La forme chanson a quelque chose de bien particulier et de bien spécifique.
Il peut s'agir d'un texte que quelqu'un a mis en musique, ou bien d'un petit air sur lequel quelqu'un a greffé un texte.
C'est ce qui en fait un genre, quelque part, hybride. D'aucuns franchiront allègrement le pas pour aller jusqu'à "mineur".
Ainsi, certaines chansons me marquent par la musique. Je me souviens très bien, par exemple, d'avoir été complètement séduit, dans ma jeunesse, par une chanson interprétée par Mireille Mathieu. Mireille Mathieu, c'était le repoussoir absolu pour les jeunes de ma génération. Les anciens l'adoraient, et les jeunes pas du tout.
Et un jour, dans la cour de récréation j'ai fait rire tout le monde en déclarant que la toute dernière chanson de Mireille Mathieu était géniale. Et je le pensais. Quelques années plus tard, tout le monde s'extasiait sur la version originale. Il s'agissait de "Only You" interprété par les Flying Pickets. Et bien entendu cette pauvre Mireille Mathieu n'y était pour rien. N'empêche, j'ai été rétrospectivement fier de me fier à mon oreille, même quand elle allait à l'encontre de mes préjugés.
Cette passion française pour la conversation, l'art de se faire frotter entre eux les esprits, et ainsi faire naître par des échanges virils mais courtois de très grandes idées qui, à n'en pas douter, amèneront la France vers un monde meilleur. […] Ah , discuter, discuter… La discussion, la parole, c'est la solution. Imaginez que la France soit un bateau. Un bateau partant à la dérive, en plein milieu du Cap Horn, imaginez le capitaine dire à tout l'équipage "Hé, vous savez quoi les gars ? Pour se sortir de ce merdier, l'idéal, là, tout de suite, ce serait de faire une grande AG participative collective et solidaire. Donc lâchez tout, tout le monde sur le pont, et que chacun se mette en condition de pouvoir nous donner, à travers la discussion, le débat, en responsabilité, l'idée qui nous fera éviter les récifs qu'on risque de se prendre dans la gueule dans les 10 minutes au plus tard".
Il y a des blagues qui font rire et des blagues qui font mal. Celle de Gaspard Proust sur la discussion appartient à la seconde catégorie. Imaginez un bateau en pleine tempête au Cap Horn, à dix minutes des récifs — et un capitaine qui propose à l'équipage une "grande AG participative collective et solidaire". Pour trouver ensemble la meilleure solution. C'est absurde. C'est aussi, à bien y regarder, un portrait assez fidèle d'un certain rapport français à la parole.
Nous aimons parler. Nous aimons débattre, nuancer, contre-argumenter, reformuler, approfondir. C'est une qualité réelle, une richesse intellectuelle authentique. Mais cette passion pour l'échange peut, dans certaines circonstances, devenir une forme d'évitement. Autrement dit, une façon de donner l'impression d'agir tout en restant soigneusement immobile.
Mais ce syndrome semble aujourd'hui évoluer dans une direction autrement plus préoccupante. Et qui n'est sans doute pas propre à la France. La passion du débat laisse progressivement place à quelque chose de moins noble. Non plus l'envie de convaincre, mais l'envie d'imposer. Non plus la recherche d'un accord, mais l'écrasement de tout désaccord. Ceux qui s'opposent ne sont plus des interlocuteurs à persuader. Ils deviennent des adversaires à discréditer, à marginaliser, parfois à dégommer. Les réseaux sociaux ont offert à cette tendance une caisse de résonance sans précédent. Comme on le voit trop souvent, la meute se forme en quelques minutes, le dénigrement s'organise, la réputation se détruit en quelques heures.
On est loin du Cap Horn et de l'AG participative. On est encore plus loin de la discussion.
Quand la parole remplace l'action
Dans les organisations comme dans la vie publique, on observe régulièrement ce phénomène : face à une difficulté, on crée un groupe de travail. Face à un problème urgent, on organise une réunion. Face à une crise, on lance une consultation. Ce n'est pas toujours inutile — parfois, la concertation est réellement nécessaire. Mais trop souvent, la discussion devient une fin en soi plutôt qu'un moyen.
