Firewall : la métaphore qui n’a jamais pris feu

Illustration d'un mur coupe-feu en briques bloquant un flux de code numérique, symbolisant l'origine du mot firewall

Un firewall, tout le monde voit à peu près ce que c'est. Une icône du panneau de configuration réseau : ce petit mur de briques qu'on retrouve dans tous les schémas de sécurité informatique. Un rempart invisible, censé arrêter les intrus. Mais le mot, lui, ne vient pas de l'informatique. Il y a été emprunté — et même emprunté deux fois, à deux univers bien différents. Avant d'atterrir dans nos ordinateurs.

Continuer la lecture de « Firewall : la métaphore qui n’a jamais pris feu »


///////

Troll

Illustration d'un troll malicieux sous un pont, tenant une canne à pêche dont le fil plonge dans un écran d'ordinateur

Il y a quelque chose de savoureux dans le fait qu'un mot aussi banal aujourd'hui — on le lâche en commentaire sans y penser. Il cache en réalité deux histoires rivales, et une troisième, cousine, qu'on ne soupçonnerait jamais. Le troll a d'ailleurs de la famille dans tout le folklore européen. Il y a l'elfe scandinave, du même univers mythologique nordique. Il y a aussi le korrigan breton, petit être qui hante landes et fontaines — mais leurs noms, eux, viennent de mondes linguistiques différents. Reprenons depuis le début.

Continuer la lecture de « Troll »


///////

Cloud : la légèreté d’un mot, le poids d’une industrie

Un nuage dessiné à la main sur un schéma de réseau, avec en arrière-plan la silhouette d'un data center et ses rangées de serveurs.

Vous l'employez sans doute plusieurs fois par jour, souvent sans même y prêter attention. Sauvegarder une photo dans le cloud, lancer une synchronisation, ou pester parce qu'un fichier refuse de se charger : le geste est devenu machinal. Le mot, lui, est devenu si banal qu'il a presque perdu son sens premier : celui d'un nuage. Cette masse blanche et changeante traverse le ciel sans jamais se laisser saisir. C'est pourtant cette propriété-là, l'insaisissable, que des ingénieurs ont voulu capturer. Ils l'ont fait en choisissant ce mot pour désigner l'informatique à distance. Reste à savoir s'il s'agit d'un heureux hasard ou d'un trait de génie marketing. Les deux, sans doute, selon l'époque à laquelle on situe le début de l'histoire.

Continuer la lecture de « Cloud : la légèreté d’un mot, le poids d’une industrie »


///////

///////

///////

Spam : cent dollars pour un nom, trente ans pour le reprendre

Dans un café des années 1970, des convives casqués chantent tandis qu'une cliente se bouche les oreilles, illustration de l'origine du mot spam

Comme beaucoup, je croyais l'affaire entendue : l'origine du mot "spam" tient tout entière dans un sketch des Monty Python. Et c'est vrai, du moins en partie. Mais en tirant le fil, je suis tombé sur bien plus intéressant que cette anecdote.

Chaque matin, vous videz votre corbeille. Publicités, arnaques, offres miraculeuses. Pendant ce temps, dans le Minnesota, une entreprise vend toujours par millions une boîte de viande de porc. Elle porte exactement le même nom : SPAM. En outre, elle a passé trente ans à tenter de le récupérer. En fait, elle n'y est jamais parvenue.

Voilà l'histoire d'une marque qui n'a pas été banalisée. Après avoir été déposée, elle a été dépossédée.

Continuer la lecture de « Spam : cent dollars pour un nom, trente ans pour le reprendre »


///////

Bug : le fantôme avant l’insecte

Phalène fantomatique posée sur un panneau de relais, illustrant l'histoire du mot bug

Il y a des mots qu'on prononce cent fois sans jamais les regarder. "Bug" en fait partie. Un logiciel se fige, une application refuse de s'ouvrir, et le mot tombe tout seul, comme un constat d'huissier. Et pourtant, l'histoire du mot bug ne commence pas là où l'on croit.

Si vous connaissez l'histoire, c'est probablement celle-ci : En 1947, une phalène se coince dans un relais d'un calculateur de Harvard. On la retire, on la scotche dans le carnet de bord, et le mot est né. L'anecdote est ravissante. Elle a en outre l'avantage, plutôt rare en la matière, d'être vraie.

Elle a aussi un léger défaut : elle raconte à peu près le contraire de ce qu'on lui fait dire.

Dans cette série d'articles consacrés aux mots du numérique,, nous avons déjà vu la flèche du prompt s'inverser, puis débusqué l'homme caché dans le mot algorithme. Nous avons ensuite constaté que le Wi-Fi ne signifiait rigoureusement rien, et suivi le hash dans son travail de l'ombre. Le mot "bug", lui, ne cache pas un secret : il en cache trois, empilés comme des couches géologiques. Et tout au fond, il n'y a pas d'insecte du tout.

Continuer la lecture de « Bug : le fantôme avant l’insecte »


///////

Wi-Fi : le sigle qui ne voulait rien dire

Symbole Wi-Fi lumineux au-dessus d'un socle vide, illustrant un mot qui ne signifie rien.

Chaque jour, sans même y penser, vous vous y connectez. Au café, à l'hôtel, dans le train, le petit logo en éventail vous fait un clin d'œil, et vous voilà relié au monde entier. Mais vous êtes-vous déjà demandé quelle était la véritable signification du Wi-Fi ?

Dans cette série consacrée à la vie secrète des mots du numérique, nous avons d'abord vu la flèche du prompt s'inverser, puis débusqué l'homme caché dans le mot algorithme. Le Wi-Fi, lui, nous réserve une surprise d'un tout autre genre. Car son secret, justement, c'est qu'il n'en a aucun. Sa fameuse signification a été inventée de toutes pièces — d'abord par ceux qui l'ont baptisé, puis par nous tous, à force de la répéter.

La plupart des gens vous le diront sans hésiter : Wi-Fi, cela voudrait dire "Wireless Fidelity", la fidélité sans fil. Eh bien non. Et l'histoire de ce malentendu planétaire en dit long sur notre irrésistible besoin de donner du sens à tout prix.

Continuer la lecture de « Wi-Fi : le sigle qui ne voulait rien dire »


///////