'eux-mêmes de leur estime de soi. Mais cela peut-être un très mauvais placement en fait. Parce que si je veux maintenir l'estime de moi-même, je vais devoir "assurer", comme on dit. Et ceci en permanence, sans faiblir. Donc cela m'occasionne une tension terrible. Je risque de me mettre à essayer de contrôler tout ce qui m'entoure, alors qu'en réalité on a si peu de contrôle...

La compassion envers soi, c'est bien plus sûr...

La compassion envers soi commence juste là où s'arrête l'estime de soi. Au moment où je "rate ma cible" (par exemple un objectif que je m'étais fixé), c'est là que l'estime de soi tombe. A partir de là, j'ai au moins deux options :

  • Une première option, consistant à me taper interminablement dessus en disant "j'aurais dû... j'aurais pu... je n'aurais pas dû... il aurait fallu..." etc.
  • Une 2e option, qui est de me tourner vers l’idée d’entrer en relation avec l'aspect de moi qui est triste, qui est touché, qui est déçu par le fait que j'ai raté ma cible, que je me retrouve à côté de ce que je voulais faire.

Comme un enfant frustré qui cherche mon attention

Tant que cette part de moi a besoin de mon empathie, elle va attirer mon attention, et si je suis dans un système qui cherche à garder l'estime de soi, elle va faire tomber mon estime de moi en affirmant avec force : "Mais non, arrête de te dire que tu es un crack, ça ne me convient pas du touti".

Un coup à « casser de la valeur »…

Tant que je reste dans ce système d'estime de moi, je me coupe de la possibilité d'accueillir tout ce qui est vivant en moi. Parce que si je parle ce langage de la valeur à un aspect de moi qui est déçu, triste, contrarié par une chose que j'ai faite qui serait à côté de ce que j'attendais, la réaction de cette part va être de "casser" ma valeur.

Car le problème de l'estime de soi telle qu'on la considère habituellement, c'est précisément qu'elle peut être reliée à une valeur. Valeur qui est elle-même conditionnée à nos actions. Le langage de la compassion envers soi-même, c'est ce qui va nous permettre d'être plus actif et efficace.

"Que dois-je faire ?" Vs "De quelle façon est-ce que je me traite ?"

Là où l'estime de soi en fait, nous demande "Qu'est-ce que je dois faire pour avoir une valeur positive?", la compassion envers nous-même nous pose plutôt la question suivante : "De quelle façon est-ce que je me traite quand j’ai fait autre chose que ce que je voulais?

Tâchons de transformer tous les "J'ai échoué" en "Je suis déçu". Et apprendre à identifier toutes les aspirations qui n'ont pas été nourries [chez nous] et qui font que nous avons ces sentiments-là.

Le principe de réalité est préservé…

Tout cela ne nous empêche pas de rester bien en phase avec la réalité. Bien au contraire. Car nous pouvons alors nous dire ceci : "Cette action, visiblement, n'a pas eu l'effet que j'en attendais. Alors maintenant qu'est-ce que je peux faire, concrètement ?"

Si vous avez tendance à rechercher la valorisation de soi, il y aura forcément à un moment ou un autre une dévalorisation de soi. Ce sont les montagnes russes de la vie.

Si votre météo intérieure connaît un réchauffement climatique

La prochaine fois où vous sentirez que votre propre valeur commence à tomber (à vos yeux), considérez-la comme une invitation à passer dans un autre mode. Et ce mode consiste à écouter ce qui en vous est touché, et demander à cet aspect de vous quel était son aspiration profonde en termes de besoins.

Puis, à partir de cette aspiration profonde, tout en prenant en compte la réalité, mais aussi l'expérience de ce que vous avez fait et qui n'a pas permis de nourrir votre aspiration, demandez-vous ce qui peut être fait maintenant

Comment faire venir (et progresser) la confiance

Avec un peu de pratique, vous découvrirez que cette relation de compassion envers soi-même va nourrir l'amour de vous, développant peu à peu une forme de confiance. Non pas une éphémère confiance en soi, mais en notre capacité à pouvoir rester durablement ami avec soi.

Et quand on est en amitié avec soi-même, cela permet de connaitre la paix.



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Le Petit Abécédaire...

"Un ouvrage bien documenté, écrit par quelqu'un qui sait de quoi il parle et qui le fait avec clarté humour et éthique. Les exemples et les conseils sont judicieux et très utiles. Je le recommanderai avec plaisir.."

Josiane de Saint Paul

Quel livre ! Un travail de moine. D'une grande originalité. J'ai à peine commencé à le parcourir et, déjà, je le savoure. Je vais d'ailleurs continuer à le déguster lentement. Bravo !

Serge Marquis


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