Le philosophe Edgar Morin parlait de "pensée complexe". Il décrivait par ce concept notre capacité à tenir plusieurs idées en tension sans chercher à les résoudre trop vite. C'est une vertu. Mais il y a un revers : la complexité peut aussi servir d'alibi à l'inaction. "C'est compliqué" est parfois une façon de dire "je ne veux pas décider".
La distinction que nous oublions souvent
Il y a une différence fondamentale entre délibérer et tergiverser. La délibération est un processus structuré, orienté vers une décision. La tergiversation est une discussion qui tourne en rond, qui accumule les points de vue sans jamais converger.
La vraie compétence — celle que les bons leaders, les bons formateurs, les bons animateurs de groupe maîtrisent — c'est de savoir quand ouvrir le débat et quand le fermer. De savoir distinguer les situations qui appellent la réflexion collective de celles qui appellent une décision rapide et claire. Ce n'est pas une question d'autoritarisme : c'est une question de discernement.
Ce que la blague de Gaspard Proust dit en creux
Ce qui rend la chronique de Gaspard Proust si efficace, c'est qu'elle pousse à l'absurde une logique réelle. Le capitaine du bateau n'est pas stupide. Il applique sincèrement des valeurs qui ont du sens dans d'autres contextes : participation, horizontalité, écoute. Le problème, c'est le moment. Et le moment, c'est tout.
La parole est une solution. Mais pas à tous les problèmes, pas à tous les moments, pas dans toutes les configurations. Savoir quand se taire, quand agir, et quand — seulement alors — ouvrir le dialogue : voilà peut-être la vraie compétence communicationnelle dont nous manquons le plus.
Venise est une ville de rêve, la plus belle du monde, dit-on, avec ses canaux, ses palais et ses célèbres ponts. Mais elle a aussi son lot de défis, dont une inondation récurrente, appelée "acqua alta". L'acqua alta est une menace constante pour Venise, ville bâtie sur pilotis. Cette particularité géographique a donné naissance à une librairie unique en son genre : la librairie Acqua Alta.
Située dans le quartier de Castello, à quelques pas de la place Saint-Marc, cette librairie est installée dans une très vieille maison au style bien particulier.
L'intérieur de la librairie est un véritable labyrinthe de livres. Certains sont rangés dans des gondoles (… des vraies !), des baignoires, des barques et même des éviers. En plus d'être originale, cette disposition permet de protéger les livres des inondations.
Outre son architecture unique, la librairie Acqua Alta est également connue pour sa collection de livres anciens. On y trouve des ouvrages de toutes les époques, sur tous les sujets.
Mais ce qui rend cette librairie vraiment spéciale, ce sont ses chats. Ils sont partout, se prélassant sur les piles de livres ou se promenant nonchalamment entre les clients. Leur présence rassurante et apaisante contribue à créer une atmosphère chaleureuse et accueillante.
Un lien particulier avec Venise
À l'époque où j'ai découvert cette librairie, je suis tombé par hasard sur de petits opuscules signés d'un certain Davide Borella, alias Dottor Miaus. Ce monsieur écrit et dessine des choses hilarantes en se plaçant systématiquement du point de vue… d'un chat ! Pour couronner le tout, il est vénitien, et entretient donc une relation toute particulière avec la librairie Acqua Alta.
En effet, Davide vit à quelques pas de la librairie. Ayant toujours été un amoureux des livres et des chats, il a trouvé en la librairie Acqua Alta un endroit idéal pour partager sa passion.
Mais Davide Borella est aussi un auteur prolifique. Il a publié de nombreux livres et albums d'humour, dont certains ont été traduits dans plusieurs langues. Ses œuvres sont appréciées pour leur humour absurde et leur sens aigu de l'observation de nos amis les félins.
Une collaboration fructueuse
Depuis que j'ai découvert son œuvre, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Davide à plusieurs reprises. Nous ne nous connaissons pas encore "de visu", mais avons beaucoup échangé sur nos passions communes, et nous avons rapidement sympathisé.
Il y a quelques jours, nous avons décidé de collaborer pour créer un clip vidéo à partir de ses dessins. J'ai donc écrit une chanson pour l'occasion, et Davide a réalisé les illustrations. Le clip, intitulé "Vous connaissez mon chat", a été publié sur YouTube.
Cet accord m'a enchanté car d'habitude c'est toujours un peu compliqué pour moi, une fois mes chanson composées, de proposer une matière intéressante pour l'étape du "clip", comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire…
À l'arrivée, chacun de nous deux est très fier de ce clip, qui semble plutôt bien accueilli par le public. Il se veut une illustration humoristique de la relation si particulière qui unit les chats et les humains.
La parole est maintenant au Dr Miaus...
Permettez-moi de laisser maintenant la plume au célèbre Dr. Miaus :
L'HISTOIRE DE LA LIBRAIRIE ACQUA ALTA
Parmi les invités qui sont venus nous rendre visite à Milan, il y a aussi Gattolino, un chat dont personne ne connaît l'origie, mais qui a une belle histoire dans laquelle se mélangent créativité et réussite.
Le petit Gattolino a été retrouvé dans les rues de Venise alors que, en proie à une solitude criante, il répétait à plusieurs reprises la phrase "Peux-tu porter ton sac à dos à la main, peux-tu porter ton sac à dos à la main ?".
Le parallèle avec le protagoniste du film Mercury Code, Simon Lynch, était clair, sauf que ce qui a sauvé le protagoniste de l'oppression du monde n'était pas Bruce Willis, mais Tiger et Dominique : deux chats qui, pour masquer ce très étrange stéréotype, on imaginé d'utiliser le local où ils vivaient comme une librairie très exiguë où chacun devait porter un sac à dos à la main.
À ce moment-là, le petit chaton connut le bonheur parfait, puisqu'il pouvait répéter sa phrase encore et encore, ainsi il a grandi heureux ! Pour célébrer l'anniversaire de la désormais célèbre Librairie Acqua Alta et le sauvetage de Gattolino, la firme Game Miao System a même lancé le jeu vidéo officiel dans lequel le gagnant est celui qui parvient à retirer le plus de sacs à dos aux visiteurs. La liste des personnages est bien remplie, mais le plus attachant est certainement Gattolino.
Saviez-vous que la Librairie Acqua Alta :
A) a désigné le Dr. Miaus comme le meilleur employé de l'année 2021.
B) a déclaré le Dr. Miaus vainqueur dans la catégorie «Auteurs qui offrent le tiramisu à tous».
C) a décerné au Dr. Miaus le titre très convoité de « Seul employé de librairie qui peut s'asseoir sur un tabouret pendant toute la durée de son temps de travail en faisant semblant de travailler ».
D) a essayé de heurter le Dr. Miaus avec la voiture, mais il l'a raté !
La librairie Acqua Alta est une véritable institution à Venise. C'est un endroit unique, qui vaut le détour pour tous les amoureux des livres, des chats et de l'humour.
Si vous êtes de passage à Venise, je vous recommande vivement de visiter la librairie Acqua Alta, et surtout d'en profiter pour vous intéresser à la production de "Dr Miaus". C'est là une expérience unique que vous n'êtes pas près d'oublier.
Quant au clip, il s'intitule "Vous connaissez mon chat", et vous pouvez le visionner ci-dessous…
Je viens d'être scotché par la réponse de ChatGPT à une des questions que je lui ai posées. Vous allez voir, ça vaut son pesant de cacahuètes…
Ma question
Quand j'écoute la radio, j'entends parfois parler du "revenu médian" d'une population. J'aimerais savoir quels sont les avantages (et, éventuellement, les inconvénients) qu'il y a à considérer le revenu médian comme plus pertinent (ou plus parlant) que le revenu moyen (qui est une notion plus accessible pour moi).
Crocodile au milieu d'un paysage d'automne, par Jade Caporali
Cela s'est passé sur un parking. Pas dans une galerie feutrée, pas sous les ors d'une salle des ventes, pas au vernissage d'une exposition branchée. Sur un parking, entre deux voitures de service, au milieu d'un groupe de collègues qui tuaient le temps avant de reprendre le travail.
C'est là que le père de Jade — un collègue — a eu l'idée saugrenue d'ouvrir le coffre de sa voiture. Il en a sorti un tableau. Une œuvre que sa toute petite fille avait réalisée, et qu'il avait manifestement embarquée ce matin-là pour quelque obscure raison. On a regardé. On a cherché. On a un peu plissé les yeux.
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